Sale temps pour le scénario de reflation

Au scénario de reflation que les marchés continuent de plébisciter malgré l’avertissement de ce début de mois, les données du jour ont mis du plomb dans l’aile. Comme nous l’avions envisagé la semaine dernière (voir à ce sujet «Normalisation des PMI»), l’indice PMI du climat des affaires manufacturier chinois s’est fortement replié ce matin. Cette détérioration semble bel et bien résulter de l’inflexion du momentum manufacturier mondial que reflètent, tout à la fois, les données de production et de commerce depuis la fin de l’année dernière. À cela s’ajoutent, sans doute, les effets dépressifs de la forte appréciation de yuan jusqu’en début de mois.

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BMG Février 2018 – Nos baromètres d’activité et d’inflation s’effondrent

Notre indicateur d’activité se dégrade et bascule en territoire négatif, à -0,4, en février. En cause, l’effritement conjoncturel de toutes les régions couvertes, Etats-Unis exceptés. Sauf l’investissement, toutes les composantes de notre baromètre enregistrent un repli plus ou moins marqué.

Notre indicateur d’inflation retombe, quant à lui, lourdement, à -0,3 après +1,1 en janvier, son plus bas niveau depuis mai 2017, sous l’effet notamment du repli des cours du pétrole.

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Le pari de la productivité, des salaires et de la normalisation des taux de Jay Powell

Jérôme Powell, s’est montré autrement plus confiant devant le Congrès américain qu’il ne l’était apparu jusqu’à présent, s’agissant en particulier de l’impact de la réforme fiscale. Perçue comme très favorable à l’investissement, le nouveau président de la FED semble assuré de la capacité de cette réforme à stimuler les gains de productivité et à accroître les créations d’emplois et les salaires. Il envisage donc logiquement que la Fed puisse être amenée à relever le niveau des taux directeurs plus rapidement que prévu. Les chances que Jay Powell soit amené à moduler ses propos, paraissent encore relativement élevées, ceci d’autant plus que la sensibilité des marchés aux perspectives de taux est telle, qu’ils pourraient, sans conteste, l’y aider….

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Central bankers caught between the Scylla of inequalities and the Charybdis of financial bubbles

Monetary policies have traditionally not been concerned with the subject of inequality, even when their role has been to help the economy achieve full employment. Rather, policymakers have generally limited themselves to a macroeconomic approach guided by statistics such as aggregate growth, inflation, unemployment rates and average wage rates. But in recent years, the subject has made its way onto the agenda of a growing number of central bankers.

Former Fed Chairwoman Janet Yellen set this change in motion and seems to have attracted a certain number of monetary policy followers. In the United States, Neel Kashkari, president of the Federal Reserve Bank of Minneapolis, has often voiced his support of this approach. In January 2017, with Ms. Yellen’s support, he even went so far as to create the “Opportunity and Inclusive Growth Institute”, whose mission is to promote research that “will increase economic opportunity and inclusive growth and help the Federal Reserve achieve its maximum employment mandate”.

In Europe, the topic has become an important factor in Mario Draghi’s adjustments to monetary policy over the last two years. As Janet Yellen began to do in January 2014 by developing a series of complementary unemployment indicators, so the ECB chairman has regularly made reference to labor market slack and called attention to the risk of relying solely on the unemployment rate, which has become less and less representative of economic reality. He regularly speaks of underemployment, forced part-time work and multiple jobs to justify the continuation of hyper-accommodative monetary policy despite clearly improved economic conditions in the euro zone since the start of last year.

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Entre inégalités et bulles financières, le dilemme des banquiers centraux

Le sujet des inégalités ne fait guère partie de la panoplie traditionnelle des politiques monétaires dont la mission, même lorsqu’elle vise directement un objectif de plein emploi, s’est généralement contentée d’une approche macro-économique offerte par les statistiques agrégées de croissance, d’inflation, taux de chômage ou taux de salaire moyens. Force est de constater que ce sujet s’est pourtant imposé à l’agenda d’un nombre croissant de banquiers centraux ces dernières années.

Impulsé par Janet Yellen, ce changement semble avoir convaincu un certain nombre d’autres acteurs de la gestion monétaire. Outre-Atlantique, Nell Kashkari, gouverneur de la FED de Minneapolis, a largement relayé cette approche, allant jusqu’à inaugurer en janvier 2017, avec le soutien de l’ex-présidente de la FED, un centre de recherche du nom de «Opportunity and Inclusive Growth Institute» dont la mission est de promouvoir la recherche destinée à favoriser une croissance plus « inclusive pour tous les Américains et de contribuer, ainsi, à un meilleur accomplissement du mandat de la FED en faveur du plein emploi ».

En Europe, Mario Draghi, a fait de ce même thème un élément important du dosage de sa politique monétaire ces deux dernières années. Comme l’avait initié Janet Yellen à partir de janvier 2014 en développant une série d’indicateurs complémentaires au taux de chômage, le président de la BCE a régulièrement fait référence aux insuffisances du marché de l’emploi (« labour market slack ») pour se prémunir des risques de mésinterprétation d’une statistique, le taux de chômage, de moins en moins représentative de la réalité économique : sous-emploi, emploi partiel contraint, multi-salariat… sont ainsi régulièrement mentionnés par le Président de la BCE pour justifier la poursuite d’une politique hyper-accommodante en dépit de conditions économiques nettement meilleures en zone euro depuis le début de l’année dernière.

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Normalisation des PMI

Faiblesse du dollar, tassement des ventes automobiles et mollesse des échanges mondiaux finissent par rattraper les PMI européens et japonais. Le dollar et l’activité pétrolière préservent le secteur aux Etats-Unis.

Après un second semestre particulièrement encourageant, les indicateurs PMI du climat des affaires se tassent depuis le début de l’année, marquant en février un repli significatif au Japon comme en France et en Allemagne. Lire la suite…

Mises en chantier et prix du commerce extérieur américains

Après une pause en décembre, les États du sud des États-Unis frappés par les ouragans redonnent un coup de booster au marché de la construction en janvier avec une progression de 9,3 % des mises en chantiers, la plus forte depuis juin 2017.

Les mises en chantier du reste du territoire se sont néanmoins reprises, progressant de 10 % également, après deux mois consécutifs de repli, un mouvement peut-être attribuable aux conséquences des incendies de Californie….. Lire la suite…

Anecdotes et perspectives américaines, la partie n’est pas gagnée

Rares ont été les périodes passées au cours desquelles la lecture des tendances de l’économie américaine a donné lieu a autant de divergences et d’incertitudes qu’aujourd’hui. Il faut dire qu’entre les stigmates d’une économie en fin de cycle, les conséquences des ouragans sur l’activité de ces derniers mois, les effets présumés à venir de la réforme fiscale, ceux encore incertains de la chute du dollar et les gesticulations sans fin de l’administration… il y a de quoi perdre son latin. Mieux vaut dans de telles circonstances faire preuve de modestie et prendre un peu de recul, sans toutefois négliger ce qui, en apparence du ressort de l’anecdote, pourrait nous mettre sur la piste de tendances plus fondamentales.

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