La BCE devra remonter ses taux en septembre pour consolider l’effet des interventions

L’inflation sous-jacente  besoin de passer par la case Jackson Hole s’agissant de la BCE, le dernier rapport sur l’inflation du mois de juillet a terminé le travail déjà amorcé par les données des principaux pays de la zone euro la semaine dernière, parmi lesquelles l’accélération de l’inflation allemande de 2,3 % à 2,8 % entre juin et juillet ou celle de l’Espagne, de 3,6 % à 3,9 %.

Sans surprise, l’inflation de l’UEM a regagné un peu de terrain en juillet, à 2,9 % après 2,8 % en juin et 2,5 % après 2,4 % pour sa partie sous-jacente. Rien de bien méchant mais un résultat, vraisemblablement suffisant pour convaincre la BCE de poursuivre la voie ouverte au mois de juin en faveur d’une normalisation de sa politique monétaire, qu’elle pourrait acter par une nouvelle remontée de ses taux directeurs dès le 9 septembre. Il y a au moins trois raisons à cette conclusion.

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Contrairement à la Fed, les chances d’un statu quo de la BCE en septembre s’amenuisent

Pas besoin de passer par la case Jackson Hole s’agissant de la BCE, le dernier rapport sur l’inflation du mois de juillet a terminé le travail déjà amorcé par les données des principaux pays de la zone euro la semaine dernière, parmi lesquelles l’accélération de l’inflation allemande de 2,3 % à 2,8 % entre juin et juillet ou celle de l’Espagne, de 3,6 % à 3,9 %.
Sans surprise, l’inflation de l’UEM a regagné un peu de terrain en juillet, à 2,9 % après 2,8 % en juin et 2,5 % après 2,4 % pour sa partie sous-jacente. Rien de bien méchant mais un résultat, vraisemblablement suffisant pour convaincre la BCE de poursuivre la voie ouverte au mois de juin en faveur d’une normalisation de sa politique monétaire, qu’elle pourrait acter par une nouvelle remontée de ses taux directeurs dès le 9 septembre. Il y a au moins trois raisons à cette conclusion.

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Retour du pétrole à 100$ le baril; C. Lagarde, plus sévère que le communiqué de la BCE

La perspective d’un conflit durable impliquant un nombre croissant de pays du Golfe a largement gagné en importance ces derniers jours, avec pour conséquence un changement de psychologie des marchés sur les risques qui y sont assortis. L’hypothèse dominante qui envisageait un conflit, sinon éclair, du moins de durée relativement courte et prévisible, semble avoir volé en éclat au fur et à mesure des développements récents, du côté américain comme de celui de l’Iran et des autres pays de la région.

Contrairement à nos attentes, le communiqué de la BCE est apparu relativement flexible, sous un angle délibérément prudent en matière de perspectives économiques et moins catégorique que nous ne l’avions envisagé sur celui de l’inflation. Les commentaires de Christine Lagarde ont rapidement corrigé cette première impression.

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Une pause sans conviction de la BCE

A la reprise du Conflit iranien, canicule -t-il suffi que K. Warsh apparaisse pour que l’inflation américaine disparaisse ? Trève de plaisanterie, les données d’inflation du mois de juin publiées hier sont pour le moins surprenantes, au point de peiner à convaincre. Inutile de chercher dans les détails, les composantes du CPI vont toutes dans le même sens, celui d’une baisse quasi-généralisée des prix, à la principale exception de ceux des loisirs. Effet des festivités des 250 ans des Etats-Unis et de la coupe du monde, sur un secteur qui, pourtant, est censé avoir détruit des emplois comme jamais depuis 2009 au cours de ce même mois ? Décidément les statistiques américaines commencent à poser sérieusement question.

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La BCE face aux éléments exogènes; A.Burnham à la recherche d’équilibre

La BCE s’y était préparée ces deux dernières années, répétant à l’envi s’attendre à des chocs d’offre à répétition pour justifier sa prudence et l’arrêt de ses baisses de taux entre juin 2025 et mai 2026. Le conflit en Iran lui a donné une première occasion de vérifier cette hypothèse, qui l’a conduite à relever d’un quart de point ses taux directeurs le mois dernier.

Andy Burnham, a succédé à Keir Starmer au Royaume-Uni, hier, dans un contexte politique et économique tendu, sous l’œil vigilant des marchés, échaudés par les difficultés de ses prédécesseurs à trouver la voie de la stabilité et par la violence de l’épisode L. Truss d’octobre 2024….

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Les enquêtes de la Commission ne vont pas apaiser la BCE… en guerre contre la stagflation

La politique monétaire de la BCE fera-t-elle in fine plus de mal à l’économie régionale que la flambée des cours du pétrole ? On peut se poser la question à en juger par les résultats des dernières enquêtes de la Commission européenne du mois de mai. Ces dernières mettent en évidence une économie en voie de stagflation de plus en plus prononcée qui, pour une banque centrale hémianopsique est, avant tout, synonyme d’inflation. Les hausses quasi-généralisées et particulièrement importantes des perspectives de prix que relatent ces enquêtes dans l’industrie et le services sont en mesure de faire grimper de plusieurs crans, en effet, les inquiétudes de la banque centrale européenne quant aux perspectives inflationnistes de la région. Ces évolutions ne laissent, non seulement, aucune chance à l’hypothèse d’un statu quo lors de la prochaine réunion du comité de politique monétaire mais augmentent significativement l’hypothèse d’un discours particulièrement déterminé à lutter contre l’inflation, à même de décaler les anticipations de resserrement monétaire en hausse significative, ce que ne semblent pas avoir encore intégré les taux futurs.

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Concert « Sotto Voce » des banques centrales cette semaine, à la BCE près ?

Australie, Canada, Suisse, Suède, Brésil, tiendront leur comité de politique monétaire cette semaine, en plus de la FED, la BCE, la BoE et la BoJ ! Voilà de quoi avoir un bel aperçu des analyses et réactions à plus de deux semaines de guerre en Iran et autant de blocage du détroit d’Ormuz. Aucune n’aura, à ce stade, de données pour étayer sa perception et d’éventuelles décisions. La plupart devraient donc conserver leur biais existant, ce qui pourrait se résumer par une nouvelle hausse d’un quart de point des taux directeurs de la BCA australienne, de 3,85 % à 4,10 % après une première hausse début février. Sauf cette dernière, en effet, le statu quo l’emportera vraisemblablement, accompagné de communications plus ou moins parlantes pour la suite, sur lesquelles se focaliseront les analyses et les réactions de marchés.

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Et si l’inflation était sur le point de changer de nature, que ferait la BCE ?

Les phénomènes inflationnistes sont complexes, rarement identiques d’un épisode à l’autre, évolutifs, et tout autant fonction de conditions structurelles, conjoncturelles et politiques que d’une quelconque loi économique systématique. Même les déséquilibres offre-demande, qui constituent la pierre angulaire de tout mécanisme non régulé de formation des prix, sont le plus souvent difficiles à évaluer au niveau macroéconomique et susceptibles d’avoir des conséquences imprévisibles dès lors qu’ils s’accompagnent de réponses des politiques économiques plus ou moins adaptées ou de ruptures de comportement des agents. Les exemples ne manquent pas ces dernières années où se sont empilés chocs d’offre, programmes de soutien à l’activité, boucliers énergétiques et pénuries de différentes natures, aux conséquences rarement évaluées à leur juste valeur.

De même, s’il est à peu près passé dans l’opinion – BCE excepté…- que les rouages économiques de demain seront plus inflationnistes que ceux d’hier, du fait notamment de la raréfaction des ressources primaires, de facto, synonyme d’un monde plus fragmenté, nul ne sait véritablement anticiper de quel type d’inflation il s’agira : chocs exogènes à répétition aux conséquences dépressives sur la demande et les prix d’un certain nombre de produits et services, ou phénomènes endogènes entretenus de hausses des prix et des salaires, potentiellement relayés par la raréfaction de la main d’œuvre ?…

Toujours est-il, qu’à brève échéance, les éléments du diagnostic commencent à évoluer, tout du moins en zone euro, et, contrairement à la situation qui prévalait ces trois dernières années, ceux-ci pourraient laisser de moins en moins de place à l’entretien d’une inflation endogène. La BCE devra en prendre acte et être en mesure de faire le distinguo entre mécanismes purement domestiques et chocs ou contextes externes. Cela nécessitera plus que le seul relevé du taux annuel d’inflation des prix à la consommation, au risque de conduire à des erreurs, potentiellement fatales, de politique monétaire. La mission est, toutefois, loin d’être aisée.

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