C. Lagarde, en mode pause

Comme prévu, la BCE garde sa politique monétaire inchangée ce mois-ci après une augmentation importante de ses différents programmes d’achats d’actifs et de refinancement bancaire en décembre. Mme Lagarde parle d’une récession au quatrième trimestre de l’année dernière et un début d’année compliqué du fait du regain de l’épidémie mais rassure : « ces développements sont en ligne avec le scénario présenté en décembre »… La présidente de la BCE se veut donc réconfortante en attendant l’effet salvateur des vaccinations et tandis que les craintes autour du Brexit et de l’adoption du plan de relance européen encore en place en décembre, sont aujourd’hui levées. Il est vrai que le dispositif annoncé en décembre laisse de la marge pour faire face à d’éventuelles déceptions additionnelles. À ce titre, la résistance des marchés à la crise politique italienne est incontestablement un facteur de confiance tandis que la remontée des anticipations d’inflation sur leur niveau d’avant crise n’est pas pour déplaire… L’euro apprécie.

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Annuler la dette : une fausse réponse à de vrais manquements européens ?

  La crise du Covid-19 a partout entrainé une explosion des dettes publiques dans des proportions telles que nul n’imagine qu’elles seront remboursées par des économies durablement affaiblies, qui plus est, rapidement vieillissantes. Les effacer est de plus en plus souvent préconisé en Europe afin d’éviter de grever la reprise et pour redonner aux États des marges de manœuvre nécessaires afin de déployer des politiques de relance de plus grande envergure, susceptibles d’accélérer la transition vers une économie bas carbone. A ces arguments on ajouterait volontiers l’espoir qu’une annulation du surcroit de dette lié au Covid-19 puisse mettre un terme aux pratiques quantitatives de la BCE dont les conséquences, sur la durée, se révèlent éminemment nocives à l’équilibre et au développement économique. Il y a pourtant bien des raisons de douter de l’efficacité d’une telle solution. Outre le fait que la dette ne soit pas l’urgence du moment, son annulation ne garantit nullement une plus grande efficacité de la politique budgétaire, laquelle a plus à voir avec des oppositions politiques que les distorsions créées par son effacement pourraient envenimer plutôt que l’inverse.

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La BCE en stand-by ; Mme Lagarde vigilante mais apaisée

A l’occasion de sa conférence de presse de rentrée, la présidente de la BCE est apparue relativement apaisée. Sans passer outre le haut degré d’incertitude lié à des perspectives éminemment dépendantes de l’évolution de l’épidémie, Mme Lagarde a souligné l’amélioration des résultats économiques enregistrés depuis sa dernière intervention et la légère révision à la hausse du scénario de croissance 2020, à -8 % pour le PIB réel au lieu de -8,7 % en juin. Généralement attendue sur les mauvais résultats de l’inflation, retombée en territoire légèrement négatif en août (-0,2 % l’an) et sur l’appréciation de l’euro, la BCE a finalement fait peu de cas de ces deux éléments.

 

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Petit ou grand élan pour l’euro ?

Les initiatives européennes n’ont pas tardé à payer : l’euro, menacé de craquer au début de l’épidémie de coronavirus, s’est adjugé une remontée de plus de 8 % face au dollar depuis son point bas du 20 mars. Alors que l’accord européen de ce mardi lui a donné l’occasion de franchir d’importantes résistances, la monnaie unique dispose, à l’évidence, d’un potentiel d’appréciation additionnel vis-à-vis du billet vert. Reste à savoir de combien.

Le pronostic n’est pas si simple. D’un côté les facteurs de faiblesse du dollar se multiplient , de l’autre, les risques de déception sur la conjoncture européenne restent entiers. La dilution sur trois années du plan de relance, 2021 à 2023, risque fort de ne pas le rendre aussi opérationnel que nécessaire au cours de la période la plus dépressive des tout prochains mois. L’ensemble pourrait finalement requérir plus de temps pour faire valoir sa juste valorisation à la monnaie unique face au billet vert, ceci d’autant plus que le taux de change effectif de l’euro risque de buter sur ses records historiques, à peine supérieurs à 3,5 % au niveau présent…

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L’assurance de M. Lagarde donne des ailes à l’euro

Rien n’était attendu de la part de la BCE ce mois-ci et rien n’a été annoncé, sinon le maintien des programmes de rachats d’actifs déjà existants. Pour autant, contrairement à sa précédente conférence du 4 juin, la présidente, C. Lagarde, avait plutôt de bonnes nouvelles à apporter.

 

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Vous avez dit reflation ?

C’est le scénario que les tombereaux de liquidités déversés par les banques centrales sur les marchés financiers ont fini par imposer malgré l’ampleur de la crise provoquée par la pandémie de Covid-19. L’hypothèse trouve bien peu de justifications économiques et finira, selon toute vraisemblance, par être balayée d’un revers de manche à un moment donné. Pour autant, l’illusion reflationniste pourrait encore gagner du terrain à l’heure du déconfinement et de ses effets sur les indicateurs économiques : +2,5 millions d’emplois créés en mai aux États-Unis après 22 millions détruits entre avril et mars. Face à l’ébullition en présence c’est probablement à un profond remue-ménage des différentes classes d’actifs qu’il faut s’attendre, au-delà du rallye boursier déjà bien avancé. Comprendre cette mécanique reflationniste est essentiel pour apprécier la puissance de ce qui se joue et pour mieux appréhender les éventuelles incohérences futures qui permettront de déceler les signaux avant-coureurs d’une remise à plat du scénario aujourd’hui plébiscité par les marchés.
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BCE et gouvernement allemand de nouveau à la rescousse. Sinon, tout va bien…

Nouvelle salve d’annonces pour sauver une situation économique que la BCE et les gouvernements observent sous un jour apparemment plus préoccupé que ne le font les marchés. La première augmente de 600 milliards l’enveloppe consacrée à son programme d’achats d’urgence face à la pandémie (PEPP) dont le montant initial était de 750 milliards. L’Allemagne de son côté rajoute 130 milliards d’euros aux 250 mds déjà mis sur la table, sans compter les 1 000 mds de prêts garantis, les 250 de reports de taxes, ni les 50 en cours de négociation. On y perd son latin mais, si nos calculs sont bons, les dispositifs totalisent 46 % du PIB allemand dont 12 % hors report de taxes et financements. Alors, plutôt que de voir dans ces annonces l’assurance d’une sortie de crise, les marchés feraient mieux de se demander où nous en serions sans ces actions astronomiques pour jauger des dégâts de la pandémie.

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