Que reste-t-il pour prévenir une accélération à la baisse du dollar ?

Chutera, chutera pas ? L’inquiétude monte au sujet d’une éventuelle correction à la baisse du dollar américain et cela n’est pas bon signe pour l’évolution des perspectives économiques mondiales. Car, avec le dollar c’est un peu comme avec le bâtiment, « quand il va, tout va » sur les marchés financiers, ce qui explique la tendance à plébisciter un dollar fort, notamment par rapport aux devises du monde développé. Sauf que plus rien ne va plus chez l’Oncle Sam et que la résistance déjà exceptionnelle du billet vert à la détérioration des fondamentaux qui habituellement président à l’évolution du taux de change a du plomb dans l’aile. Mauvaise gestion de la crise sanitaire, dislocation sociale, mise en doute des perspectives structurelles de croissance s’ajoutent à des déficits abyssaux et à une expansion monétaire de moins en moins compatibles avec un taux de change réel à ses plus hauts niveaux depuis près de vingt ans. Alors, c’est parti ? La réponse semble pour l’essentiel dans la capacité de la gouvernance européenne à rassurer sur l’avenir de la monnaie unique. Sans ce préalable, le repli du dollar se limitera sans doute à quelques rares devises peu influentes sur le front économique mondial.

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Panique à la FED

Jérôme Powell fait une nouvelle volte-face au vu de la montée des risques engendrés par l’intensification de la guerre commerciale. Rarement apparu aussi combatif, le président de la FED a conforté les marchés dans leurs anticipations de baisse des taux cette année avec un premier mouvement susceptible d’intervenir dès le mois de septembre, à en juger par ses propos… Enfin, sous réserve d’une nouvelle inflexion d’ici là dont le Président de la FED est, décidément, coutumier.

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Encore un peu de travail avant de revoir de l’inflation salariale aux Etats-Unis…

Le rapport sur l’emploi américain du mois de mars risque de ne pas suffire à lever les incertitudes sur les développements conjoncturels aux États-Unis. Légèrement supérieures aux attentes pour ce qui concerne le seul mois de mars, les 196 000 créations de postes annoncées ne compensent pas le manque à gagner du mois précédent qui, même révisé, reste très faible, à 33 K. Entre février et mars, l’emploi américain a ainsi progressé de 114,5 K par mois en moyenne, son plus faible niveau depuis septembre 2017 (post ouragans). Si le bon chiffre de janvier permet encore de sauver la mise trimestrielle, ce résultat a tout lieu de semer le doute sur la vigueur de l’économie américaine. Autre source de déception, la croissance des salaires piétine et se replie à 3,2 % l’an en mars, après avoir plafonné à 3,5 % ces derniers mois. Ce constat n’est guère satisfaisant pour une banque centrale dont l’objectif premier est aujourd’hui de restaurer des sous-jacents d’inflation plus solides. Il pourrait y avoir là de quoi préparer le terrain à un affaissement supplémentaire de la courbe des taux…

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L’énigme du cours de l’euro-dollar

L’Europe, cette prison de moins en moins dorée dont seule la devise continue à tirer les bénéfices 

Tétanisé a l’idée de lâcher le navire européen sans un accord susceptible de rendre supportable le coût de ce divorce, le Royaume-Uni semble en passe de rester amarré à l’UE. Par ailleurs, gouvernement italien et Commission européenne ont camouflé leurs désaccords, parvenant à maquiller des comptes qui, s’ils ne trompent personne, confirment un objectif partagé d’éviter une nouvelle crise aux conséquences improbables. Décidément se défaire de l’euro ou de l’Europe n’est pas aussi simple que les politiques le suggèrent ! D’ailleurs, selon le dernier baromètre sur le sujet, plus de deux européens de la zone euro sur trois plébisciteraient la monnaie unique.

Le risque existentiel d’un euro mal-aimé a donc finalement cédé du terrain ces dernières semaines, au grand dam de la conjoncture de la zone euro qui, à un cheveu d’une nouvelle récession, risque en outre de subir les affres d’une devise ragaillardie. Alors, si, même sur ce point, l’euro dysfonctionne, une chose est sure, la monnaie unique a la vie dure et tant, qu’il en sera ainsi, bénéficiera de cette malencontreuse vertu de valeur refuge !

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Emploi américain, ou : comment un bon rapport fait flancher les taux longs et le dollar

Le rapport de l’ADP avait suggéré la prudence à l’égard des chiffres officiels d’aujourd’hui. Le résultat est pourtant des plus honorables, avec 218K créations d’emplois en juin et des révisions à la hausse de 37K des deux mois précédents. Cela ne durera, peut-être, qu’un temps mais les initiatives de D. Trump semblent payer : en juin, le secteur manufacturier a de nouveau créé 36K emplois nets, soit 285K en un an, un record depuis 1998. Les créations de postes dans les services professionnels, l’éducation et la santé sont, par ailleurs, robustes, de plus de 50K chacun. Cerises sur le gâteau, le taux de chômage dont la baisse accélérée ces derniers mois avait accru la pression sur la FED, remonte de deux dixièmes, à 4 % de la population active, et la croissance des salaires reste contenue, à 2,7 % l’an, comme en mai. En d’autres termes, ce rapport semble à bien des égards d’un très bon cru… Enfin, cela dépend pour qui. Car au lieu de soutenir le cours du dollar, ces statistiques l’ont plombé ; en cause, le nouveau repli des taux longs qu’elles ont provoqué… L’affaire se complique.

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Le rapport sur l’emploi américain fait flancher les taux longs et le dollar

A 213K, les créations d’emplois sont restées robustes en juin avec des révisions à la hausse des données d’avril et mai qui ajoutent au total 37K emplois aux statistiques récentes.
Par ailleurs, les salaires n’accélèrent pas; stable à 2,7% pour l’ensemble des emplois, en léger repli de 2,8% à 2,7% pour les emplois non qualifiés.
En outre le taux de chômage remonte de deux dixièmes, de 3,8% à 4%, grâce à une légère remontée du taux de participation.

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Il n’est pas trop tard pour réduire son exposition au risque… Mais pour quoi faire ?

Vous y comprenez quelque chose ? Nous, non, au-delà de quelques bribes qui, dans l’ensemble, n’inspirent guère confiance malgré le caractère particulièrement conciliant de bien de pans de marché. Dans de pareils cas, mieux vaut réduire la voilure et son exposition au risque. Mais pour quoi faire, dans un environnement d’une rare complexité face auquel les opportunités d’investissement se raréfient ? Faut-il :

  • Racheter des obligations ou reconnues sans risque, alors que la FED et la BCE s’apprêtent semble-t-il, de concert, à durcir le ton la semaine prochaine et pourraient déclencher un changement drastique des anticipations de politiques monétaires si jamais elles n’y prenaient garde ? Ou, au contraire, les vendre, dans l’idée que les hausses de taux d’intérêt seront in fine incontournables ?

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