Flambée des matières premières et hausse du dollar, un très mauvais mixte pour les changes

Les périodes d’appréciation du billet vert ont en général été plutôt bienvenues au cours des deux dernières décennies. Les écarts de taux d’intérêt qui les accompagnaient illustraient, le plus souvent, une conjoncture américaine porteuse que la remontée du dollar assurait de diffuser au reste du monde. En outre, au cours de cette période, la relation entre la monnaie américaine et le marché des matières premières est apparue relativement stable : le second s’ajustait à la baisse lorsque la première s’appréciait, ce qui avait pour effet d’amortir le choc inflationniste des dépréciations des devises vis-à-vis du dollar et, ainsi, de contenir les écarts d’inflation et, par-delà, ceux des politiques monétaires. Il en est résulté une plus grande stabilité des taux de changes qui n’est pas étrangère à ce que d’aucuns ont qualifié de période de « grande modération ». Ces mécanismes stabilisateurs ont été balayés à partir du moment où matières premières et dollar ont commencé à s’apprécier de concert en début d’année. Source de renchérissement additionnel de la facture des matières premières, la hausse du dollar participe à accroître la dispersion de l’inflation et, donc, des politiques monétaires, ce qui se traduit aujourd’hui par un important regain d’instabilité des marchés des changes.

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Les anticipations de taux s’emballent face à des données américaines plutôt bonnes

La production industrielle américaine a progressé de 1,6 % entre septembre et octobre, tandis que sa composante manufacturière a gagné 1,3 % grâce à l’automobile et retrouve son plus haut depuis la fin d’année 2018. Voilà qui donne un peu d’air à l’économie américaine puisqu’il s’agit de la plus forte accélération depuis mars, après bien des embûches : covid, pénuries, ouragan… Possible, dès lors, que le mois d’octobre signe la fin de cette parenthèse, marquée par une progression médiocre du PIB au troisième trimestre, même si les incertitudes, notamment sanitaires, demeurent. Quand bien même, il en faudra beaucoup plus pour sortir de la stagnation qui touche la quasi-totalité des secteurs industriels, informatique excepté, depuis près de cinq ans. Mais les marchés pourraient ne pas s’embarrasser de telles considérations ; les anticipations de hausses des taux se retendent, au bénéfice du dollar…

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Powell peine à faire entendre les raisons du statu quo de la FED

Stand-by. C’est implicitement le maître mot du communiqué de la FED et de celui des propos de J. Powell. Mais au fait, pour quelles bonnes raisons ? Affirmer que les tensions inflationnistes n’ont pas lieu de durer au-delà des effets de base et de l’impact des goulets d’étranglement ne suffit apparemment plus à justifier le statu quo de la FED. J. Powell a ainsi dû répondre à de multiples questions du type : mais que vous faut-il de plus, quelles conditions permettraient d’atteindre la zone de confort à partir de laquelle la FED pourrait envisager de changer de stratégie ? Quels sont les fragilités justifiant le maintien de telles béquilles monétaires ? Pourquoi continuer à acheter des titres adossés au marché immobilier alors que celui-ci se porte en apparence si bien, ces pratiques ne risquent-elles pas de participer à la surenchère en place et de peser, par ricochet, sur le pouvoir d’achat des ménages ? Enfin : la FED est-elle effrayée par le risque de « taper tantrum » ?… C’est peu de dire que les journalistes sont apparus dubitatifs et ils ne sont sans doute pas les seuls. Car la question n’est pas tant de ne rien changer que de maintenir des conditions de soutien monétaire exceptionnel quand les perspectives s’améliorent comme elles le font aujourd’hui.

 

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Flambée des prix producteurs et des ventes de détail américains ; le dollar s’envole

L’année a démarré en trombe aux Etats-Unis avec une envolée de plus de 5 % des ventes de détail nominales et un rebond de 2 % des prix producteurs en janvier. Pas de distorsion particulière pour expliquer ces résultats : les ventes ont fortement progressé dans la plupart des secteurs, comme c’est le cas pour les prix avec, en particulier, une remontée de 1,3 % dans les services, la plus forte hausse mensuelle depuis l’origine de la série en 2009. Si ces données ont peu d’effets sur les taux d’intérêt, c’est sans doute que ces derniers ont pris une certaine avance ces derniers jours. Le dollar réagit davantage avec une progression de 0,5 % de l’indice ICE et un net repli de l’euro, à 1,204USD.

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Navigation dans un futur lointain à Jackson Hole, le grand exercice de diversion de la FED

Curieuse préoccupation des autorités monétaires américaines que de se concentrer sur la manière dont la FED devra gérer le retour du taux de chômage à son niveau de plein emploi quand ce dernier a bondi à plus de 10 % depuis mars, potentiellement deux fois plus si l’on considère les emplois maintenus à flot par les aides publiques et plus encore si l’on réintègre les salariés disparus des statistiques que révèle la chute du taux de participation de la population en âge de travailler. Contrairement à ce que toute personne censée imaginerait, ce n’est donc pas la menace d’un chômage de masse susceptible de toucher près d’un actif sur quatre aux Etats-Unis qui préoccupe les autorités monétaires mais la manière dont elles devront aborder la situation lorsque le taux de chômage sera retombé si bas qu’il pourrait menacer de faire remonter l’inflation, aujourd’hui d’à peine 1 % ! Cette posture inspire plusieurs réflexions, pas toujours des plus flatteuses pour la FED mais tellement révélatrices du fossé grandissant entre les acteurs financiers, auxquels elle s’adresse, et la vie économique réelle.

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Que reste-t-il pour prévenir une accélération à la baisse du dollar ?

Chutera, chutera pas ? L’inquiétude monte au sujet d’une éventuelle correction à la baisse du dollar américain et cela n’est pas bon signe pour l’évolution des perspectives économiques mondiales. Car, avec le dollar c’est un peu comme avec le bâtiment, « quand il va, tout va » sur les marchés financiers, ce qui explique la tendance à plébisciter un dollar fort, notamment par rapport aux devises du monde développé. Sauf que plus rien ne va plus chez l’Oncle Sam et que la résistance déjà exceptionnelle du billet vert à la détérioration des fondamentaux qui habituellement président à l’évolution du taux de change a du plomb dans l’aile. Mauvaise gestion de la crise sanitaire, dislocation sociale, mise en doute des perspectives structurelles de croissance s’ajoutent à des déficits abyssaux et à une expansion monétaire de moins en moins compatibles avec un taux de change réel à ses plus hauts niveaux depuis près de vingt ans. Alors, c’est parti ? La réponse semble pour l’essentiel dans la capacité de la gouvernance européenne à rassurer sur l’avenir de la monnaie unique. Sans ce préalable, le repli du dollar se limitera sans doute à quelques rares devises peu influentes sur le front économique mondial.

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Panique à la FED

Jérôme Powell fait une nouvelle volte-face au vu de la montée des risques engendrés par l’intensification de la guerre commerciale. Rarement apparu aussi combatif, le président de la FED a conforté les marchés dans leurs anticipations de baisse des taux cette année avec un premier mouvement susceptible d’intervenir dès le mois de septembre, à en juger par ses propos… Enfin, sous réserve d’une nouvelle inflexion d’ici là dont le Président de la FED est, décidément, coutumier.

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Encore un peu de travail avant de revoir de l’inflation salariale aux Etats-Unis…

Le rapport sur l’emploi américain du mois de mars risque de ne pas suffire à lever les incertitudes sur les développements conjoncturels aux États-Unis. Légèrement supérieures aux attentes pour ce qui concerne le seul mois de mars, les 196 000 créations de postes annoncées ne compensent pas le manque à gagner du mois précédent qui, même révisé, reste très faible, à 33 K. Entre février et mars, l’emploi américain a ainsi progressé de 114,5 K par mois en moyenne, son plus faible niveau depuis septembre 2017 (post ouragans). Si le bon chiffre de janvier permet encore de sauver la mise trimestrielle, ce résultat a tout lieu de semer le doute sur la vigueur de l’économie américaine. Autre source de déception, la croissance des salaires piétine et se replie à 3,2 % l’an en mars, après avoir plafonné à 3,5 % ces derniers mois. Ce constat n’est guère satisfaisant pour une banque centrale dont l’objectif premier est aujourd’hui de restaurer des sous-jacents d’inflation plus solides. Il pourrait y avoir là de quoi préparer le terrain à un affaissement supplémentaire de la courbe des taux…

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