L’économie américaine engloutie

Le tableau que renvoie l’économie américaine est chaque jour un peu plus apocalyptique. Alors que l’épidémie de coronavirus poursuit sa course folle, les indicateurs économiques tombent tour à tour comme des pierres, FED et Administration adoptent quasi-quotidiennement de nouvelles mesures de sauvetage dont nul ne sait plus dire à quoi elles mèneront, si elles peuvent être d’une quelconque efficacité ou risquent de se révéler contre-productives tandis que, sur les marchés financiers, se succèdent les ondes de choc : bourse, pétrole, banques, obligations d’entreprises, bons du trésor, marché hypothécaire… Emporté par la maladie, le château de cartes de la première économie mondiale n’a pas eu le temps de vaciller qu’il semble déjà sur le point d’être englouti.

 

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L’hypothèse inflationniste

L’onde de choc économique et financière provoquée par la propagation de l’épidémie de coronavirus à travers le monde a jusqu’à présent suscité peu de doutes sur les marchés financiers : cette crise serait éminemment déflationniste, en témoigne l’écrasement des anticipations implicites d’inflation depuis que le cap des cent morts a été franchi en Italie le 5 mars, moment à partir duquel s’accélère également l’effondrement des cours du pétrole. Pertes inédites d’activité et d’emplois, dépression économique, crise financière sur fond de chute des prix des matières premières, conduisent, en effet, les uns et les autres à privilégier une telle issue ; en quelque sorte, dans le prolongement de la situation qui prévalait depuis 2015 à l’échelle mondiale.

La tournure récente prise par la crise sanitaire amène, pourtant, à s’interroger sur ce postulat, comme l’incite également le redressement des anticipations d’inflation sur les marchés à terme ces derniers jours. Épiphénomène sans conséquence ou prémices d’un mouvement plus préoccupant ? En quoi la situation présente conduit-elle à questionner le scénario jusqu’alors prédominant ?

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Un mal pour un bien. Vraiment ?

L’idée a germé dans nos esprits dès les débuts de l’épidémie de coronavirus : cette crise sanitaire inédite ne serait pas sans lendemains. Non pas qu’elle aura dévoilé la fragilité d’un monde que l’on croyait aseptisé qui nécessiterait une remise à plat des pratiques de prévention médicale en même temps qu’une plus grande transparence des systèmes santé et une meilleure préparation à des scénarii d’épidémie de grande ampleur. Non, c’est sur un autre plan que le choc provoqué par cette pandémie est le plus largement attendu : en l’occurrence dans sa capacité à accélérer le détricotage d’une mondialisation effrénée, aux proportions devenues insoutenables pour la bonne marche économique mondiale, qui plus est, incompatible avec toute ambition climatique un tant soit peu significative. L’apparition du Covid-19 en Chine a levé le voile sur l’extrême dépendance du reste du monde à l’égard de ce qui est devenu son atelier. Rien de nouveau mais néanmoins une violente prise de conscience des risques associés à une situation de sujétion critique allant jusqu’à l’approvisionnement des cellules souches de nos médicaments les plus indispensables. Alors on se prend à rêver que cette crise éveille les consciences, qu’elle permette d’effectuer ce grand pas en avant vers de nouveaux modes de consommation plus respectueux des besoins effectifs, de l’environnement et des équilibres économiques régionaux ; qu’elle rapproche les lieux de production de ceux de la consommation et redistribue plus équitablement les ressources en emploi ; que les images de la NASA d’un ciel pourri aux particules de dioxyde d’azote au-dessus du territoire chinois n’appartiennent plus qu’au passé. Une crise salvatrice en somme, un mal pour un bien. Mais, c’est à craindre, un rêve bien éloigné des lendemains que nous promet la crise en cours.

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Non, il n’est pas encore temps de se positionner à l’achat sur les marchés

Moins 30 % sur les bourses mondiales et ce ne serait pas un problème mais la vie normale des marchés et du risque qui leur est assorti. Pas de raison de s’inquiéter, donc, mais plutôt le temps de commencer à se positionner pour la hausse future des actions, laquelle, on nous garantit, sera spectaculaire avec des valorisations au plus bas depuis 2008. Il y a au moins trois raisons pour lesquelles nous pensons que cette stratégie n’est pas appropriée à la situation présente.

  1. La correction en place n’a pas produit, pour l’instant, de phénomène de survente par rapport aux tendances à long terme des marchés qui pourrait justifier, à ce stade, une telle stratégie.
  2. Jauger des valorisations par rapport à leur histoire des douze dernières années est discutable au regard des questions que soulève la crise actuelle sur ses conséquences structurelles.
  3. Imaginer un retour haussier alors qu’aucun indicateur économique ne suggère d’amélioration et que, selon toute vraisemblance, les informations des prochaines semaines vont dévoiler une extrême dégradation additionnelle de la situation économique et sanitaire est indiscutablement précoce.

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Covid-19 : d’un choc d’offre chinois à un choc de demande mondiale

Parmi les difficultés à anticiper les effets de l’épidémie de coronavirus, réside, entre autres incertitudes de taille, le fait d’être simultanément confronté à un double choc d’offre et de demande aux pourtours incertains en même temps que mouvants. En période de crise aigüe, la frontière entre ces deux types d’impacts est bien souvent étroite, le premier risquant sans délai de muter vers le second dès lors que l’appareil productif, les transports, l’emploi ou les moyens de financement (2008) sont paralysés.

De l’ampleur de ces dérèglements dépend le risque de transformation d’un choc initial d’offre, essentiellement chinois, en choc de demande globale aux conséquences éminemment différentes sur les comportements, les anticipations et les réponses à apporter. Où en sommes-nous aujourd’hui et qu’en déduire pour l’environnement financier immédiat ?

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La menace financière prend le pas sur la menace sanitaire du Covid-19

Dans un contexte de marchés très largement surachetés, ce que l’on pouvait craindre la semaine dernière n’a pas tardé à se produire : l’onde de choc financière née de la propagation du virus en dehors des frontières chinoises ces derniers jours est d’une rare violence, au point, déjà, de donner une nouvelle dimension à cette crise ; en l’occurrence, celle d’une crise financière longtemps redoutée qui, si elle venait à se prolonger, aurait des conséquences potentiellement plus dommageables que l’épidémie du Covid-19.

En une semaine, les bourses mondiales ont effacé l’intégralité des gains de six mois de frénésie haussière et franchissent les unes après les autres les seuils critiques qui augmentent le risque d’emballement à la baisse et, de facto, la probabilité d’un choc économique majeur. Dans de telles circonstances, les réactions ne devraient pas tarder. Baisses des taux d’intérêt et initiatives budgétaires se profilent à travers le monde. De la rapidité de ces réponses et de l’évolution de la pandémie dépendra l’évolution du contexte financier et le choc économique final. Deux scénarii se dégagent.

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Covid-19 : un premier dépistage macro

Comme enflés à l’hélium par les liquidités, les marchés boursiers ont jusqu’à présent superbement ignoré le choc du coronavirus. Le cap de l’exubérance de la fin d’année dernière a été d’autant plus facile à garder que nous n’avons, à ce stade, que très peu d’illustrations des effets de cette épidémie. Ce n’est qu’à partir du début du mois de février, en effet, que la paralysie de l’économie chinoise a véritablement gagné du terrain. Il faudra donc attendre encore quelques jours ou semaines pour être en mesure d’évaluer l’impact de cette crise sanitaire d’envergure. Le réveil risque d’être brutal.

À quoi se préparer, quels sont les rouages de transmission de ce choc avant tout chinois sur l’activité internationale, les principales sources d’incertitudes ou d’interrogations liées au conséquences de cette épidémie ? Nous dressons ici un premier dépistage.

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Le Coronavirus, premier défi pour la BCE de Mme Lagarde ; l’euro flanche

Il aurait assurément fallu plus de temps à Mme Lagarde pour parvenir à ses fins ; à savoir, réussir à enclencher une nouvelle dynamique du policy-mix qui permette progressivement à la BCE de s’extirper de la trappe des taux d’intérêt négatifs. L’épidémie de Coronavirus ne lui laissera vraisemblablement pas ce loisir. Plus rapide que la capacité de la Commission et des gouvernements de la zone euro à se mouvoir, son impact économique, bien qu’encore très incertain, a tout lieu d’être suffisant pour contraindre Mme Lagarde à prendre des décisions contraires à ses souhaits initiaux. Comme déjà signalé cette semaine par Philip Lane, économiste en chef de la BCE, la probabilité de nouvelles baisses des taux de dépôts a regagné du terrain ces derniers temps ; ceci malgré le repli du cours de l’euro qui, signe de temps nouveaux, ne semble guère émouvoir l’actuel conseil des gouverneurs de la BCE.

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