Décrispation allemande, mais encore ?

Au moment où les tensions commerciales entre la Chine et les États-Unis s’apaisent et où, simultanément, les menaces d’une hausse de tarifs américains sur les importations d’automobiles européennes diminuent, il faut peu de bonnes nouvelles pour convaincre que le point bas de l’activité soit en passe d’être dépassé en Allemagne et que, par là-même, l’horizon conjoncturel européen s’éclaircisse. Difficile de ne pas acheter ce diagnostic que ne contredit pas fondamentalement, d’ailleurs, l’analyse détaillée des commandes aux différentes secteurs de l’industrie allemande publiées hier. Reste à jauger ce qui est susceptible de suivre pour l’activité à venir. Les données de production de ce matin jettent un froid, avec un repli de 1,3 % de la production manufacturière en septembre quand, par ailleurs, l’accumulation des stocks des entreprises incite à la retenue. Que la série noire des données allemandes soit derrière nous est probable, que ce diagnostic débouche sur un scénario en V est une autre histoire.

Lire la suite…

Statistiques américaines, du pareil au même

L’ISM non-manufacturier s’est ressaisi en octobre, remontant de 52,6 à 54,7 points, au-delà des attentes des économistes de marché. Pour ceux qui veulent croire à un point bas de la conjoncture américaine, cette statistique viendra s’ajouter à la liste des données de ces derniers jours : PIB et emplois à la fin de la semaine dernière notamment. Tout comme ces dernières statistiques, néanmoins, la lecture que l’on peut faire de l’indice ISM est variable. Replacé dans la perspective des dernières années, le chiffre d’aujourd’hui est juste médiocre et ne remet aucunement en cause la tendance au tassement de l’activité observée depuis le début de l’année. Les économistes ont coutume, pour se prémunir du risque de surinterpréter des mouvements liés à la volatilité normale des séries statistiques, d’analyser les tendances lissées sur deux ou, plus traditionnellement, trois mois. En l’occurrence, ici, la moyenne mobile sur 3 mois ne donne aucun signal interprétable compte-tenu du caractère très réduit de son redressement. Ce constat n’exclut pas que septembre 2019 puisse se révéler in fine le point bas de l’ISM non-manufacturier mais cette enquête ne nous le dit pas.

Lire la suite…

PIB et emploi américains : J. Powell moins libre qu’il ne le pense…

À 1,9 %, la première estimation de la croissance américaine est au-dessus des attentes (1,6 %), offrant a priori peu d’arguments à la FED pour défendre une nouvelle baisse des taux directeurs qui devrait être annoncée ce soir. Dans un tel cas de figure, c’est plutôt un discours relativement ferme sur son intention de stopper l’exercice d’assouplissement monétaire qui pourrait être attendu. A y regarder de plus près, pourtant, les données américaines sont beaucoup moins réconfortantes. Les détails du PIB du troisième trimestre portent de plus en plus les stigmates d’une fin de cycle, une conclusion que ne remettent à l’évidence pas en cause les données de l’ADP après de sérieuses révisions apportées sur les six derniers mois. Conséquence de tout cela, les anticipations d’une nouvelle baisse des taux des Fed Funds en décembre sont remontées de 17 % hier à plus de 26 % aujourd’hui ! Dans de telles conditions, J. Powell devra faire état d’une prudence renouvelée…

Lire la suite…

BMG octobre 2019 – L’activité se stabilise, l’inflation rechute brutalement

Notre indicateur de momentum global d’activité s’extirpe de la zone négative pour la première fois en seize mois, à 0 en octobre, après une forte révision à la hausse en septembre, de -0.5 à -0.1. Le rebond de la consommation au Japon, du mieux du côté du climat des affaires en zone euro et le redressement des exportations américaines expliquent ce résultat malgré une déprime persistante sur le front de l’investissement. Notre indicateur d’inflation replonge lui à -1,2, un plus bas depuis 2012!

Lire la suite…

Mme Lagarde et les prérogatives de la Banque Centrale européenne

Christine Lagarde a pris ses fonctions à la tête de la BCE pour un mandat de huit ans au cours duquel sa principale mission sera de réussir là où son prédécesseur a échoué : rétablir les conditions d’une croissance plus solide nécessaire pour mettre à l’écart le spectre d’une japonisation et assurer la survie à terme de l’union monétaire. Signe de temps qui changent, elle n’a pas été choisie pour ses capacités à faire tourner des règles de Taylor ou autre fonction de réaction de politique monétaire mais pour son talent politique et la force d’influence qu’elle est censée avoir retirés de son expérience à la tête du FMI. C’est d’ailleurs sur ce terrain qu’elle s’est illico positionnée en vue de faire bouger les lignes budgétaires en direction d’une plus grande cohésion européenne. Il n’y a là rien de véritablement surprenant au vu du manque d’outils monétaires à sa disposition, du pouvoir grandissant acquis par la BCE au fil des crises successives de la zone euro et de l’insuffisance évidente des réponses monétaires aux difficultés structurelles de l’UEM. Reste néanmoins que cette orientation pose une question institutionnelle-clé, celle de savoir si la BCE peut supplanter le refus de fédéralisme des pays qu’elle représente.

Lire la suite…

FOMC, J. Powell : « pause toujours… »

La Fed a abaissé comme prévu son objectif des Fed Funds d’un quart de points, dans la fourchette de 1.50 % à 1.75% et souligné son intention de ne pas poursuivre l’ajustement de milieu de cycle tant que les informations économiques n’imposeront pas de remise en cause de son scénario central. La FED estime la politique monétaire « en bonne place » ne nécessitant pas de changement à brève échéance et se laisse le temps de jauger des effets des baisses de taux passées sur l’activité, le marché de l’emploi tout particulièrement.

Si le message est clair, il n’est pas pour autant « hawkish ». La FED ne voit pas de nécessité de faire davantage et on le comprend compte-tenu de l’étroitesse de ses marges de manœuvre d’une part et de l’absence d’urgence d’agir dans un contexte globalement porteur sur le front des conditions financières. J. Powell s’est néanmoins montré prudent et flexible quant à l’idée de devoir changer de diagnostic le cas échéant, dans un sens comme dans un autre, affirmant néanmoins que la FED n’avait pas de perspective de remontée de ses taux directeurs à ce stade.

L’ensemble est apparu au bout du compte plutôt « dovish » se résumant en définitive par un repli des taux à deux ans à 1,60 % après une très brève remontée et des baisses plus marquées des taux à 10 et 30 ans à respectivement 1,78 % et 2,26 %. Le dollar, brièvement soutenu par le communiqué, a également fini par effacer ses gains de la semaine, à 97,3 pour l’indice ICE, quand l’euro remontait à 1,115USD. Signe du peu de conviction du changement de cap de la FED, l’or terminait également la séance sur un gain de 0,5%.

Il faudra à l’évidence davantage que des supputations pour convaincre les marchés d’un changement radical d’environnement de taux d’intérêt.

Japon, c’est encore plus grave qu’imaginé !

La hausse des taxes à la consommation de 8 % à 10 % au Japon début octobre devait se traduire par une envolée des prix susceptible de fragiliser les consommateurs… Rien de cela. À en juger par les données de la région de Tokyo, la déflation est tellement prégnante que même une remontée des taxes ne filtre pas les rouages de la formation des prix : preuve s’il en est de la fragilité de la demande, les entreprises ont intégralement absorbé ce surcoût. Les perspectives de consommation en sont-elles meilleures ?

Lire la suite…

Croissance française, sursis ou approfondissement ?

L’économie française continue de bien s’en tirer, avec une croissance du PIB réel de 0,3 % au troisième trimestre, identique à celle du deuxième trimestre et supérieure aux attentes qui tablaient plutôt sur 0,2 %. Au cours de l’année écoulée, l’économie française aura donc progressé de 1,3 %, un rythme légèrement moindre qu’au deuxième trimestre mais toutefois encore très satisfaisant par rapport à l’écrasement de la croissance observé chez ses voisins immédiats, Allemagne et Italie notamment. Cette résistance peut-elle perdurer ? C’est à n’en pas douter dans l’idée d’apporter des réponses à cette question que seront scrutées les données de ce matin. Pas sûr que les éléments du PIB du troisième trimestre soient aussi probants qu’ils n’y paraissent à première vue…

Lire la suite…