C. Lagarde : en guise de chouette, une vraie colombe…

Sagesse, perspicacité, déesse des Arts et de la Sagesse, défense, intelligence, commandement… Autant d’adjectifs associés au nom de chouette sur Wikipédia. Quel que soit celui que cherche à nous renvoyer Mme Lagarde en choisissant ce symbole, c’est avant tout par une posture très colombe qu’elle marque sa première communication de 2020.

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Frénésie financière : une roulette russe sur la tempe de l’économie mondiale

Buy the rumor, buy the fact ! Malgré le scepticisme exprimé de toutes parts, la signature de la phase I de l’accord commercial sino-américain se révèle un nouveau prétexte pour une flambée des actifs mondiaux. La frénésie des marchés financiers semble totalement incontrôlée et incontrôlable et, au rythme où vont les choses, il est difficile de faire l’autruche et d’échapper à la question : comment tout ceci se termine ? Nul n’a le pouvoir de le prédire, que ce soit dans la forme ou dans le temps. C’est le propre des bulles, en effet, que de dépasser l’entendement et de piéger les agents en défiant toujours plus les fondamentaux. Mais on ne pourra pas dire que les économistes n’auront pas prévenu : les phénomènes spéculatifs atteignent des proportions inédites qui agissent aujourd’hui comme des menaces de premier plan, sans commune mesure avec les risques économiques, sur les perspectives mondiales. Piégés, les responsables de politiques économiques n’ont d’autre choix que de brosser la bête dans le sens du poil, ce qui revient à accroître plus encore les risques futurs. Mais leur capacité à repousser l’échéance aura forcément une fin. D’où pourrait-elle venir ?

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La BCE et sa cible d’inflation, quelque chose nous échappe…

La rumeur s’est répandue ces dernières heures selon laquelle la BCE s’apprêterait à modifier sa cible d’inflation, laquelle a été interprétée par les marchés comme le signal d’un plus grand degré d’assouplissement monétaire à venir à l’origine d’un accès de faiblesse ponctuel de l’euro dans la journée. Que la BCE réfléchisse à ce type d’ajustement n’est pas impossible au vu des difficultés à parvenir à ses fins depuis plusieurs années maintenant. Que ce changement soit synonyme d’un assouplissement accru de la politique monétaire est loin de couler de source, en revanche. En l’occurrence si la BCE venait à abaisser son objectif d’inflation, ce serait sans doute, en effet, pour le rapprocher de l’inflation présente. Elle aurait donc plutôt moins de raisons de faire plus, non ? À moins que ce geste soit perçu comme une capitulation, ce qui serait potentiellement plus dangereux encore. Décidément, quelque chose nous échappe.

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Quand le président de la Fed passe son temps à ajuster ses erreurs de communication

Vous avez dit « fine tuning »? Jamais aucun président de la FED n’aura donné une telle impression de versatilité que J. Powell. Après avoir fait preuve d’une rigidité incompréhensible à la fin de l’année dernière, puis avoir trop promptement retourné sa veste en début d’année, le président de la FED a une nouvelle fois surpris par son regain de confiance cette semaine.

De manière surprenante, ces hésitations semblent avoir de moins en moins d’effets sur les anticipations des marchés de taux d’intérêt ; un peu comme si le président de la FED, était en perte en train de perdre de son influence. Reconnaissons que les développements économiques ne lui laissent guère de latitude. L’analyse du détail du rapport des créations d’emplois du mois d’avril permet de mieux comprendre les manquements persistants de l’économie américaine à l’origine de la paralysie monétaire et les conditions de ce qui ressemble de plus en plus à un nouveau paradigme économique et sociétal, allant de pair avec une forme de fin de règne monétaire.

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Forces de rappel ?

La correction des marchés financiers entamée début octobre devient de plus en plus anxiogène, menaçant de se transformer en une spirale baissière auto alimentée si rien ne vient l’enrayer. Il y a, a priori, peu à attendre sur le front économique pour jouer ce rôle ; le contexte conjoncturel est dans l’immédiat plombé par la détérioration du rythme de croissance de l’activité internationale, la chute du climat des affaires et les incertitudes rampantes sur les développements politiques et géopolitiques mondiaux, dossiers britanniques et italiens en sus pour l’Europe.

C’est d’ailleurs que devront donc venir, le cas échéant, les stabilisateurs. Ceux-ci existent et sont essentiellement au nombre de trois ; trois cataplasmes au rôle, néanmoins, essentiel pour freiner la correction en cours ou en limiter la contagion.

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Postview Inflation américaine : La Fed peut prendre tout son temps

L’inflation aux Etats-Unis en septembre a poursuivi sa décélération à 2,3 % en g.a. après 2.7% en août et un point haut à 2,9 % en juillet. Dans le même temps, l’inflation sous-jacente est restée stable à 2.2% en g.a. Deux chiffres en deçà des attentes du consensus (respectivement à 2,4 % et 2,3 %) qui donnent des marges de manœuvre à la Fed pour, si elle le souhaite, temporiser sa politique monétaire et calmer la nervosité des marchés financiers.

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Minutes du FOMC – Comme un début de résignation du côté de la FED

À première vue les minutes du dernier FOMC de la banque centrale américaine offrent peu de surprises. L’analyse de la situation conjoncturelle est conforme à ce que l’on pouvait attendre, la FED actant les bons résultats récents de l’activité et une inflation en phase avec son objectif, sans plus. Considérant les conditions monétaires comme toujours accommodantes, elle valide les anticipations d’une nouvelle hausse de ses taux directeurs en septembre. La FED ne s’aventure toutefois guère au-delà, les minutes consistant surtout en une énumération de doutes et questionnements sur à peu près tous les sujets

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Entre inégalités et bulles financières, le dilemme des banquiers centraux

Le sujet des inégalités ne fait guère partie de la panoplie traditionnelle des politiques monétaires dont la mission, même lorsqu’elle vise directement un objectif de plein emploi, s’est généralement contentée d’une approche macro-économique offerte par les statistiques agrégées de croissance, d’inflation, taux de chômage ou taux de salaire moyens. Force est de constater que ce sujet s’est pourtant imposé à l’agenda d’un nombre croissant de banquiers centraux ces dernières années.

Impulsé par Janet Yellen, ce changement semble avoir convaincu un certain nombre d’autres acteurs de la gestion monétaire. Outre-Atlantique, Nell Kashkari, gouverneur de la FED de Minneapolis, a largement relayé cette approche, allant jusqu’à inaugurer en janvier 2017, avec le soutien de l’ex-présidente de la FED, un centre de recherche du nom de «Opportunity and Inclusive Growth Institute» dont la mission est de promouvoir la recherche destinée à favoriser une croissance plus « inclusive pour tous les Américains et de contribuer, ainsi, à un meilleur accomplissement du mandat de la FED en faveur du plein emploi ».

En Europe, Mario Draghi, a fait de ce même thème un élément important du dosage de sa politique monétaire ces deux dernières années. Comme l’avait initié Janet Yellen à partir de janvier 2014 en développant une série d’indicateurs complémentaires au taux de chômage, le président de la BCE a régulièrement fait référence aux insuffisances du marché de l’emploi (« labour market slack ») pour se prémunir des risques de mésinterprétation d’une statistique, le taux de chômage, de moins en moins représentative de la réalité économique : sous-emploi, emploi partiel contraint, multi-salariat… sont ainsi régulièrement mentionnés par le Président de la BCE pour justifier la poursuite d’une politique hyper-accommodante en dépit de conditions économiques nettement meilleures en zone euro depuis le début de l’année dernière.

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