L’automobile fait des ravages dans l’industrie française

ça commence à faire beaucoup ! La production industrielle française a reculé de 0,3 %, en mai, à raison de 0,5 % pour sa composante manufacturière. Par rapport à décembre 2019, le retard de celle-ci est encore de 5 %. Force est de constater que si le moral des industriels français caracole les résultats ne sont pas au rendez-vous malgré l’allègement des contraintes sanitaires ; une dichotomie qui colle de moins en moins avec le scénario de reprise envisagé. La responsabilité du secteur automobile, et plus largement du transport, est indéniable. En partie explicable par les pénuries de puces électroniques, elle ne semble pas devoir s’estomper sous peu à en juger par la médiocrité des indicateurs avancés de production et, plus encore, d’achat. Avec plus de 13 % de la production nationale, le secteur des transports constitue, en France comme ailleurs, une épine de plus en plus embarrassante à la reprise industrielle.

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L’inflation en repli en zone euro en juin malgré la réouverture…

L’inflation a légèrement reflué en juin en zone euro, à 1,9 % contre 2 % en mai. Les effets de base énergétiques s’estompent de sorte que la hausse annuelle des prix de l’énergie décélère de 13,1 à 12,5 %, malgré leur augmentation de 1,2 % entre mai et juin. Ce poste reste, de loin, le principal contributeur à l’inflation totale, malgré une nette accélération des prix des biens de 1,2 % l’an contre 0,7 % en mai. Conformément aux enquêtes, les industriels ont répercuté une partie du renchérissement de leurs intrants sur les consommateurs, à ce stade, toutefois, dans des proportions très inférieures à l’envolée des prix à la production. Plus surprenant, en période de réouverture de l’économie et malgré le surcoût de l’épidémie pour les professionnels du secteur, juin marque une net ralentissement de l’inflation des services, de 1,1 % à 0,7 %, à l’origine d’une stagnation de l’inflation sous-jacente, à 0,9 % l’an, un niveau incontestablement faible, toujours très éloigné de l’objectif de la BCE.

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En mai, les achats des ménages français retrouvent leur niveau de février !

En baisse de 8,7 % en avril, avec le confinement, la consommation de biens des ménages français à prix constants a rebondi de 10,4 % en mai. Le mois dernier a en effet été marqué par une levée progressive des contraintes sanitaires, la totalité des commerces ayant pu rouvrir le 19 mai. Ce rebond permet de retrouver, grosso-modo, les niveaux de février, similaires à ceux de la fin 2019. Il en est de même pour ce qui est du détail des secteurs, qui, malgré une progression parfois impressionnante (plus d’un doublement dans l’habillement, qui sans doute se retrouvera dans des soldes moins porteurs) n’affichent que dans de très rares cas des niveaux supérieurs à ceux d’avant crise. Hors énergie et alimentaire, seuls les biens d’équipement du foyer y parviennent. Il faudra faire aussi bien en juin pour sauver la consommation du deuxième trimestre.

 

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Cette confiance que l’on ne peut prendre pour argent comptant

Maitrise de l’épidémie, réouverture des activités, promesses de relance et, peut-être, effets richesse, produisent de concert leurs effets sur la confiance des agents. En zone euro, le climat des affaires mesuré par la Commission européenne a de nouveau progressé de 0,2 point en juin pour atteindre un plus haut niveau jamais observé de 1,7 points. Si les perspectives industrielles marquent sérieusement le pas, les services prennent le relai et les ménages revoient la vie en rose. Aux Etats-Unis, où les retours récents des professionnels sont plus mitigés, le regain d’optimisme des ménages sur la situation courante a permis à l’indice de confiance du Conference Board de renouer avec ses niveaux d’avant crise. Dans chacun de ces deux cas, ces baromètres de confiance devraient être synonymes d’une rare embellie de la conjoncture que les données jusqu’alors collectées tardent, toutefois, à valider. À trop attendre, on finit par douter, à l’instar des marchés obligataires, de la chute des taux d’intérêt de long terme et de l’aplatissement des courbes de taux. Il faudra que les données économiques renvoient des signaux bien plus convaincants pour redonner à ces indicateurs de confiance toute leur valeur prédictive.

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La confiance renvoyée par l’IFO et l’INSEE est nécessaire mais sera-t-elle suffisante ?

On entend souvent dire que la croissance économique est avant tout une question de confiance. La période qui s’ouvre devrait nous offrir une bonne occasion de tester ce dicton. Dans la foulée des PMI, les indicateurs nationaux de climat des affaires s’améliorent nettement, en effet, des deux côtés du Rhin ce mois-ci. L’indice composite de l’INSEE gagne 5 points pour s’établir à 113, son plus haut niveau depuis 2007, tandis que son corollaire allemand augmente de deux points et demi, à 101,8. De fait, la réouverture de l’économie des deux derniers mois a déclenché, outre un regain d’activité immédiat dans les services, une nette embellie des perspectives des entreprises.

Reste que les professionnels de l’industrie nous avaient déjà promis des lendemains enchanteurs qui, pour l’instant, ne sont pas au rendez-vous ; espérons que la perspicacité des chefs d’entreprises du tertiaire soit un peu mieux aiguisée face à un environnement de prix assez largement contrariant.

 

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L’euphorie des PMI se prolonge grâce aux services, reste à la traduire dans les faits

Les PMI en zone euro se maintiennent, voire progressent, à un très bon niveau, le composite accélérant, de 57,1 à 59,2. Il faut dire que juin est marqué par une nouvelle embellie notable des conditions sanitaires, qui demeurent le principal déterminant de la conjoncture économique. Conséquemment, l’enquête de Markit fait état d’une nouvelle amélioration, sur le front de la demande, notamment étrangère, et d’un climat de l’emploi toujours bien orienté, grâce à des perspectives d’activité favorables. Le seul point noir semble donc se situer, comme pour les mois précédents, sur le front des prix, avec, toujours des pénuries de matières premières, des tensions sur les coûts et les prix de vente.

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La conférence de C. Lagarde supplantée par une nouvelle envolée du CPI américain

Inaudible ou à peu près. Les marchés n’attendaient pas grand-chose de la conférence de presse de la présidente de la BCE ce mois-ci, à part la mise à jour de ses nouvelles prévisions d’inflation, dont la révision à la hausse, largement anticipée, serait de toutes façons nuancée afin de ne pas entraver la poursuite de sa politique accommodante. Mme Lagarde a été fidèle aux attentes, consolidant sa position par une prévision d’inflation inchangée pour 2023, à 1,4 %, afin de souligner l’absence d’éléments en faveur d’une remontée durable de l’inflation en zone euro, malgré des révisions à 1,9 % pour 2021 et 1,5 % pour 2022. Le message est néanmoins quasiment passé inaperçu, écrasé par la publication au même moment du rapport mensuel de l’inflation américaine, une nouvelle fois, exceptionnellement élevée. En mai, la hausse mensuelle des prix à la consommation a atteint 0,6 %, après 0,8 % en avril et 0,6 % en mars. A ce rythme-là, les effets de base ne peuvent plus être évoqués pour justifier l’embardée de l’inflation qui atteint dorénavant 5 % l’an ; un record depuis 2008. Une nouvelle fois, les prix des véhicules d’occasion expliquent l’essentiel de ce mauvais résultat, avec , dans des proportions très inférieures, ceux du logement, dopés par leur composante énergie, et les loyers, comme au cours des deux mois précédents.

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Il faut des effets de base spectaculaires pour voir une inflation européenne à 2 %

Nous y sommes, 2 % tout rond pour l’inflation en zone euro en mai…dont 1,2 point uniquement dû à l’énergie, c’est à dire principalement aux effets de base. La hausse des prix énergétiques de 13,1 % sur un an cache mal des chiffres particulièrement mornes ailleurs. Dans les services, l’inflation mensuelle atteint 0,2 % (non ajusté des variations saisonnières), pas vraiment compatible avec la hausse attendue de la réouverture de l’économie. Peut-être faut-il patienter encore un peu. Toujours est-il que, sur un an, la hausse de 1,1 % (après 0,9 %) campe sur de très bas niveaux assez semblables voire plutôt inférieurs à ceux d’avant la crise.  L’inflation sous-jacente se chiffre ainsi à 0,9 %. Avec une hausse annuelle de 0,7 %, les biens hors énergie et alimentaire marquent, pour le coup, un certain progrès par rapport à l’avant crise. Rien de très impressionnant, cependant. Enfin, les effets de base, cette fois négatifs, continuent de peser sur l’inflation alimentaire, qui stagne à 0,6 % sur un an.

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