La Commission européenne à la rescousse face au piège énergétique

Les données allemandes d’hier nous donnaient un aperçu de l’amplitude de l’accélération des prix européens. Finalement, l’inflation augmente d’un point en zone euro, à 10 %, sous l’effet d’une hausse de toutes ses composantes. La France et l’Espagne font exception parmi les principales économies du vieux continent, en raison d’une plus faible dépendance au gaz russe et des importantes aides mises en place par les Etats. A contrario, les pays du « centre » sont ceux où l’inflation gagne le plus de terrain : Allemagne, Autriche, Belgique, Pays-Bas notamment. Avec les fuites sur les gazoducs Nord Stream, les incertitudes qui pèsent sur l’économie européenne sont encore aggravées. La confiance des ménages décroche et les gouvernements paniquent. La Commission européenne prend des dispositions pour tenter de limiter l’impact des hausses de prix de marché sur les consommateurs en taxant les producteurs d’énergie. Elle vient ainsi au secours des Etats pour éviter une évolution « à la britannique ».

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L’inflation allemande : une question bientôt fiscale…

En septembre, la hausse des prix à la consommation en Allemagne a atteint 1,9 % portant le taux d’inflation annuel à 10 % (respectivement 2,2 % et 10,2 % en données harmonisées). Dans les deux cas, il s’agit d’une augmentation presque inédite dans l’histoire récente du pays. Le mouvement n’épargne aucun des principaux secteurs, le gaz n’étant qu’un facteur parmi d’autres. Dans un tel contexte, l’imminence d’une récession ne fait plus guère de doute et les responsables allemands tenteront vraisemblablement d’accélérer la mise en place de dispositifs de protection des consommateurs. Une orientation qui n’est pas sans risques, comme illustré ces derniers jours par le cas britannique, face auxquels la seule issue à terme semble devoir passer par un changement d’orientation fiscale, comme déjà signalé par l’économiste en chef de la BCE.

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Récessifs ou résilients, les PMI accentuent la panique sur les marchés

Difficile d’imaginer pire récolte de PMI pour les marchés que celle de septembre, tant elle confirme la plupart des craintes qui couvent depuis la rentrée : une récession quasi-assurée en zone euro à l’approche de l’hiver, un expansionnisme budgétaire malvenu que marque l’entrée en fonction de Liz Truss au Royaume-Uni et une légère amélioration conjoncturelle américaine qui donne plus de marges à la FED pour remonter ses taux, pousser le dollar plus haut encore et, par là-même, contraindre la plupart des autres banques centrales à lui emboiter le pas. La situation en présence ne souffre pas davantage les bonnes que les mauvaises nouvelles conjoncturelles, en témoigne l’extrême nervosité des marchés aujourd’hui où se cumulent envolée des anticipations de hausses des taux et accentuation des risques de récession.

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Quel soutien l’industrie peut-elle encore apporter à l’économie française ?

Contrairement à l’Allemagne, la France n’est plus véritablement, depuis longtemps, un pays industriel. Reste qu’il ne s’agit pas non plus d’un poste négligeable et qu’il représente 13 % de la valeur ajoutée nationale. Après la crise de 2008, la production industrielle ne s’est jamais vraiment remise de sa forte baisse et a, globalement, plafonné sur des niveaux d’activité inférieurs de 10 % à ceux début du millénaire. En sera-t-il de même après le Covid ? Pour l’heure, en effet, la production manufacturière accuse toujours un retard d’environ 7 % sur ses niveaux de début 2019. Autrement dit, le phénomène semble encore se répéter et souligne davantage le tableau d’une industrie déliquescente qui se dessine depuis vingt ans. La baisse de 1,6 % constatée en juillet est, par ailleurs, loin  de démentir cette tendance. Or, alors que l’horizon conjoncturel devient de plus en plus menaçant, un « coup de pouce », même ponctuel, du secteur secondaire serait le bienvenu. Les enquêtes en provenance de l’aéronautique peuvent le laisser espérer, mais méritent d’être largement nuancées.

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L’Italie s’arme avant d’aborder l’inconnu, avec une croissance de 1,1 %

Alors que l’inquiétude s’intensifie à la veille des élections de la fin septembre, l’Italie a pu, au moins, bénéficier d’une belle reprise au deuxième trimestre, avec une croissance de 1,1 % de son PIB. Non seulement cette hausse est bien supérieure à celle de 0,6 % de l’UEM dans son ensemble mais elle permet de hisser le PIB italien à un niveau supérieur de 1,1 % à celui du dernier trimestre 2019, en tête des principales économies de l’union monétaire, et de porter l’acquis de croissance 2022 à 3,5 %, également l’un des plus élevés de la région. Voilà un ensemble plutôt réconfortant, d’autant que les possibilités de poursuivre sur cette lancée sont réelles. Car, si la consommation est, sans surprise avec la levée des restrictions sanitaires, la première explication du rebond du deuxième trimestre, c’est surtout en provenance de l’investissement que nous viennent les bonnes nouvelles ; conséquence vraisemblable des incitations fiscales à la rénovation et des premiers effets du plan de relance européen. Les mesures de sauvetage tant budgétaires que monétaires portent donc leurs fruits et, avant de crier au loup à la perspective de la crise énergétique et de l’arrivée d’un gouvernement d’extrême droite, autorisons nous cet arrêt sur images plutôt réconfortant.

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INSEE, IFO, PIB allemand, la BCE devrait apprécier…

Les PMI de mardi plaçaient l’Allemagne et, fait nouveau, la France, en zone de contraction en août, des résultats démentis par les enquêtes nationales de ce matin. Le climat des affaires de l’INSEE ressort stable à 103, toujours au-dessus de sa moyenne de long terme, tandis que l’IFO, bien que toujours très faible à 88,5, échappe à une nouvelle baisse. Alors, plus de peur que de mal ? Après les bonnes surprises du deuxième trimestre, le fait est que la zone euro semble rester à flot jusqu’à présent. L’activité des services, notamment, apparaît nettement plus résistante que suggéré par les PMI, toujours portée par le rattrapage consécutif à la levée des contraintes sanitaires et par le tourisme. Par ailleurs, la croissance du PIB allemand a été révisée à 0,1 % au deuxième trimestre, au lieu de 0 % en première estimation. Les détails maintenant disponibles montrent une bonne résistance de la consommation privée et un soutien important des dépenses publiques à la croissance. Au total, après la forte révision à la hausse du PIB du premier trimestre (de 0,2 % à 0,8 %), l’acquis de croissance allemand atteint 1,8 % pour 2022 à la fin du deuxième trimestre, peu éloigné des 2,5 % de la France. On voit mal, dès lors, ce qui pourrait gêner la BCE dans sa stratégie de resserrement monétaire, quoi qu’il en soit des risques, potentiellement inédits, que font planer les menaces de pénuries de gaz en hiver.

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La croissance de l’UEM, sauvée au T2, toujours aussi compromise pour la suite

Menacé par la guerre et les pénuries, le PIB de la zone euro a néanmoins profité de la fin de la pandémie pour s’assurer une croissance de 0,7 % au deuxième trimestre, un dixième de mieux qu’au premier, après une forte révision à la hausse de la croissance allemande de début d’année. Derrière ce résultat, néanmoins, des situations disparates. Toujours en retard sur ses niveaux d’avant crise, l’Espagne affiche la meilleure performance, avec une croissance de 1,1 %, suivie de près par l’Italie, 1 %, et la France, où le PIB a progressé plus que prévu, de 0,5 %, tandis que l’Allemagne échappe à une contraction, avec un zéro pointé. L’ensemble constitue, cependant, une bonne nouvelle, avec qui plus est une révision de 0,2% à 0,8 % de la croissance allemande pour le premier trimestre. Reste la fin de l’année, au sujet de laquelle les inquiétudes s’accumulent avec des indicateurs plus tous plus mauvais que les autres, parmi lesquels, une inflation qui ne s’essouffle toujours pas et atteint 8,9 % en juillet après 8,6 % en juin.

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Pic d’inflation allemande dépassé ? C’est trop tôt pour l’affirmer

En repli le mois dernier grâce à la réduction des taxes sur l’énergie et à la baisse des tarifs ferroviaires, l’inflation allemande a de nouveau légèrement décéléré en juillet avec le léger repli des prix du pétrole, à 7,6 % après 7,6 % en juin et 7,9 % en mai. Alors, le pic est-il dépassé comme l’affirmait déjà le directeur de l’IFO il y a peu et comme semblent l’envisager les marchés de taux ? Le diagnostic reste, à ce stade, mitigé, comme l’indique, d’ailleurs, le rebond de la mesure harmonisée de 8,2 % en juin à 8,5 %. Avec une inflation alimentaire à quasiment 15 % l’an, la flambée des prix du gaz et la chute de l’euro qui renchérit les importations, la messe pourrait ne pas être tout à fait dite.

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