L’hypothèse inflationniste

L’onde de choc économique et financière provoquée par la propagation de l’épidémie de coronavirus à travers le monde a jusqu’à présent suscité peu de doutes sur les marchés financiers : cette crise serait éminemment déflationniste, en témoigne l’écrasement des anticipations implicites d’inflation depuis que le cap des cent morts a été franchi en Italie le 5 mars, moment à partir duquel s’accélère également l’effondrement des cours du pétrole. Pertes inédites d’activité et d’emplois, dépression économique, crise financière sur fond de chute des prix des matières premières, conduisent, en effet, les uns et les autres à privilégier une telle issue ; en quelque sorte, dans le prolongement de la situation qui prévalait depuis 2015 à l’échelle mondiale.

La tournure récente prise par la crise sanitaire amène, pourtant, à s’interroger sur ce postulat, comme l’incite également le redressement des anticipations d’inflation sur les marchés à terme ces derniers jours. Épiphénomène sans conséquence ou prémices d’un mouvement plus préoccupant ? En quoi la situation présente conduit-elle à questionner le scénario jusqu’alors prédominant ?

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Frénésie financière : une roulette russe sur la tempe de l’économie mondiale

Buy the rumor, buy the fact ! Malgré le scepticisme exprimé de toutes parts, la signature de la phase I de l’accord commercial sino-américain se révèle un nouveau prétexte pour une flambée des actifs mondiaux. La frénésie des marchés financiers semble totalement incontrôlée et incontrôlable et, au rythme où vont les choses, il est difficile de faire l’autruche et d’échapper à la question : comment tout ceci se termine ? Nul n’a le pouvoir de le prédire, que ce soit dans la forme ou dans le temps. C’est le propre des bulles, en effet, que de dépasser l’entendement et de piéger les agents en défiant toujours plus les fondamentaux. Mais on ne pourra pas dire que les économistes n’auront pas prévenu : les phénomènes spéculatifs atteignent des proportions inédites qui agissent aujourd’hui comme des menaces de premier plan, sans commune mesure avec les risques économiques, sur les perspectives mondiales. Piégés, les responsables de politiques économiques n’ont d’autre choix que de brosser la bête dans le sens du poil, ce qui revient à accroître plus encore les risques futurs. Mais leur capacité à repousser l’échéance aura forcément une fin. D’où pourrait-elle venir ?

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Perspectives d’inflation 2020 : pas grand-chose de plus qu’un soubresaut de court terme

Difficile de trouver la faille par laquelle l’inflation cyclique pourrait s’immiscer dans le scénario économique des prochains trimestres tant est faible le degré de résistance de la demande à tout choc de prix, aussi minime soit il et où que ce soit. Un terme à la guerre commerciale pourrait, en cas d’élimination totale des risques de rebondissements, rouvrir la voie à une plus forte transmission des hausses de coûts des entreprises aux prix finaux mais le postulat est à l’évidence trop fragile pour être privilégié dans un scénario central. Nos prévisions d’inflation pour l’année 2020 sont donc ternes… À l’exception toutefois du très court terme au cours duquel effets de base énergétiques et impact des hausses récentes de tarifs douaniers américains risquent de faire flamber l’inflation totale bien au-dessus de ses niveaux présents. A l’heure où l’absence d’inflation reste un sujet de très large incompréhension, cette embardée, purement ‘technique’, aux retombées conjoncturelles plus dépressives qu’inflationnistes et qui ne devrait pas durer au-delà du quadrimestre à venir, pourrait néanmoins constituer une bonne occasion de tester la résistance du contexte de bas taux d’intérêt pour les marchés financiers… Attention, sol glissant…

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Scénario trimestriel – septembre 2019

Récession interdite !

Mise à jour du scénario de croissance et d’inflation mondiales, de taux d’intérêt et de taux de changes et recommandation d’actifs

Thématiques :

  • 2 % d’inflation, mauvaise fin ou mauvais moyens?
  • La dimension démographique des bouleversements économiques et financiers en cours

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BMG Juin 2019 – Juin sauve les meubles du côté de l’activité, pas de l’inflation

Notre indicateur de momentum global de l’activité se redresse en juin à 0 après un chiffre révisé à -0,5 (contre -0,6) en mai. De moins mauvais résultats en Chine et au Japon ainsi qu’un léger mieux sur le plan du climat des affaires aux Etats-Unis expliquent ce sursaut tandis que la situation piétine en zone euro. Notre indicateur d’inflation chute, quant à lui, de plus belle, à -1,1, notamment entrainé par la zone euro.

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La baisse de l’inflation est-elle plus supportable aujourd’hui qu’il y a quatre ans ?

C’est la question vers laquelle nous conduisent inlassablement les réflexions et débats sur les perspectives économiques et financières pour cette année. Un peu comme à la fin de l’année 2014, la chute des prix du pétrole était tout à la fois perçue comme une aubaine pour les ménages en même temps qu’une menace déflationniste évidente, la perspective d’une chute de l’inflation en ce début d’année interroge. Peut-on se contenter d’y voir un soutien pour le pouvoir d’achat à même de raviver nos économies ou doit-on en redouter les effets dépressifs sur les marges des entreprises qui, in fine, viendraient endommager davantage les perspectives d’investissement et d’emploi ? C’est dans une large partie de la réponse à cette question que dépend le profil de croissance privilégié pour cette année et bien des aspects du scénario économique et financier aujourd’hui envisageable.

Formuler une réponse à cette interrogation semble, toutefois, aujourd’hui un exercice beaucoup plus incertain qu’il y a quatre ans.

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Une dernière ligne droite bien sinueuse pour Mario Draghi

Le premier conseil de politique monétaire de la BCE de l’année se déroulera demain, dans un contexte particulier à, au moins, deux titres :

  • Il s’agit d’un des derniers conseils présidés par l’actuel président, Mario Draghi, qui quittera son poste fin octobre. Cela n’est pas anodin ; le président de la BCE cherchera, en toute logique, à soigner sa sortie.
  • Le ralentissement de l’activité en place est beaucoup plus marqué que celui escompté par la BCE et ses prévisions de croissance et d’inflation sont aujourd’hui de moins en moins défendables (voir « La BCE persiste dans la langue de bois»). Les modifier impliquerait néanmoins de repousser dans le temps les perspectives de relèvement des taux directeurs. Pas sûr, que Mario Draghi ait le soutien nécessaire pour amorcer ce virage.

La dernière « ligne droite » de la présidence de Mario Draghi se présente sous un jour plus sinueux qu’il ne l’aurait sans doute souhaité.

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