BMG mars 2021 – Un peu, pas beaucoup…pas à la folie

Notre baromètre économique global est inchangé, à 0,3, en mars, après révision à la hausse de celui de février, initialement de 0,2. Nos indicateurs de production et de consommation se redressent. En revanche, la déprime persiste du côté de l’investissement et l’amélioration sur le front extérieur marque le pas. Notre méthode n’est pas totalement imperméable aux effets de base. Ceux-ci transparaissent notamment en matière d’inflation, avec un momentum en franche accélération.

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Marchés de taux, un peu plus haut, « pour voir »…

Le débat sur les perspectives d’inflation ne cesse d’enfler, plus stimulé encore que l’inverse par la posture conservatrice de la FED et de la BCE à l’occasion de leur dernier comité de politique monétaire. Leur position ne sera assurément pas facile dans les prochains mois, au cours desquels s’empileront les résultats en très forte hausse des données annuelles d’inflation à travers le monde, sur fond de vraisemblable réouverture économique et d’initiatives budgétaires toujours plus importantes. Aux Etats-Unis, J. Biden trace sa route et pourrait faire adopter plus facilement que prévu les points-clés de son programme de relance structurelle. En Europe, la persistance de la maladie force les gouvernements à envisager plus de soutien tandis que l’audace américaine commence, semble-t-il, à transpirer. L’Allemagne a annoncé cette semaine une augmentation à 240 mds d’euros de l’enveloppe de ses emprunts pour 2021, à plus de 7 % de son PIB 2020…Après une consolidation de quelques jours, les taux d’intérêt sont dans les starting blocks, prêts pour repartir à la hausse et acter ce qui semble aujourd’hui s’imposer : le retour d’une croissance plus inflationniste face à laquelle les banques centrales sont volontairement en retard. Si le diagnostic d’inflation de moyen terme, nous l’avons souvent exprimé, est loin d’être posé les évolutions de court terme l’emportent. La balle est lancée et les marchés de taux semblent bien partis pour tester les résistances conjoncturelles. Seule question : où se situe le point de douleur ?

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Le temps se gâte pour les marchés émergents avec des banques centrales sous pression

Brésil, Turquie, Russie ou Ukraine, les hausses de taux directeurs ont refait surface dans plusieurs pays émergents cette semaine, rappelant que leur capacité à prendre leurs distances à l’égard du dérapage de l’inflation en cours est souvent plus réduite que dans le monde développé.

À brève échéance, les tendances inflationnistes ne vont pas aider à calmer le jeu. La BCB a prévenu qu’une nouvelle hausse de ses taux était à prévoir après celle de jeudi et, si toutes les devises ne sont pas aussi fragiles que le real, la hausse, même largement technique, de l’inflation des prochains mois augmentera la nervosité des responsables monétaires, notamment si les cours des matières premières venaient à subir le contrecoup de leurs récentes exubérations. Derrière ceux-ci résident pour de nombreux exportateurs du monde émergent, en effet, la garantie de leur solvabilité et, de facto, les risques plus ou moins importants sur leurs devises. Dit autrement, le rebond de l’inflation n’est pas de bon augure pour les marchés émergents, lesquels, particulièrement captifs ces derniers mois, pourraient en payer les conséquences, malgré des perspectives encourageantes de croissance.

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Powell, ou comment acter le nouveau mixte de politique économique américain ?

Assurément risqué l’exercice de communication de J. Powell de ce soir qui devra tenter de réconcilier ce qui semble de moins en moins réconciliable, sinon dès ce mois-ci, du moins sans tarder, c’est à dire : Des révisions substantielles à la hausse de son scénario de croissance et d’inflation par rapport à celui de décembre, avant l’adoption de la rallonge budgétaire de 900 Mds de $ et le nouveau plan Biden de 1.900 Mds de $. Une vraisemblable révision à la hausse des perspectives de moyen terme de taux d’intérêt de ses membres, les DOTS, dont l’ampleur pourrait sensiblement compliquer l’exercice du Président de la FED devant la presse. La prolongation, ou non, de l’exclusion des Treasuries et des réserves bancaires des calculs de ratios de leviers, mesure introduite en avril dernier censée prendre fin le 31 mars qui, si elle n’était pas étendue, pourrait accentuer les tensions sur les conditions de financement du Trésor. L’absence, a priori, de changement imminent de sa politique monétaire ni le désir de donner plus de précisions sur les modifications à venir, dans un contexte encore éminemment incertain sur les tendances de plus long terme de l’économie américaine. Le tout en évitant de souffler sur les braises des marchés de taux qui seraient peut-être plus facile à éteindre si la FED pouvait effectivement affirmer que le mixte de politique économique a changé et que sa politique monétaire doit en prendre acte, option néanmoins impossible tant elle ferait encourir un risque majeur sur des marchés financiers dopés depuis plus de dix ans aux liquidités.

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Scénario trimestriel : renouveau industriel contre digitalisation des services : quel modèle?

L’environnement économique mondial demeure profondément incertain. Si le scénario de reflation privilégié par les marchés est largement poussé par la perspective de la fin de l’épidémie, les mesures de relance et les politiques de verdissement potentiellement très favorables à l’industrie, la digitalisation accélérée post-Covid inquiète. Les pertes d’emplois structurelles qu’elle laisse entrevoir ne font assurément pas bon ménage avec l’optimisme en présence sur le renouveau industriel et la remontée des anticipations d’inflation qui l’accompagne. Le chemin de la croissance verte est loin d’être tout tracé. Un épais brouillard plane toujours sur les perspectives de croissance structurelles malgré des prévisions de fort rebond, dopées aux effets de base historiques provoqués par une crise inédite. Le risque d’erreur d’interprétation et de faux pas des marchés et des banques centrales est assurément élevé.

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Ambigus messages de la BCE

Comment se fait-il que la BCE ait attendu son comité de politique monétaire du 11 mars pour décider d’user des moyens déjà à sa disposition pour contrer la hausse des taux entamée début février ? Si Mme Lagarde semble avoir satisfait les marchés par son annonce d’une amplification à venir des achats dans le cadre du programme d’urgence face à la pandémie (PEPP), sa communication étonne à plus d’un titre. Rien n’empêchait la BCE d’être plus active ces dernières semaines tandis que les taux d’intérêt prenaient leur envol puisqu’elle dispose encore de 1 000 milliards qu’elle peut débourser d’ici mars 2022. Dès lors, pourquoi a-t-elle précisément fait l’inverse, réduisant significativement ses achats de titres ? Prise de conscience trop tardive ou opposition de certains membres face à la montée des craintes d’inflation ? La question taraude tant sa réponse pourrait éclairer sur sa lecture et sa stratégie future. Mais précisément nous n’avons pas de réponse à apporter.

 

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BMG février 2021 – Au bout du tunnel ?

Notre baromètre économique global se redresse pour la première fois depuis juillet, à 0,2, son niveau initial de janvier avant révision à 0,1. Les composantes varient peu cependant, pour la plupart encore en zone neutre/légèrement positive. Le changement de contexte observé sur le front de l’inflation le mois dernier se confirme avec un indicateur de momentum à 0,2 points qui suffit à en faire le plus haut depuis avril 2019.

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La reflation sans hausse des taux, « ça n’existe pas »… dirait la comptine

Les marchés pris à leur propre piège ? Après avoir poussé comme ils l’ont fait le bouchon de la reflation depuis la fin de l’année dernière, les voilà inquiets de voir le niveau des taux d’intérêt prendre le chemin de la normalisation malgré les conditions hyper-accommodantes des banques centrales. Il fallait avoir bien peu d’égards sur la perspicacité des marchés de taux pour penser qu’il puisse en être différemment. Jusqu’à présent absents du jeu de la politique économique, les gouvernements s’en mêlent aujourd’hui et, leur action combinée à celle des banques centrales, ça finit par faire beaucoup.

Promesses de politiques keynésiennes à vocation de verdissement schumpétérien sur tombereaux de liquidités des banques centrales, le cocktail s’est révélé détonnant sur les marchés de matières premières et de facto sur les anticipations d’inflation. L’ensemble, à première vue, vertueux après dix années de déflation latente, l’est beaucoup moins au regard du risque que représente une remontée des taux d’intérêt face au surendettement généralisé des agents et à des valorisations d’actifs financiers et immobiliers gonflées aux politiques quantitatives et de taux zéro depuis près de dix ans. Le réveil a pris un certain temps à se faire mais commence à se manifester sur les bourses, parmi lesquelles les valeurs technologiques dont la politique quantitative a fait l’essentiel de la surperformance de ces dix dernières années mais sans laquelle les lendemains boursiers pourraient être nettement plus incertains… Face à ce changement deux questions prédominent.

La première concerne la réalité du risque inflationniste, or force est de constater que celle-ci est encore très incertaine.

La seconde est relative à la menace que constituerait un changement des politiques des banques centrales sur les marchés financiers. Celle-ci semble particulièrement élevée.

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