PMI – la croissance à prix forts

Les PMI du mois de septembre sont partout ressortis, France comprise, en nette amélioration. En zone euro, les fortes progressions du climat des affaires du tertiaire ont supplanté des indices plus mitigés en provenance de l’industrie. Le PMI composite est ressorti à 53,8 en Allemagne, son plus haut niveau depuis octobre de l’année dernière. La progression est encore plus nette en France, avec un rebond de 6,3 points depuis mai, quand bien même l’indice synthétique de 51,2 points, bien qu’à son plus haut niveau depuis août 2024, est très inférieur à l’allemand. Aux Etats-Unis, les retours en provenance de l’industrie comme des services sont plus spectaculaires, avec des hausses mensuelles de respectivement 3,1 et 2,2 points. L’ensemble est donc, a priori, de bon augure, à un gros détail près sur lequel les résultats convergent partout : un net regain des tensions inflationnistes, tant au niveau des prix des entrants, impactés par la hausse des carburants, des matériaux et des transports, qu’à celui des prix de vente.

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De la mathématique budgétaire à la possibilité d’un budget de réconciliation

La préparation du budget 2027 promet une nouvelle situation de crise politique et de paralysie économique dont on ne peut que redouter les coûts une économie française déjà lourdement pénalisée par la crise de l’an dernier, l’envolée des prix de l’énergie et la remontée des taux d’intérêt. Si le niveau d’endettement de la France est surmontable, comparable à celui de bien d’autres pays, il impose, néanmoins, le respect d’un certain nombre de conditions pour que les investisseurs continuent à le voir comme tel et n’exigent pas des primes de risques plus confiscatoires dans un environnement de remontée généralisée des taux d’intérêt. Ces conditions sont connues, elles se résument en deux formulations successives :
1- le maintien des taux de financement à un niveau inférieur au taux de croissance du PIB nominal.
2- La capacité à compenser un éventuel écart entre ces deux variables par un excédent primaire équivalent, pour éviter une hausse du taux d’endettement.
La France ne remplit, en l’état, aucune de ces conditions. Sa croissance économique ne devrait pas excéder 0,5 % en moyenne cette année et la terminera, au mieux, à peine au-dessus de zéro par rapport à la fin 2025. Si la hausse des prix du PIB peut sauver une partie de la mise, elle ne permettra probablement pas une croissance nominale de plus de 1,5 % l’an en fin d’année, soit un niveau nettement inférieur à celui des taux d’intérêt auxquels se finance l’État français, de quelque échéance que ce soit. La moyenne des taux à 2 et 5 ans, qui permet d’approcher au mieux le coût de la charge effective de la dette de ces deux dernières années, est aujourd’hui de 3,64 %. Dans l’hypothèse où la BCE relèverait ses taux directeurs une nouvelle fois d’ici décembre, cette moyenne s’élèverait d’autant et l’écart des taux à la croissance nominale du PIB enflerait alors dans la région de 2,40 %. Corrigé du biais de 0,6 point de nos estimations avec le taux apparent effectif de la charge d’intérêts, l’effort à consentir pour stabiliser la dette serait encore de 1,8 %, l’équivalent de 54 à 55 mds du dernier PIB courant connu… On connaît ce chiffre, c’est le montant des économies recherchées par Matignon, non pas pour revenir à un excédent primaire mais juste pour éviter d’en creuser le déficit, proche de 3 % cette année. L’objectif du Premier ministre n’est donc pas sorti du chapeau et l’on comprend comment cette approche conduit à chercher les solutions du seul côté des économies.

Reste que cette approche omet une composante essentielle de l’équation budgétaire : celle de la croissance, qui conditionne, à bien des égards, les marges de manœuvre et les chances de réussite des politiques d’ajustement budgétaire. C’est de ce côté qu’une réflexion sur une meilleure utilisation de la manne nucléaire française semble particulièrement intéressante.

Finalement, géopolitique oblige, K. Warsh désobéit… un peu. Sans doute trop peu

Lequel s’en mord les doigts ? L’histoire ne le précise pas, mais le désaveu est de taille. Qu’à cela ne tienne, après moulte tergiversations, la Fed a fait un premier pas vers la sagesse. Il était temps. Notons que ce n’est, à ce stade, qu’un tout petit pas : un quart de point de hausse des Fed Funds aujourd’hui, qui devrait être suivi d’un second d’ici la fin de l’année ; point barre. Portés entre 4 % et 4,25 % d’ici décembre, les Fed Funds conserveraient ce niveau tout au long de l’année prochaine, avant de refluer modestement pour retrouver en 2029 le niveau de 3,50 %-3,75 % auquel J. Powell les avait laissés.
Quelle que soit la détermination réaffirmée de K. Warsh de ramener l’inflation à son objectif, la Fed n’envisage pas de renverser la table. Selon son président, la trajectoire de l’inflation est conforme à l’analyse qu’il s’en faisait et aucun des membres du FOMC n’envisage que l’inflation PCE ne gagne plus d’un dixième de point entre son niveau du mois d’août (3,4 %) et la fin de l’année, avant de chuter d’un point et demi l’an prochain. Pourquoi donc, la décision de remonter les taux ? La raison géopolitique est évoquée à deux reprises au moins par le président de la Fed, lequel mentionne aussi la montée des tensions sur la partie longue de la courbe des taux.
S’il y a un changement notable dans les messages délivrés par le FOMC, c’est bien sur ces projections d’inflation qu’il se situe…

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En Chine, une nouvelle démonstration de l’échec du tout technologique ?

Les données chinoises du mois d’août sont, une nouvelle fois, de piètre qualité. Sauf, la croissance annuelle de la valeur ajoutée industrielle, en légère accélération en valeur, de 4,5 % à 5,2 % grâce à la hausse des prix, les statistiques pointent toutes vers une aggravation de la conjoncture, que souligne notamment l’anémie de la demande domestique : la croissance des ventes au détail s’est de nouveau affaiblie, en effet, à 0,4 % l’an inflation comprise, après 0,6 %, et celle des investissements en actifs fixes marque sa plus forte chute hors période covid, de 7,2 % dont 10,1 % pour le seul secteur privé. Outre l’aggravation persistante de la situation immobilière, les dépenses d’investissement manufacturier continuent de se rétrécir et celles dans les utilities, particulièrement soutenues jusque l’an dernier, ont disparu du paysage. Seuls restent donc les investissements dans la haute technologie, en progression de plus de 5 % l’an, dont la dynamique – du reste toute relative par rapport à ce que sait délivrer l’économie chinoise- est sans effet sur les autres pans de l’activité. Loin d’être la seule dans ce cas, la Chine serait-elle une sorte de laboratoire pour nombre d’économies aux caractéristiques comparables ? La question est de moins en moins contournable.

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Les taux s’envolent malgré une BCE pondérée et des PPI américains conformes aux attentes

Ne cherchons pas du côté de la BCE les raisons de l’envolée des taux futurs. Cette dernière, bien qu’ayant relevé ses taux directeurs d’un quart de point comme prévu, a délivré un message pondéré, relativement neutre, sur les évolutions à venir de sa politique monétaire, quand bien même les révisions à la hausse de ses projections d’inflation et de croissance pour 2027 envoient un signal relativement clair sur l’orientation aujourd’hui envisagée. Simultanément aux annonces de la BCE, la publication d’une inflation des prix à la production américains de 5,4 % en août après 4,8 % en juillet, n’a probablement pas aidé à contenir les anticipations d’un resserrement monétaire à venir aux Etats-Unis, à l’origine d’une accélération à la baisse ponctuelle du cours de l’euro-dollar.
Aucune de ces informations ne justifie néanmoins l’ampleur de la hausse des taux à deux ans de quasiment 10 points de base observée depuis le début de l’après-midi en Europe et aux Etats-Unis.

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BMG août 2026 – Mais où passent donc les capex?

Paradoxe des temps présents, notre baromètre est plombé par les tendances globales de l’investissement. Ce résultat est particulièrement intrigant alors que le consensus escompte de l’essor des investissement liés à l’IA qu’il porte la croissance dans la plupart des pays. A ce stade, néanmoins, les dépenses d’investissement en machines et équipements que capture notre méthodologie, non seulement, ne bénéficient nullement de cet appel d’air, mais se détériorent. Ce constat interroge sur les risques d’éviction liés au développement de l’IA sur les perspectives de croissance, par ailleurs, de plus en plus menacées par l’envolée des taux d’intérêt.

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Une croissance de 0,6 % en trompe l’œil en UEM et des données allemandes décevantes

La bonne nouvelle d’une croissance de 0,6 % au deuxième trimestre en zone euro, plus soutenue qu’escompté, est retombée comme un soufflet à la vue du détail des données, une nouvelle fois dopées par les résultats extravagants de l’Irlande. Avec moins de 4 % du produit intérieur brut de l’ensemble de l’union monétaire, ce petit pays a en effet réussi la prouesse d’apporter la moitié de sa croissance du deuxième trimestre, grâce à une envolée de ses exportations. L’histoire est coutumière, dans un sens ou dans l’autre, et oblige à considérer les données hors Irlande pour s’assurer de la juste lecture, laquelle fait ressortir une croissance de 0,3 % seulement. Consolation malgré tout, sur l’année écoulée, la hausse est de 1,2 % pour chacune des mesures, soit son meilleur résultat hors Irlande depuis le début de l’année 2023.

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K. Warsh s’est-il vraiment affranchi de D. Trump à Jackson Hole ?

Trois mois se sont écoulés depuis la prise de fonction de K. Warsh à la tête de la Fed le 22 mai, ce qui lui a donné l’occasion de trois interventions et de trois voltes-faces ! La première, au terme du FOMC du mois de juin, en se montrant beaucoup plus sévère à l’égard de l’inflation que ce qu’il avait laissé penser avant sa prise de fonction. La seconde, six semaines et un deuxième FOMC plus tard, marquée par un discours des plus ambigus, au cours duquel la promesse de ramener l’inflation à 2 % s’accompagnait de doutes plus que confusants quant à la nécessité de resserrer les conditions monétaires pour y parvenir. Vendredi, à Jackson Hole, le nouveau président de la Fed a repris avec plus de force la posture qu’il avait adoptée lors de sa première apparition en juin : objectif d’inflation à 2 % fermement rappelé, la lutte contre l’inflation étant clairement affichée comme la première priorité ; confiance sans faille dans les perspectives d’amélioration de la productivité -laquelle préside à toute fonction de détermination des taux directeurs d’équilibre- ; insistance, enfin, sur les conditions monétaires « difficilement qualifiables de restrictive »…

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