Enquêtes INSEE et IFO, une amélioration en trompe l’œil

Si la première réaction aux publications des enquêtes de l’INSEE et de l’IFO sur le climat des affaires a été celle d’un soulagement, après les PMI d’hier, leur analyse détaillée jette un sérieux coup de froid.
• Les bons résultats apparents en provenance de l’industrie manufacturière sont biaisés par la bonne tenue d’un nombre particulièrement limité de secteurs. Les commandes à l’industrie du transport hors automobile qui regroupe l’aéronautique et le naval, seule à réellement tirer son épingle du jeu de la conjoncture actuelle en France comme en Allemagne, grâce notamment à l’effort de réarmement. En cela rien de bien nouveau, ni par rapport aux trois derniers mois ni par rapport aux trois années écoulées, quand bien même la France se distingue quelque peu dans le secteur technologique, sans, non plus, produire des étincelles. Dans un tel contexte, les perspectives de production, mieux orientées, peinent à convaincre.
• Comme pour les PMI, les retours en provenance des services sont de piètre qualité, très négativement impactés en France par la chute du climat des affaires du tourisme, de l’immobilier et des services administratifs. Quand les activités de transport et de logistique concentrent outre-Rhin les effets les plus négatifs du ralentissement de l’activité économique, suivies par les activités administratives et, également, l’hôtellerie-restauration.

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Les banques centrales face à l’envolée des taux longs

Les tensions renouvelées sur les taux de financement de ces dernières semaines ont remis la question au cœur des préoccupations de marché. Après une année 2025 de relatif apaisement, les rendements à dix ans des obligations d’État ont renoué avec la tendance haussière qui était la leur entre 2021 et 2024, comme le laissait pressentir l’ascension sans répit de leurs équivalents à très long terme, à 30 ans notamment. Les taux longs ont, ainsi, retrouvé dans le courant du mois de mai des niveaux qu’ils n’avaient plus connus depuis presque un quart de siècle. Jusqu’où peut aller ce mouvement est incertain mais une chose est sûre, les arguments en faveur de leur renchérissement persistant ne manquent pas, à court terme, ainsi que détaillé dans notre HDV du 8 mai, comme à plus long terme, dans un monde aux ressources saturées, confronté à des ruptures démographiques qui exacerbent les déséquilibres entre capacités et besoins de financement.

Comment les banques centrales appréhendent-elles ce changement d’environnement ?
Ces dernières ne sont pas des plus prolixes sur le sujet mais on peut légitimement penser qu’elles observent de très près ces développements. Or, il existe de nombreuses façons d’appréhender ce nouvel environnement, avec des incidences potentiellement majeures sur la gestion des politiques monétaires et des conséquences concrètes sur les perspectives économiques et financières, qui valent largement qu’on y prête attention.

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Récession à l’horizon après les PMI

Les résultats préliminaires des enquêtes auprès des directeurs d’achat publiés ce matin n’augurent rien de rassurant :
– l’activité manufacturière trébuche sous le coup d’une chute de la demande et des tensions sur les coûts que les entreprises ne parviennent à répercuter intégralement dans leurs prix de vente. Après avoir rassuré par leur relative résilience à la crise du Golfe le mois dernier, le PMI manufacturier français accuse une perte de près de quatre points ce mois-ci, de 52,8 à 48,9, et l’allemand baisse de 1,5 points, de 51,4 à 49,9. De manière surprenante l’estimation de l’indicateur pour l’ensemble de la zone euro ressort à 51,4, un niveau nettement supérieur à la moyenne des deux principales économies de la région, possiblement soumis à révision à l’occasion de l’estimation définitive, une fois les données des autres pays, Italie et Espagne notamment, connues.

– C’est des services que proviennent, néanmoins, les plus mauvaises nouvelles, en particulier dans le cas français pour lequel l’indice PMI tombe d’un niveau déjà affaibli de 46,5 en avril à 42,9 en mai, un plus bas depuis 66 mois. L’Allemagne s’en sort mieux avec un indice en légère récupération après sa chute du mois d’avril, à 47,8 après 46,9.

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L’inflation en Europe, une histoire au cas par cas

La publication des données définitives d’inflation du mois d’avril par Eurostat permet d’affiner l’analyse des tendances de prix et d’établir des comparaisons entre les principaux pays de la zone euro et de l’EU, que nous avons complétées pour l’occasion avec celles du Royaume-Uni.
Cette approche permet de faire ressortir les grandes lignes des tendances de prix et de mettre en évidence les disparités ou spécificités des principaux pays européens. Elle permet également de se faire une première idée du degré d’exposition au risque de propagation du choc énergétique en présence, dont nous passons en revue les points-clés.
1- L’inflation n’est déjà plus seulement énergétique en zone euro
L’envolée des prix de l’énergie, que relatent les postes « transport » et « énergie domestique » des données harmonisées, est loin de constituer la seule source de tensions sur les prix en zone euro. L’inflation des services reste soutenue, en effet, en particulier pour ce qui concerne les services de restauration et d’hébergement ou d’éducation, avec des hausses annuelles de prix de quasiment 4 % l’an en avril, très proches de leur niveau de 2025. Sauf très net ralentissement de la demande, il s’agit a priori d’un point de départ favorable à une diffusion rapide du choc énergétique, dont le secteur de la restauration et de l’hébergement pourrait notamment profiter en cas de surcroit de demande pour le tourisme régional provoqué par l’instabilité géopolitique en présence.

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Imparable hausse des taux

A 5,18 %, le rendement des Treasuries à 30 ans a franchi une nouvelle marche mardi, avec une incursion en dehors de la fourchette dans laquelle il évoluait depuis octobre 2023. La publication de données hebdomadaires de créations d’emploi de l’ADP puis de promesses de ventes immobilières meilleures que prévu aux Etats-Unis, alors que les cours du pétrole caracolent toujours dans la région de 110$ le baril de Brent, expliquent en partie cette nouvelle embardée. Jusqu’où peut aller le mouvement ? Avec une croissance nominale de plus de 6 % l’an au premier trimestre, l’économie américaine n’a aucune raison de conserver des taux de financement à leurs niveaux présents, surtout avec une politique budgétaire débridée qui souffle sur les braises d’une inflation en sommeil et un futur président de la Fed dont on est en droit de douter de la vigilance qu’il impulsera à l’égard du risque inflationniste à la tête de l’Institution. K. Warsh prêtera serment vendredi et devrait prendre la tête du FOMC dans la foulée, sans doute peu de temps avant que l’inflation américaine flirte les 5 %… De quoi propulser les taux bien au-delà des 5 % et plus encore s’il se révèle en tant soi peu dilettant à l’égard de ces perspectives ou s’il concentre son action en faveur d’une réduction du bilan de la Fed.

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Les taux longs peuvent-ils échapper à un renchérissement d’ampleur ?

Le diagnostic a rarement occupé une place aussi importante dans l’élaboration des perspectives, tout à la fois économiques et financières. Les taux de financement à long terme sont-ils promis à remonter ou peuvent-ils encore échapper à une hausse substantielle ? Malgré le regain de tensions de ces derniers jours, le sujet divise, tant parmi les économistes qu’entre ces derniers et les investisseurs, au point de faire vaciller les convictions des plus convaincus.
Notre scénario privilégie de longue date et avant le conflit en Iran une remontée des taux de financements internationaux. Y-a-t-il de bonnes raisons de remettre cette perspective en question ?

Les taux à terme, rappelons-le, se forment à partir de trois principaux déterminants 1- l’anticipation des taux courts, sur lesquels les banques centrales conservent largement la main 2- l’évolution de l’équilibre offre-besoin de financement, ou épargne–investissement, résultat du comportement des agents privés et publics et des capacités de financement extérieur entre l’offre et la demand3de financement (épargne/investissement) 3- la perception des risques par les investisseurs qui mobilisent leur capital sur une période longue : c’est la prime de terme, fonction de la qualité de signature de l’emprunteur, du risque d’inflation, enfin, et surtout, de la confiance dans la capacité des banques centrales à maîtriser cette dernière ou à intervenir sur les marchés pour en influer les prix.

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Enjeux de souveraineté et rebond industriel en Allemagne et en France

Après la bonne surprise française d’une production industrielle en nette amélioration en mars, l’envolée des commandes allemandes vient compléter le tableau : en hausse de 5 % en un mois, ces dernières envoient un message définitivement encourageant, qui cette fois-ci n’est pas lié à des ordres exceptionnels dont on ne sait jamais trop avec quel délai ils profitent à l’industrie. Contexte oblige, l’industrie de l’armement tourne à plein régime outre Rhin et draine un nombre croissant de secteurs. En mars, les commandes d’instruments d’optique et photographiques qui incluent les lentilles, jumelles, microscopes, télescopes, capteurs, lasers et équipements photographiques, très utiles pour les usages militaires et de souveraineté technologique, ont bondi de 67 %, entrainant dans leur sillage une envolée de 14,4 % de la branche « ordinateurs, électronique et optique » qui a le plus fortement contribué à la hausse des commandes totales.

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L’emploi privé américain reste médiocre. K. Warsh pourra-t-il s’en servir d’argument ?

Les rapports sur l’emploi américain se suivent et se ressemblent. Les données de l’ADP du mois d’avril, tout juste publiées, sont dans la lignée des tendances des derniers mois. Avec 109 K créations de postes, le chiffre d’avril corrige la mauvaise surprise de celui de mars, contredit par les rapport NFP. La correction vient pour l’essentiel du rebond de l’agrégation des activités de commerce, transports et utilities dont la chute de mars semble plus à voir avec des effets saisonniers de la série que tout autre phénomène d’importance. Sauf cette correction, les données sont conformes à celles des six derniers mois : les créations de postes privés sont largement concentrées dans la santé (61 K en avril) et le reste se dissémine principalement dans la construction (soutenue par les dépenses d’infrastructures) et la finance.

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