Trois raisons pour lesquelles la FED devrait conserver un biais plutôt Dovish

La FED est-elle sur le point de précipiter un changement de sa posture après les chiffres d’inflation de ces deux derniers mois ? À vrai dire J. Powell n’en a probablement guère les moyens. On pourrait même considérer qu’il a moins de bonnes raisons d’amorcer une rupture de politique monétaire qu’il y a trois mois, compte-tenu des difficultés que rencontre J. Biden pour faire passer son programme de relance au Sénat et de l’influence particulière de la dimension budgétaire dans les perspectives américaines et mondiales. Si l’envolée récente de l’inflation et l’exubérance de certains marchés l’empêcheront sans doute de ne pas aborder la possibilité d’une réduction éventuelle de ses achats d’actifs d’ici la fin de l’année, J. Powell devrait éviter de s’engager et pourrait apparaître un poil plus « dovish » qu’escompté, avec pour effet d’encourager les marchés de taux dans leur tendance récente à la baisse des rendements.

Vous devez vous connecter pour voir le contenu.SVP . Pas encore abonné ? Vous abonner

La conférence de C. Lagarde supplantée par une nouvelle envolée du CPI américain

Inaudible ou à peu près. Les marchés n’attendaient pas grand-chose de la conférence de presse de la présidente de la BCE ce mois-ci, à part la mise à jour de ses nouvelles prévisions d’inflation, dont la révision à la hausse, largement anticipée, serait de toutes façons nuancée afin de ne pas entraver la poursuite de sa politique accommodante. Mme Lagarde a été fidèle aux attentes, consolidant sa position par une prévision d’inflation inchangée pour 2023, à 1,4 %, afin de souligner l’absence d’éléments en faveur d’une remontée durable de l’inflation en zone euro, malgré des révisions à 1,9 % pour 2021 et 1,5 % pour 2022. Le message est néanmoins quasiment passé inaperçu, écrasé par la publication au même moment du rapport mensuel de l’inflation américaine, une nouvelle fois, exceptionnellement élevée. En mai, la hausse mensuelle des prix à la consommation a atteint 0,6 %, après 0,8 % en avril et 0,6 % en mars. A ce rythme-là, les effets de base ne peuvent plus être évoqués pour justifier l’embardée de l’inflation qui atteint dorénavant 5 % l’an ; un record depuis 2008. Une nouvelle fois, les prix des véhicules d’occasion expliquent l’essentiel de ce mauvais résultat, avec , dans des proportions très inférieures, ceux du logement, dopés par leur composante énergie, et les loyers, comme au cours des deux mois précédents.

Vous devez vous connecter pour voir le contenu.SVP . Pas encore abonné ? Vous abonner

La reprise de l’industrie allemande en suspens

La production industrielle allemande a reflué de 0,3 % en avril, à raison de 0,6 % pour sa seule partie manufacturière. Malgré des effets de base stratosphériques qui propulsent l’évolution sur 12 mois à +34 %, ces données sont médiocres, avec un retard de 3 % par rapport aux niveaux d’avant crise, parmi les plus important du monde développé. Il est vrai que la situation sanitaire n’a pas aidé le secteur outre-Rhin, comme l’a montré hier le fort recul des commandes domestiques en avril. On attendait cependant un soutien un peu plus significatif à l’exportation, lequel manifestement n’a pas été au rendez-vous. La levée des restrictions sanitaires ces dernières semaines permettra probablement une nette reprise dans les mois à venir. Compenser plus d’un an de sous-régime ne se fait cependant pas du jour au lendemain, surtout pour une économie qui montrait déjà des signes évidents de faiblesse bien avant la pandémie.

 

Vous devez vous connecter pour voir le contenu.SVP . Pas encore abonné ? Vous abonner

Emploi américain : vers un nouveau plan d’urgence contre la pauvreté ?

Voilà un nouveau rapport sur l’emploi américain bien peu porteur avec des créations nettes encore une fois très décevantes : seulement 559 K pour l’ensemble non agricole en mai dont 492 K pour le seul secteur privé. Si les chiffres de l’ADP d’hier ont pu laisser penser à une possible bonne surprise après la grosse déception d’avril, il n’en est rien. L’emploi se traîne et la stabilisation de la durée du travail n’est guère signe de surchauffe. En revanche, le taux de chômage, traditionnellement très influent sur l’orientation de la FED baisse de trois dixièmes, à 5,8 % quand, simultanément, les salaires moyens augmentent de 0,5 % après 0,7 %. C’est, vu sous cet angle, un peu comme le pire des scénarii avec, simultanément, l’évidence d’une reprise particulièrement molle en même temps que plus inflationniste… À y regarder de plus près, cependant, rien ne valide à ce stade de telles préoccupations quand, par ailleurs, les tendances de fond, mettent plutôt en lumière les difficultés des Américains à trouver un emploi suffisant pour satisfaire leurs besoins : le multi-salariat s’envole de 400 K en mai. Sur les marchés de taux, les rendements accusent le coup : les taux retombent et effacent leur gains d’hier et davantage ; une réaction, de facto, favorable à l’or, beaucoup moins au dollar et, conformément à ce qui anime les bourses aujourd’hui, porteuse pour les indices américains… moins pour les européens, plus sensibles à l’espoir d’une croissance américaine revigorée, mis sous-cloche.

Vous devez vous connecter pour voir le contenu.SVP . Pas encore abonné ? Vous abonner

BMG mai 2021 – Doit mieux faire !

Notre baromètre économique global demeure en zone assez positive en mai mais recule à 0,4 après 0,7, chiffre révisé en hausse d’un dixième. Les indicateurs détaillés de consommation, investissement et commerce extérieur suivent la même trajectoire, légèrement baissière au-dessus de 0. Le climat des affaires connaît, lui, une amélioration insignifiante. Notre baromètre d’inflation stagne à 0,9 après, cependant, une forte révision à la hausse de l’estimation d’avril de 0,5 point.

Vous devez vous connecter pour voir le contenu.SVP . Pas encore abonné ? Vous abonner

Il faut des effets de base spectaculaires pour voir une inflation européenne à 2 %

Nous y sommes, 2 % tout rond pour l’inflation en zone euro en mai…dont 1,2 point uniquement dû à l’énergie, c’est à dire principalement aux effets de base. La hausse des prix énergétiques de 13,1 % sur un an cache mal des chiffres particulièrement mornes ailleurs. Dans les services, l’inflation mensuelle atteint 0,2 % (non ajusté des variations saisonnières), pas vraiment compatible avec la hausse attendue de la réouverture de l’économie. Peut-être faut-il patienter encore un peu. Toujours est-il que, sur un an, la hausse de 1,1 % (après 0,9 %) campe sur de très bas niveaux assez semblables voire plutôt inférieurs à ceux d’avant la crise.  L’inflation sous-jacente se chiffre ainsi à 0,9 %. Avec une hausse annuelle de 0,7 %, les biens hors énergie et alimentaire marquent, pour le coup, un certain progrès par rapport à l’avant crise. Rien de très impressionnant, cependant. Enfin, les effets de base, cette fois négatifs, continuent de peser sur l’inflation alimentaire, qui stagne à 0,6 % sur un an.

Vous devez vous connecter pour voir le contenu.SVP . Pas encore abonné ? Vous abonner

La consommation US marque le pas, les prix PCE s’envolent dans la foulée du CPI

Les revenus des ménages continuent de fluctuer au gré des programmes gouvernementaux. Avril étant caractérisé par de moindres paiements et de plus faibles rentrées d’assurance chômage, le revenu disponible des ménages à prix courants s’est replié de 15 % par rapport à mars. Conséquence, malgré un regain de mobilité, la consommation ne s’est accrue que de 0,5 % en avril, ce qui correspond à un léger recul de 0,1 % à prix constants. Les niveaux d’avant crise d’ores et déjà dépassés, d’environ 2 %, ce faible recul n’est pas préoccupant, d’autant que la progression du mois de mars a été révisée en hausse, à 4,1 %. Reste que la dépendance de la reprise aux programmes gouvernementaux continue d’interroger. Alors que l’inflation des prix PCE accélère à +3,6 %, sous l’effet combiné de l’énergie et des composantes sous-jacentes, il faudra que l’économie génère des gains de pouvoirs d’achats plus substantiels pour maintenir la consommation à flot avant que les programmes de relance ne produisent, éventuellement, leurs effets à plus long terme.

Vous devez vous connecter pour voir le contenu.SVP . Pas encore abonné ? Vous abonner