Un « Breturn » pour quoi faire, alors que l’économie britannique marque des points ?

Sauf l’insécurité que peut susciter l’insularité dans un monde de plus en plus exposé aux agressions, les raisons du regain d’intérêt des Britanniques pour un éventuel retour dans l’UE interrogent. Les difficultés rencontrées par les entreprises nationales pour commercer avec le marché unique ne sont vraisemblablement pas, en effet, la raison principale de cette expression de la population. Quant aux résultats économiques du Royaume-Uni, ils n’ont pas grand-chose à envier à ceux des principales économies de l’UE.
Le pays a, certes, payé un gros contrecoup à sa sortie de l’UE, intervenue, qui plus est, en plein covid, mais s’est, a priori, bien remis de ce divorce : dès 2022 son PIB réel avait, en effet, rattrapé son retard des deux années passées par rapport aux quatre principales économies de l’UEM : Allemagne, France, Italie et Espagne.

Si l’économie britannique a perdu la surperformance qui la caractérisait avant cette rupture, elle n’a pas fait moins bien que les principales économies de l’union monétaire. C’est en outre par une croissance économique nettement plus dynamique que ces dernières qu’elle se distingue depuis le début de l’année, grâce notamment à un début de transformation que bien des pays du continent pourraient lui envier…
Malgré le trouble créé par la publication des derniers sondages en faveur d’un « Breturn », ces avancées économiques pourraient retirer une grosse épine du pied du nouveau Chancelier, J. Healey, dans l’exercice budgétaire en préparation.

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Du Japon à la zone euro, l’inflation s’envole en septembre, les Etats-Unis y échapperont-ils ?

En juin, l’inflation avait unanimement surpris par la faiblesse des hausses des prix consécutive au blocage du détroit d’Ormuz, que ce soit en zone euro, au Japon, Etats-Unis, voire même dans bon nombre de pays émergents. Il en était résulté une détente des anticipations de hausses de taux, consolidée dans le courant de l’été par un relatif apaisement du discours des banquiers centraux et une révision à la baisse des perspectives d’inflation du consensus, malgré la nouvelle flambée des cours du pétrole à partir de la mi-août. Les données du mois d’août ont plutôt conforté le récit, avec, dans la plupart des cas, de bons résultats en matière d’inflation sous-jacente, comme encore illustré mercredi par les détails du PCE américain.
Les données préliminaires d’inflation du mois de septembre des principaux pays de la zone euro ont été les premières à mettre à mal cette perception en début de semaine. Les statistiques de ce matin pour l’ensemble de l’union monétaire le confirment avec une inflation de 3,8 %, 0,6 point de plus qu’en d’août et une légère accélération de l’inflation sous-jacente, de 2,4 % à 2,5 %. Les données du Japon publiées dans la nuit ne disent pas autre chose, avec cette fois une accélération de l’indice sous-jacent de la région de Tokyo de 1,4% à 2,9% entre août et septembre. Ca fait beaucoup pour un pays qui a réussi à maintenir son nflation énergétique en territoire négatif jusqu’en août…

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Vers 4 % d’inflation en zone euro dès septembre : pas de dilemme pour la BCE

L’inflation allemande est ressortie à 3,3 % en septembre, après 2,9 % en août. La première économie de la zone euro s’en sort plutôt bien avec une hausse de son taux annuel d’inflation de moins de quatre dixièmes. Les autres ont été moins protégées : la France et l’Espagne, avec une hausse de 0,6 point, la Belgique et l’Italie avec des accélérations de 0,7 et 0,9 point respectivement. Autant dire que les choses vont vite. En moyenne, l’inflation des cinq pays de la zone euro dont les données ont été publiées, généralement un bon proxi de celle de l’union monétaire dans son ensemble, ressort à 4 % en septembre après 3,4 % en août (contre 3,3 % pour l’inflation effective).
Il est peu probable que la BCE prenne de tels résultats à la légère. Malgré les deux remontées de ses taux directeurs en juin et septembre, l’accélération de l’inflation produit l’effet inverse de celui recherché, à savoir, l’écrasement en territoire plus négatif encore de ses taux réels. Voilà qui n’est certainement pas du goût de la grande majorité des membres de la BCE, quoiqu’il en soit des évolutions des taux de financement à long terme, lesquels pourraient être également dépassés par l’inflation ce mois-ci, du moins s’agissant du Bund allemand.

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3 % d’inflation en France en septembre, ça promet de faire mal

En août, les achats de biens des ménages français se sont contractés de 0,5 % en termes réels par rapport à juillet, soit l’équivalent de ce qu’ils avaient gagné de dernier mois. La forte baisse des dépenses énergétiques explique une bonne partie de ce résultat. Par ailleurs, bonne nouvelle relative, les ménages se sont équipés en automobiles, vraisemblablement en véhicules électriques dont les ventes ont atteint des records, ce qui témoigne tout à la fois d’une certaine réserve de consommation, d’un accès au crédit et de leur capacité d’adaptation à l’environnement en présence de flambée des coûts énergétiques.

Auront-ils ce même loisir en septembre, avec une inflation annuelle supérieure de six dixièmes à celle du mois d’août, de 3 % l’an selon les données nationales, ou encore 3,5 % selon les chiffres harmonisés ?

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PMI – la croissance à prix forts

Les PMI du mois de septembre sont partout ressortis, France comprise, en nette amélioration. En zone euro, les fortes progressions du climat des affaires du tertiaire ont supplanté des indices plus mitigés en provenance de l’industrie. Le PMI composite est ressorti à 53,8 en Allemagne, son plus haut niveau depuis octobre de l’année dernière. La progression est encore plus nette en France, avec un rebond de 6,3 points depuis mai, quand bien même l’indice synthétique de 51,2 points, bien qu’à son plus haut niveau depuis août 2024, est très inférieur à l’allemand. Aux Etats-Unis, les retours en provenance de l’industrie comme des services sont plus spectaculaires, avec des hausses mensuelles de respectivement 3,1 et 2,2 points. L’ensemble est donc, a priori, de bon augure, à un gros détail près sur lequel les résultats convergent partout : un net regain des tensions inflationnistes, tant au niveau des prix des entrants, impactés par la hausse des carburants, des matériaux et des transports, qu’à celui des prix de vente.

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De la mathématique budgétaire à la possibilité d’un budget de réconciliation

La préparation du budget 2027 promet une nouvelle situation de crise politique et de paralysie économique dont on ne peut que redouter les coûts une économie française déjà lourdement pénalisée par la crise de l’an dernier, l’envolée des prix de l’énergie et la remontée des taux d’intérêt. Si le niveau d’endettement de la France est surmontable, comparable à celui de bien d’autres pays, il impose, néanmoins, le respect d’un certain nombre de conditions pour que les investisseurs continuent à le voir comme tel et n’exigent pas des primes de risques plus confiscatoires dans un environnement de remontée généralisée des taux d’intérêt. Ces conditions sont connues, elles se résument en deux formulations successives :
1- le maintien des taux de financement à un niveau inférieur au taux de croissance du PIB nominal.
2- La capacité à compenser un éventuel écart entre ces deux variables par un excédent primaire équivalent, pour éviter une hausse du taux d’endettement.
La France ne remplit, en l’état, aucune de ces conditions. Sa croissance économique ne devrait pas excéder 0,5 % en moyenne cette année et la terminera, au mieux, à peine au-dessus de zéro par rapport à la fin 2025. Si la hausse des prix du PIB peut sauver une partie de la mise, elle ne permettra probablement pas une croissance nominale de plus de 1,5 % l’an en fin d’année, soit un niveau nettement inférieur à celui des taux d’intérêt auxquels se finance l’État français, de quelque échéance que ce soit. La moyenne des taux à 2 et 5 ans, qui permet d’approcher au mieux le coût de la charge effective de la dette de ces deux dernières années, est aujourd’hui de 3,64 %. Dans l’hypothèse où la BCE relèverait ses taux directeurs une nouvelle fois d’ici décembre, cette moyenne s’élèverait d’autant et l’écart des taux à la croissance nominale du PIB enflerait alors dans la région de 2,40 %. Corrigé du biais de 0,6 point de nos estimations avec le taux apparent effectif de la charge d’intérêts, l’effort à consentir pour stabiliser la dette serait encore de 1,8 %, l’équivalent de 54 à 55 mds du dernier PIB courant connu… On connaît ce chiffre, c’est le montant des économies recherchées par Matignon, non pas pour revenir à un excédent primaire mais juste pour éviter d’en creuser le déficit, proche de 3 % cette année. L’objectif du Premier ministre n’est donc pas sorti du chapeau et l’on comprend comment cette approche conduit à chercher les solutions du seul côté des économies.

Reste que cette approche omet une composante essentielle de l’équation budgétaire : celle de la croissance, qui conditionne, à bien des égards, les marges de manœuvre et les chances de réussite des politiques d’ajustement budgétaire. C’est de ce côté qu’une réflexion sur une meilleure utilisation de la manne nucléaire française semble particulièrement intéressante.

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Finalement, géopolitique oblige, K. Warsh désobéit… un peu. Sans doute trop peu

Lequel s’en mord les doigts ? L’histoire ne le précise pas, mais le désaveu est de taille. Qu’à cela ne tienne, après moulte tergiversations, la Fed a fait un premier pas vers la sagesse. Il était temps. Notons que ce n’est, à ce stade, qu’un tout petit pas : un quart de point de hausse des Fed Funds aujourd’hui, qui devrait être suivi d’un second d’ici la fin de l’année ; point barre. Portés entre 4 % et 4,25 % d’ici décembre, les Fed Funds conserveraient ce niveau tout au long de l’année prochaine, avant de refluer modestement pour retrouver en 2029 le niveau de 3,50 %-3,75 % auquel J. Powell les avait laissés.
Quelle que soit la détermination réaffirmée de K. Warsh de ramener l’inflation à son objectif, la Fed n’envisage pas de renverser la table. Selon son président, la trajectoire de l’inflation est conforme à l’analyse qu’il s’en faisait et aucun des membres du FOMC n’envisage que l’inflation PCE ne gagne plus d’un dixième de point entre son niveau du mois d’août (3,4 %) et la fin de l’année, avant de chuter d’un point et demi l’an prochain. Pourquoi donc, la décision de remonter les taux ? La raison géopolitique est évoquée à deux reprises au moins par le président de la Fed, lequel mentionne aussi la montée des tensions sur la partie longue de la courbe des taux.
S’il y a un changement notable dans les messages délivrés par le FOMC, c’est bien sur ces projections d’inflation qu’il se situe…

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