Une pause estivale ? Ça n’en prend pas le chemin

Après une année 2025-2026 particulièrement riche en rebondissements, une pause estivale ne serait pas du luxe. Les premiers jours du mois de juillet n’en prennent pas le chemin, annonciateurs d’un été chaud, au sens propre comme figuré, sur des sujets souvent décisifs pour la suite de l’année.
1. La question iranienne ne semble pas devoir s’effacer du paysage géopolitique. Si nul n’a imaginé que les 60 jours de négociations prévus dans l’accord du 18 juin pourraient être respectés, les frappes de ces derniers jours remettent sur le devant de la scène le scénario d’un pourrissement de la situation que les marchés pourraient avoir écarté un peu trop vite. Les développements des toutes prochaines semaines laisseront-ils encore un brin d’espoir sur la possibilité d’un aboutissement des négociations, quand bien même à horizon un peu plus lointain ? C’est toute la question et celle de l’évolution des primes de risques qui en découleront.
2. Du côté des banques centrales, les investisseurs devraient pouvoir sauter à pieds joints au-dessus des RDV de la Fed et de la BCE de la fin juillet. La trêve pourrait néanmoins être de courte durée, avec en ligne de mire les rencontres de Jackson Hole des 27 au 29 août que les marchés aborderont avec plus ou moins de crispations, fonction des informations plus complètes dont ils disposeront d’ici là sur l’inflation et les développements dans le Golfe.
3. Parmi ces RDV, celui de la BoJ sera particulièrement suivi, face aux risques, en particulier, rattachés à l’extrême faiblesse du yen.
4. L’Europe ne sera pas en reste. Au Royaume-Uni, le remplacement de Keir Starmer par le nouveau chef du Labour, Andy Burnham, n’est plus qu’une question de jours, qui précèderont la formation du nouveau gouvernement travailliste et la présentation de la politique économique, sans doute, d’ici la rentrée. Avec le précédent Liz Truss encore dans les esprits, les risques sont élevés que les marchés surréagissent aux premières annonces, dans un contexte de tensions toujours importantes sur les marchés souverains internationaux. De ce côté-ci de la Manche les crispations se sont intensifiées depuis l’annonce de la candidature de M Le Pen à la présidence… Les bonnes surprises en provenance de l’économie hexagonale, en termes notamment de productivité, feront-elles le poids face aux risques de dégradation de la note souveraine à la rentrée ? Alors que, sur un tout autre front, la Russie menace d’une offensive d’envergure, les semaines qui nous séparent de la rentrée 2026 ne laisseront pas beaucoup de répit aux Européens.
Au total, si les indices Citi de surprise économique se présentent sous un jour nettement plus engageant qu’en 2025 pour le monde développé, la perspective d’un été « les doigts de pieds en éventail » est éloignée…

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L’inflation retombe plus que prévu en zone euro en juin. La BCE en porte-à-faux ?

Des données à ce stade disponibles, il ressort un tassement de l’inflation assez généralisé en zone euro au mois de juin. Si Italie et Espagne participent peu au mouvement, le net repli de l’inflation harmonisée française, de 2,8 % à 2 %, est une réelle surprise, consolidée par la baisse de trois dixièmes de l’inflation allemande, de 2,7 % à 2,4 %. Dans de telles conditions, les données d’ensemble de la zone euro attendues demain pourraient être bien meilleures qu’attendu avec un possible tassement de trois, voire quatre, dixièmes de l’inflation, de 3,2 % à 2,9 % – 2,8 %.

Bonne nouvelle s’il en est, ces résultats pourraient semer le doute au sein de la BCE sur la nécessité de poursuivre les hausses de taux après sa décision du mois de juin. Malgré un repli des cours du pétrole plus important qu’escompté, l’économiste en chef de la BCE reste, toutefois, sur ses gardes, considérant que le choc énergétique de la guerre en Iran maintiendra des prix du pétrole durablement supérieurs à ce qu’ils étaient avant ce conflit et soulignant, de nouveau, les risques de chocs d’offre récurrents.
Les indicateurs économiques, par ailleurs, publiées ces tout derniers jours suggèrent un léger mieux sur le front conjoncturel…

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K. Warsh fait remonter les taux futurs et aplatir la courbe et ça change tout !

Le premier test de K. Warsh est passé et force est de constater que le nouveau président de la Fed n’a pas conduit l’institution là où D. Trump l’avait laissé entendre et où, de facto, nombreux l’attendaient. Non seulement les promesses de baisses des taux se sont évaporées mais elles ont été remplacées par la perspective d’une hausse d’un quart de point des Fed Funds d’ici la fin de l’année. Plus encore, la hausse généralisée des rendements consécutive à la publication des Dots et aux propos de K. Warsh, se sont soldés par un net aplatissement de la courbe des taux, plutôt qu’à sa pentification souvent espérée. Il faut dire que K. Warsh n’a mâché ni ses mots ni ses intentions, faisant clairement du retour de l’inflation à 2 % son objectif premier. Le communiqué du FOMC, inhabituellement succinct, se termine sans ambages : le Comité garantira la stabilité des prix.
K. Warsh est-il plus royaliste que le roi, du moins que son prédécesseur ? C’est le sentiment qui ressort de cette première apparition dans son rôle de président de la Fed et qui pourrait grandement changer la donne. Si la posture de K. Warsh risque de faire bien peu de gagnants du côté des actifs financiers, elle semble, à l’inverse, en mesure de rétablir la confiance des marchés à l’égard de la Fed, comme le suggère le rebond de près de 1 % du dollar qui a signé sa plus forte hausse quotidienne depuis près d’un an et la chute simultanée des cours de l’or.

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Le consommateur chinois, happé par le K-Shaped, ne va pas voir sa situation s’arranger

…Et c’est un sujet.
S’il est un domaine où la Chine a échoué, c’est bien celui-là. L’ambition de Pekin de rééquilibrer son économie au profit d’une croissance de la demande plus endogène, tirée par celle de ses consommateurs, est loin d’avoir donné les résultats escomptés. En l’occurrence, sauf les périodes de crise sanitaire liées au Covid, jamais la contribution des dépenses de consommation à la croissance économique du pays n’a été aussi faible qu’aujourd’hui. De crises en crises, les ventes de détail ont même fini par refluer au mois de mai par rapport à l’année dernière. On ne s’attarderait pas sur ce résultat s’il n’interrogeait, non seulement, les origines de cet échec mais, plus encore, l’éventualité que cette tendance préfigure un mouvement plus global, notamment accéléré par le virage technologique sur lequel la Chine a incontestablement un temps d’avance sur le reste du monde. Alors que l’expression de K-Shaped est le plus souvent attribuée aux caractéristiques américaines, c’est en Chine qu’elle semble trouver sa plus évidente expression ces dernières années, avec des conséquences qui dépassent de loin le seul cadre des perspectives de l’Empire du Milieu.

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Dans l’ivresse de MAGA, « Happy Birthday Mr Président »!

IPO historique, coupe du Monde, indépendance des Etats-Unis et tant d’autres manifestations d’une semaine de célébrations, durant laquelle les Etats-Unis se préparent à être la vitrine du monde. Ne manquait plus que l’accord avec l’Iran pour offrir au président américain l’apothéose pour ses 80 bougies, lequel paraît avoir été conclu ce dimanche soir, avec cérémonie officielle prévue le 19 juin. Les marchés s’y étaient préparés depuis jeudi, enchaînant : chute des cours du pétrole, baisse des taux d’intérêt, rebond des bourses, tech en tête avant la première semaine de cotation de SpaceX sur le Nasdaq. Le narratif de marché se confond avec l’idéologie MAGA qui trouve dans son expression financière une nouvelle dimension que rien ne semble plus pouvoir enrayer, comme pour mieux exprimer sa gratitude à celui qui l’incarne. Happy Birthday Mr Président !
Mieux vaudrait que K. Warsh ne vienne pas gâcher la fête mercredi, en s’aventurant, le cas échéant, sur les pas de Mme Lagarde… Y parviendra-t-il ? Le rapport de force au sein du FOMC ne lui facilitera pas la tâche. C’est le maillon faible de la stratégie présidentielle, tant, du moins, que la Fed parvient à préserver son indépendance.

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Tout va bien : l’inflation américaine est conforme aux attentes, à 4,2 %…

L’inflation américaine n’a pas évolué plus vite que prévu par le consensus et a même réservé de bonnes surprises sur sa partie sous-jacente. En mai, l’indice des prix à la consommation s’est accru de 0,3 %, comme attendu, et l’indice hors alimentation et énergie de seulement 0,2 %, un dixième de moins qu’envisagé par le consensus. Par ailleurs, les mauvaises surprises du mois dernier ne se sont pas réitérées. Les loyers, dont les prix avaient bondi de 0,6 % en avril, se sont assagis, avec une hausse moitié moindre en mai. Les services de transport sont en repli, non pas du fait des tarifs aériens de nouveau en augmentation de 2,7 % mais grace à une contraction de 1,7 % des tarifs d’assurance automobile, dont le poids est plus de deux fois supérieur aux premiers dans l’indice. Par ailleurs, exception faite de l’habillement, les prix des biens hors énergie et alimentation ont pour la plupart reflué, contrairement à ce que pourrait laisser attendre les tensions en amont des prix à la production. La demande est sans doute plus contraignante pour les entreprises sur ce front que dans les activités tertiaires.

 

L’accueil plutôt favorable des marchés de taux à cette publication est donc assez légitime. Malgré une accélération de l’inflation de 3,8 % à 4,2 % entre avril et mai, les détails de ce rapport ne soulignent pas de diffusion préoccupante de l’envolée des cours de l’énergie, dont l’indice marque une nouvelle augmentation de 3,9 % en mai, après 3,8 % et 10,9 % respectivement en avril et mars, soit une hausse de 23,5 % l’an.
On aurait tort, néanmoins, de considérer que les risques sont derrière nous.

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La BCE face au risque d’incompréhension

C’est quasiment acquis, après douze mois de statu quo, la BCE procèdera à un premier relèvement de ses taux directeurs d’un quart de point ce jeudi. Cette décision, décriée avant d’avoir été prise, interroge nombre d’observateurs et se révèle a bien des titres criticable. Dans un contexte économique déjà considérablement affaibli par le contrecoup de la guerre en Iran, susceptible d’avoir déjà fait basculer la zone euro en récession, comment justifier de procéder à un durcissement monétaire dont l’objectif ne peut être que celui de peser plus encore sur la croissance de la demande ? La réponse, on le sait, se trouve dans son mandat quasi exclusif, qui est celui de la stabilité des prix, aujourd’hui remise en cause par la crise iranienne.
Sauf révision de ce dernier, la BCE n’a pas le loisir de prendre ses distances par rapport à cette responsabilité et si l’inflation accélère au point de remettre en cause la perspective d’un retour vers l’objectif de 2 % à horizon prévisible, sa responsabilité est de faire ce qui est en son pouvoir pour réduire ce risque. A minima, cette discipline suggérerait de ramener les taux réels en territoire sinon positif, du moins neutre, afin de ne pas être accusée de manquement à ses responsabilités. Avec une inflation de 3,2 % en mai, la perspective d’une remontée du taux repo vers à ce même niveau, au lieu de 2,15% aujourd’hui, pourrait justifier à une communication plus « hawkish » qu’attendu de la part de Mme Lagarde ce jeudi. C’est, notamment, par ce biais que la BCE pourrait espérer contrer la montée des tensions sur la partie longue de la courbe des taux.

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