Le trade reflationniste passera-t-il l’été ?

Durant la coupure aoûtienne, c’est sur la résistance ou non du trade reflationniste que se préparera la rentrée. L’attaque du 19 juillet pourrait bien préfigurer, en effet, les débuts d’un retournement de sentiment, susceptible de défaire bien des tendances de marché apparues au premier semestre. Plusieurs sujets sont, à ce titre, à surveiller, parmi lesquels l’évolution du Covid, bien qu’incontournable, ne figure pas seule en tête de liste. Ainsi, la tournure des discussions budgétaires aux Etats-Unis pourrait largement supplanter la thématique sanitaire si elle tournait en défaveur de J. Biden. Les retours en provenance de la conjoncture américaine ne sont pas en reste, non plus, tant ils illustrent les risques de déception à venir sur la croissance. Alors que la réalité chinoise apparaît sous un jour nettement moins flatteur qu’en début d’année, il s’en faudrait de peu pour provoquer un repricing du scénario 2022.

Un mal pour un bien ? On peut l’espérer si ce retour de bâton parvient à faire dévisser les prix des matières premières. À défaut de soutenir un scénario supposé de reflation sur les marchés, les ménages verraient leur pouvoir d’achat reflaté et les entreprises, les pressions sur leurs marges atténuées…

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N’a-t-on encore rien vu du potentiel de hausse des marchés d’actifs ?

Lorsque vient le temps de cette interrogation, c’est souvent le début de la fin. Pourtant comment l’éviter ? L’exubérance des marchés, déjà pointée du doigt avant la crise sanitaire, est plus spectaculaire encore après celle-ci. Tentaculaire, elle embrasse les actions, les marchés du crédit, de l’immobilier mondial, des matières premières, celui des crypto-monnaies et, pour certains, celui des obligations d’État, à l’origine du niveau anormalement bas des taux d’intérêt et de l’acronyme qui va de pair et permet de justifier tous les autres abus, TINA. Jamais, la valeur des actifs n’a semblé aussi déconnectée de la vie économique et du rendement qu’elle peut effectivement leur offrir.

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Les marchés commencent-ils à se montrer un peu plus exigeants ?

Les indices boursiers piétinent et, après s’être montrés bien peu regardants sur les résultats économiques effectifs de ces derniers mois, il se pourrait bien qu’ils deviennent plus exigeants au vu des valorisations en présence. Il faut dire qu’au-delà des promesses budgétaires américaines et des retombées attendues de la réouverture des économies, déjà x fois anticipées, les retours sur la situation en présence ont de quoi laisser les plus optimistes sur leur faim. Les baromètres privilégiés des marchés que sont les PMI leur avaient promis monts et merveilles. Non seulement, les faits ne suivent pas, mais ces indicateurs pourraient pour la plupart avoir touché leurs plus hauts cycliques. Jusque-là dopés par les effets de base annuels très favorables, ils commenceront à être plombés par l’inversion de ces mêmes effets à l’approche de la fin du printemps, période de reprise fulgurante de l’activité l’an dernier… Alors, les investisseurs auront-ils autant le cœur à la prise de risque et autant d’appétit pour les cycliques et autres valeurs déclassées dans de telles conditions ? Il y a quelques bonnes raisons de s’interroger.

 

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L’engouement des investisseurs pour les marchés émergents est-il économiquement justifié ?

Depuis le début de l’année, les bourses émergentes ont continué de surfer sur la vague enclenchée à l’automne dernier, avec un gain additionnel de plus de 10 % qui porte la progression de l’indice MSCI émergent en dollar à 90 % depuis son point bas de mars 2020. Si la première jambe de hausse de mars à octobre derniers trouve bon an mal an son explication dans l’évolution des déterminants classiques de sa performance, ces derniers ne justifient guère les 25 % supplémentaires enregistrés depuis. Dans un tel cas de figure, deux hypothèses sont envisageables :

  • l’invalidation du modèle passé par un phénomène nouveau, par nature non appréhendé dans les estimations, que l’on cherchera à élucider.
  • Le constat d’une anomalie, laquelle, sera tôt ou tard corrigée.

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J. Biden ou l’épreuve des taux d’intérêt

S’il est une incertitude dans le contexte actuel de changement de présidence aux Etats-Unis, c’est bien du côté des conséquences de l’élection de Joe Biden sur les taux d’intérêt qu’elle se trouve. Les marchés ne s’y sont pas trompés ces dernières heures à l’annonce d’une vraisemblable victoire des démocrates au Sénat qui, pour la première fois depuis le 19 mars dernier, a propulsé le rendement des T-Notes à 10 ans au-delà de 1 %. Bien que d’à peine 10 points de base, on aurait tort de considérer ce mouvement comme anecdotique à en juger par la configuration technique de la courbe des rendements ; le risque que la tendance s’accélère est bien réel au vu de la spéculation en place sur les marchés ces derniers temps. D’aucuns y verront sans doute un signal supplémentaire de reflation. Gare cependant à ne pas mettre la charrue devant les bœufs : une hausse des taux, un tant soit peu significative, pourrait faire d’immenses dégâts si elle n’était pas précédée d’une amélioration des conditions économiques, nécessaire pour y faire face…

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Cap franchi pour les indices européens. Et maintenant ?

Après une semaine d’euphorie dans le sillage de la présidentielle américaine, il ne manquait plus que la bonne nouvelle infaillible d’un vaccin anti-Covid pour propulser les indices européens au-delà des résistances sous lesquelles ils plafonnaient depuis le printemps. Voilà qui est donc fait ; un mouvement d’autant plus facile à opérer que les volumes de transactions n’étaient pas franchement au rendez-vous ce lundi. Et maintenant ? L’exploit a été tellement laborieux qu’il faudrait sans doute de bien mauvaises nouvelles pour le ravaler. L’hypothèse ne peut à l’évidence être exclue mais ne s’impose pas comme la plus probable à brève échéance. De là à envisager d’aller beaucoup plus haut, c’est une autre histoire, dans un contexte toujours très fragile dans lequel, outre le risque de déceptions économiques et sanitaires, planent ceux d’un dégonflement de la bulle technologique et d’une remontée trop précoce des taux d’intérêt et des cours du pétrole… La volatilité pourrait avoir de plus beaux jours devant elle que les indices boursiers !

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Les actions semblent plébisciter un scénario 100 % Biden, les taux un scénario 50 %…

Première journée bien malmenée au lendemain de l’élection présidentielle américaine pour laquelle, comme nous l’avions envisagé, le résultat reste en suspens. Il se pourrait qu’il faille plusieurs jours, voire semaines, avant de connaître le vainqueur de ce scrutin dans un contexte de contestation très vraisemblable des premiers résultats et d’une possible bataille institutionnelle. D’ores et déjà néanmoins ressortent un certain nombre de conclusions de ce premier point d’étape, en matière de perspectives de croissance, de taux d’intérêt et de sensibilité sectorielles. Un diagnostic a priori peu compatible avec l’optimisme des marchés boursiers que la confiance dans un succès confortable de J. Biden suscite depuis le début de la semaine.

 

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Jeu d’équilibriste de J. Powell

Dormez tranquille, les taux ne bougeront pas au cours des trois prochaines années, quoi qu’il en soit de nos prévisions économiques, plutôt réconfortantes, par rapport au mois de juin, en particulier d’une révision de 1,7 point à la baisse de celle du taux de chômage 2020, de 9,3 % en juin à 7,6 %… Pas facile d’ajuster la communication pour prévenir tous les risques de marchés ! En l’occurrence, J. Powell ne semble pas avoir convaincu les investisseurs du Nasdaq, c’est pourtant là que se jouait beaucoup de l’enjeu de sa communication d’aujourd’hui. A l’inverse, les marchés obligataires semblent avoir reçu le message : la FED est un peu trop aventureuse ou peu convaincante : malgré un ton résolument « dovish », les taux longs ont rebondi dans le sillage de la conférence de presse du président de la FED…

 

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