K. Warsh fait remonter les taux futurs et aplatir la courbe et ça change tout !

Le premier test de K. Warsh est passé et force est de constater que le nouveau président de la Fed n’a pas conduit l’institution là où D. Trump l’avait laissé entendre et où, de facto, nombreux l’attendaient. Non seulement les promesses de baisses des taux se sont évaporées mais elles ont été remplacées par la perspective d’une hausse d’un quart de point des Fed Funds d’ici la fin de l’année. Plus encore, la hausse généralisée des rendements consécutive à la publication des Dots et aux propos de K. Warsh, se sont soldés par un net aplatissement de la courbe des taux, plutôt qu’à sa pentification souvent espérée. Il faut dire que K. Warsh n’a mâché ni ses mots ni ses intentions, faisant clairement du retour de l’inflation à 2 % son objectif premier. Le communiqué du FOMC, inhabituellement succinct, se termine sans ambages : le Comité garantira la stabilité des prix.
K. Warsh est-il plus royaliste que le roi, du moins que son prédécesseur ? C’est le sentiment qui ressort de cette première apparition dans son rôle de président de la Fed et qui pourrait grandement changer la donne. Si la posture de K. Warsh risque de faire bien peu de gagnants du côté des actifs financiers, elle semble, à l’inverse, en mesure de rétablir la confiance des marchés à l’égard de la Fed, comme le suggère le rebond de près de 1 % du dollar qui a signé sa plus forte hausse quotidienne depuis près d’un an et la chute simultanée des cours de l’or.

Lire la suite…

Un rapport sur l’emploi contrariant

Avec 172 K nouveaux postes créés en mai après 179 K en avril, l’économie américaine a retrouvé le chemin des créations d’emploi, conformément à ce qu’avaient déjà signalé les données de l’ADP mercredi. Les créations du seul secteur privé non-agricole ont été révisées en hausse de 123 K à 177 K en avril et progressent moins vigoureusement en mai, 120 K en première lecture, mais sur une base beaucoup mieux répartie qu’au cours des derniers mois. Sauf les services financiers et, dans une moindre mesure, l’information, le commerce et les transports, tous les secteurs économiques ont participé à l’amélioration des résultats du mois de mai, activités de loisirs/restauration et emplois publics, sinon fédéraux, en tête, suivis par la santé, la construction et l’industrie manufacturière.

Fort heureusement pour K. Warsh, le taux de chômage ne baisse pas, à 4,3 %, et le taux de salaire annuel décélère encore de deux dixièmes, à 3,4 %. À y regarder de plus près, néanmoins, il se pourrait bien que ces deux éléments de sauvetage, pour un président de la Fed partisan de baisses des taux directeurs, ne soient plus au RDV d’ici peu. D. Trump pourrait se féliciter de ces bons résultats mais telle n’est pas sa préoccupation première aujourd’hui, qui vise avant tout à contenir le coût d’une dette fédérale incontrôlée et de plus en plus onéreuse.
Manifestement, le nouveau président de la Fed aura du mal à satisfaire à cette urgence. Les taux futurs se sont de nouveau tendus à la publication de ce rapport et, sur les marchés, les anticipations de remontées des taux directeurs risquent décidément de conserver un vent de poupe dans les prochaines semaines.

Lire la suite…

Amplifications des tensions sur les taux futurs : ça va vite !

Les statistiques d’inflation du mois d’avril publiées aujourd’hui dans plusieurs pays de l’union monétaire, Allemagne notamment, semblaient en mesure de rassurer les investisseurs avec des évolutions plutôt inférieures aux attentes, en faible augmentation, voire inchangées, par rapport au mois dernier. Les marchés de taux en Europe, n’y ont pourtant guère porté attention. Il faut dire qu’entre-temps, les résultats d’enquête de la Commission ont délivré des messages plutôt contrariants. Non seulement, les anticipations d’inflation des ménages se sont envolées mais les perspectives de prix des industriels ont poursuivi leur ascension particulièrement vite, tandis que celles des professionnels des services ont également enregistré une première augmentation. Voilà qui est bien rapide en comparaison du temps habituellement observé entre le rebond des prix industriels et ceux des services, ce qui pourrait suggérer une inertie bien temporaire de l’inflation sous-jacente.

Ces résultats auraient sans doute eu peu d’incidence sur les marchés de taux si les données américaines ne s’en étaient pas mêlées. Mais tel n’est pas le cas, les informations en provenance de l’économie américaine continuent, en effet, à prendre le contrepied des attentes en matière de politique monétaire et la conséquence, cette fois, ne se fait plus attendre.

Lire la suite…

Concert « Sotto Voce » des banques centrales cette semaine, à la BCE près ?

Australie, Canada, Suisse, Suède, Brésil, tiendront leur comité de politique monétaire cette semaine, en plus de la FED, la BCE, la BoE et la BoJ ! Voilà de quoi avoir un bel aperçu des analyses et réactions à plus de deux semaines de guerre en Iran et autant de blocage du détroit d’Ormuz. Aucune n’aura, à ce stade, de données pour étayer sa perception et d’éventuelles décisions. La plupart devraient donc conserver leur biais existant, ce qui pourrait se résumer par une nouvelle hausse d’un quart de point des taux directeurs de la BCA australienne, de 3,85 % à 4,10 % après une première hausse début février. Sauf cette dernière, en effet, le statu quo l’emportera vraisemblablement, accompagné de communications plus ou moins parlantes pour la suite, sur lesquelles se focaliseront les analyses et les réactions de marchés.

Lire la suite…

Aux Etats-Unis, les pertes d’emplois s’accélèrent dans les services professionnels

Le rapport ADP sur l’emploi du secteur privé aux Etats-Unis est ressorti nettement plus faible qu’attendu en janvier, avec seulement 22 K créations de postes contre 43 K attendus par le consensus. Par ailleurs, les données de décembre ont été révisées en baisse, à 37 K au lieu de 41K en première lecture. Ces chiffres restent très en retrait de ce que laisserait envisager une croissance économique du rythme de celui de ces derniers mois. Le rapport du mois de janvier met particulièrement l’accent sur les destructions d’emplois dans les services professionnels, lesquels auraient perdu 57 K postes au cours du seul mois de janvier. Effet IA ou reflet des distorsions sectorielles exceptionnelles ? La réponse n’est pas formelle à ce stade, d’autant que la région Atlantique Sud (Floride, Géorgie, Carolines…) apparaît comme la principale responsable de ces mauvais chiffres avec 76 K destructions de postes. Les tendances de l’emploi dans les services professionnels sont, néanmoins, parmi les plus mauvaises depuis l’introduction de ChatGPT, en novembre 2022 et le lien de cause à effet est fortement suggéré. Avec 22,2 millions de salariés, ce secteur, le troisième plus important aux Etats-Unis, a déjà vu ses effectifs réduits de 500 K en un peu plus de deux ans.

Lire la suite…

J. Powell ne voit pas pourquoi la Fed devrait baisser ses taux davantage cette année

Le communiqué le suggérait, J. Powell l’a clarifié et n’argumente pas en faveur de baisses supplémentaires des taux directeurs cette année, compte-tenu : 1- des résultats en amélioration en matière de la croissance économique et de perspectives, 2- de la stabilisation du marché de l’emploi, 3- d’un niveau d’inflation toujours relativement élevé. A la question d’un journaliste sur le fait que la Fed recule le moment de la baisse de ses taux prévue en décembre, la réponse de J. Powell est donc on ne peut plus claire, quand bien même le président de la Fed s’est abstenu d’y répondre formellement, avant la publication des nouvelles projections du FOMC du mois de mars. Il fait peu de doutes, néanmoins, qu’à conditions inchangées d’ici là, ces dernières devraient, tout à la fois, gommer le quart de point supplémentaire de baisse des Fed Funds intégré aux Dots du mois de décembre et publier un scénario de croissance rehaussé.
Les anticipations de marchés, qui intègrent encore deux baisses des taux d’ici la fin de l’année, n’ont donc plus lieu d’être, du moins, dans les conditions en présence et avec les membres actuels du FOMC.

Lire la suite…

Qu’il le veuille ou non, J. Powell sera dans la cour politique mercredi

Ni changement du niveau des taux des Fed Funds, ni mise à jour des projections ; on serait presque tenté de sauter à pieds joints au-dessus du FOMC de ce mois-ci, tant l’attention est ailleurs, en particulier sur ce qui se déroule sur les marchés des métaux précieux, qui ont volé la vedette à la plupart des autres actifs ces derniers temps. Sauf qu’il s’agit bel et bien des deux faces d’une même médaille, indissociables des développements en cours sur les marchés des changes et de la crise monétaire en couveuse, que la perte d’indépendance de la première banque centrale au monde menace de provoquer.

Alors que les perspectives de baisse des taux pour cette année semblent ne plus tenir qu’à l’éventualité de la nomination d’un président fantoche à la tête de la Fed et que les économistes sont de plus en plus nombreux à envisager, « toutes choses égales par ailleurs », l’amorce d’une remontée des Fed Funds d’ici la fin de l’année, D. Trump, n’accueillera pas avec satisfaction le statu quo monétaire probable du FOMC et encore moins un communiqué, éventuellement, un brin plus réservé sur les perspectives de possibles baisses des Fed Funds cette année. De là à provoquer l’ire dont le président américain a le secret, il n’y a qu’un pas, un de plus dans la fuite en avant éperdue dans laquelle il s’est lancé pour tenter de sauver ce qui semble inexorablement en voie de lui échapper, une possible victoire aux élections de mi-mandat.

Lire la suite…

Nous y voilà. Le FOMC du 10 décembre bientôt derrière nous !

Mercredi prochain se tiendra l’un des FOMC qui aura fait le plus parler de lui, au sujet duquel les anticipations ont rarement autant varié et auquel des enjeux démesurés semblent rattachés. Pourquoi tant de doutes ?

  • D’abord, parce que, au-delà d’être peu lisible, la conjoncture américaine est d’une rare complexité. Entre les activités en pleine effervescence concentrées autour de l’IA et bon nombre de secteurs traditionnels en pleine déconfiture – le terme n’est pas excessif à en juger par l’évolution sectorielle des profits – l’équilibre des forces et faiblesses est hautement incertain.

  • Ensuite, parce que la situation inflationniste n’est pas des plus lisibles, non plus. Si, à court terme, les tendances, tant du côté des prix que de la conjoncture, vont dans le sens espéré par la Fed, les perspectives pour 2026 sont nettement plus incertaines. Les investissements massifs requis pour l’IA et l’entrée en vigueur de la réforme fiscale, à ce stade, toujours d’actualité, constituent une menace que la Fed ne peut ignorer.
  • Également, parce qu’à 4 % depuis septembre, le niveau des Fed Funds est inférieur de plus d’un demi-point à la croissance nominale du PIB du deuxième trimestre, un écart susceptible de s’être creusé davantage, à en juger par les estimations préliminaires du troisième trimestre et pourrait approcher un point après la décision de mercredi. Alors, faudra-t-il aller nettement plus loin dès lors que les conditions financières ne suggèrent pas la nécessité d’un assouplissement monétaire, malgré quelques craquements sur le front des liquidités, que la Fed gère par des interventions ponctuelles ?
  • Plus que la question de ce que fera la Fed mercredi c’est bien celle, effectivement, d’un changement de ses perspectives qui se pose et risque de faire bouger les curseurs de bon nombre d’actifs à travers le monde.

Lire la suite…