Les consommateurs chinois pas si impatients de rouvrir leur porte-monnaie

En Chine, les données du mois d’avril confirment une amélioration de l’activité industrielle, laquelle aurait retrouvé une évolution positive de 3,9 % par rapport à l’année dernière. Il faut espérer que ce soit à l’exportation que partira ce surplus d’activité, sinon ce sera dans les stocks, car sur le plan domestique, la demande n’est clairement pas au rendez-vous. Au-delà des dépenses d’infrastructures forcées par le gouvernement, les achats des ménages restent en berne ; en témoignent les ventes de détail et les indicateurs d’activité dans les services.

Lire la suite…

Données chinoises : champ libre à l’imagination

Les données chinoises publiées ce matin apportent moins d’informations qu’elles ne soulèvent de questions et nous ne nous y attarderons pas davantage. Ci-dessous les principales tendances et commentaires/questionnements qu’elles inspirent.

Le PIB réel se serait contracté de 9,8 % au premier trimestre, contre des taux de croissance moyens compris entre 1,3 % et 1,5 % en 1999. Sur un an, il s’agirait d’une baisse de 6,8 %, au lieu d’une croissance de 6,1 % fin 2019, soit un différentiel de près de 13 %.

Ces données, bien qu’à peu près en phase avec les anticipations des économistes de marché, lesquelles s’appuient souvent sur l’évolution de la production d’électricité, restent difficiles à raccorder aux autres informations délivrées ces temps-ci, à savoir, en particulier :

  • une baisse de 20 % des investissements en actifs fixes au cours de la même période ;
  • celle de 13 % des dépenses nominales de consommation des ménages par tête, soit d’un peu plus de 8 % une fois corrigée de l’inflation (4,9 %), peu ou prou équivalente à celle des ventes de détail ;
  • une chute moyenne des ventes de véhicules de 50 % par rapport à l’année dernière ;
  • une baisse de 7 % de la valeur ajoutée industrielle ;
  • sans parler des statistiques de profits des entreprises, lesquelles décrivaient en février, dernier mois disponible, une contraction cumulée de 38 % sur les deux premiers mois de l’année par rapport à 2019

On supposera que la dépense publique a résolu l’équation car, ni les informations en provenance des activités de services, principalement les enquêtes PMI, en l’occurrence particulièrement négatives, et un indicateur de production au sujet duquel nous ne savons que bien peu de choses ; ni le commerce extérieur, dont les données décrivent une contribution nette annuelle assez significativement négative sur l’ensemble du trimestre, ne permettent de la résoudre.

Quoi qu’il en soit, à court terme, la cohérence des données ne semble guère préoccuper les marchés. Les statistiques mensuelles du mois de mars qui, dans l’ensemble continuent de décrire une amélioration graduelle de la situation, l’emportent ce matin, malgré là-encore, des résultats pour le moins suspects. Ainsi, l’évolution annuelle de la valeur ajoutée industrielle qui aurait quasiment retrouvé en mars son niveau de l’année dernière, à 1 % près ; donnée assurément difficilement réconciliable avec ce que l’on sait des émissions de CO2 et autres polluants industriels enregistrées sur la période.

En d’autres termes, nous ne savons rien de ce qui se passe aujourd’hui en Chine, ce qui a l’avantage de laisser place à toutes les spéculations ou inquiétudes possibles, chacun choisira son camp.

PDF

L’Allemagne profite de la paralysie de l’économie chinoise

Les PMI nous avaient mis la puce à l’oreille en début de semaine (voir PMI la paralysie de la Chine a-t-elle profité au reste du monde en février?), les commandes à l’industrie allemande publiées à l’instant semblent le confirmer : les industriels allemands ont probablement tiré les bénéfices de l’impossibilité des entreprises chinoises à fournir leurs clients, avec pour résultat, un rebond de 5,5% de leurs commandes en janvier dont l’origine provient exclusivement des commandes étrangères.

Lire la suite…

Economie chinoise : on comprend mieux le recul de Xi Jinping…

Parmi les données chinoises publiées ce matin, aucun rattrapage possible : les statistiques du mois d’août sont toutes plus mauvaises les unes que les autres. Il y a sans doute là de quoi mieux comprendre le recul du président Xi Jinping sur l’augmentation des tarifs à l’importation de produits agricoles. Une telle taxe interviendrait assurément à un très mauvais moment pour le consommateur chinois, déjà victime de la situation en présence. Jusqu’à présent soutenu par la population dans le conflit qui l’oppose à l’administration américaine, le président chinois n’est pas à l’abri d’un retour de bâton au fur et à mesure de la détérioration de l’environnement conjoncturel national. Si son recul de la semaine dernière ne préjuge en rien de la probabilité d’un accord commercial avec les Etats-Unis, il fait de moins en moins de doute que la situation critique dans laquelle se trouve la Chine, qui ne manquera pas de s’aggraver si D. Trump met ses menaces à exécution le 15 octobre, réduit sa capacité de résistance aux pressions américaines.

Lire la suite…

SAVE THE DATE – 21 MARS -La Chine à l’heure du nationalisme. Quelles conséquences pour l’Europe ?

En ce début d’année, la Chine est partout ; au cœur tout à la fois des plus grandes prouesses spatiales et des promesses de relance sur lesquelles surfent les marchés mondiaux, comme des plus grandes inquiétudes relatives à sa situation économique et à ses ambitions géostratégiques. Où en est l’Empire du Milieu?

Six années de pouvoir de Xi Jinping ont remodelé le pays et réveillé le sentiment nationaliste, par ailleurs, aiguisé par la bataille protectionniste que lui livre D. Trump. Aux produits étrangers, hier sollicités pour leur qualité et leur technologie, se substituent les biens d’entreprises chinoises dont les compétences n’ont plus rien à envier aux étrangères et peut-être, avant tout, parce qu’ils sont chinois…

À l’arrière plan des développements de ces dernières décennies, la culture nationaliste se réveille et semble à même de changer le visage que nous nous étions fait de la Chine et de son influence sur le reste de monde et sur ses entreprises.

C’est à ce thème que nous consacrerons notre présentation trimestrielle jeudi 21 mars

Ouvrir l’invitation

Les indices chinois, une brève histoire de l’économie chinoise et, plus largement, mondiale

À travers les stratégies d’investissement privilégiées par tel ou tel s’exprime de manière plus ou moins transparente une certaine lecture de l’histoire économique que la préférence pour le court terme conduit souvent à occulter. C’est l’avantage des périodes de crise ou de grande incertitude que d’obliger à remettre les choses en perspective. Si l’approche n’apporte pas toujours les réponses recherchées, elle permet de mieux cerner les questions d’importance.

Celles que suscite, aujourd’hui, la lecture des bourses chinoises pour un investisseur de long terme en sont une belle illustration : peut-on considérer que les indices chinois, lourdement retombés sur leur tendance de long terme, aient suffisamment baissé pour redevenir attractifs et au nom de quelle interprétation ? C’est dans les tréfonds de l’analyse fondamentale que se trouve la réponse à cette question. Or, sur ce point deux visions s’opposent, chacune porteuse d’une lecture diamétralement opposée des développements en cours de l’économie chinoise et mondiale.

Lire la suite…

Nette détérioration de la conjoncture chinoise au 3ème trimestre

Sans réelle surprise, compte-tenu des indicateurs récents, la situation économique chinoise s’est nettement dégradée au troisième trimestre.

Durant cette période, le PIB réel aurait augmenté de 1,6 %, après 1,7% au deuxième trimestre (chiffre initialement annoncé à 1.8 %). En glissement annuel, ce résultat se traduit par une croissance 6,5 %, après 6,7 %, contre 6,6 % prévu par le consensus de marché. Il s’agit du résultat le plus faible depuis 2009 où la croissance avait atteint 6,2 %.

Lire la suite…