Les marchés plébiscitent la récession à la normalisation monétaire

C’est bien le message de ces derniers jours qui justifie notamment les réactions positives à la mauvaise moisson des PMI du mois d’octobre et à l’annonce de l’arrivée de Rishi Sunak au 10, Downing Street à Londres, aujourd’hui, pressé d’effectuer un tournant en faveur de la rigueur budgétaire. L’enthousiasme ne durera sans doute qu’un temps, celui nécessaire pour avoir une idée plus précise de la récession qui menace et de ses effets sur les résultats des entreprises. Peut-être ne passera-t-il même pas la semaine avec une BCE attendue des plus « hawkish » mais la réaction des marchés pointe clairement le dilemme de la situation en présence qui ne souffrira pas longtemps les contradictions d’un policy-mix dans lequel s’entrechoquent les objectifs budgétaires et monétaires .

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PMI : l’Europe et le Japon vacillent, les Etats-Unis décrochent encore

Après une croissance sauvée des eaux en Europe et au Japon au deuxième trimestre, les PMI d’août constituent une bien mauvaise récolte. Celle-ci est symbolisée par une nouvelle baisse significative des indicateurs synthétiques dans la plupart des économies, en territoire de contraction, à l’exception du Royaume-Uni. Le composite français perd encore 2 points et s’établit à 49,8, l’allemand s’affaisse à 47,6, le Japon tombe à 48… Aux Etats-Unis, les données sont plus dégradées encore : alors que le premier semestre était déjà caractérisé par une baisse des PIB, le PMI synthétique continue de s’enfoncer, à 45 après 47,7. Des chiffres à ce point mauvais que l’euro retrouve la parité contre le dollar.

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Érosion de la croissance française, nette récession allemande

Les climats des affaires en France se replient, aussi bien ceux mesurés par l’INSEE publiés hier que les PMI de ce matin. Si les niveaux affichés ne sont pas encore ceux traditionnellement rattachés à une baisse du PIB, la probabilité d’une récession croit sensiblement au vu des tendances observées depuis plusieurs mois. La situation allemande, du moins selon les PMI, est bien plus claire : les indices se situent maintenant en territoire de contraction, au plus bas depuis la première vague de Covid, avec un composite à 48. Outre ces disparités entre les deux rives du Rhin et la fiabilité, de plus en plus relative, de ces enquêtes, la dégradation de la conjoncture européenne, pressentie au vu des difficultés récentes, se confirme.

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Bonnes surprises en UEM vs déceptions anglo-saxonnes : l’euro s’envole

Après les bonnes nouvelles de ce matin en zone euro, lesquelles semblent en mesure de conforter la BCE dans sa stratégie de resserrement monétaire, les données britanniques et américaines, où les banques centrales ont plus d’avance sur le durcissement de leur politique, ne sont pas du même tonneau. Outre-Manche, le PMI a trébuché ce mois-ci et lâché plus de six points, à 51,8. Aux Etats-Unis, le même indice ressort en baisse de plus de 2 points, à 53,8, dont trois pour les seules activités de services.

Mais c’est d’ailleurs que nous viennent dans ce dernier cas, les plus mauvaises nouvelles, en l’occurrence du marché immobilier sur lequel les ventes de maisons neuves se sont écroulées de 16,6 % en avril après déjà 10,5 % en mars. Et c’est là que la stratégie monétaire est mise à l’épreuve.

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Ni l’IFO, l’INSEE ou les PMI ne sont en mesure de gêner la BCE

Dans le contexte particulièrement instable en présence, les indicateurs avancés de ce mois-ci apportent quelques nouvelles réconfortantes sur la zone euro. L’activité résiste mieux que prévu à en juger par les retours des enquêtes mensuelles de l’INSEE, de l’IFO et, plus généralement, des PMI. Synthèse de ces bonnes nouvelles, les indicateurs de retournement ont quitté la zone de récession dans laquelle ils étaient tombés en mars pour s’établir en zone neutre. Malgré des doutes persistants sur l’avenir, les retours des chefs d’entreprises sur la situation courante ou l’activité récente, sont portés par un net rattrapage de l’activité dans les services.

Sans être totalement évacués, les risques de récession sont donc franchement tempérés ; un diagnostic particulièrement sensible alors même que la BCE s’apprête à concrétiser son changement de cap monétaire. La voie se dégage clairement pour les remontées de taux directeurs que Mme Lagarde nous annonce pour l’été.

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Les industriels allemands finiront-ils par rattraper leur retard sur leurs commandes?

La réponse à cette question conditionne dans une très large mesure les écarts de perspectives sur l’économie allemande depuis plus d’un an et prend, dans le contexte actuel, une plus grande importance encore. La production manufacturière allemande a réussi à se maintenir en février, malgré un recul de 2,2 % des commandes. De tels écarts ne sont, a priori, guère surprenants ; la hausse de quasiment 5 % des commandes des deux mois précédents aurait en l’occurrence justifié une progression de l’activité plutôt qu’une stagnation. Sans doute, les perturbations internationales récentes peuvent-elles, légitimement, être considérées comme responsables de cette déception ; pas de quoi s’émouvoir, donc, l’Allemagne pourra rattraper ce retard une fois la situation  apaisée.  Cette lecture pourrait cependant avoir ses limites. Les écarts atypiques entre les commandes et la production effective de l’industrie allemande ne sont pas récents, en effet. Apparus depuis la fin de la première vague de Covid du printemps 2020, ils n’ont cessé de ses creuser depuis. Nombreux y voient un potentiel de rattrapage considérable de l’activité, une fois les tensions en matière d’approvisionnement dépassées. Pourrait-il en être différemment ?

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Omicron fait reculer les PMI, sauf en Allemagne grâce aux effets de base

Les restrictions consécutives à la propagation du variant Omicron ont causé un reflux des PMI dans les services, synonyme de ralentissement de l’ensemble de l’économie, peu importe, la relative bonne tenue de l’industrie. Les indicateurs composites japonais, français et britanniques ont, ainsi, reculé de respectivement 4, 3 et, plus anecdotiquement, 0,2 points. Dans un tel contexte, le rebond de plus de 4 points de l’indicateur allemand interpelle. L’Allemagne serait-elle dans une situation plus favorable, profitant déjà de l’allègement de contraintes qui avaient été plus précoces et plus sévères qu’ailleurs à la fin de l’année dernière ? La réponse n’est assurément pas celle-ci. Cet écart tient avant tout, en effet, à la comparaison favorable avec janvier 2021 ; période qui correspondait à la troisième vague d’épidémie et avait conduit le pays à des mesures beaucoup plus drastiques qu’ailleurs, notamment en France. Les PMI ont cette particularité d’être surtout le reflet de la variation annuelle du contexte conjoncturel et de très peu renseigner sur son évolution au mois le mois. Dit autrement, ne nous attendons pas à une amélioration de l’activité allemande en janvier, tout du moins pas en comparaison de la fin 2021.

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Climats des affaires : quelques bonnes nouvelles, balayées par la Vème vague

Les problèmes sur le front de l’approvisionnement, principal handicap industriel de ces derniers mois, semblent s’atténuer: le rapport de Markit pour l’Allemagne fait état d’une légère réduction des goulots d’étranglement, tandis que les perspectives de production se reprennent en France, notamment dans l’automobile, selon l’enquête INSEE. Conséquence, les climats des affaires manufacturiers résistent, partout, plutôt bien, voire s’améliorent très légèrement, comme en Allemagne. Cependant, la cinquième vague de covid arrive et, avec elle, ses difficultés pour les activités de services. Sans surprise, les indicateurs de l’INSEE montrent un très fort recul du climat des affaires dans l’hôtellerie-restauration, secteur le plus touché à chaque dégradation de la situation sanitaire. On peut supposer qu’il en est de même un peu partout.

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