Finalement, géopolitique oblige, K. Warsh désobéit… un peu. Sans doute trop peu

Lequel s’en mord les doigts ? L’histoire ne le précise pas, mais le désaveu est de taille. Qu’à cela ne tienne, après moulte tergiversations, la Fed a fait un premier pas vers la sagesse. Il était temps. Notons que ce n’est, à ce stade, qu’un tout petit pas : un quart de point de hausse des Fed Funds aujourd’hui, qui devrait être suivi d’un second d’ici la fin de l’année ; point barre. Portés entre 4 % et 4,25 % d’ici décembre, les Fed Funds conserveraient ce niveau tout au long de l’année prochaine, avant de refluer modestement pour retrouver en 2029 le niveau de 3,50 %-3,75 % auquel J. Powell les avait laissés.
Quelle que soit la détermination réaffirmée de K. Warsh de ramener l’inflation à son objectif, la Fed n’envisage pas de renverser la table. Selon son président, la trajectoire de l’inflation est conforme à l’analyse qu’il s’en faisait et aucun des membres du FOMC n’envisage que l’inflation PCE ne gagne plus d’un dixième de point entre son niveau du mois d’août (3,4 %) et la fin de l’année, avant de chuter d’un point et demi l’an prochain. Pourquoi donc, la décision de remonter les taux ? La raison géopolitique est évoquée à deux reprises au moins par le président de la Fed, lequel mentionne aussi la montée des tensions sur la partie longue de la courbe des taux.
S’il y a un changement notable dans les messages délivrés par le FOMC, c’est bien sur ces projections d’inflation qu’il se situe…

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Les taux s’envolent malgré une BCE pondérée et des PPI américains conformes aux attentes

Ne cherchons pas du côté de la BCE les raisons de l’envolée des taux futurs. Cette dernière, bien qu’ayant relevé ses taux directeurs d’un quart de point comme prévu, a délivré un message pondéré, relativement neutre, sur les évolutions à venir de sa politique monétaire, quand bien même les révisions à la hausse de ses projections d’inflation et de croissance pour 2027 envoient un signal relativement clair sur l’orientation aujourd’hui envisagée. Simultanément aux annonces de la BCE, la publication d’une inflation des prix à la production américains de 5,4 % en août après 4,8 % en juillet, n’a probablement pas aidé à contenir les anticipations d’un resserrement monétaire à venir aux Etats-Unis, à l’origine d’une accélération à la baisse ponctuelle du cours de l’euro-dollar.
Aucune de ces informations ne justifie néanmoins l’ampleur de la hausse des taux à deux ans de quasiment 10 points de base observée depuis le début de l’après-midi en Europe et aux Etats-Unis.

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K. Warsh s’est-il vraiment affranchi de D. Trump à Jackson Hole ?

Trois mois se sont écoulés depuis la prise de fonction de K. Warsh à la tête de la Fed le 22 mai, ce qui lui a donné l’occasion de trois interventions et de trois voltes-faces ! La première, au terme du FOMC du mois de juin, en se montrant beaucoup plus sévère à l’égard de l’inflation que ce qu’il avait laissé penser avant sa prise de fonction. La seconde, six semaines et un deuxième FOMC plus tard, marquée par un discours des plus ambigus, au cours duquel la promesse de ramener l’inflation à 2 % s’accompagnait de doutes plus que confusants quant à la nécessité de resserrer les conditions monétaires pour y parvenir. Vendredi, à Jackson Hole, le nouveau président de la Fed a repris avec plus de force la posture qu’il avait adoptée lors de sa première apparition en juin : objectif d’inflation à 2 % fermement rappelé, la lutte contre l’inflation étant clairement affichée comme la première priorité ; confiance sans faille dans les perspectives d’amélioration de la productivité -laquelle préside à toute fonction de détermination des taux directeurs d’équilibre- ; insistance, enfin, sur les conditions monétaires « difficilement qualifiables de restrictive »…

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La BCE devra remonter ses taux en septembre pour consolider l’effet des interventions

L’inflation sous-jacente  besoin de passer par la case Jackson Hole s’agissant de la BCE, le dernier rapport sur l’inflation du mois de juillet a terminé le travail déjà amorcé par les données des principaux pays de la zone euro la semaine dernière, parmi lesquelles l’accélération de l’inflation allemande de 2,3 % à 2,8 % entre juin et juillet ou celle de l’Espagne, de 3,6 % à 3,9 %.

Sans surprise, l’inflation de l’UEM a regagné un peu de terrain en juillet, à 2,9 % après 2,8 % en juin et 2,5 % après 2,4 % pour sa partie sous-jacente. Rien de bien méchant mais un résultat, vraisemblablement suffisant pour convaincre la BCE de poursuivre la voie ouverte au mois de juin en faveur d’une normalisation de sa politique monétaire, qu’elle pourrait acter par une nouvelle remontée de ses taux directeurs dès le 9 septembre. Il y a au moins trois raisons à cette conclusion.

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Contrairement à la Fed, les chances d’un statu quo de la BCE en septembre s’amenuisent

Pas besoin de passer par la case Jackson Hole s’agissant de la BCE, le dernier rapport sur l’inflation du mois de juillet a terminé le travail déjà amorcé par les données des principaux pays de la zone euro la semaine dernière, parmi lesquelles l’accélération de l’inflation allemande de 2,3 % à 2,8 % entre juin et juillet ou celle de l’Espagne, de 3,6 % à 3,9 %.
Sans surprise, l’inflation de l’UEM a regagné un peu de terrain en juillet, à 2,9 % après 2,8 % en juin et 2,5 % après 2,4 % pour sa partie sous-jacente. Rien de bien méchant mais un résultat, vraisemblablement suffisant pour convaincre la BCE de poursuivre la voie ouverte au mois de juin en faveur d’une normalisation de sa politique monétaire, qu’elle pourrait acter par une nouvelle remontée de ses taux directeurs dès le 9 septembre. Il y a au moins trois raisons à cette conclusion.

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K. Warsh, trop confus, perd la confiance qu’il avait acquise lors de son premier FOMC

C’était le RDV de cette fin du mois de juillet ; K. Warsh semble l’avoir raté. Non pas que la décision de la Fed de maintenir les Fed Funds inchangés ait surpris, elle était en effet largement attendue. Ce qui l’était moins est le sentiment d’un président de la Fed totalement indécis et dépourvu de stratégie.

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K. Warsh, trop confus, perd la confiance qu’il avait acquise lors de son premier FOMC

C’était le RDV de cette fin du mois de juillet ; K. Warsh semble l’avoir raté. Non pas que la décision de la Fed de maintenir les Fed Funds inchangés ait surpris, elle était en effet largement attendue. Ce qui l’était moins est le sentiment d’un président de la Fed totalement indécis et dépourvu de stratégie.

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Retour du pétrole à 100$ le baril; C. Lagarde, plus sévère que le communiqué de la BCE

La perspective d’un conflit durable impliquant un nombre croissant de pays du Golfe a largement gagné en importance ces derniers jours, avec pour conséquence un changement de psychologie des marchés sur les risques qui y sont assortis. L’hypothèse dominante qui envisageait un conflit, sinon éclair, du moins de durée relativement courte et prévisible, semble avoir volé en éclat au fur et à mesure des développements récents, du côté américain comme de celui de l’Iran et des autres pays de la région.

Contrairement à nos attentes, le communiqué de la BCE est apparu relativement flexible, sous un angle délibérément prudent en matière de perspectives économiques et moins catégorique que nous ne l’avions envisagé sur celui de l’inflation. Les commentaires de Christine Lagarde ont rapidement corrigé cette première impression.

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