Vous avez dit « guidances » M. Powell ?

Article publié sur le site de Boursorama

Lorsqu’au printemps de l’année dernière, la FED a décidé d’accroître la cadence de sa communication, à raison d’une conférence de presse toutes les six semaines après chaque FOMC, plutôt qu’une fois sur deux, l’idée était d’assurer une plus grande transparence sur ses intentions. Sans doute avait-elle en tête à ce moment-là, comme elle avait commencé à en instiller l’idée, qu’elle pourrait être amenée à accélérer le rythme de ses hausses de taux en 2019 et qu’un accompagnement plus serré de ce changement serait le bienvenu. L’histoire ne dira pas si tel aurait été le cas car, entre le printemps de l’année dernière et aujourd’hui, le contexte a bien évolué. En l’occurrence, au lieu d’un resserrement accéléré, c’est un exercice de patience prolongée qu’a entamé Jérôme Powell en janvier, lequel devrait conduire à un statu quo de la politique monétaire tout au long des douze prochains mois, selon les anticipations de marchés. Il y a potentiellement deux risques à de une telle situation. Le premier, de moindre importance, est que l’exercice de communications trop fréquentes se transforme en un véritable pensum pour le président de la FED, lequel pourrait avoir du mal à meubler l’espace, dès lors qu’il a jeté les dés de sa politique comme il l’a fait en janvier. Le second, nettement plus ennuyeux, serait que ces exercices de communication se révèlent, au contraire, l’occasion de va-et-vient incessants qui finiraient par installer un climat d’instabilité accrue sur les marchés financiers, les taux d’intérêt et le change, notamment. La versatilité dont a fait preuve Jérôme Powell ces derniers mois semble plutôt nous suggérer cette dernière piste comme la plus probable.

Que le président de la FED évolue dans un cadre particulièrement périlleux, par ailleurs, compliqué par l’encombrement d’un D. Trump trop invasif, est un fait. Qu’il navigue d’un extrême à l’autre comme il l’a fait ces derniers temps en est un autre, qui ne manque pas d’interpeller. Au deuxième semestre de l’an dernier son inflexibilité a largement contribué à l’instabilité des marchés financiers internationaux. Après avoir défendu en décembre le cap de hausses graduelles persistantes de ses taux directeurs malgré les risques financiers en présence, son changement de posture est apparu comme un véritable coup de théâtre au terme du FOMC du 30 janvier, lorsqu’il a privilégié la patience avec une telle insistance qu’il est parvenu à, non seulement, évacuer l’éventualité de nouvelles hausses de ses taux d’intérêt à horizon prévisible mais, également, à laisser se développer les anticipations d’une future baisse de ses taux directeurs fin 2019, dont la probabilité implicite est aujourd’hui de 20 %. C’est pourtant un parti beaucoup moins clair qu’a révélé le compte-rendu de ce même FOMC ce mercredi, dans lequel la patience incontestablement privilégiée par l’ensemble du board est moins marquante que l’incertitude exprimée par ses différents membres sur les perspectives de taux d’intérêt. Le message qui ressort de ces minutes est somme toute assez éloigné, en effet, de l’interprétation qui en avait été faite par le président Jérôme Powell lors de sa conférence de presse.

Difficile, au total, d’y voir clair dans les intentions de la FED. Les risques financiers maintenant moins prégnants, après une envolée des indices boursiers américains en large partie provoquée par sa communication de fin janvier, de quel côté penchera Jérôme Powell lors du prochain FOMC, dans trois semaines : longue patience ou marche arrière ? La question se posera assez vite si les données économiques continuent à décrire une certaine robustesse de la situation conjoncturelle, en particulier du marché de l’emploi. Jérôme Powell a, en effet, tellement promis aux marchés qu’il s’expose à les décevoir dans un futur plus ou moins proche si le cycle se prolonge, comme l’envisage encore la grande majorité des économistes et la FED elle-même.

C’est tout l’art du « fine tuning » que de lâcher du lest tout en gardant la main, auquel l’actuel président de la FED ne semble pas encore tout à fait rodé. Cela suggère une certaine instabilité des marchés de taux d’intérêt et de changes pour les mois à venir.

Jérôme_Powell dans la démesure

Nous attendions de la FED qu’elle infléchisse son discours et prépare les marchés à un statu quo lors de son prochain FOMC de mars mais qu’elle garde, néanmoins, la main en vue d’éventuelles remontées de ses taux directeurs plus tard, courant 2019, quand bien même notre scénario n’envisage pas qu’elle en ait l’occasion avant, peut-être, la toute fin d’année. La FED est allée plus loin encore. Par ses commentaires sur le fait que le niveau des fed funds était approprié, globalement neutre, et en l’absence de référence à un quelconque risque inflationniste futur, le message envoyé par Jérôme Powell apparaît incontestablement conciliant. Un tel revirement est pour le moins troublant à ce stade du cycle et compte-tenu de la confiance, par ailleurs, affichée sur les perspectives macro-économiques américaines.

 
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Preview FED – Première d’une trop longue série de conférences de presse pour J._Powell

Lorsqu’au printemps dernier, la FED a fait part de sa décision de tenir à partir de janvier 2019 une conférence de presse après chaque FOMC, toutes les six semaines, nombreux ont vu dans ce message la perspective d’une possible accélération du tempo de hausse de ses taux directeurs. Après tout, la FED avait, à de nombreuses reprises par le passé, pratiqué des ajustements de ses taux beaucoup plus rapprochés que ces derniers temps, pouvant aller jusqu’à des relèvements d’affilée de 50 points de base à six semaines d’intervalle. Dans un contexte de croissance économique soutenue, de remontée des anticipations d’inflation et d’une certaine exubérance des marchés financiers, l’hypothèse d’une accélération du rythme des hausses de taux était défendable et, avec elle, la tenue de conférences de presse plus rapprochées, destinées à garantir une meilleure communication. Cette décision semble pourtant bien mal tomber si, comme nous le pensons, la FED était amenée à maintenir le niveau des fed funds essentiellement inchangés cette année.

 
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Une dernière ligne droite bien sinueuse pour Mario Draghi

Le premier conseil de politique monétaire de la BCE de l’année se déroulera demain, dans un contexte particulier à, au moins, deux titres :

  • Il s’agit d’un des derniers conseils présidés par l’actuel président, Mario Draghi, qui quittera son poste fin octobre. Cela n’est pas anodin ; le président de la BCE cherchera, en toute logique, à soigner sa sortie.
  • Le ralentissement de l’activité en place est beaucoup plus marqué que celui escompté par la BCE et ses prévisions de croissance et d’inflation sont aujourd’hui de moins en moins défendables (voir « La BCE persiste dans la langue de bois»). Les modifier impliquerait néanmoins de repousser dans le temps les perspectives de relèvement des taux directeurs. Pas sûr, que Mario Draghi ait le soutien nécessaire pour amorcer ce virage.

La dernière « ligne droite » de la présidence de Mario Draghi se présente sous un jour plus sinueux qu’il ne l’aurait sans doute souhaité.

 
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Pour une fois, le président de la FED aurait été bien inspiré d’écouter D. Trump !

La FED a décidé de passer outre les alertes en provenance des marchés financiers et de relever une nouvelle fois le niveau de ses taux directeurs à 2,50 %. Justifiée il y a encore quelques jours au vu des développements économiques récents, la décision l’était beaucoup moins ces derniers jours au vu de la montée des risques financiers. En cela, sa décision est assez inédite et d’autant plus surprenante au regard de la chute des anticipations d’inflation, que Jérôme Powell avait signalées comme directrices dans la conduite de sa politique monétaire. Tout aussi gênantes sont les incohérences que l’on relève dans son scénario d’inflation. L’ensemble n’est guère rassurant.

 
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Preview Fed – hausse des taux, vraiment ?

La FED, cela semblait acquis, devrait relever une nouvelle fois ses taux directeurs à 2.50 % au terme de son comité de politique monétaire, mercredi, avant, selon nous, de marquer une pause, au minimum, de plusieurs mois. Mais passera-t-elle vraiment à l’acte cette semaine ? À en juger par l’allure des marchés boursiers américains, la question se pose indiscutablement et, quoiqu’il en soit, la partie sera serrée. Par mesure de prudence, la FED pourrait se donner le temps et repousser sa décision au début d’année sans préjuger de ce qu’elle fera alors (scénario que les récents développements nous incitent à privilégier aujourd’hui). Si, au contraire, elle décide de suivre les anticipations des marchés qui pricent encore à 72 % une remontée de ses taux, il lui faudra assurément accompagner cette décision d’un discours très accommodant quant à l’orientation future de sa politique pour prévenir une chute potentiellement incontrôlable des marchés boursiers (pourquoi prendrait-elle un tel risque ?).

 
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Après la langue de bois de ces derniers mois, qu’attendre de la BCE ?

Depuis le début de l’été la BCE a fait preuve d’une rigidité dont on avait perdu l’habitude sous le règne de Mario Draghi, maintenant mordicus un scénario indéfendable et des  perspectives de remontée de ses taux directeurs d’ici la fin de l’année 2019, tout aussi indéfendables.

Aujourd’hui au pied du mur, qu’attendre de sa communication à l’occasion de son comité de politique monétaire de jeudi ?

 
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Jérôme Powell tire plus vite que son ombre. Trop tôt ?

Signe que la panique a gagné du terrain ces derniers temps, le président de la FED nous annonce que les taux directeurs sont proches de la neutralité. Voilà qui a bien changé en quelques semaines ; en octobre son appréciation sur cette même neutralité n’était-elle pas que nous en étions bien loin ?

Manifestement, la chute des marchés de ces dernières semaines inquiète le président de la FED qui dit redouter, à juste titre, un emballement à la baisse en cas d’erreur d’appréciation. Le scénario est, en somme, conforme à nos attentes : la dernière hausse des fed funds sera celle de décembre et sera suivie d’une pause ; à ceci près que Jérôme Powell devance l’appel de quelques semaines, ce qui est loin d’être anodin.

 
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