K. Warsh attend Godot!

Comme envisagé dans notre Preview (voir ici), K. Warsh est parvenu à faire dévisser les anticipations de hausse des taux de la Fed. Non pas que le communiqué du FOMC soit apparu particulièrement « dovish », il a au contraire plutôt conforté l’anticipation d’un nouveau relèvement des Fed Funds en décembre après le statu quo de ce jour. En revanche, le président de la Fed n’a cessé de mettre en balance la réponse monétaire que supposerait les mauvais résultats de l’inflation et l’engagement sans cesse réitéré de faire le nécessaire pour revenir à l’objectif de 2 %.
Un peu comme il était apparu fin juillet, K. Warsh semble des plus indécis en même temps que des plus réticents sur de nécessaires remontées des taux directeurs, malgré l’inflation qu’il ne peut que constater. A la question d’une journaliste sur le pourquoi du statu quo de ce mois-ci s’il accepte la perspective d’un relèvement des Fed Funds en décembre, K. Warsh répond qu’il attend de mieux pouvoir jauger la justesse de la réponse monétaire. A celle d’un autre qui l’interroge sur le fait que le niveau présent des Fed Funds pourrait être conservé, K. Warsh ne dément pas, mentionnant notamment que le relèvement du mois de septembre porte ses premiers fruits via un resserrement des conditions financières. La conclusion est on ne peut plus claire : le président de la Fed est loin d’être décidé et semble, quoi qu’il en dise, avoir de facto, considérablement relevé son seuil de tolérance à l’inflation.

Que peut-il dès lors se passer?

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Banques centrales : RDV en décembre ?

Fed, BCE et BoJ rendront leur décision de politique monétaire successivement mercredi, jeudi et vendredi cette semaine. Aucune ne devrait changer le niveau de ses taux directeurs dans le contexte en présence, malgré des tendances inflationnistes des plus préoccupantes. Plusieurs raisons à cela :
– Les marchés obligataires ont fait le travail. L’envolée des taux de financement depuis le début de l’été est synonyme d’un resserrement des conditions financières au moins aussi important que ce que les marchés avaient anticipé en provenance des politiques monétaires. Les banquiers centraux ont donc de bonnes raisons de ne pas en rajouter, notamment dans le cas européen….

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Du Japon à la zone euro, l’inflation s’envole en septembre, les Etats-Unis y échapperont-ils ?

En juin, l’inflation avait unanimement surpris par la faiblesse des hausses des prix consécutive au blocage du détroit d’Ormuz, que ce soit en zone euro, au Japon, Etats-Unis, voire même dans bon nombre de pays émergents. Il en était résulté une détente des anticipations de hausses de taux, consolidée dans le courant de l’été par un relatif apaisement du discours des banquiers centraux et une révision à la baisse des perspectives d’inflation du consensus, malgré la nouvelle flambée des cours du pétrole à partir de la mi-août. Les données du mois d’août ont plutôt conforté le récit, avec, dans la plupart des cas, de bons résultats en matière d’inflation sous-jacente, comme encore illustré mercredi par les détails du PCE américain.
Les données préliminaires d’inflation du mois de septembre des principaux pays de la zone euro ont été les premières à mettre à mal cette perception en début de semaine. Les statistiques de ce matin pour l’ensemble de l’union monétaire le confirment avec une inflation de 3,8 %, 0,6 point de plus qu’en d’août et une légère accélération de l’inflation sous-jacente, de 2,4 % à 2,5 %. Les données du Japon publiées dans la nuit ne disent pas autre chose, avec cette fois une accélération de l’indice sous-jacent de la région de Tokyo de 1,4% à 2,9% entre août et septembre. Ca fait beaucoup pour un pays qui a réussi à maintenir son nflation énergétique en territoire négatif jusqu’en août…

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Finalement, géopolitique oblige, K. Warsh désobéit… un peu. Sans doute trop peu

Lequel s’en mord les doigts ? L’histoire ne le précise pas, mais le désaveu est de taille. Qu’à cela ne tienne, après moulte tergiversations, la Fed a fait un premier pas vers la sagesse. Il était temps. Notons que ce n’est, à ce stade, qu’un tout petit pas : un quart de point de hausse des Fed Funds aujourd’hui, qui devrait être suivi d’un second d’ici la fin de l’année ; point barre. Portés entre 4 % et 4,25 % d’ici décembre, les Fed Funds conserveraient ce niveau tout au long de l’année prochaine, avant de refluer modestement pour retrouver en 2029 le niveau de 3,50 %-3,75 % auquel J. Powell les avait laissés.
Quelle que soit la détermination réaffirmée de K. Warsh de ramener l’inflation à son objectif, la Fed n’envisage pas de renverser la table. Selon son président, la trajectoire de l’inflation est conforme à l’analyse qu’il s’en faisait et aucun des membres du FOMC n’envisage que l’inflation PCE ne gagne plus d’un dixième de point entre son niveau du mois d’août (3,4 %) et la fin de l’année, avant de chuter d’un point et demi l’an prochain. Pourquoi donc, la décision de remonter les taux ? La raison géopolitique est évoquée à deux reprises au moins par le président de la Fed, lequel mentionne aussi la montée des tensions sur la partie longue de la courbe des taux.
S’il y a un changement notable dans les messages délivrés par le FOMC, c’est bien sur ces projections d’inflation qu’il se situe…

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Les taux s’envolent malgré une BCE pondérée et des PPI américains conformes aux attentes

Ne cherchons pas du côté de la BCE les raisons de l’envolée des taux futurs. Cette dernière, bien qu’ayant relevé ses taux directeurs d’un quart de point comme prévu, a délivré un message pondéré, relativement neutre, sur les évolutions à venir de sa politique monétaire, quand bien même les révisions à la hausse de ses projections d’inflation et de croissance pour 2027 envoient un signal relativement clair sur l’orientation aujourd’hui envisagée. Simultanément aux annonces de la BCE, la publication d’une inflation des prix à la production américains de 5,4 % en août après 4,8 % en juillet, n’a probablement pas aidé à contenir les anticipations d’un resserrement monétaire à venir aux Etats-Unis, à l’origine d’une accélération à la baisse ponctuelle du cours de l’euro-dollar.
Aucune de ces informations ne justifie néanmoins l’ampleur de la hausse des taux à deux ans de quasiment 10 points de base observée depuis le début de l’après-midi en Europe et aux Etats-Unis.

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K. Warsh s’est-il vraiment affranchi de D. Trump à Jackson Hole ?

Trois mois se sont écoulés depuis la prise de fonction de K. Warsh à la tête de la Fed le 22 mai, ce qui lui a donné l’occasion de trois interventions et de trois voltes-faces ! La première, au terme du FOMC du mois de juin, en se montrant beaucoup plus sévère à l’égard de l’inflation que ce qu’il avait laissé penser avant sa prise de fonction. La seconde, six semaines et un deuxième FOMC plus tard, marquée par un discours des plus ambigus, au cours duquel la promesse de ramener l’inflation à 2 % s’accompagnait de doutes plus que confusants quant à la nécessité de resserrer les conditions monétaires pour y parvenir. Vendredi, à Jackson Hole, le nouveau président de la Fed a repris avec plus de force la posture qu’il avait adoptée lors de sa première apparition en juin : objectif d’inflation à 2 % fermement rappelé, la lutte contre l’inflation étant clairement affichée comme la première priorité ; confiance sans faille dans les perspectives d’amélioration de la productivité -laquelle préside à toute fonction de détermination des taux directeurs d’équilibre- ; insistance, enfin, sur les conditions monétaires « difficilement qualifiables de restrictive »…

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La BCE devra remonter ses taux en septembre pour consolider l’effet des interventions

L’inflation sous-jacente  besoin de passer par la case Jackson Hole s’agissant de la BCE, le dernier rapport sur l’inflation du mois de juillet a terminé le travail déjà amorcé par les données des principaux pays de la zone euro la semaine dernière, parmi lesquelles l’accélération de l’inflation allemande de 2,3 % à 2,8 % entre juin et juillet ou celle de l’Espagne, de 3,6 % à 3,9 %.

Sans surprise, l’inflation de l’UEM a regagné un peu de terrain en juillet, à 2,9 % après 2,8 % en juin et 2,5 % après 2,4 % pour sa partie sous-jacente. Rien de bien méchant mais un résultat, vraisemblablement suffisant pour convaincre la BCE de poursuivre la voie ouverte au mois de juin en faveur d’une normalisation de sa politique monétaire, qu’elle pourrait acter par une nouvelle remontée de ses taux directeurs dès le 9 septembre. Il y a au moins trois raisons à cette conclusion.

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Contrairement à la Fed, les chances d’un statu quo de la BCE en septembre s’amenuisent

Pas besoin de passer par la case Jackson Hole s’agissant de la BCE, le dernier rapport sur l’inflation du mois de juillet a terminé le travail déjà amorcé par les données des principaux pays de la zone euro la semaine dernière, parmi lesquelles l’accélération de l’inflation allemande de 2,3 % à 2,8 % entre juin et juillet ou celle de l’Espagne, de 3,6 % à 3,9 %.
Sans surprise, l’inflation de l’UEM a regagné un peu de terrain en juillet, à 2,9 % après 2,8 % en juin et 2,5 % après 2,4 % pour sa partie sous-jacente. Rien de bien méchant mais un résultat, vraisemblablement suffisant pour convaincre la BCE de poursuivre la voie ouverte au mois de juin en faveur d’une normalisation de sa politique monétaire, qu’elle pourrait acter par une nouvelle remontée de ses taux directeurs dès le 9 septembre. Il y a au moins trois raisons à cette conclusion.

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