Perspectives 2021 : reflation, enfin ?

Après une contraction sans précédent de plus de 4 % de l’économie mondiale cette année, 2021 devrait être une année de rattrapage avec une croissance autour de 5 %. L’épidémie de coronavirus, bien qu’encore très active, semble en mesure de pouvoir être maitrisée d’ici à la fin du printemps 2021 ce qui irait de pair avec un début de normalisation de l’activité et de la mobilité économique à partir de l’été. Alors que les mesures de soutien à l’économie, en provenance des banques centrales ou des États ont considérablement réduit l’impact de la crise sanitaire sur les ménages et les entreprises, la mise en place des premiers dispositifs de relance structurels entretient une relative confiance. Reste néanmoins de nombreuses incertitudes sur ce que sera cette reprise et les délais nécessaires pour ramener l’économie mondiale sur sa trajectoire d’avant crise.

–    Si le programme du président J. Biden suscite d’immenses espoirs, les marges de manœuvre de la nouvelle administration sont très incertaines face à une opposition farouche des républicains.

–    Le haut niveau d’endettement des entreprises est un autre point majeur de ces questionnements, en termes de risques financiers d’une part et de capacité de ces dernières à prendre le relai de l’investissement public.

–    Les destructions d’offre, en particulier dans le tertiaire, constituent la troisième incertitude majeure, notamment pour ce qu’elles impliquent pour le futur du marché de l’emploi et, simultanément, les sous-jacents d’inflation.

Les développements sur ces trois points-clés conditionneront dans une large mesure ceux des taux d’intérêt et la capacité des banques centrales à prévenir des hausses futures dans un environnement de surendettement généralisé des États et d’extrême dépendance des marchés financiers au très bas niveau historique des taux réels. En dépit de perspectives de croissance plutôt réconfortantes, 2021 s’annonce avant tout comme une année d’incertitudes et de risques persistants, bien que de nature potentiellement très différente de 2020.

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Yellen ou quand l’exubérance des marchés transforme une bonne nouvelle en risque majeur

La nomination en début de semaine de J. Yellen comme secrétaire d’État au Trésor de l’équipe de J. Biden est sans conteste une bonne nouvelle, approuvée par une grande majorité d’observateurs compte-tenu de ce que l’ex-présidente de la FED a montré de son habileté entre 2014 et 2018. Démocrate chevronnée, reconnue pour son parcours académique, en particulier pour sa connaissance du marché de l’emploi, elle a notamment su faire entendre le caractère réducteur de l’un des indicateurs jusqu’alors les plus influents de la politique monétaire américaine, à savoir le taux de chômage, pour lui préférer une batterie d’autres statistiques plus révélatrices des phénomènes d’exclusion et des insuffisances du marché de l’emploi. Sa notoriété a forcé le respect et lui a donné une force de conviction que nul n’imagine voir disparaître dans ses nouvelles fonctions. Son arrivée au Trésor rend, ainsi, nettement plus plausible la mise en place du programme de relance budgétaire face à laquelle le pouvoir monétaire d’un J. Powell qui ne lui arrive pas à la cheville pourrait se voir de facto amoindri. Dit autrement, c’est la perspective d’une concentration du pouvoir entre les mains du gouvernement que semble incarner l’arrivée de J. Yellen, première femme au poste de Ministre des Finances et premier ex-président de la FED à prendre les rênes du Trésor depuis 1980. La nouvelle n’est pas sans conséquence. Si les marchés boursiers y voient un signe additionnel d’appétit pour le risque, l’inquiétude se fait sentir du côté des marchés de taux d’intérêt et du dollar. Dans un contexte où rien ne semble faire plus douter les investisseurs, l’emballement en présence pose incontestablement question.

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Central bankers caught between the Scylla of inequalities and the Charybdis of financial bubbles

Monetary policies have traditionally not been concerned with the subject of inequality, even when their role has been to help the economy achieve full employment. Rather, policymakers have generally limited themselves to a macroeconomic approach guided by statistics such as aggregate growth, inflation, unemployment rates and average wage rates. But in recent years, the subject has made its way onto the agenda of a growing number of central bankers.

Former Fed Chairwoman Janet Yellen set this change in motion and seems to have attracted a certain number of monetary policy followers. In the United States, Neel Kashkari, president of the Federal Reserve Bank of Minneapolis, has often voiced his support of this approach. In January 2017, with Ms. Yellen’s support, he even went so far as to create the “Opportunity and Inclusive Growth Institute”, whose mission is to promote research that “will increase economic opportunity and inclusive growth and help the Federal Reserve achieve its maximum employment mandate”.

In Europe, the topic has become an important factor in Mario Draghi’s adjustments to monetary policy over the last two years. As Janet Yellen began to do in January 2014 by developing a series of complementary unemployment indicators, so the ECB chairman has regularly made reference to labor market slack and called attention to the risk of relying solely on the unemployment rate, which has become less and less representative of economic reality. He regularly speaks of underemployment, forced part-time work and multiple jobs to justify the continuation of hyper-accommodative monetary policy despite clearly improved economic conditions in the euro zone since the start of last year.

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Fed calm things down

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No stress: that’s how the message sent by the Fed after its FOMC meeting on June 18th can be summed up. Through a statement, it left its message from April pretty much unchanged, thus leaving no room for excessive reactions in either direction. Janet Yellen excelled at this balancing game even as the environment had grown increasingly tense in the few days before the meeting.

By calming things down, Janet Yellen has snuffed out the risk of runaway anticipations and opened the door to a correction on the two-year, whose levels had become dangerously tight in the last two weeks.

The Fed’s consistent message is a stabilizing factor amid growing geo-political tension and, consequently, stress on the price of oil.

On balance, today’s communication strengthened our expectations, validating our scenario that the probability of an interest rate hike in the foreseeable future is low. Growing concerns over the possibility of a sustained gap in long-term interest rates between the US and the euro area should ease, which also reduces the likelihood of the dollar strengthening much versus the euro.

Geo-political and oil risk notwithstanding, the overall picture is mostly favorable for equities on both sides of the Atlantic but could also prove promising for gold, given the risks associated with future developments in the situation in Iraq