Emploi américain : mars sauve les meubles selon l’ADP

Les chiffres sur l’emploi privé américain du mois de mars publiés par l’ADP donnent une première idée de l’impact du coronavirus sur l’activité.
A ce stade, le scénario du pire est évité : l’économie américaine aurait supprimé 27K emplois privés au cours du mois de mars, moins que redouté par le consensus des économistes qui faisait état de pertes de 150K. Ces données ne préjugent pas de ce que donnera le rapport mensuel de vendredi ni des tendances à venir mais nous donnent un certain nombre d’autres précisions importantes :

  • Les pertes d’emploi seraient concentrées dans le transport et la construction
  • L’emploi des PME baisse beaucoup plus fortement, de 90K, les plus petites concentrant le plus gros des pertes (66K)
  • Parmi celles-ci les activités de services sont les plus grandes victimes avec 77K destructions d’emploi

Lire la suite…

Des nouvelles du front économique

Les nouvelles économiques nous arrivent d’un peu partout et confirment la brutalité du choc planétaire provoqué par les mesures de prévention face à l’épidémie de coronavirus. Sans surprise, la dégradation est exceptionnelle qu’il s’agisse des données asiatiques de la nuit, de celles d’Allemagne ce matin ou des inscriptions hebdomadaires au chômage aux États-Unis cet après-midi. Si les résultats de l’enquête INSEE semblent mieux résister que ceux d’ailleurs, ils décrivent cependant un brutal changement de décor tandis que leurs détails offrent une idée de la hiérarchie de l’exposition des différentes branches d’activité aux mesures de confinement.

Lire la suite…

J+7 : la BCE monte dans le train à 0h GMT+1

A la bonne heure, la Banque Centrale Européenne semble avoir, enfin, pris la mesure de la crise en place et des risques qui lui sont liés.

Dans les annonces de cette nuit nous retenons UN grand pas : la levée de la contrainte du respect de la clé de capital de la BCE qui s’appliquait jusqu’à présent à ses interventions pour les achats de son nouveau Programme pour Urgence Pandémique (selon notre traduction, aucune information n’étant disponible pour l’heure sur le site de la Banque de France…, ou PEPP en anglais) annoncé cette nuit.

Ce programme, d’un montant de 750 milliards d’euros, devrait courir jusqu’à la fin de l’année. Il permettra à la BCE d’acheter tous les actifs publics ou privés actuellement concernés par le programme existant (APP). La BCE annonce également l’élargissement des actifs éligibles à son programme d’achats de titres d’entreprises (CSPP) et l’assouplissement des règles d’éligibilité.

La levée de la contrainte de la clé de capital, que nous avions renoncé à espérer avant la réunion de jeudi dernier, est une mesure essentielle pour assurer des frappes ciblées, que la BCE ne pouvait s’autoriser jusqu’alors. La levée de cette contrainte permet, en outre, d’atténuer les pressions baissières sur les taux des pays du noyau dur. En d’autres termes cela donne la flexibilité pour acheter des titres de la dette italienne ou espagnole sans avoir à acheter davantage de titres allemands ou français, comme c’était le cas pour les autres programmes jusqu’alors mis en place. Sur le papier cela signifie moins d’injections pour plus d’efficacité.

Les marchés périphériques devraient apprécier, comme le signale le repli des taux longs italiens durant la nuit. La réussite de ces initiatives est un enjeu crucial pour réduire les risques existentiels qui avaient recommencé à s’immiscer dans le marché depuis la réunion du conseil de politique monétaire de jeudi dernier. Ces annonces constituent donc un facteur de soutien pour le cours de l’euro et potentiellement les valeurs bancaires européennes en même temps qu’elles témoignent d’une prise de conscience bienvenue des autorités monétaires européennes.

En Europe, la première journée de la semaine a été marquée par une forte baisse des obligations souveraines, y compris, cette fois-ci dans les pays du noyau dur. Les taux à 10 ans allemands ont ainsi terminé la séance de lundi à un niveau de ?0,48 %, bien supérieur à leur point bas de la semaine dernière à -0,85 %. Tandis que les écarts de taux d’intérêt entre l’Allemagne et les pays périphériques se creusent, ces tendances ont conduit à une nouvelle embardée des taux italiens de quarante points de base, à plus de 2,20 %, mais également à une remontée de quasiment vingt points du rendement de l’OAT française, à +19 points de base ce lundi, au lieu de -0,4 % en milieu de semaine dernière.

 

lire en version PDF

Le ZEW allemand ne s’en sort pas si mal pour l’instant…

Comme attendu, les bons chiffres de climat des affaires de février ont fait long feu. L’indicateur ZEW du climat des affaires auprès des analystes financiers est parmi les premiers à être publiés et le résultat est sans appel, avec un repli mensuel de 43 points, sans équivalent depuis le début de cette série en 1992. À y regarder de plus près, cependant, la correction paraît encore en deçà de la réalité économique et financière du moment. Il est probable en effet que les plus bas de cette enquête soient encore à venir : en 2008 et 1993, l’indice des conditions courantes avait terminé sa course à -92 et -95 points, il est aujourd’hui à -43,1 ; l’indice des perspectives était de son côté tombé à-63 points en juillet 2008, un plancher risquant fort d’être enfoncé au vu des conditions présentes. De quoi, sans doute, continuer à peser sur le marché boursier allemand dans un futur proche.

Lire la suite…

Les marchés souverains sous tensions : quésaquo ?

Les inquiétudes sur les perspectives économiques mondiales de l’épidémie de Covid-19 continuent à s’accumuler et à prendre le pas sur les mesures de politiques monétaires et budgétaires annoncées à travers le monde pour faire face à la crise. Plus la correction s’amplifie sur les marchés financiers plus elle devient complexe, avec son lot de surprises et d’incompréhensions. Après le repli des cours de l’or, les tensions apparues sur les marchés des Treasuries américains la semaine dernière et sur ceux des dettes souveraines européennes ce lundi, interrogent. À première vue difficilement réconciliables avec le contexte en présence sur les marchés boursiers, comment interpréter ces distorsions qui affectent, y compris, les pays du noyau dur de la zone euro ?

Lire la suite…