L’inflation décroche en Allemagne et baisse à 0,7 % en France. La BCE peut-elle réagir ?

Les retours en provenance des enquêtes avaient signalé de moindres tensions inflationnistes ces derniers temps en Allemagne. Les données préliminaires du mois de décembre vont au-delà des espoirs avec une chute de six dixièmes du taux d’inflation harmonisé de la première économie de l’union monétaire, de 2,6 % à 2 % entre novembre et décembre. Avec une inflation toujours plus faible en France, publiée plus tôt ce matin en repli, de 0,8 % en novembre à 0,7 % en fin d’année, la BCE finira-t-elle par reconsidérer sa posture ? Les appels en ce sens se sont multipliés parmi les économistes ces derniers temps et le contexte international en présence justifierait, à plus d’un titre, une inflexion de la politique monétaire. Avec des taux directeurs à 2 %, passer ce cap signifierait que la BCE soit prête à envisager d’aller potentiellement beaucoup plus loin courant 2026, une fois J. Powell, vraisemblablement, remplacé par un acteur beaucoup plus laxiste. La BCE mettra, sans doute, au mieux, du temps avant de passer ce cap.

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« On balance »… la Fed n’envisage pas de baisser davantage ses taux en décembre

En dépit de nombreuses incertitudes sur les tendances de la conjoncture américaine en plein shutdown et de dissensions inhabituelles entre les membres du FOMC, le fin mot des minutes du dernier comité de politique monétaire est des plus limpide, posé sur le papier en fin de compte-rendu, en ces termes : « La plupart des participants notent que, dans un contexte d’inflation élevée et de refroidissement très progressif des conditions du marché du travail, de nouvelles réductions des taux directeurs pourraient accroître le risque d’une inflation plus élevée ou être interprétées, à tort, comme un manque d’engagement des décideurs politiques envers l’objectif d’inflation de 2 % ». Voilà qui devrait aider à départager les anticipations encore très hésitantes sur l’issue du prochain FOMC.

Les taux futurs ont pris acte de ces conclusions, poussant l’ensemble de la courbe des taux vers le haut, quand bien même dans des proportions limitées, de 1 à 2 points de base. Le dollar, qui avait pris de l’avance dans la journée, a peu évolué tandis que les indices américains, concentrés sur la publication à venir des résultats de Nvidia ont à peine frémi. De ce compte-rendu ressort une préoccupation des membres de la Fed de ne pas risquer d’apparaître moins vigilants à l’égard de l’objectif d’une inflation à 2 %, un ressaisissement incontestablement bienvenu, aux multiples conséquences pour les marchés internationaux.

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Le PIB japonais, objet de crispations entre la BoJ et le gouvernement fait chuter le yen

Rien de tel qu’une contraction du PIB pour renforcer la rhétorique de la nouvelle première ministre japonaise et mettre plus en porte-à-faux la BoJ sur son intention de poursuivre la normalisation du niveau de ses taux directeurs. Après une progression de 0,6 % au printemps, l’activité s’est contractée de 0,4 % au troisième trimestre au Japon, une occasion d’enfoncer le clou pour Mme S. Takaichi, en faveur du plan de relance en préparation et d’une opposition plus farouche à toute hausse des taux directeurs que la BoJ s’apprêtait à décider en décembre. Avec un déflateur du PIB en hausse annuelle de 2,8 %, la posture toujours très accommodante de la BoJ pose d’autant plus question que la politique budgétaire a pris un tour résolument expansionniste avec l’arrivée au pouvoir de la nouvelle première ministre. Dans un tel contexte, la perspective de maintien de taux directeurs à 0,5 % attise les pressions à la baisse du yen dont le taux de change a de nouveau faibli contre le dollar ce matin, pour se rapprocher de ses points bas de l’année dernière, à 145,7 yen pour un dollar. Mme Takaichi, dont l’objectif est bel et bien d’affaiblir ce dernier, n’y verra pas d’inconvénient, au risque de devoir payer cette préférence par des taux de financement de plus en plus exorbitants au vu du haut niveau d’endettement public du pays. Les conditions ne semblent décidément pas en place pour une stabilisation du yen et des rendements des JGB, qui affectent, par ailleurs, la compétitivité européenne et menacent le reste du monde d’une raréfaction des sources de financements japonais.

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La croissance chinoise déçoit, sans surprise

Les données du commerce extérieur en fort ralentissement avaient donné la trajectoire, les PMI avaient enfoncé le clou, les statistiques publiées cette nuit le confirment : la conjoncture chinoise est à la peine. Non seulement la croissance de la production industrielle a nettement ralenti en octobre mais les activités de services ont également marqué le pas, sur fond de persistance de la crise immobilière et de frilosité des consommateurs.

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La BoE ralentit la cadence de ses baisses de taux et conditionne leur reprise

Les banques centrales sont décidément moins promptes à abaisser leurs taux directeurs. Après le messages de la Fed de mercredi dernier, qui a mis en doute la probabilité d’un nouveau repli des Fed Funds en décembre, relayé par celui de la BCE qui a fermé la porte à l’éventualité d’une baisse de ses taux, la Banque d’Angleterre a sauté son tour aujourd’hui. Cette dernière dont les décisions étaient réglées comme du papier à musique, à raison d’un ajustement d’un quart de point chaque deux comités de politique monétaire, a donc rompu cette cadence. Malgré un verdict serré, de cinq votes sur neuf en faveur de ce statu quo, contre quatre pour une nouvelle baisse, la lenteur du processus désinflationniste a emporté la décision. L’inflation encore de 3,8 % et les salaires en hausse de plus de 5 %, bonus compris, à peine moins sans ces derniers, sont jugés insuffisants pour poursuivre l’assouplissement monétaire.

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France-Allemagne, l’écart industriel se creuse davantage

En hausse de 1,9 % en septembre, la production manufacturière allemande offre quelques signes d’amélioration ce matin. A ce stade, néanmoins, ces résultats sont loin de compenser les pertes récentes, en particulier celle du mois d’août au cours duquel l’activité manufacturière s’était contractée de 4,7 %. Les commandes, bien que stabilisées, ne promettent pas, non plus, de reprise imminente de la production, laissant place à un diagnostic toujours très mitigé sur les perspectives industrielles Outre-Rhin. Le contraste avec les retours en provenance de l’Hexagone sont de fait saisissants. En septembre, la production manufacturière française s’est, en effet, améliorée de 0,9 %, ce qui, malgré sa contraction du mois précédent, porte à 2,4 % sa hausse en trois mois…

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Aux Etats-Unis, les grandes entreprises sauvent la donne du marché de l’emploi

Shutdown oblige, les quelques publications en provenance de l’économie américaine sont scrutées avec plus d’attention que jamais pour tenter d’en tirer le maximum d’informations. A ce titre, les données de créations d’emploi de l’ADP, les seules qui seront publiées ce mois-ci, apportent quelques éclairages :
1- Avec en moyenne 42 K créations de postes, la situation a été moins dégradée en octobre qu’au cours des trois mois précédents : de juillet à septembre, ce chiffre n’avait pas dépassé 24 K.
2- Les secteurs du commerce, transports et utilités ont totalisé 42K créations de postes et ceux de la santé et de l’éducation 25 K, soit un total de 72 K postes, auxquels se sont ajoutées des évolutions plus modestes en provenance du secteur financier, des mines et de la construction. Les destructions ont été concentrées dans l’information, les services professionnels et les loisirs.
Vu sous cet angle, le shutdown ne semble pas avoir d’impact majeur sur le marché de l’emploi, comme du reste suggéré par les composantes emploi des ISM. Les détails apportent néanmoins quelques nuances d’importance à ce premier diagnostic.

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IFO : retour à la réalité après les PMI

Comme nous le pressentions, les PMI allemands étaient trop beaux pour être vrais. Les indicateurs IFO dressent un tout autre tableau des conditions en présence outre-Rhin. A en croire l’indice synthétique, la situation courante s’est encore dégradée pour atteindre, à 85,3, son plus bas niveau depuis février, sous l’effet d’une nette chute dans l’industrie manufacturière.

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