Enjeux de souveraineté et rebond industriel en Allemagne et en France

Après la bonne surprise française d’une production industrielle en nette amélioration en mars, l’envolée des commandes allemandes vient compléter le tableau : en hausse de 5 % en un mois, ces dernières envoient un message définitivement encourageant, qui cette fois-ci n’est pas lié à des ordres exceptionnels dont on ne sait jamais trop avec quel délai ils profitent à l’industrie. Contexte oblige, l’industrie de l’armement tourne à plein régime outre Rhin et draine un nombre croissant de secteurs. En mars, les commandes d’instruments d’optique et photographiques qui incluent les lentilles, jumelles, microscopes, télescopes, capteurs, lasers et équipements photographiques, très utiles pour les usages militaires et de souveraineté technologique, ont bondi de 67 %, entrainant dans leur sillage une envolée de 14,4 % de la branche « ordinateurs, électronique et optique » qui a le plus fortement contribué à la hausse des commandes totales.

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L’emploi privé américain reste médiocre. K. Warsh pourra-t-il s’en servir d’argument ?

Les rapports sur l’emploi américain se suivent et se ressemblent. Les données de l’ADP du mois d’avril, tout juste publiées, sont dans la lignée des tendances des derniers mois. Avec 109 K créations de postes, le chiffre d’avril corrige la mauvaise surprise de celui de mars, contredit par les rapport NFP. La correction vient pour l’essentiel du rebond de l’agrégation des activités de commerce, transports et utilities dont la chute de mars semble plus à voir avec des effets saisonniers de la série que tout autre phénomène d’importance. Sauf cette correction, les données sont conformes à celles des six derniers mois : les créations de postes privés sont largement concentrées dans la santé (61 K en avril) et le reste se dissémine principalement dans la construction (soutenue par les dépenses d’infrastructures) et la finance.

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Bol d’air pour l’industrie française : aéronautique et désépargne

Avec une progression de 1,2 %, la production manufacturière française a signé en mars sa meilleure performance mensuelle depuis le mois de juin de l’année dernière. Principalement portée par un rebond de 3,8 % de l’industrie aéronautique et la bonne tenue renouvelée de la filière électronique, l’activité manufacturière a aussi profité d’une embellie généralisée, électroménager, pharmacie et équipement de transport en tête, chacun en progression de plus de 2 % en mars et le plus souvent de plus de 5 % au cours des trois premiers mois de l’année. Voilà qui tranche avec les données préliminaires trimestrielles du produit intérieur brut, qui avaient fait ressortir une croissance zéro pour l’ensemble de l’économie et de moins de 0,2 % pour la seule valeur ajoutée industrielle, et pourrait accroître les chances d’une révision à la hausse de cette première estimation du PIB français.

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J. Powell au board de la Fed… pour préserver l’indépendance de l’institution !

Plus que le communiqué et les précisions qu’il y a apportées durant sa conférence, le message le plus important livré par J. Powell au terme du FOMC tient dans sa décision de rester membre du board après son remplacement par K. Warsh à la tête de la Fed, le 15 mai. À la réponse à la première question d’un journaliste sur les raisons qui justifient ce choix et la durée de son maintien au poste de gouverneur, J. Powell n’a pas mâché ses mots, d’une manière des plus cinglantes à l’égard de l’exécutif, qui en dit long sur le climat de suspicion qui règne au sein de l’institution aujourd’hui. J. Powell fera « profil bas » selon ses propres termes, en tant que gouverneur, avec pour unique objectif d’être le garant de l’indépendance de Fed, tant qu’il le pourra et qu’il le faudra, sans préciser combien de temps mais en rappelant qu’il lui en restait.
Par cette décision, J. Powell souhaite occuper la place qui est sienne et faire barrage au risque d’une politisation de la première institution monétaire au monde. L’occasion se présentera, peut-être, dès le prochain comité en s’opposant aux baisses de taux que pourrait souhaiter un FOMC sous influence politique ou pour aider à éliminer des projections du mois de juin, les baisses de taux jusqu’alors envisagées pour cette année et l’an prochain. Par son maintien, J. Powell élimine ainsi l’éventualité d’une baisse « électoraliste » des Fed Funds d’ici aux Midterms… Il s’agit d’une quasi-promesse de guerre au sein de la Fed, entre les partisans d’une baisse des taux, de nouveau soutenue par S. Miran ce mois-ci, et ses opposants. Parmi ces derniers, trois ont voté contre le maintien du biais en faveur d’un assouplissement, implicitement suggéré par la mention du communiqué selon laquelle « le comité serait prêt à ajuster l’orientation de la politique monétaire de manière appropriée si des risques qui pourraient entraver la réalisation de ses objectifs apparaissaient ».
Plusieurs conclusions peuvent être retirées de ces observations.

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Et maintenant?

Réglée comme une horloge, l’annonce d’un cessez-le-feu de quinze jours entre les forces américano-israéliennes et l’Iran a produit les effets que nombreux auraient pu attendre sur les marchés financiers : une correction de plus de 15 % des cours du baril, une envolée des bourses mondiales, enfin un net repli des taux d’intérêt et du dollar, auxquels l’or et l’argent on répondu sans ambages. Il était temps, à en juger par les menaces que l’impatience des investisseurs commençait à laisser poindre. De moins en moins facile à tenir ces derniers jours, la stratégie du gros dos a, néanmoins, fini par payer. Avec des pertes relativement contenues depuis le 27 février, la plupart des actifs mondiaux trouveront sans doute dans les prochains jours de quoi effacer une bonne partie de leurs pertes, voire de renouer avec leurs niveaux de la fin du mois de février. Mais encore, comment envisager la suite ?

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Activité résiliente, regain d’inflation et amélioration des profits en Chine

En Chine, les indicateurs du climat des affaires se sont améliorés en mars pour chacun des grands secteurs d’activité, industrie manufacturière en tête, avec une progression de l’indice synthétique à 50,4 points, son plus haut niveau depuis un an. Les retours en provenance de la construction sont également en amélioration, de même que ceux des services. Si les détails dans ce dernier cas sont moins flatteurs, avec des replis des commandes, des perspectives et de l’emploi qui rendent quelque peu suspecte la hausse de l’indice synthétique, ceux en provenance de l’industrie sont plus convaincants, portés par une amélioration des commandes cohérente avec les données de commerce extérieur du mois de février. A ce stade, le conflit en Iran n’a donc pas d’effets patents sur l’industrie chinoise .

Les changements sont plus notables en matière de prix au sujet desquels industriels et professionnels du tertiaire témoignent d’un regain de tensions généralisé. Déjà enclenché avant l’envolée des prix internationaux des hydrocarbures, la tendance s’est nettement accélérée en mars sous la double impulsion d’une hausse des prix des entrants et des prix de vente. L’opinion sur les prix à la production de l’enquête PMI du NBS a retrouvé en mars son plus haut niveau depuis le printemps 2022.

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C. Lagarde gagne du temps mais les messages subliminaux sont au RDV

La communication de la BCE inquiétait depuis les commentaires de son chef économiste il y a quelques jours. Irait-elle trop vite en besogne au risque d’accentuer la pression sur des marchés déjà bien malmenés ? Tel n’a pas été le cas. Visiblement Mme Lagarde a exigé un travail approfondi sur les conséquences du conflit et des chiffrages précis dans plusieurs cas de figure. Son scénario central prend en compte la situation arrêtée au 11 mars et se solde par une révision à la hausse de sept dixièmes des perspectives d’inflation 2026, de 1,9 % envisagé en décembre, à 2,6 %. Les perspectives de croissance du PIB seraient amputées de 0,3 point, à 0,9 % au lieu de 1,2 %. A un ou deux dixièmes près l’impact du choc du conflit serait résorbé en 2027, quand bien même le maintien d’une inflation à 2,1 % en 2028 suggère la prise en considération d’un élément d’incertitude sur l’évolution du contexte de prix.
A cette projection centrale, la BCE a ajouté deux scénarios de risques, assis sur l’hypothèse de chocs plus marqués des cours du pétrole, dans un cas avec un retour rapide à leur niveau d’avant crise, dans le second avec un retour plus progressif. Le premier imposerait une hausse significative de l’inflation, à 3,5 % cette année, mais une baisse à un niveau très inférieur à son objectif en 2028, 1,6 %. Le second alimenter une inflation plus forte et durable, de 4,4 % cette année et de 4,8 % l’an prochain. Il suppose des effets de second tour importants qui fermeraient la porte à un retour de l’inflation vers l’objectif officiel à horizon 2028.

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Concert « Sotto Voce » des banques centrales cette semaine, à la BCE près ?

Australie, Canada, Suisse, Suède, Brésil, tiendront leur comité de politique monétaire cette semaine, en plus de la FED, la BCE, la BoE et la BoJ ! Voilà de quoi avoir un bel aperçu des analyses et réactions à plus de deux semaines de guerre en Iran et autant de blocage du détroit d’Ormuz. Aucune n’aura, à ce stade, de données pour étayer sa perception et d’éventuelles décisions. La plupart devraient donc conserver leur biais existant, ce qui pourrait se résumer par une nouvelle hausse d’un quart de point des taux directeurs de la BCA australienne, de 3,85 % à 4,10 % après une première hausse début février. Sauf cette dernière, en effet, le statu quo l’emportera vraisemblablement, accompagné de communications plus ou moins parlantes pour la suite, sur lesquelles se focaliseront les analyses et les réactions de marchés.

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