Et maintenant?

Réglée comme une horloge, l’annonce d’un cessez-le-feu de quinze jours entre les forces américano-israéliennes et l’Iran a produit les effets que nombreux auraient pu attendre sur les marchés financiers : une correction de plus de 15 % des cours du baril, une envolée des bourses mondiales, enfin un net repli des taux d’intérêt et du dollar, auxquels l’or et l’argent on répondu sans ambages. Il était temps, à en juger par les menaces que l’impatience des investisseurs commençait à laisser poindre. De moins en moins facile à tenir ces derniers jours, la stratégie du gros dos a, néanmoins, fini par payer. Avec des pertes relativement contenues depuis le 27 février, la plupart des actifs mondiaux trouveront sans doute dans les prochains jours de quoi effacer une bonne partie de leurs pertes, voire de renouer avec leurs niveaux de la fin du mois de février. Mais encore, comment envisager la suite ?

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Activité résiliente, regain d’inflation et amélioration des profits en Chine

En Chine, les indicateurs du climat des affaires se sont améliorés en mars pour chacun des grands secteurs d’activité, industrie manufacturière en tête, avec une progression de l’indice synthétique à 50,4 points, son plus haut niveau depuis un an. Les retours en provenance de la construction sont également en amélioration, de même que ceux des services. Si les détails dans ce dernier cas sont moins flatteurs, avec des replis des commandes, des perspectives et de l’emploi qui rendent quelque peu suspecte la hausse de l’indice synthétique, ceux en provenance de l’industrie sont plus convaincants, portés par une amélioration des commandes cohérente avec les données de commerce extérieur du mois de février. A ce stade, le conflit en Iran n’a donc pas d’effets patents sur l’industrie chinoise .

Les changements sont plus notables en matière de prix au sujet desquels industriels et professionnels du tertiaire témoignent d’un regain de tensions généralisé. Déjà enclenché avant l’envolée des prix internationaux des hydrocarbures, la tendance s’est nettement accélérée en mars sous la double impulsion d’une hausse des prix des entrants et des prix de vente. L’opinion sur les prix à la production de l’enquête PMI du NBS a retrouvé en mars son plus haut niveau depuis le printemps 2022.

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C. Lagarde gagne du temps mais les messages subliminaux sont au RDV

La communication de la BCE inquiétait depuis les commentaires de son chef économiste il y a quelques jours. Irait-elle trop vite en besogne au risque d’accentuer la pression sur des marchés déjà bien malmenés ? Tel n’a pas été le cas. Visiblement Mme Lagarde a exigé un travail approfondi sur les conséquences du conflit et des chiffrages précis dans plusieurs cas de figure. Son scénario central prend en compte la situation arrêtée au 11 mars et se solde par une révision à la hausse de sept dixièmes des perspectives d’inflation 2026, de 1,9 % envisagé en décembre, à 2,6 %. Les perspectives de croissance du PIB seraient amputées de 0,3 point, à 0,9 % au lieu de 1,2 %. A un ou deux dixièmes près l’impact du choc du conflit serait résorbé en 2027, quand bien même le maintien d’une inflation à 2,1 % en 2028 suggère la prise en considération d’un élément d’incertitude sur l’évolution du contexte de prix.
A cette projection centrale, la BCE a ajouté deux scénarios de risques, assis sur l’hypothèse de chocs plus marqués des cours du pétrole, dans un cas avec un retour rapide à leur niveau d’avant crise, dans le second avec un retour plus progressif. Le premier imposerait une hausse significative de l’inflation, à 3,5 % cette année, mais une baisse à un niveau très inférieur à son objectif en 2028, 1,6 %. Le second alimenter une inflation plus forte et durable, de 4,4 % cette année et de 4,8 % l’an prochain. Il suppose des effets de second tour importants qui fermeraient la porte à un retour de l’inflation vers l’objectif officiel à horizon 2028.

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Concert « Sotto Voce » des banques centrales cette semaine, à la BCE près ?

Australie, Canada, Suisse, Suède, Brésil, tiendront leur comité de politique monétaire cette semaine, en plus de la FED, la BCE, la BoE et la BoJ ! Voilà de quoi avoir un bel aperçu des analyses et réactions à plus de deux semaines de guerre en Iran et autant de blocage du détroit d’Ormuz. Aucune n’aura, à ce stade, de données pour étayer sa perception et d’éventuelles décisions. La plupart devraient donc conserver leur biais existant, ce qui pourrait se résumer par une nouvelle hausse d’un quart de point des taux directeurs de la BCA australienne, de 3,85 % à 4,10 % après une première hausse début février. Sauf cette dernière, en effet, le statu quo l’emportera vraisemblablement, accompagné de communications plus ou moins parlantes pour la suite, sur lesquelles se focaliseront les analyses et les réactions de marchés.

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La guerre a déjà trop duré pour que les marchés de taux conservent leur calme

Les perturbations financières consécutives aux douze premiers jours du conflit en Iran n’ont eu que des repercussions limitées sur le niveau des taux d’intérêt à long terme, jusqu’à présent. Ces derniers se sont, certes, tendus immédiatement après l’ouverture des hostilités mais restent inférieurs à leur niveau du début du mois de février aux Etats-Unis et en retrait de leurs plus hauts du début 2025 dans la plupart des pays européens. Cette relative sagesse s’explique par l’hypothèse prédominante d’un conflit de courte durée, ce qui a peu inquiété les anticipations d’inflation. Ces dernières ont, en effet, très peu évolué depuis le 28 février, bien qu’à peine plus nerveuses en zone euro qu’aux Etats-Unis avec la flambée des cours du gaz.

La menace d’un conflit plus durable qu’anticipé pourrait changer cette donne et entraîner des conséquences en chaîne, économiques et financières, beaucoup plus dommageables que jusqu’alors. L’impatience des marchés commence à se faire sentir…
Les marchés de taux ne résistent jamais très longtemps aux embardées des cours du pétrole.

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Inflation américaine : jusqu’à présent pas de question. La suite est plus problématique.

L’inflation américaine du mois de février est, dans l’ensemble, satisfaisante ; inchangée conformément aux attentes, tant sur sa partie sous-jacente que totale, à respectivement 2,5 % et 2,4 % l’an. Il s’agit vraisemblablement du dernier chiffre de cette nature d’ici plusieurs mois, à en juger par l’impact de la guerre en Iran sur les prix énergétiques, dans un premier temps, puis par leurs effets induits sur les composantes sous-jacentes dans un second temps. Difficile de dire, à ce stade, à quoi s’attendre dans le contexte actuel de grande incertitude sur les développements à venir du conflit en présence et, par voie de conséquence, sur les cours du brut. On peut cependant rappeler la sensibilité de la contribution des prix de l’énergie à l’évolution de ces derniers. Celle-ci est, en effet, particulièrement stable et donc relativement fiable, uniquement déroutée lors de conditions exceptionnelles -post crise énergétique des débuts de la guerre en Ukraine notamment. Aux cours moyens actuels du pétrole du mois de mars, cette relation suggère une hausse de la contribution du poste énergie de zéro en février à 0,76 % en mars. Toutes choses égales par ailleurs, l’inflation annuelle pourrait donc remonter d’autant ce mois-ci, dans la région de 3 %-3,1 %.

L’économie américaine reprend des couleurs, l’inflation pourrait suivre sans tarder

Les nouvelles en provenance des Etats-Unis sont de bon augure pour la conjoncture américaine. Les données de l’emploi privé de février sont incontestablement d’un meilleur cru que ces derniers mois, avec 63 K créations de postes, au lieu de 11 K en janvier, ce qui correspond à un rythme dix fois plus élevé que la moyenne des six derniers mois. La grosse masse de ces créations vient, en outre, des entreprises de très petite taille, moins de 20 salariés, jusqu’à présent grandes absentes du marché de l’emploi.

Du côté de l’activité, le rebond de l’ISM non manufacturier a constitué une réelle surprise, avec un bond de 53,8 à 56,1 entre janvier et février, à son plus haut niveau depuis juillet 2022 en même temps que très largement supérieur aux attentes timorées du consensus. Cerise sur le gâteau, l’indicateur des prix payés a reflué de plus de trois points. A 66 points, ce dernier reste toutefois particulièrement élevé, susceptible de retrouver rapidement des niveaux critiques en cas de tensions renouvelées, par exemple, des prix de l’énergie…

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Le dollar contre l’or, vraiment?

La tournure de la situation en Iran et dans les pays du Golfe persique a eu pour conséquence de sortir le dollar de sa tendance baissière de ces dernières semaines et de propulser l’indice ICE sur des niveaux qu’il n’avait plus revu depuis la mi-janvier. Signe que le billet vert peut encore jouer le rôle de valeur refuge, dès lors que réapparaissent des menaces d’ampleur internationales, la devise américaine a aussi profité de l’envolée des cours du pétrole dont les Etats-Unis sont exportateurs nets, contrairement à de nombreux pays développés et émergents, et de la remontée des taux d’intérêt américains consécutive au report dans le temps des anticipations de baisses des taux directeurs de la Fed.

Quoi qu’il en soit, la réappréciation du billet vert est un puissant « game changer » qui a déjà eu des effets notables sur les marchés mondiaux ces dernières vingt-quatre heures.Une poursuite de ce mouvement aurait des répercussions massives sur les anticipations macroéconomiques et financières mondiales. Tel n’est pas aujourd’hui, cependant, le scénario le plus probable.

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