Ventes de détail américaines : le juste ton

Ventes de détail américaines : le juste ton

En décembre, les ventes de détail américaines on progressé de 0,3 %, conformément aux attentes et comme elles l’avaient fait le mois précédent, le chiffre initial de 0,2 % ayant subi une légère révision haussière. La progression est donc modeste, d’autant plus qu’elle est exprimée à prix courants. L’estimation de ces mêmes ventes corrigées de la hausse des prix par le Census Bureau ne ressort plus qu’à zéro pour-cent. Pas de quoi fouetter un chat, donc, en dépit de la satisfaction provoquée par ces données. Origine de la confusion : les données publiées par le Census sont en valeur, diffusées en variation mensuelle et annuelle, cette dernière mesure étant ressortie en forte accélération, de 3,3 % en novembre à 5,8 % en décembre. Deux éléments expliquent ce résultat :

  • l’accélération de la mesure des prix de ces mêmes ventes, dont le glissement annuel est passé de 1,9 % en novembre à 2,4 % en décembre ;
  • les effets de base annuels liés au fait que décembre de l’année précédente (2018) était un mauvais mois au cours duquel le breakdown de l’Administration avait occasionné un reflux de 2,3 % des ventes mensuelles.

Autrement dit, des effets d’optiques qui ne disent rien quant à la tendance des ventes effectives de ces derniers mois lesquelles sont, en l’occurrence, littéralement atones en volume depuis septembre, soit légèrement inférieures à leur niveau du mois d’août dernier, comme illustré ci-dessous.

Si le rapport n’est pas foncièrement mauvais, la consommation étant également alimentée par les dépenses de services dont la majeure partie ne figure pas dans ce rapport, il ne justifie aucunement l’optimisme des réactions qu’il a provoquées dans un contexte où le marché ne voit que ce qu’il veut face à la surenchère provoquée par la signature de la phase I de l’accord commercial sino-américain.

On rappellera, comme illustré par le graphique ci-dessus, que le volume des ventes n’a pas progressé de plus de 3,2 % en deux ans ; un résultat à peu près équitablement réparti entre 2018 et 2019 si l’on fait abstraction du contrecoup du shutdown, décembre 2019 terminant à un niveau à peine supérieur de 1,5 % à celui de novembre 2018. Les ventes automobiles, pour leur part, lesquelles représentent avec les accessoires 20 % du total des achats, poursuivent leur tendance graduelle au repli comme c’est le cas depuis au moins deux ans.

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La FED bientôt à la rescousse de l’emploi américain ?

Le rapport sur l’emploi américain du mois de décembre déçoit, avec 145 K créations de postes au lieu de 164K généralement attendus et des révisions en baisse de 14 K des deux mois précédents. Les pertes d’emplois manufacturiers, miniers et, dans une moindre mesure, des transports et du stockage ont participé à ce résultat. Mais c’est surtout du côté des services professionnels que proviennent les mauvaises surprises, avec 10 K créations de postes seulement contre 36 K en moyenne au cours des six mois précédents. A l’inverse le rebond de plus de 40 K emplois dans le commerce de détail est une bonne nouvelle de taille que l’on est tenté d’attribuer aux effets positifs de l’ajournement de hausses de tarifs prévues pour le 15 décembre. Voilà bien longtemps, en l’occurrence quasiment trois ans, que le secteur n’avait pas enregistré une telle amélioration.

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Le bug des commandes allemandes

Le regain d’optimisme qui a suivi le redressement des indicateurs du climat des affaires de ces derniers mois tiendra-t-il la route ? La nouvelle contraction des commandes allemandes en novembre pose assurément la question. Avec un recul de 1,3 % en novembre, ces dernières renouent avec une tendance franchement baissière, assurément peu en phase avec les attentes telles qu’exprimées par les marchés ces dernières semaines.

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Les PMI moins confiants que les marchés

Si la meilleure tenue des PMI mondiaux en novembre a catalysé les espoirs de reprise de l’activité industrielle internationale, la livraison de décembre devrait inciter à la retenue. Quand bien même les mouvements ne sont pas suffisamment importants pour préoccuper outre mesure, ils ne sont assurément pas dans la bonne direction, avec des replis des indices manufacturiers dans chacun des pays pour lesquels les résultats ont été diffusés aujourd’hui : Japon, Australie, France, Allemagne, Royaume-Uni et Etats-Unis, quand bien même il serait plus approprié de parler de stabilisation dans ce dernier cas.

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Indicateurs mitigés en Chine ce matin

Les statistiques mensuelles du mois de novembre confirment un léger mieux du côté de la production avec une progression annuelle de 6,2 % au lieu de 4,7 % en octobre. Ces résultats, en phase avec l’amélioration des PMI selon la Fédération Chinoise de la Logistique et des Achats (CFLP), ont cependant été contrariés par le nouveau ralentissement de la production d’électricité (6,2 % contre 7,5 % il y a deux mois) et la stagnation à faible niveau de la croissance des investissement fixes, à 5,2 %.

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Large majorité confirmée des Conservateurs britanniques, le Brexit se rapproche, la livre s’envole

Les résultats sortie des urnes confirment une large majorité des Conservateurs aux élections britanniques, laquelle ouvre grand la porte à une validation du deal de B. Johnson avec l’UE par le Parlement britannique avec, à la clé, une potentielle sortie effective du Royaume-Uni de l’UE dès la fin janvier… Laquelle sera suivie d’une longue période de négociations de l’accord commercial qui fixera les futures relations avec l’UE. Les péripéties sont loin d’être terminées; en fait, l’épopée du Brexit ne fait que commencer, trois ans après le référendum de juin 2016.
Les marchés saluent le regain de visibilité par une envolée de la livre dont n’a franchement pas besoin l’économie britannique, avec un déficit courant de 5% de son PIB….
Ci-dessous les scénarii envisagés à la veille de ce scrutin dont les probabilités du cas de figure d’une victoire des Conservateurs seront d’autant plus importantes si les résultats préliminaires sont effectivement confirmés. On voit mal en effet que B. Johnson ne parvienne pas à faire voter son deal par le Parlement britannique et que le Parlement européen ne saisisse pas cette occasion de se libérer de ce dossier envahissant.
Les marchés qui préfèrent la certitude à l’incertitude devraient saluer la nouvelle des deux côtés de la Manche avec un vraisemblable impact positif sur l’euro-dollar et un rebond des taux d’intérêt futurs européens avant d’envisager plus sereinement la suite, incontestablement compliquée pour l’économie britannique.

L’industrie française en quête de moteur

Une fois les effets du Brexit dissipés, que reste-t-il pour stimuler l’activité hexagonale ? Pas grand-chose, au vu des chiffres de production d’octobre, dont la hausse, de 0,4 % pour l’industrie et de 0,5 % pour le seul manufacturier, n’est due qu’à l’effacement des pertes automobiles du mois dernier et à une industrie pharmaceutique dont la bonne santé reste une intrigue. Les deux mois consécutifs d’amélioration de l’activité industrielle n’ont pu, cependant, compenser la chute d’août et la production des trois derniers mois a baissé de 1,2 % par rapport aux trois mois précédents. Sur un an, la situation n’est guère meilleure : en repli de 0,2 % pour l’ensemble industriel et en hausse de 0,5 % pour le secteur manufacturier.

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L’envolée du DAX prend le pas sur le sentiment des analystes, le ZEW rebondit

Le ZEW continue à prendre ses distances par rapport aux données économiques allemandes avec une nouvelle progression de l’indice des perspectives dorénavant franchement en territoire positif, à 10,7 points en décembre, et une inflexion de l’indicateur sur la situation courante qui, bien que toujours très négatif, repasse de ?24,7 à -19,9. Surprenant résultat, au vu des retours récents sur la situation allemande, qui ne semble cependant pas pouvoir être pris pour argent comptant à en juger sur les sous-composantes de cette enquête, en l’occurrence une très forte influence de l’environnement financier récent sur le sentiment des analystes.

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