Le PIB japonais, objet de crispations entre la BoJ et le gouvernement fait chuter le yen

Rien de tel qu’une contraction du PIB pour renforcer la rhétorique de la nouvelle première ministre japonaise et mettre plus en porte-à-faux la BoJ sur son intention de poursuivre la normalisation du niveau de ses taux directeurs. Après une progression de 0,6 % au printemps, l’activité s’est contractée de 0,4 % au troisième trimestre au Japon, une occasion d’enfoncer le clou pour Mme S. Takaichi, en faveur du plan de relance en préparation et d’une opposition plus farouche à toute hausse des taux directeurs que la BoJ s’apprêtait à décider en décembre. Avec un déflateur du PIB en hausse annuelle de 2,8 %, la posture toujours très accommodante de la BoJ pose d’autant plus question que la politique budgétaire a pris un tour résolument expansionniste avec l’arrivée au pouvoir de la nouvelle première ministre. Dans un tel contexte, la perspective de maintien de taux directeurs à 0,5 % attise les pressions à la baisse du yen dont le taux de change a de nouveau faibli contre le dollar ce matin, pour se rapprocher de ses points bas de l’année dernière, à 145,7 yen pour un dollar. Mme Takaichi, dont l’objectif est bel et bien d’affaiblir ce dernier, n’y verra pas d’inconvénient, au risque de devoir payer cette préférence par des taux de financement de plus en plus exorbitants au vu du haut niveau d’endettement public du pays. Les conditions ne semblent décidément pas en place pour une stabilisation du yen et des rendements des JGB, qui affectent, par ailleurs, la compétitivité européenne et menacent le reste du monde d’une raréfaction des sources de financements japonais.

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Le Japon remporte le prix de l’inflation la plus forte du monde développé en avril

Comme le laissaient entendre les données de la région de Tokyo, avril est resté caractérisé par une inflation élevée au Japon, de 3,6 %, comme en mars, malgré une hausse des prix limitée, de seulement 0,1 % d’un mois sur l’autre. Cela fait maintenant un semestre que le Japon, naguère en déflation chronique, affiche la plus forte inflation des grands pays développés.
Enflés par le doublement des prix du riz sur un an, les prix des aliments transformés ont dopé l’inflation hors produits frais, considérée comme la principale mesure « sous-jacente » par la banque centrale. Celle-ci a atteint 3,5 %, son plus haut niveau depuis janvier 2023. Suffisant pour que la BoJ renoue avec ses hausses de taux directeurs ? Pas si simple malgré les tensions renouvelées sur les taux à très long terme du pays. Une fois l’intégralité de l’alimentation et de l’énergie, retranchée, les hausses de prix restent contenues, de 1,6 % seulement au cours des douze derniers mois. La BoJ peut-elle encore se réfugier derrière ces chiffres ? Le jeu semble de plus en plus périlleux.

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La BoJ contrainte de reculer sur l’inflation ?

Au premier trimestre, le PIB japonais a reculé de 0,2 %, après une progression de 0,6 % en fin d’année dernière. Pour l’heure, la croissance, sur un an, est sauvée grâce au deuxième trimestre 2024 exceptionnel et atteint 1,6 %. Reste que 2025 commence assez mal pour l’économie japonaise, en raison notamment d’une dégradation aux causes multiples sur le front du commerce extérieur.
De mauvaises données des comptes nationaux appelleraient une politique monétaire moins restrictive et, en l’occurrence, une pause dans les hausses des taux de la BoJ. Deux éléments nuancent cette interprétation :
– Les mauvaises données du commerce extérieur concernent plus les échanges de services que ceux des biens, ce qui rend la lecture en terme de compétitivité des entreprises et de taux de change moins aisée.
– Le déflateur de la consommation s’est envolé de 1,5 % au premier trimestre par rapport au précédent, sa plus forte hausse en dix ans et les derniers retours sur l’inflation ne sont pas bons ce printemps, ce qui a de quoi préoccuper la BoJ, en particulier s’agissant des perspectives de consommation, stagnante depuis deux trimestres.
Toutes choses égales par ailleurs, la BoJ pourrait donc justifier d’une poursuite de ses hausses de taux, en raison de l’environnement de prix. Pour autant, les droits de douane américains compliquent, encore, sa tâche.

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La renaissance touristique sauve la croissance au pays du Soleil Levant

Le PIB japonais a une nouvelle fois progressé de 0,7 % en fin d’année dernière, comme cela avait déjà été le cas au deuxième trimestre, après une croissance plus ralentie de 0,4 % au troisième ; une belle succession de résultats inattendus dont l’origine semble tout aussi inattendue. L’économie nippone n’a pas profité d’un rebond de la consommation privée post-covid, ni des effets positifs de la chute du yen sur ses exportations de biens manufacturés, comme on pourrait légitimement l’envisager, mais semble avoir tiré son épingle du jeu d’un facteur beaucoup plus atypique, en l’occurrence, du tourisme. Avec près de 3,5 millions de visiteurs par mois en moyenne à la fin de l’automne, les entrées touristiques au pays du Soleil Levant ont atteint un record, en effet. De quoi appréhender différemment les conséquences de la chute du yen pour une économie jusqu’alors beaucoup plus connue pour son industrie exportatrice que pour sa capacité à attirer des visiteurs.
Alors que l’inflation continue à déprimer les dépenses des ménages, la BoJ devrait toutefois se montrer moins soucieuse de soutenir ce nouvel atout qu’elle ne l’a été s’agissant de ses entreprises.

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Regain de volatilité, la BoJ en ligne de mire, le PMI en renfort de l’ISM, mais c’est pas fini

Les sources de crispations se multiplient sur les marchés avant le rapport sur l’emploi de vendredi. Si la publication d’un ISM manufacturier inférieur aux attentes, bien que meilleur que celui de juillet, est souvent mise en avant pour justifier le regain d’inquiétude au sujet de l’économie américaine, les propos du gouverneur de la BoJ, K. Ueda sur l’éventualité de nouvelles hausses des taux directeurs au Japon semblent avoir largement participé au regain de volatilité, sur des marchés déjà malmenés par le secteur technologique. Quoiqu’il en soit, la résultante est là : les indices américains subissent d’importantes secousses, Nasdaq et Russell 2000 en tête, avec des baisses de plus de 3 % chacun. Après s’être nettement tendus ces deux derniers jours, les taux futurs reperdent du terrain, avec un rendement des T-Notes à 10 ans de retour vers les 3,80 %… en attendant le Beige Book de mercredi, l’ISM services et le rapport ADP sur l’emploi privé de jeudi, avant de finir la semaine avec les NFP. La messe n’est pas encore dite et ça swing.

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La BoJ met fin à sa politique hyper accommodante : est-ce un sujet ?

Voilà qui est fait, la BoJ a mis un terme cette nuit à sa politique ultra-accommodante de taux négatifs en relevant son taux de dépôt de -0,1 % à 0%-0,1 % et en supprimant sa politique de contrôle de la courbe des taux qui contenait le rendement à 10 ans des JGB à un niveau inférieur à 1 %. L’inflation, toujours élevée, la récession évitée en fin d’année dernière, une croissance record des profits des entreprises, les retours des négociations salariales et l’extrême faiblesse du yen… tout semblait concourir à ce passage à l’acte dès ce mois-ci ou en avril. Les conséquences de ce changement de cap sont-elles importantes ?

On serait tenté de répondre par la négative, tant la politique de la BoJ semble éloignée des préoccupations en présence, à la veille d’un FOMC sans doute décisif. La réalité est certainement plus complexe mais le seul abandon des taux négatifs n’est pas synonyme de normalisation de la politique monétaire, qui prendra, selon toute vraisemblance et dans le meilleur des cas, du temps.

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Le Japon et le Royaume-Uni en récession aident à stabiliser les taux futurs…

En fin d’année 2023, le PIB du Japon a affiché son second trimestre de baisse, de 0,1 % après déjà 0,8 % au troisième trimestre. Le PIB britannique s’est, quant à lui, contracté de 0,3 % après 0,1 %. L’Allemagne n’est donc plus seule en récession et la fin d’année dernière aura été difficile, de fait, pour une large partie du monde développé, à l’exception des Etats-Unis. De quoi aider à digérer les données américaines les plus récentes ? Après l’embardée provoquée par le rapport sur l’inflation américaine en début de semaine, les taux longs refluent partout et les anticipations de baisse des taux retrouvent un peu d’allant, tout au moins en Europe. La BoE pourrait-elle aider la BCE à passer le cap ?

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L’inflation japonaise s’envole, les PMI retombent, la BoJ au pied du mur ?

Alors que 80 % des économistes envisagent une hausse des taux de la BoJ dans le courant de l’année prochaine, l’hypothèse d’un passage à l’acte est de plus en plus fragilisée par l’évolution des anticipations de politique monétaire en occident et, de facto, beaucoup plus sensible à l’évolution des données japonaises. Celles de la nuit dernière ne sont pas des plus encourageantes pour la BoJ. En octobre les prix ont enregistré leur plus forte remontée mensuelle depuis 2014, de quoi assurément questionner sa stratégie hyper-accommodante. La BoJ risque-t-elle, dès lors, de changer son fusil d’épaule, au risque de fragiliser davantage son économie chancelante et, au-delà, d’entraver l’amélioration du contexte obligataire occidental ? Les détails des données du jour lui offrent encore quelques cartouches.

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