Stagnation ou récession : la croissance de l’UEM rattrapée par la guerre et l’inflation

La croissance du PIB de la zone euro (0,2 %) a finalement été sauvée des eaux par l’Espagne et l’Allemagne, deux pays dans lesquels le PIB a réussi à progresser, bien que mollement, de 0,3 % et 0,2 % respectivement. La France, pour sa part affiche un zéro pointé, au lieu des 0,3 % escomptés par l’INSEE, et l’Italie flanche de 0,2 %. Voilà un bien mauvais départ, avant même les pleins effets redoutés de la crise ukrainienne au deuxième trimestre. Manifestement, le rattrapage escompté de la fin des restrictions sanitaires n’a pas porté ses fruits, en France la valeur ajoutée des services a même reflué malgré le rebond du tourisme. La flambée des prix explique l’essentiel de ces déceptions, avec une envolée de l’inflation de 5 % en décembre à 7,4 % en mars en zone euro, en accélération à 7,5 % en avril, du fait, surtout de l’alimentation et de ses composantes sous-jacentes hors énergie, alimentation, alcool et tabac. Voilà de quoi inciter la BCE à plus d’impatience pour relever le niveau de ses taux d’intérêt ! Décidément, rien ne va dans la bonne direction. Même la chute de l’euro, dont on aurait pu se réjouir pour notre compétitivité, devient un poison face au risque d’inflation additionnelle qu’elle entraine.

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Industrie franco-allemande : recherche désespérément éléments de réconfort…

On avait l’espoir d’un léger rebond de l’activité industrielle en fin d’année dernière, las ! en novembre, la production industrielle s’est contractée de 0,4 % en France et de 0,2 % en Allemagne. Des pertes somme toute minimes mais des pertes toujours, témoins d’une situation encore très déprimée en dépit d’un léger mieux du côté automobile. Les données de consommation sont un peu meilleures, en hausse de 0,8 % pour les achats des ménages français et de 0,6 % pour les ventes de détail hors automobiles en Allemagne. Mais face à l’inertie de la production, ce sont les importations qui en retirent les plus grands bénéfices ! Le tout reste donc assurément médiocre. Il faut espérer que les services aient soutenus un peu plus vigoureusement la croissance du PIB du dernier trimestre avant d’avoir été rattrapés par la nouvelle vague d’épidémie. Tout ceci n’est assurément pas de meilleur augure.

 

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Pas de nouvel élan pour l’inflation française en décembre

Après quatre mois de hausse continue, l’inflation française se stabilise à 2,8 % en décembre, ou 3,4 % selon les données harmonisées. Les prix des services ralentissent marginalement tandis que ceux de l’alimentaire et des produits manufacturés accélèrent légèrement. A noter que, selon les indices d’inflation de l’INSEE, ces trois composantes demeurent inférieures à 2 %. Reste donc l’énergie. La légère baisse des cours du pétrole sur le mois a causé le premier ralentissement de l’inflation énergétique depuis juin : – 3 points à 18,6 %. En l’absence de nouveau rebond des cours, la dissipation des effets de base permettrait une quasi extinction de l’inflation énergétique à la fin 2022.

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Les achats de biens des ménages français, en berne en octobre

Malgré un très bon troisième trimestre, pour lequel la croissance a été confirmée à 3 % grâce à un rebond de 5 % de la consommation des ménages, les dernières nouvelles en provenance des achats de biens des Français ne sont pas spécialement bonnes. Ces derniers reculent de 0,4 % en octobre par rapport à septembre et de 1,7 % par rapport à décembre 2019. Pour les seuls biens fabriqués (hors énergie et alimentation, donc), le constat est plus mauvais encore avec une baisse de 1,8 % sur le mois et un retard de 3,7 % par rapport à l’avant crise. Si, comme les indicateurs avancés le suggèrent, les dépenses de services se sont maintenues, après avoir rebondi de 9 % au troisième trimestre, c’est donc au détriment de celles des biens. Mieux vaudrait dans ce cas échapper à de nouvelles mesures de restriction sanitaires.

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Des deux côtés du Rhin, l’industrie s’enlise

En septembre, la production manufacturière a reculé de 1,4 % en France et de 1,5 % Outre-Rhin, un chiffre d’autant plus mauvais dans ce dernier cas que l’industrie allemande avait déjà connu une baisse de plus de 4 % de son activité en août. Par rapport à décembre 2019, les retards sont de 4 % pour l’Hexagone et 8 % pour l’Allemagne. Encore une fois l’automobile est pointée du doigt. En France la production de matériel de transports s’est effondrée de plus de 8 % après, déjà, un repli de 1,4 % en août. Pour autant, résumer la problématique industrielle européenne à celle de l’automobile serait une erreur : la production y a d’ailleurs augmenté le mois dernier en Allemagne, malgré un niveau toujours très bas. Les récents reculs de l’activité concernent en réalité une proportion beaucoup plus large de secteurs et renvoient l’image d’une industrie en perdition de l’un des piliers manufacturiers mondiaux. L’économie française pourra difficilement être épargnée par les effets nocifs de propagation des difficultés de son principal partenaire.

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Retours aux sommets pour les indicateurs de l’INSEE

Le climat des affaires issu des enquêtes de l’INSEE pour octobre gagne près de trois points, pour s’établir à 113, retrouvant un niveau similaire à celui de juin dernier et plus généralement aux points hauts observés depuis les années 2000. L’indicateur global est surtout porté par l’accélération de celui des services, qui passe de 110 à 114, sous l’effet de l’opinion sur l’activité passée comme prévue, ainsi que sur la quasi-totalité des composantes. Le constat est un peu plus nuancé dans l’industrie, dont le climat des affaires parvient néanmoins à se stabiliser à 107, avec des améliorations sur le front de la demande mais pour laquelle l’enquête mentionne toujours des difficultés d’approvisionnement. Le commerce de détail, quant à lui, gagne un peu plus d’un point, à 107. Le climat de l’emploi, enfin, s’améliore également, à 111, son plus haut niveau depuis le rebond post-crise de 2008.

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Production industrielle française: le 3eme trimestre est sauvé, la suite…

La production industrielle française fait beaucoup mieux qu’anticipé par le consensus en août, avec une progression de 1 %, dont 1,1 % pour sa seule composante manufacturière. Si les niveaux d’avant crise sont encore loin, avec un retard de 2 % par rapport à décembre 2019, l’acquis de croissance industriel pour le troisième trimestre est, d’ores et déjà, de 1,3 %. Malgré le faible poids du poste dans le PIB, il pourrait donc être d’un soutien non négligeable, signe d’un début de rattrapage plus convainquant de l’Hexagone. Dommage que ce rebond ne concerne principalement que trois secteurs, l’informatique, la pharmacie et l’automobile, au sujet desquels les perspectives ne sont pas brillantes tandis que de nombreux autres affichent des reculs parfois conséquents…

 

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Calme plat du côté des achats de biens en France alors que l’inflation gagne du terrain

La consommation des ménages français a surpris à la hausse en première lecture ce matin, avec une progression de 1 % du volume des achats des biens en août, quand le consensus des économistes anticipait une stagnation. Cette bonne surprise est cependant vite relativisée : les dépenses alimentaires, qui représentent plus d’un tiers du total des achats, expliquent la quasi-intégralité de ce résultat avec une hausse de 3,1 %. Les dépenses énergétiques augmentent, elles, de 0,6 %. En revanche, les achats de biens fabriqués accusent un nouveau recul : -0,6 % après, déjà, une contraction de -2,8 % en juillet. L’ensemble est donc décevant pour cette période censée être celle d’un rattrapage de la consommation et tandis que l’envolée des prix de l’énergie encore à venir menace de plomber le pouvoir d’achat. En septembre l’inflation française est remontée à 2,1 %, après 1,9 % (ou 2,7 % après 2,4 % en données harmonisées) quand elle était nulle en début d’année. En octobre, la hausse des prix du gaz ne va rien arranger….

 

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