La croissance 2021 sera beaucoup plus soutenue en France qu’en Allemagne !

Le PIB français a augmenté de 0,4 % au premier trimestre 2021, après une baisse de 1,4 % en fin d’année dernière. Rien d’exceptionnel, donc, d’autant que le retard par rapport au dernier trimestre 2019 est toujours de 4,4 %. C’est mieux, toutefois que le reste de la zone euro. Le PIB réel s’est en effet contracté de 0,4 % en Italie, 0,5 % en Espagne et de 1,7 % en Allemagne de sorte que la France a amorti le recul de la zone euro : seulement 0,6 %, après une baisse de 0,7 % déjà au dernier trimestre 2020. Plus encore, cela semble garantir à l’Hexagone l’une des plus fortes croissances du vieux continent en 2021, avec un acquis d’autant plus avantageux à la fin du premier trimestre, notamment en comparaison de l’Allemagne : 4 % pour la première contre 0,2 % pour la seconde.

Qu’importe que cette « réussite » soit le résultat d’effets de base statistiques et de la décision de repousser le confinement, au contraire de ce qu’ont fait la plupart de ses voisins. La croissance annuelle de l’économie française pour 2021 sera connue début 2022, en pleine campagne électorale, et l’on peut parier que le bon résultat sera utilisé comme un argument majeur par l’actuelle majorité.

 

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La vaccination fait toute la différence sur le moral des ménages

La sortie de la crise sanitaire est déjà largement entamée aux Etats-Unis et au Royaume-Uni, sur fond d’une campagne de vaccination intensive, et le sentiment des consommateurs rebondit dans la foulée. La France ou l’Allemagne, qui, faute de la même rapidité, continuent de moduler les restrictions au gré des évolutions de l’épidémie de Covid, affichent quant à elles des niveaux de confiance toujours franchement médiocres. La réouverture s’y fait attendre, tout comme l’optimisme, et in fine la reprise économique.

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Climat des affaires INSEE : mauvais dans l’absolu, pas si mal pour un confinement

Les conséquences économiques des restrictions sanitaires font, comme attendu, reculer le climat des affaires français en avril, mais de seulement 1,5 point, à 95. On est bien loin des -40 points d’avril 2020 et des -10 points de novembre dernier. La baisse de 2 points de l’indicateur des services est la principale cause de l’affaissement du composite. Difficile, là aussi, d’espérer mieux, malgré des niveaux que l’on aurait jugé désastreux il y a encore deux ans. C’est en réalité surtout le retour de la composante manufacturière, à 104, au-dessus de sa moyenne de long terme et au plus haut depuis près de 2 ans, qui semble particulièrement encourageant…ou pas, selon qu’il reflète surtout une véritable embellie ou est amplifié par des effets de base.

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Soldes ou pas, ni la consommation ni l’inflation ne décollent en France

Les achats de biens des ménages français ont littéralement stagné en février après s’être contractés de 4,9 % en janvier, au lieu de 4,6 % en première lecture. Fort heureusement, il y a eu des soldes, lesquels ont permis un rebond de 3,4 % des achats de biens fabriqués… après néanmoins un recul de 13 % en janvier. Si l’équipement du logement tire encore son épingle du jeu, avec une progression mensuelle de plus de 11 % et de près de 20 % sur un an, c’est bien le seul secteur à véritablement résister depuis le début de la crise sanitaire. Les achats d’automobiles déclinent de nouveau. Après avoir brièvement dépassé leur niveau moyen de 2019 dans le courant de l’été dernier, ils se replient presque continûment depuis ; en février les dépenses allouées au secteur sont en déclin de plus de 6,5 % par rapport à leur niveau d’avant crise.

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Le climat des affaires INSEE s’améliore, à petit pas

L’indicateur INSEE de climat des affaires gagne 6 points en mars pour s’établir à 97, dans la foulée d’une franche amélioration des services pour lesquels la possibilité d’une sortie de crise se précise malgré une situation sanitaire toujours critique. Contrairement aux PMI, l’indicateur INSEE fait du sur place dans l’industrie. Traditionnellement moins perméable aux effets de base, l’enquête nationale semble plus proche de la réalité. Un ensemble, au total, un peu meilleur, qu’il faudra grandement améliorer pour défendre les prévisions de croissance 2021.

 

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Des encouragements du côté de l’industrie française

La production industrielle française et sa composante manufacturière progressent toutes deux de 3,3 % en janvier par rapport à décembre. La production manufacturière n’affiche plus qu’un retard de 2,6 % sur ses niveaux de février 2020. C’est un peu mieux, par exemple, qu’en Allemagne, où celui-ci est de 3,8 %. Des nouvelles plutôt rassurantes sur la bonne tenue du secteur secondaire, qui hissent l’acquis de croissance manufacturier du premier trimestre à 2,7 %. La forte contribution de la pharmacie aux données de janvier (le secteur explique la moitié de la hausse de l’ensemble manufacturier) vient nuancer ce constat. Les secteurs clés de l’activité industrielle française de l’aéronautique et de l’automobile sont encore à la traine.

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Usure du côté des consommateurs français, l’épargne n’est pas prête de baisser

La consommation des ménages en biens s’est repliée de 4,6 % en janvier par rapport à décembre, ce qui engendre une croissance nulle sur 12 mois. Un chiffre que l’on aurait considéré comme particulièrement mauvais il y a deux ans mais que l’année 2020 a rendu presque normal, d’autant qu’à première vue, les pertes liées au couvre-feu sont un tiers moindres que celles liées au dernier confinement de novembre. A ceci près que le couvre-feu se prolonge, et pourrait même se transformer en confinement sous peu, et que la corde s’use manifestement du côté des consommateurs.

 

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L’industrie a résisté au 2ème confinement de novembre, pas la consommation…

Les indicateurs français et allemands illustrent une rare dichotomie entre les tendances respectives de l’activité industrielle et celles de la consommation. Dans la lignée des indicateurs de commandes et de climat des affaires, plutôt cléments voire bons, la production manufacturière a cru de 1,2 % en novembre outre-Rhin et de 0,5 % dans l’Hexagone, quoique dans ce dernier cas les énergies aient fait reculer la production totale de 0,9 %. Premier enseignement, donc, le confinement a eu jusqu’à présent des effets limités sur l’industrie. Le constat n’est pas le même du côté des consommateurs. En France, les achats de biens des ménages ont chuté de 19 %, une contraction d’ampleur comparable à celles observées en mars puis en avril. En Allemagne, où les mesures de restriction ont été moindres, les consommateurs se sont rués sur les achats de biens pour profiter des dernières semaines de TVA à taux réduit. Les lendemains risquent fort de déchanter néanmoins avec le retour du taux normal de TVA en janvier et le durcissement des mesures de distanciation. En somme, il faudrait un miracle pour que la production parvienne à maintenir le cap positif de cet automne en ce début d’année.

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