Emballement des taux américains, l’Europe peut difficilement rester à l’écart

Alors que la remontée des taux d’intérêt américains s’accélère, l’Europe est-elle vouée au même sort ? La réponse la plus sure est OUI à en juger par la forte corrélation de long terme entre les rendements des T-Notes et des Bunds à 10 ans, notamment depuis le début des années deux mille. Ce constat ne signifie pas que l’ampleur des mouvements soit systématiquement comparable mais que les périodes de forte hausse des taux d’intérêt à long terme américains sont le plus souvent accompagnées de remontées également significatives en Europe quand bien même, généralement, de moindre importance. Or, ce constat vaut pour tous les pays de la région, notamment en dehors du noyau dur…

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Pour l’immobilier US, il vaudrait mieux que les taux longs cessent de monter…

Les demandes hebdomadaires de financement hypothécaires ont du plomb dans l’aile ces dernières semaines et la tendance s’accentue au fur et à mesure que les taux à long terme américains remontent. Or, ces derniers ne semblent guère en voie de stabilisation. Il faut dire que la spéculation va bon train sur les marchés des matières premières et que la flambée des cours du pétrole et autres matériaux de base ne laisse guère de répit aux marchés de taux. Jusque-là indolore, le mouvement commence à mordre, en particulier sur le marché immobilier, qui avait largement profité de l’environnement de très bas niveau des taux d’intérêt du premier semestre 2020. La hausse des coûts de financement est pourtant très limitée ; les prêteurs ont en effet sacrifié leurs marges depuis le début de la crise sanitaire. La situation pourrait ne pas durer face à une accélération à la hausse des taux de marché et, selon toute vraisemblance, l’immobilier décrocherait sans tarder dans un tel cas de figure.

 

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La partie n’est pas gagnée aux Etats-Unis

Après les bons chiffres de ventes de détail publiés hier, ceux du jour rappellent que rien n’est encore joué outre-Atlantique. Repli de l’indicateur de confiance de la Fed de Philadelphie, nouvelle remontée des inscriptions au chômage et baisse des mises en chantiers de logements témoignent, chacun à leur mesure, de l’instabilité ou des risques en présence.

 

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Décidément préoccupante la situation de l’emploi aux Etats-Unis

6 K créations de postes privés en janvier ; le rapport sur l’emploi américain est de piètre nature. Heureusement que le public s’est quelque peu raffermi, permettant d’afficher 49 K créations de postes au total ; sans compter cependant les 159 K destructions ajoutées par les révisions des données de décembre et novembre. L’ensemble n’est pas brillant et le détail sectoriel n’y change rien. Après 536 K destructions en décembre, les loisirs et la restauration ont encore supprimé 61 K postes, le commerce de détail en a perdu 39 K, le transport et le commerce de gros quelques 29 K et l’industrie manufacturière 10 K. Ailleurs, il ne se passe quasiment rien à l’exception des services professionnels où le turnover des emplois temporaires sauve la mise.

Si les bourses ne semblent guère perturbées, c’est sans doute qu’elles préfèrent se satisfaire de la « bonne nouvelle » d’un taux de chômage en repli de quatre dixièmes, à 6,3 %, et ignorer que se cache derrière ce chiffre une chute de 406 K du nombre d’actifs… Un ensemble décidément préoccupant.

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La consommation américaine sur la pente descendante

Alors qu’environ la moitié des grands secteurs américains a retrouvé des niveaux de consommation similaires à ceux de l’an dernier, l’après rattrapage semble bien difficile, avec un recul un peu partout, pour des dépenses totales en baisse de 0,6 % en termes réels en décembre. Si cette information ne modifie à priori pas les estimations de PIB publiées hier, ce recul, le deuxième consécutif, n’est pas de meilleur augure pour démarrer l’année 2021. Surtout, certains secteurs s’enfoncent encore un peu plus dans la crise, à l’exemple de l’hôtellerie, avec un niveau de consommation inférieur de plus de moitié à celui de décembre 2019.

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Les indicateurs américains sont meilleurs que prévu mais n’informent pas sur la suite

Meilleures que généralement attendu, les statistiques américaines publiées aujourd’hui tombent à pic pour offrir aux marchés le coup de pouce dont ils avaient besoin pour se remettre des turbulences de la fin de la semaine dernière. Ventes au détail, production industrielle, indice NAHB de confiance des constructeurs, ont tous marqué une nette amélioration par rapport au mois d’avril. Tout comme les effets du confinement étaient très difficiles à anticiper, ceux de sa fin créent une volatilité telle qu’il est difficile d’en tirer beaucoup de conclusions sur ce que ces indicateurs nous enseignent au-delà du seul constat que la situation s’améliore. On retiendra néanmoins de ces données :

Qu’elles devraient autoriser une révision à la hausse des estimations du PIB du deuxième trimestre, que les derniers chiffrages de la FED d’Atlanta voyaient toujours en repli de 48,5 %…

Que les bonnes surprises viennent avant tout des ventes de détail, lesquelles affichent une progression de 17,7 % mensuelle en mai, proportionnelle à leurs chutes passées.

Que rien dans ces données du mois de mai, ne nous indique quoi que ce soit sur le futur de l’économie américaine, à savoir : de quoi sera faite la reprise et combien de temps il faudra pour effacer les pertes occasionnées en début d’année par le coronavirus, sur l’emploi notamment.

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Le message subliminal de la FED : un scénario en racine carrée et une perte in fine de 4 % de PIB

L’exercice était délicat pour J. Powell; la FED a déjà tellement fait qu’il ne pouvait guère jouer sur les effets d’annonce. La perception de son message tiendrait exclusivement au ton employé et au contenu des projections. L’exercice a-t-il réussi ? Ce n’est pas certain. La FED, c’est sûr, apparaît dovish : elle prolongera ses achats de bons du Trésor au rythme présent et n’envisage aucun mouvement de hausse de ses taux directeurs, lesquels resteraient à leur niveau actuel au cours des trente prochains mois. Elle se montre, par ailleurs, plutôt confiante dans la capacité de rebond de la croissance, avec une prévision à -6,5 % cette année, suivie d’une récupération de 5 % en 2021 puis 3,5 % en 2022. L’ensemble aurait donc pu fonctionner, au détail près que derrière ces données, ce n’est pas un scénario en V qu’elle semble privilégier mais celui d’une racine carrée avec, en fin de parcours, un écart de 4 % entre sa prévision de décembre et l’actuelle. Cela ne semble pas avoir échappé aux marchés…

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Les estimations de la FED d’Atlanta en léger mieux pour le PIB du T2… à -40 % !

La croissance américaine pourrait avoir dépassé son point bas selon les chiffrages de la FED d’Atlanta. Après être tombée à un plus bas de -42,8 % le 15 mai, l’estimation de la croissance du PIB du deuxième trimestre s’est en effet stabilisée ces deux dernières semaines avant de remonter à -40,4 % dans la foulée des commandes de biens durables publiées jeudi. Malgré une nouvelle chute de 17 % du total des ordres en avril, peu ou prou équivalente à celle de mars, ce dernier rapport cachait une « bonne surprise » : une baisse de seulement 1,8 % des commandes de biens d’équipement qu’utilise le modèle d’Atlanta pour son estimation des dépenses d’investissement des entreprises.

On, l’aura compris, le retournement ne tient pas à grand-chose à ce stade mais a probablement de grandes chances d’être confirmé au fur et à mesure du retour progressif à la normale des conditions de vie. Reste à ne pas oublier l’essentiel : au-delà de passer le point bas c’est bien une contraction de 40 % du PIB encore à venir, que la Fed d’Atlanta nous prédit !

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