La menace pétrolière de retour

En l’absence de croissance économique et de sous-jacents d’inflation suffisamment solides, tout choc de prix extérieur constitue une menace pour la croissance. La remontée des cours du pétrole mettra longtemps à transparaître sur la mesure de l’inflation, compte-tenu du rôle d’amortisseur joué par les effets de base, mais le renchérissement de la facture pétrolière a toutes les chances de mordre sans tarder sur le pouvoir d’achat des consommateurs et sur les résultats des entreprises. à en juger par la faiblesse des indicateurs du climat des affaires et par les difficultés persistantes de l’industrie mondiale, les développements récents sur le marché pétrolier constituent un risque significatif pour la conjoncture internationale.

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La baisse de l’inflation est-elle plus supportable aujourd’hui qu’il y a quatre ans ?

C’est la question vers laquelle nous conduisent inlassablement les réflexions et débats sur les perspectives économiques et financières pour cette année. Un peu comme à la fin de l’année 2014, la chute des prix du pétrole était tout à la fois perçue comme une aubaine pour les ménages en même temps qu’une menace déflationniste évidente, la perspective d’une chute de l’inflation en ce début d’année interroge. Peut-on se contenter d’y voir un soutien pour le pouvoir d’achat à même de raviver nos économies ou doit-on en redouter les effets dépressifs sur les marges des entreprises qui, in fine, viendraient endommager davantage les perspectives d’investissement et d’emploi ? C’est dans une large partie de la réponse à cette question que dépend le profil de croissance privilégié pour cette année et bien des aspects du scénario économique et financier aujourd’hui envisageable.

Formuler une réponse à cette interrogation semble, toutefois, aujourd’hui un exercice beaucoup plus incertain qu’il y a quatre ans.

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Marché de l’emploi américain en plein boom : le guet-apens

Avec 312 000 nouveaux emplois salariés créés en décembre, l’économie américaine a bougrement surpris. Les prévisions tablaient sur 175 000 nouveaux postes, soit un chiffre conforme aux résultats moyens de ces trois derniers mois ; la publication est quasiment deux fois plus forte ! Bonne nouvelle s’il en est pour les Américains, cette surprise pourrait ne pas avoir la même saveur pour les marchés financiers en pleine déconfiture depuis trois mois. Alors que les signes de ralentissement de l’activité n’ont cessé de se multiplier ces dernières semaines, ce rapport n’est pas de meilleur augure quant à l’évolution de la productivité et, par là-même, des marges des entreprises, surtout si, comme cela semble se confirmer, l’accélération des salaires se généralise. Ces résultats devraient, toutes choses égales par ailleurs, rendre les membres de la FED beaucoup plus réticents quant à l’éventualité d’une pause dans le resserrement de leur politique monétaire (notre scénario). Manque de chance, c’est précisément aujourd’hui que Jay Powell avait prévu d’infléchir le ton sur sa politique monétaire ! Alors, si, comme nous le susurre avec insistance D. Trump ces derniers jours, Chine et États-Unis s’apprêtent à signer un accord commercial en début de semaine prochaine, c’est un sérieux retour de bâton que pourrait signifier l’ensemble de ces développements pour les marchés de taux et les cours du pétrole. Les actions y résisteraient-elles ?

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Décevant, le rapport sur l’emploi américain voit ses effets court-circuités par l’accord de l’OPEP

Les déceptions en provenance du rapport sur l’emploi américain du mois de novembre n’ont pas eu le temps d’avoir les effets sur les marchés des taux. Entre-temps, l’accord intervenu entre les pays producteurs de pétrole en faveur d’une baisse de la production a fait s’envoler les cours du brut et, dans leur sillage, les taux d’intérêt à long terme américains. L’ensemble aboutit à une situation assez incohérente où la médiocrité des données américaines est suivie d’un redressement des rendements et d’une repentification des courbes des taux, seule la faiblesse du dollar permettant de réconcilier l’ensemble, avec, en prime, une singulière accélération de la hausse des cours de l’or. Il serait surprenant que les tendances observées sur les marchés obligataires en cette fin de semaine aillent très loin avant de s’inverser à nouveau.

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L’écrasement des cours du pétrole, un appel d’air pour les cycliques

Le vent a fini par tourner sur le marché pétrolier et l’on ne peut que s’en réjouir pour la conjoncture mondiale.

Artificiellement soutenue par les erreurs de diagnostics récurrentes sur les perspectives d’offre et de demande, sur fond de crispations géopolitiques et de spéculation acharnée, l’envolée des cours a eu des conséquences très négatives sur la croissance économique mondiale ces derniers trimestres, au point que, supposée être source de reflation, elle s’était, à l’inverse, transformée en un ferment déflationniste dans de nombreux pays, européens notamment.

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Inflation & Stratégie : Inflation, la décélération commence

En juillet, l’inflation a accéléré partout, pour se situer au-dessus des objectifs de stabilité des prix des banques centrales. En théorie, cela justifierait une normalisation générale des politiques monétaires. Toutefois, conséquence des effets de base sur les prix de l’énergie, la décélération de l’inflation est imminente et, comme pour la Zone Euro, les chiffres du mois d’août devraient en donner un premier aperçu. Reste à savoir à quel rythme ? Pour répondre à cette question, les prochains chiffres d’inflation sous-jacente vont être scrutés. Y-a-t-il ou non maintenant un risque d’accélération de côté ci ? Pour l’instant, les marchés financiers ne le croient pas (Article : Anticipations de marchés, quel risque inflationniste ?) avec dans le cas de la Zone Euro la baisse des actions bancaires qui ajoute un risque de surprise à la baisse par rapport aux attentes de la BCE (Article : Valeurs bancaires, crédit & inflation sous-jacente) ; un scénario qui viendrait questionner son « Exit » stratégie.

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Les vacances de Monsieur Trump

Le président américain n’a pas chômé durant ces semaines estivales, semblant prendre un malin plaisir à jongler avec les nerfs de ses partenaires-concurrents auxquels il attribue tour à tour le rôle d’ami de toujours ou de pire ennemi. Guerre commerciale et pétrolière, guerre de l’espace, cyber-attaques, ventes d’armes ; la panoplie est sans limite, simultanément alimentée par des objectifs économiques et géostratégiques l’amenant sur tous les fronts, à l’égard des plus grandes puissances comme des moins importantes (Philippines, récemment). « America First » fait trembler la planète économique sans un jour de répit et la stratégie marque des points ! L’opinion des ménages américains sur les conditions économiques courantes a retrouvé des niveaux records, seulement égalés à la fin des années quatre-vingt-dix ; idem pour les PME dont la confiance caracole sur des plus hauts de trente-cinq ans.

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Emploi américain, ou : comment un bon rapport fait flancher les taux longs et le dollar

Le rapport de l’ADP avait suggéré la prudence à l’égard des chiffres officiels d’aujourd’hui. Le résultat est pourtant des plus honorables, avec 218K créations d’emplois en juin et des révisions à la hausse de 37K des deux mois précédents. Cela ne durera, peut-être, qu’un temps mais les initiatives de D. Trump semblent payer : en juin, le secteur manufacturier a de nouveau créé 36K emplois nets, soit 285K en un an, un record depuis 1998. Les créations de postes dans les services professionnels, l’éducation et la santé sont, par ailleurs, robustes, de plus de 50K chacun. Cerises sur le gâteau, le taux de chômage dont la baisse accélérée ces derniers mois avait accru la pression sur la FED, remonte de deux dixièmes, à 4 % de la population active, et la croissance des salaires reste contenue, à 2,7 % l’an, comme en mai. En d’autres termes, ce rapport semble à bien des égards d’un très bon cru… Enfin, cela dépend pour qui. Car au lieu de soutenir le cours du dollar, ces statistiques l’ont plombé ; en cause, le nouveau repli des taux longs qu’elles ont provoqué… L’affaire se complique.

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