En situation délicate, la BoE fait figure de test pour ses homologues

La Banque d’Angleterre devrait être la première grande banque centrale occidentale à annoncer une hausse de ses taux directeurs, avant la fin de l’année, voire dès demain. Confrontée au dilemme de toutes les institutions monétaires, celui d’une activité encore fragile mais d’une inflation en forte hausse, la Banque d’Angleterre est soumise à un risque exacerbé sur les prix du fait de l’insularité du pays et des effets du Brexit. L’inflation britannique devrait être forte et le rester dans les trimestres à venir, la hausse des prix administrés de l’énergie s’ajoutera, en effet, à celle de l’essence en octobre et va, selon toute vraisemblance faire rebondir l’inflation vers 4%, voire au-delà au dernier trimestre. Quant au début d’année prochaine, il sera marqué par la hausse de plus de 6 % du salaire minimum décidée par le gouvernement.

You need to be logged in to view the rest of the content. Veuillez . Not a Member? Nous Rejoindre

Le suspense est entier sur l’évolution du discours de J. Powell à l’occasion du FOMC

Pris en étau par la persistance de l’inflation, le président de la FED a fini par capituler et par reconnaître la nécessité de modifier l’orientation de sa politique monétaire. Avec une inflation à 5,4 %, dont 4 % pour le sous-jacent, la perspective d’un resserrement monétaire ne soulève plus de doute. La FED pourrait, de fait, annoncer une réduction immédiate de ses achats d’actifs avec comme objectif de mettre un terme au QE en juillet. Mais c’est sur les indications relatives à l’évolution des taux des Fed Funds que J. Powell sera attendu. Il faudra attendre décembre en effet pour connaitre les nouvelles projections de la FED et les perspectives de ses membres sur l’évolution des taux directeurs. Mais les marchés n’attendent pas et anticipent déjà à 70 % la probabilité que la FED ait relevé le niveau des Fed Funds d’ici au 15 juin prochain. Sans doute la rapidité avec laquelle ces anticipations ont évolué n’est-elle pas du goût de J. Powell. Pour autant, la perception des membres de la FED a clairement évolué ces dernières semaines et il se pourrait qu’un certain nombre ne soient pas véritablement gênés par ces anticipations. Alors, jusqu’où iront le communiqué de la FED et J. Powell sur ce point ? Difficile à prédire tant les incertitudes sont importantes au sujet de l’inflation mais également de la tournure de la conjoncture américaine et des pourparlers budgétaires, voire, de l’épidémie de Covid…

You need to be logged in to view the rest of the content. Veuillez . Not a Member? Nous Rejoindre

Un terrain miné pour Mme Lagarde, en attendant la revue de décembre

Marchés et analystes sont en attente de précisions sur la posture de la BCE dans un contexte de dérapage beaucoup plus marqué de l’inflation et de remontée rapide des taux d’intérêt futurs, lesquels intègrent maintenant une première hausse des taux directeurs d’ici la fin 2022. Sans doute faudra-t-il néanmoins qu’ils patientent jusqu’au comité du mois de décembre pour avoir tous les éléments en main. C’est du moins ce qu’a laissé entendre Mme Lagarde a l’occasion de sa dernière conférence de presse du 9 septembre, lorsqu’elle était notamment interrogée sur la manière dont pourraient être utilisés les différents outils à sa disposition une fois le programme PEPP éteint, à partir de mars 2022. Attendons-nous néanmoins à quelques pistes sur un certain nombre de sujets à partir desquels le ton employé par la présidente de la BCE pourrait avoir valeur d’annonce de plus ou moins grande importance face à des marchés impatients à quelques minutes de la publication de l’inflation allemande pour le mois d’octobre. Les taux à deux ans qui, au contraire des échéances plus longues, n’ont que très peu évolué ces dernières semaines pourraient être réceptifs au même titre que l’euro.

You need to be logged in to view the rest of the content. Veuillez . Not a Member? Nous Rejoindre

La Banque d’Angleterre peut attendre décembre pour franchir le Rubicon

En septembre, les prix à la consommation au Royaume-Uni ont augmenté de 3,1 % sur un an, un dixième de point de moins qu’en août. Cette décélération, principalement due aux effets de base dans la restauration dans la foulée des baisses de taxes d’août 2020, est peu significative mais, apparemment, suffisante, à en juger par le repli des taux d’intérêt à terme et de la livre Sterling, pour apaiser les craintes d’une remontée imminente des taux directeurs de la Banque d’Angleterre. Le répit a pourtant tout lieu d’être de courte durée. En effet, la hausse des tarifs de gaz et d’électricité est intervenue en octobre et jouera donc pleinement sur les données du même mois, au cours duquel la composante pétrolière sera également en nette hausse sur un an. L’inflation est donc amenée à rebondir vivement à très brève échéance, comme l’attend, du reste, la Banque centrale qui a d’ores et déjà prévenu qu’elle devrait « agir » face à ce risque. Vu sous cet angle, le léger recul de l’inflation de septembre ne devrait pas modifier grand-chose à ses intentions. Sauf que l’environnement étant ce qu’il est, remonter ses taux directeurs pourrait paraître, à bien des titres, inapproprié. Alors que ces données lui offrent la possibilité d’attendre un peu avant de se jeter à l’eau, on comprendrait qu’elle opte pour cette option : reculer pour mieux sauter le Rubicon.

You need to be logged in to view the rest of the content. Veuillez . Not a Member? Nous Rejoindre

Le tapering, maintenant imminent, l’heure de vérité approche

La remontée de l’inflation américaine à 5,4% en septembre ne laisse guère de marge de manœuvre à la Fed après la publication des minutes de son dernier FOMC : un tapering sera enclenché avant la fin de l’année. Quand bien même le caractère transitoire de l’inflation n’est pas fondamentalement remis en cause par les données du mois de septembre, les différentes mesures de l’inflation sont incontestablement embarrassantes, même une fois éliminés les éléments « spécifiques ».

 

 

You need to be logged in to view the rest of the content. Veuillez . Not a Member? Nous Rejoindre

Powell a plus de raisons qu’il n’en faut pour ne rien changer à sa posture

La position de J. Powell n’a probablement pas beaucoup évolué depuis Jackson Hole. D’un côté, l’inflation demeure particulièrement élevée, supérieure ou égale à 5 % pour le quatrième mois consécutif en août, bien qu’en léger repli ce dernier mois. De l’autre, les données conjoncturelles restent décevantes et suggèrent un sérieux coup de frein à la croissance du troisième trimestre. Les négociations budgétaires sont, pour leur part, au point mort, dépassées par l’urgence d’obtenir le vote d’un relèvement du plafond de la dette par le Congrès. Si l’on ajoute à cela le regain de volatilité des marchés de ce début de semaine, sur fond d’inquiétudes au sujet du risque de défaut d’Evergrande, sans parler des controverses éthiques soulevées par les investissements financiers de certains membres de la FED, on comprendra que J. Powell a plus de raisons qu’il n’en faut pour ne pas changer grand-chose à sa posture. Confirmera-t-il une réduction des achats d’actifs avant la fin de l’année ? Rien n’est moins sûr et s’il s’aventure sur ce terrain, sans doute y mettra-t-il suffisamment de conditions pour ne pas enfermer la FED dans une position périlleuse, voire intenable. Un biais toujours « dovish », donc, comparativement aux attentes du consensus jusqu’à la fin de la semaine dernière, quitte à ce que les modifications apportées aux projections macroéconomiques et aux « Dot Plots » viennent tempérer le communiqué.

You need to be logged in to view the rest of the content. Veuillez . Not a Member? Nous Rejoindre

L’inertie des matières premières aux données chinoises, argument de tapering ?

Les principales données d’août sur l’économie chinoise ont été publiées ce matin et, sans surprise, sont mauvaises. La croissance annuelle de la valeur ajoutée industrielle ressort à 5,3 %, à comparer à des prix à la production en hausse de plus de 9 % l’an ; ce qui correspond vraisemblablement à une contraction à vive allure. La croissance des ventes de détail s’écrase, l’estimation officielle en volume n’étant plus que de 0,9 % l’an. Le taux de croissance des immobilisations d’actifs fixes (investissement) s’étiole un peu plus, tandis que la décélération persistante des prix immobiliers semble corroborer un regain de difficulté de ce secteur, en pleine crise d’Evergrande. Le plus ennuyeux est, néanmoins, que les marchés des matières premières qui, ces dernières années s’étaient montrés particulièrement sensibles à la conjoncture chinoise, ne font aujourd’hui guère cas de cette situation : le pétrole approche 75$ le baril ce matin et le nickel, le zinc, le cuivre, l’aluminium ou le palladium, lui emboîtent le pas. Les données d’importations chinoises réfutent pourtant bel et bien la thèse d’une demande exceptionnelle de la part de l’Empire du milieu. La spéculation est-elle à ce point débridée ? Et dans ce cas, le mieux qu’auraient à faire les banques centrales ne serait-il pas de casser cette dynamique néfaste, par un tapering ?

You need to be logged in to view the rest of the content. Veuillez . Not a Member? Nous Rejoindre

Recalibrage du PEPP, sans plus ; la BCE, opère tout en douceur

Comme envisagé dans notre Preview d’hier, la BCE avalise le ralentissement de ses achats dans le cadre du PEPP « par rapport à ce qu’elle a fait aux deuxième et troisième trimestres » de cette année. Rien de plus, en revanche. Un peu comme J. Powell, Mme Lagarde fait, donc, le minimum syndical ce qui justifie le reflux des taux d’intérêt futurs en réaction à ses propos, dans le sillage de la réaction des marchés américains au Beige book de la FED d’hier soir, ainsi que des spreads intra-UEM. L’euro s’inscrit en très léger repli par rapport à ce matin, réaction a première vue plus épidermique que fondamentale.

Lire la suite…