Marchés de taux, un peu plus haut, « pour voir »…

Le débat sur les perspectives d’inflation ne cesse d’enfler, plus stimulé encore que l’inverse par la posture conservatrice de la FED et de la BCE à l’occasion de leur dernier comité de politique monétaire. Leur position ne sera assurément pas facile dans les prochains mois, au cours desquels s’empileront les résultats en très forte hausse des données annuelles d’inflation à travers le monde, sur fond de vraisemblable réouverture économique et d’initiatives budgétaires toujours plus importantes. Aux Etats-Unis, J. Biden trace sa route et pourrait faire adopter plus facilement que prévu les points-clés de son programme de relance structurelle. En Europe, la persistance de la maladie force les gouvernements à envisager plus de soutien tandis que l’audace américaine commence, semble-t-il, à transpirer. L’Allemagne a annoncé cette semaine une augmentation à 240 mds d’euros de l’enveloppe de ses emprunts pour 2021, à plus de 7 % de son PIB 2020…Après une consolidation de quelques jours, les taux d’intérêt sont dans les starting blocks, prêts pour repartir à la hausse et acter ce qui semble aujourd’hui s’imposer : le retour d’une croissance plus inflationniste face à laquelle les banques centrales sont volontairement en retard. Si le diagnostic d’inflation de moyen terme, nous l’avons souvent exprimé, est loin d’être posé les évolutions de court terme l’emportent. La balle est lancée et les marchés de taux semblent bien partis pour tester les résistances conjoncturelles. Seule question : où se situe le point de douleur ?

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Pour l’immobilier US, il vaudrait mieux que les taux longs cessent de monter…

Les demandes hebdomadaires de financement hypothécaires ont du plomb dans l’aile ces dernières semaines et la tendance s’accentue au fur et à mesure que les taux à long terme américains remontent. Or, ces derniers ne semblent guère en voie de stabilisation. Il faut dire que la spéculation va bon train sur les marchés des matières premières et que la flambée des cours du pétrole et autres matériaux de base ne laisse guère de répit aux marchés de taux. Jusque-là indolore, le mouvement commence à mordre, en particulier sur le marché immobilier, qui avait largement profité de l’environnement de très bas niveau des taux d’intérêt du premier semestre 2020. La hausse des coûts de financement est pourtant très limitée ; les prêteurs ont en effet sacrifié leurs marges depuis le début de la crise sanitaire. La situation pourrait ne pas durer face à une accélération à la hausse des taux de marché et, selon toute vraisemblance, l’immobilier décrocherait sans tarder dans un tel cas de figure.

 

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Preview Fed – hausse des taux, vraiment ?

La FED, cela semblait acquis, devrait relever une nouvelle fois ses taux directeurs à 2.50 % au terme de son comité de politique monétaire, mercredi, avant, selon nous, de marquer une pause, au minimum, de plusieurs mois. Mais passera-t-elle vraiment à l’acte cette semaine ? À en juger par l’allure des marchés boursiers américains, la question se pose indiscutablement et, quoiqu’il en soit, la partie sera serrée. Par mesure de prudence, la FED pourrait se donner le temps et repousser sa décision au début d’année sans préjuger de ce qu’elle fera alors (scénario que les récents développements nous incitent à privilégier aujourd’hui). Si, au contraire, elle décide de suivre les anticipations des marchés qui pricent encore à 72 % une remontée de ses taux, il lui faudra assurément accompagner cette décision d’un discours très accommodant quant à l’orientation future de sa politique pour prévenir une chute potentiellement incontrôlable des marchés boursiers (pourquoi prendrait-elle un tel risque ?).

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Jérôme Powell tire plus vite que son ombre. Trop tôt ?

Signe que la panique a gagné du terrain ces derniers temps, le président de la FED nous annonce que les taux directeurs sont proches de la neutralité. Voilà qui a bien changé en quelques semaines ; en octobre son appréciation sur cette même neutralité n’était-elle pas que nous en étions bien loin ?

Manifestement, la chute des marchés de ces dernières semaines inquiète le président de la FED qui dit redouter, à juste titre, un emballement à la baisse en cas d’erreur d’appréciation. Le scénario est, en somme, conforme à nos attentes : la dernière hausse des fed funds sera celle de décembre et sera suivie d’une pause ; à ceci près que Jérôme Powell devance l’appel de quelques semaines, ce qui est loin d’être anodin.

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Plus favorables les unes que les autres, les données américaines finissent par faire décaler les taux longs

Malgré une extrême résistance ces dernières semaines, les marchés obligataires ont fini par craquer dans le sillage de données économiques américaines particulièrement favorables, comparables à ce que les Etats-Unis avaient coutume de procurer avant la crise de 2008 mais dont ils nous avaient privés depuis.

De telles évolutions s’accommodent mal du maintien des taux d’intérêt à leurs bas niveaux présents

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