Les PMI tout feu tout flamme : c’est tout bon ?

Les PMI avaient surpris par leur insensibilité à la crise ukrainienne en mars et leur écart aux autres indicateurs du climat des affaires (IFO et INSEE notamment en Europe). Avril est du même tonneau, voire meilleur, avec un plus haut en quatre ans pour le PMI composite français. Alors, même pas mal ? Le choc de la guerre, les pénuries, la flambée des prix de l’énergie et les pertes de pouvoir d’achat n’ont-elles qu’un effet marginal face aux bénéfices issus de la fin d’Omicron ? L’histoire, on s’en doute, est plus compliquée.

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Sauf en Allemagne, la croissance a bien résisté en fin d’année dernière

Au quatrième trimestre, la France affiche une hausse de son PIB de 0,7 % qui, combinée aux révisions d’un dixième des trimestres précédents, porte la croissance sur l’ensemble de 2021 à 7 %. L’Espagne fait mieux sur les trois derniers mois de l’année, avec une hausse de 2 % de son PIB. La forte révision du troisième trimestre permet là aussi une croissance annuelle un peu meilleure que prévu, de 5 %. Quant à l’Allemagne, la hausse de 2,8 % sur l’ensemble de 2021 cache une baisse de 0,7 % en fin d’année, sous l’effet, notamment, d’une plus faible mobilité. En termes de rattrapage, la France garde donc largement une position de tête par rapport à ses deux voisins : le PIB hexagonal est supérieur de 0,8 % à celui d’avant crise, alors qu’il est en retard de plus de 4 % en Espagne et de 1,5 % en Allemagne.

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Vers une forte révision du scénario de la BCE, après l’inflation allemande

En attendant la France, l’Italie et la zone euro dans son ensemble, les données publiées aujourd’hui en Allemagne et en Espagne pointent vers une très probable accélération notable de l’inflation de la zone euro en novembre. L’évolution annuelle des prix à la consommation a atteint 5,2 % outre-Rhin et 5,6 % de l’autre côté des Pyrénées, selon les indices nationaux. L’indice harmonisé allemand grimpe même à 6 %, conformément aux anticipations de la Bundesbank. Fait nouveau par rapport à ces derniers mois, les évolutions mensuelles font apparaître de légères tensions sur les prix sous-jacents dans la plus grande économie de la région. En résumé, comme ailleurs, l’inflation est là pour durer, au moins, un peu plus longtemps que prévu. Avec une fin d’année, aux environs de 4,8 % pour l’ensemble de la zone euro, les perspectives pour 2022 sont particulièrement impactées. La BCE, qui prévoyait encore en septembre une inflation à 1,7 % seulement en moyenne l’an prochain, n’aura d’autre choix que de réviser très substantiellement son scénario début décembre.

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Recalibrage du PEPP, sans plus ; la BCE, opère tout en douceur

Comme envisagé dans notre Preview d’hier, la BCE avalise le ralentissement de ses achats dans le cadre du PEPP « par rapport à ce qu’elle a fait aux deuxième et troisième trimestres » de cette année. Rien de plus, en revanche. Un peu comme J. Powell, Mme Lagarde fait, donc, le minimum syndical ce qui justifie le reflux des taux d’intérêt futurs en réaction à ses propos, dans le sillage de la réaction des marchés américains au Beige book de la FED d’hier soir, ainsi que des spreads intra-UEM. L’euro s’inscrit en très léger repli par rapport à ce matin, réaction a première vue plus épidermique que fondamentale.

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2021 n’est décidément pas l’année de l’Allemagne !

Le PIB allemand du premier trimestre a été révisé à la baisse par rapport à sa première estimation, avec une contraction de 1,8 %, au lieu de 1,7 %. Certes marginale, cette révision écorne cependant davantage l’acquis de croissance 2021, à presque zéro dorénavant, à comparer à un acquis de 4,1 % dans le cas français ! Surtout, les détails des comptes nationaux ne sont guère à la hauteur. La consommation des ménages est quasiment retombée à ses plus bas du deuxième trimestre 2020 et l’accumulation des stocks du premier trimestre n’est pas des plus porteuses pour la croissance à venir quand, par ailleurs, persistent de grandes difficultés sectorielles Dès lors que dire des résultats de l’IFO qui depuis des mois soufflent le vent d’une reprise rapide ? L’indicateur composite gagne 2,6 points, à 99,2, son plus haut niveau depuis deux ans. Voilà qui confirme, à priori, un deuxième trimestre un peu meilleur avec l’allègement des restrictions sanitaires. Pas davantage, toutefois. Avec un début d’année aussi meurtri, il faudrait un miracle pour que la croissance de la première économie de la région soit à la hauteur du consensus. Notre prévision de 3,5 % semble bien inaccessible ; 2,5 % pourrait être déjà bien payé…

 

 

 

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Persistance de la crise automobile européenne

Les ventes automobiles en zone euro se stabilisent à un bas niveau pour le deuxième mois consécutif en mars. Elles progressent en effet de seulement 0,2 %, soutenues par l’allègement temporaire des contraintes sanitaires en Allemagne et en Italie, avant de nouveaux resserrements, et par un énorme retard espagnol qu’il faut bien combler, du moins partiellement. Les ventes automobiles françaises baissent quant à elles de 1,7 % par rapport à février. Pour l’ensemble de la zone, le retard est toujours de 25 % par rapport à la période d’avant crise, avec un total de 701 000 véhicules vendus, contre plus de 900 000, voire parfois un million, en temps normal. L’Espagne est le pays le plus touché, avec des immatriculations inférieures de près de 40 % à celles du début d’année 2019. Bien que plus réduites ailleurs, les pertes ne semblent guère en phase de résorption rapide.

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Le secteur manufacturier allemand sauve les meubles en janvier

La production industrielle allemande a reculé de 2,5 % entre décembre et janvier, son premier accroc depuis mai 2020, du fait d’une chute de 12 % de la construction. Le secteur manufacturier n’accuse pour sa part qu’un repli de 0,5 %, loin d’être désastreux pour une période marquée par un confinement sans précédent, alors que les commandes de décembre laissaient entrevoir un début d’année compliqué et que la production du même mois a été révisée à la hausse. L’industrie allemande est donc globalement épargnée, quand bien même ses résultats sont à des lustres de ce que suggèrent les PMI.

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Déprime dans les services, espoir dans l’industrie, l’économie française piétine

L’indice de climat des affaires de l’INSEE recule d’un point, à 90, sous l’effet d’une baisse de 3 points de l’indicateur des services. Des chiffres qui reflètent toujours une situation sanitaire incertaine et l’impact des restrictions, rien de très nouveau de ce point de vue, donc, à ceci près que la place prépondérante du tertiaire dans l’économie française, plus importante notamment qu’en Allemagne, constitue un frein à la reprise. La situation est différente dans l’industrie, puisque, malgré un niveau toujours inférieur à sa moyenne de long terme, l’indicateur manufacturier poursuit son rattrapage et gagne un point, à un niveau proche de ceux d’avant crise, de 97. Reste que cette amélioration repose pour une bonne part sur des hypothèses très optimistes des industriels sur leur activité et leurs prix futurs. Mieux vaudrait pour cela que leurs commandes s’alignent sur ces attentes. Ce n’est pas encore le cas…

 

 

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