Postview BCE : En route vers l’hélicoptère ?

La BCE a choisi de réduire le risque au maximum en oeuvrant, comme elle l’avait laissé entendre, sur tous les fronts, quand bien même certains observateurs semblent déçus par l’ampleur de la baisse des taux de dépôt (10 pb contre 20 pb parfois escomptés) ou la taille de son QE, 20 mds contre 30 envisagés. La stratégie permet, certes, de réduire le risque de décevoir des marchés très gourmands mais a en contrepartie l’inconvénient de ne plus laisser beaucoup de marges de manœuvre, tout du moins parmi les outils non conventionnels devenus usuels. Or, à en juger par ses propres prévisions, la BCE semble bien peu convaincue de l’efficacité des mesures qu’elle nous annonce : son nouveau scénario n’envisage pas plus de 1.0% d’inflation a horizon 2020, après 1.2% pour cette année ! Autrement dit, l’assouplissement des conditions monétaires décidé aujourd’hui pourrait n’être que le début d’une longue série de nouvelles mesures a venir… Reste a savoir quel nouvel outil la BCE sortira de son chapeau. Sauf capacité de Mme Lagarde a faire bouger la Commission en direction d’initiatives budgétaires, l’hélicoptère pourrait ne pas être loin….

Gouvernance européenne : au-delà des noms…

Nous avions opté, à la veille des élections européennes, pour un titre provocateur : « Sans électrochoc salvateur, l’Europe se dirige droit dans le mur ». Après le fiasco des premiers rounds de négociations sur la désignation des responsables des postes-clés de la gouvernance de l’Europe, les nominations finales sont plutôt réconfortantes. L’électrochoc s’est-il produit ? On est tenté de le penser, comme semble d’ailleurs en témoigner l’écrasement du spread de taux d’intérêt italo-allemands depuis l’annonce des nominations de C. Lagarde et d’U. von der Leyen respectivement à la tête de la BCE et de la Commission.

Si ce point de départ rassure, le plus dur reste néanmoins à faire : il s’agit de sortir l’Europe de l’immobilisme de ces dernières années et de parvenir à atteler ses différentes parties à une ambition collective. C’est tout l’impératif de ce quinquennat au cours duquel il faudra raccrocher les wagons que la crise de ces dernières années a trop dispersés. Au-delà des chefs de file, les dissensions sont intenses entre les différents pays de la région et, contrairement à ce que l’on serait tenté de penser, un environnement international adverse n’est pas forcément synonyme de meilleure cohésion intra européenne. Si les chances de réussite existent, elles appelleront une détermination sans faille et un degré d’habileté que les conditions économiques difficiles en présence ne cesseront de challenger que ce soit sur le plan monétaire, financier ou budgétaire.

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Lagarde-Lane : deux partisans d’une mutualisation des dettes à la BCE ?

Les chefs d’État et de gouvernement européens ont fini par trouver un terrain d’entente autour de deux personnalités hors-jeu des discussions de ces dernières semaines pour les postes clés de la tête de la Commission et de la présidence de la BCE : Ursula von der Leyen, actuelle ministre allemande de la défense, prendra la tête de la Commission et Christine Lagarde, directrice générale du Fonds monétaire international, celle de la Banque centrale européenne. La surprise est grande d’un côté comme de l’autre et il faudra un certain temps pour prétendre envisager ce que signifient ces nominations pour l’avenir européen. La nomination de C. Lagarde à la tête de la BCE, avec à ses côtés P. Lane en tant que chef économiste, suggère néanmoins d’emblée de possibles ruptures dans la façon de mener la politique monétaire commune.

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