Enquêtes INSEE et IFO, une amélioration en trompe l’œil

Si la première réaction aux publications des enquêtes de l’INSEE et de l’IFO sur le climat des affaires a été celle d’un soulagement, après les PMI d’hier, leur analyse détaillée jette un sérieux coup de froid.
• Les bons résultats apparents en provenance de l’industrie manufacturière sont biaisés par la bonne tenue d’un nombre particulièrement limité de secteurs. Les commandes à l’industrie du transport hors automobile qui regroupe l’aéronautique et le naval, seule à réellement tirer son épingle du jeu de la conjoncture actuelle en France comme en Allemagne, grâce notamment à l’effort de réarmement. En cela rien de bien nouveau, ni par rapport aux trois derniers mois ni par rapport aux trois années écoulées, quand bien même la France se distingue quelque peu dans le secteur technologique, sans, non plus, produire des étincelles. Dans un tel contexte, les perspectives de production, mieux orientées, peinent à convaincre.
• Comme pour les PMI, les retours en provenance des services sont de piètre qualité, très négativement impactés en France par la chute du climat des affaires du tourisme, de l’immobilier et des services administratifs. Quand les activités de transport et de logistique concentrent outre-Rhin les effets les plus négatifs du ralentissement de l’activité économique, suivies par les activités administratives et, également, l’hôtellerie-restauration.

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Grandeur et démesure des capex – suite

C’était le thème de notre présentation du 11 décembre dernier, au cours de laquelle nous avions tenté de mettre en lumière les effets favorables des perspectives d’investissement sur les prévisions de croissance mondiale et les risques, simultanément assortis, de tensions sur les conditions de financement, les prix des matières premières et l’emploi, liés à un essor par trop rapide des capex dans les nouvelles technologies, IA en tout premier lieu.
Ces questions animent depuis le début de l’année les réflexions des économistes et les tendances de marchés, à juste titre, devenus de plus en plus sensibles à un sujet, bien placé pour dominer les développements économiques et financiers en 2026. Où en sommes-nous ? Que retirer des tendances en cours en matière de perspectives économiques et de stratégie d’investissement ?

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France-Allemagne, l’écart industriel se creuse davantage

En hausse de 1,9 % en septembre, la production manufacturière allemande offre quelques signes d’amélioration ce matin. A ce stade, néanmoins, ces résultats sont loin de compenser les pertes récentes, en particulier celle du mois d’août au cours duquel l’activité manufacturière s’était contractée de 4,7 %. Les commandes, bien que stabilisées, ne promettent pas, non plus, de reprise imminente de la production, laissant place à un diagnostic toujours très mitigé sur les perspectives industrielles Outre-Rhin. Le contraste avec les retours en provenance de l’Hexagone sont de fait saisissants. En septembre, la production manufacturière française s’est, en effet, améliorée de 0,9 %, ce qui, malgré sa contraction du mois précédent, porte à 2,4 % sa hausse en trois mois…

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L’aubaine pétrolière, le meilleur cap à la hausse des taux… avec l’emploi américain, bien sûr !

La perspective d’une baisse trop précoce des taux directeurs américains nous faisait redouter il y a peu une embardée des prix du pétrole et des matières premières à même de ranimer sans délai les tensions inflationnistes. La volte-face finalement imposée à J. Powell, contraint d’admettre le caractère inapproprié d’éventuelles baisses des taux directeurs en l’absence de meilleures garanties sur la trajectoire de l’inflation future, n’a pas tardé à faire son travail et à interrompre le mouvement de hausses des cours qui s’était enclenché entre février et mars sur la plupart des segments du marché mondial des matières premières.
C’est néanmoins du côté pétrolier que les ajustements ont été les plus importants avec un reflux des cours mondiaux de 8 % à 9 % en à peine un mois, à l’origine d’un retour de ceux du Brent de Mer du Nord aux environs de 83$-84$ début mai. Il s’agit d’une bonne chose, en l’occurrence l’une des meilleures nouvelles pour rassurer les marchés et banquiers centraux sur les tendances de l’inflation, susceptible d’imposer, par là-même, une limite à la hausse des taux futurs qui commençait à sérieusement questionner.
Bien qu’en apparence dangereusement simpliste, la relation entre l’évolution des cours du brut et celle des taux d’intérêt américains n’en reste pas moins très solide. Dès lors, de deux choses l’une :
– soit les cours du pétrole retrouvent sans tarder leurs niveaux, voire leur tendance ascendante du mois de mars, et les taux d’intérêt américains resteront tendus, voire monteront davantage ;
– soit les prix du baril s’installent durablement sur leurs niveaux présents, voire inférieurs, et le point haut des taux pourra, dans ce cas, être considéré comme dépassé.

Dans un contexte aussi incertain que l’actuel sur l’évolution à venir des taux d’intérêt, le défrichage de ce qui se passe sur le marché du pétrole semble, quoi qu’il en soit, incontournable.

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Constance du côté de J. Powell qui juge les résultats obtenus insuffisants, sans plus

Qui aurait pu imaginer autre discours de la part du président de la FED au vu des informations économiques de ces dernières semaines aux Etats-Unis ? J. Powell est donc apparu constant vendredi, lors de son allocution de Jackson Hole. Fidèles à ses propos de fin juillet et aux détails des minutes du dernier FOMC, les principaux points de son allocution se résument comme suit : (1)Les progrès sont là sur les fronts de l’inflation, des salaires, du marché de l’emploi et de la demande, et la politique restrictive en place devrait permettre d’obtenir davantage de résultats. Mais ceux-ci seront, peut-être, insuffisants, auquel cas, la FED se tient prête à relever davantage le niveau de ses taux directeurs. (2)L’économie doit évoluer sous son potentiel pour consolider ces résutlats. Ce n’est pas le cas et cela nécessitera le maintien de conditions durablement restrictives pour y parvenir et infléchir, notamment, l’inflation des services hors loyers. A ce titre, l’accélération récente de la croissance au-dessus du potentiel est un sujet d’insatisfaction. (3) 2 % est, et reste, l’objectif d’inflation de la FED et n’est pas négociable. J.Powell est apparu factuel, ni particulièrement faucon ou colombe, ce qui explique sans doute les errements des marchés, lesquels ont, selon, privilégié l’apaisement permis par sa constance, ou l’inquiétude suggérée par sa fermeté. Le rendement des T-Notes à 2 ans qui avait déjà franchi les 5 % la veille a peu réagi, les taux à 10 ans ont conservé leur niveau de 4,25 % et le dollar a, sans conviction, grapillé 0,2 %.

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Début ou fin de cycle économique ? L’aplatissement de la courbe des taux force la question.

L’ère industrielle s’est caractérisée depuis ses débuts par une succession de cycles au cours desquels les phases de croissance ont alterné avec des récessions plus ou moins profondes mais toujours suivies de reprise et de plusieurs années d’expansion. La recherche des raisons de cette instabilité a occupé des générations d’économistes qui, souvent, l’ont expliquée par le cycle d’investissement de capacités. À la fin des années quatre-vingt est apparue l’idée que l’essor des activités de services, dont le parcours est beaucoup moins heurté, pourrait avoir un effet régulateur sur la conjoncture et réduire la fréquence des récessions. Puis, les banques centrales ont gagné leur indépendance et ont pris la main sur ces questions, faisant des cycles une affaire principalement monétaire : l’ajustement des taux d’intérêt au fur et à mesure de l’avancée de la croissance préviendrait les risques de résurgence de l’inflation et l’occurrence des crises de conjoncture. De fait, les effets dépressifs des durcissements monétaires réduisaient les tensions sur les capacités et offraient, en retour, la possibilité de desserrer la contrainte monétaire et de réamorcer une nouvelle phase d’expansion. Les récessions devenaient des respirations nécessaires à la stabilité de long terme et les économistes ne se sont plus guère souciés d’autres déterminants des cycles.

La crise de 2020, malgré ses particularités, a produit des effets comparables : profonde récession et ajustements monétaires radicaux en ont résulté. Il était, dès lors, tentant de conclure qu’il suffirait que l’épidémie libère le terrain pour que débute un nouveau cycle de croissance, d’autant plus vigoureux que les privations avaient été nombreuses durant la crise sanitaire et que les promesses d’investissement semblaient au rendez-vous. Cohérente avec cette vision, la courbe des taux d’intérêt s’est pentifiée, comme elle le fait traditionnellement dans les premiers temps d’une reprise cyclique… Jusqu’au moment où l’anticipation d’une hausse du loyer de l’argent, pourtant, à ce point, normale, vienne casser ce mouvement. Dès lors plus rien ne semble cadrer avec le schéma de reprise privilégié. Qu’a-t-on raté et qu’en déduire ?

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L’économie américaine aurait créé 271 000 emplois en décembre, selon l’ADP

Voilà un chiffre qui ne laissera pas les marchés insensibles à la veille du rapport officiel sur l’emploi américain du mois de décembre. Selon l’ADP, les créations d’emplois privés auraient atteint 271 K, un chiffre très au-dessus des attentes mais également le plus fort depuis janvier 2017, après 179 K en novembre.

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Place aux jeunes ! Les inégalités intergénérationnelles au cœur du risque politique

Derrière la montée des inégalités se cachent des disparités intergénérationnelles profondes que les responsables politiques ont laissé se développer dans des proportions insoutenables ces dernières années dans l’ensemble des pays développés et dont les plus jeunes générations sont les premières victimes.

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