L’inflation américaine, toujours plus haute, à quelques jours du FOMC…

L’inflation américaine continue d’accélérer en novembre et gagne 0,6 point, à 6,8 % en glissement annuel, à raison d’une hausse mensuelle de 0,8 % (CVS), à peine moins élevée que celle d’octobre (0,9 %). Les effets attendus du recul des prix du pétrole n’ont pas eu lieu ; l’inflation énergétique passe de 30 % à 33 % l’an. Idem pour les véhicules d’occasion dont l’indice des prix atteint un nouveau plus haut, ce qui contribue à enfler d’un point l’inflation annuelle des biens, à +9,4 %. Les prix alimentaires ajoutent encore à ces effets et remontent de 5,3 % à 6,1 % l’an. Quant aux prix des services, leur accélération est plus limitée mais l’indice progresse de 3,4 % sur un an, soit un dixième de point de plus qu’en octobre, notamment, sous l’effet de l’accélération des loyers. Preuve, cependant, d’une diffusion de plus en plus large, la composante sous-jacente hors immobilier et véhicules d’occasion atteint 4,1 %, contre 4 % le mois dernier.

 

 

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Les commandes allemandes flanchent et devraient calmer les faucons à la BCE

Les commandes avaient constitué jusqu’ici les rares signaux positifs en provenance de l’industrie allemande, continuant de progresser fortement jusqu’en juillet, au contraire de la production. Leur tendance s’est inversée depuis avec successivement un repli de quasiment 9 % en août, un léger rebond de 1,3 % en septembre et une nouvelle forte chute de 6,9 % en octobre. Si ce chiffre s’explique en partie par des éléments considérés comme exceptionnels par l’institut allemand, il n’en souligne pas moins l’extrême détérioration de la situation outre-Rhin, une tendance qui n’est pas prête de s’inverser sous peu à en juger par le contexte en présence, même si la production attendue demain pourrait rebondir temporairement.

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Emploi américain, ça se complique pour la FED et ça rappelle de plus en plus 2018…

Mauvaise surprise sur le front de l’emploi américain en nombre avec 210 K créations de postes seulement. Il s’agit du plus mauvais résultat mensuel depuis le début de l’année, malgré un déficit d’emplois de près de 4 millions par rapport à février 2020. Si, jusqu’à présent, le président de la FED s’est montré assez hermétique aux risques associés à la résurgence de l’épidémie, cette déception est un sérieux rappel à l’ordre, susceptible de le faire douter de sa nouvelle posture. Sauf qu’à force de changer d’avis, le président de la FED risque bel bien d’y perdre son latin ou d’apparaître comme une girouette, d’autant que la nouvelle baisse du taux de chômage de 4,6 % à 4,2 % en un mois, risque fort de servir le discours des faucons…

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La production industrielle française retrouve ses niveaux de 2015, égaux à 2010

0,9 %, telle est la progression de la production industrielle et manufacturière en France en octobre. C’est certes mieux que le mois précédent, au cours duquel l’activité s’était respectivement repliée de 1,5 % et 1,6 %, mais là réside l’essentiel des bonnes nouvelles. Pour le reste, le mois d’octobre ne parvient pas à faire remonter la production à son niveau d’août et laisse encore un trou de 3 % par rapport à ce qu’elle était en décembre 2019. Quant au secteur du transport, seul à afficher une forte progression de 8 % en octobre, ce n’est pas à l’automobile qu’il la doit mais à l’aéronautique et à l’industrie navale ce qui suffit tout juste à lui faire retrouver son niveau d’août, avec un retard de 24 % par rapport à l’avant crise… Avec un acquis de seulement 0,2 % pour le dernier trimestre de l’année, les chances que l’industrie participe à la croissance de la fin de l’année sont pour le moins réduites.

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Le Beige book, bien que moins enthousiaste que l’ISM, ne devrait pas retenir la FED

Les retours du Beige book de la FED sont assurément plus nuancés sur la croissance que ceux en provenance de l’ISM manufacturier qui a enthousiasmé les marchés en milieu d’après-midi mercredi. Encore une fois, cette dernière enquête ne sera vraisemblablement pas suivie par une amélioration effective de l’activité manufacturière, à en juger par ce qui nous revient des différents districts.

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Vers une forte révision du scénario de la BCE, après l’inflation allemande

En attendant la France, l’Italie et la zone euro dans son ensemble, les données publiées aujourd’hui en Allemagne et en Espagne pointent vers une très probable accélération notable de l’inflation de la zone euro en novembre. L’évolution annuelle des prix à la consommation a atteint 5,2 % outre-Rhin et 5,6 % de l’autre côté des Pyrénées, selon les indices nationaux. L’indice harmonisé allemand grimpe même à 6 %, conformément aux anticipations de la Bundesbank. Fait nouveau par rapport à ces derniers mois, les évolutions mensuelles font apparaître de légères tensions sur les prix sous-jacents dans la plus grande économie de la région. En résumé, comme ailleurs, l’inflation est là pour durer, au moins, un peu plus longtemps que prévu. Avec une fin d’année, aux environs de 4,8 % pour l’ensemble de la zone euro, les perspectives pour 2022 sont particulièrement impactées. La BCE, qui prévoyait encore en septembre une inflation à 1,7 % seulement en moyenne l’an prochain, n’aura d’autre choix que de réviser très substantiellement son scénario début décembre.

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L’inflation arrive en France

A première vue, les nouvelles en provenance des enquêtes INSEE sont bonnes, l’indicateur composite passe de 112 à 113, avec une nouvelle hausse de ses principales composantes. Ces chiffres rassurent quant à la croissance au quatrième trimestre, surtout comparés à l’IFO allemand qui enregistre sa cinquième baisse consécutive. Mais c’est ailleurs que se trouve la principale information de l’enquête du mois de novembre, en l’occurrence du côté des perspectives de prix des entreprises qui s’envolent littéralement, à hauteur de 4 points dans les services mais, surtout, de 20 points dans l’industrie, pour atteindre un solde d’opinions de 45,8 %, un plus haut inédit. Le verdict est sans appel : les entreprises ne peuvent plus faire face à leurs hausses de coûts. De quoi accroitre le risque d’une inflation plus persistante et pousser la BCE à revoir sa copie, peut-être plus rapidement que prévu.

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Les PMI, fonction de réaction des banques centrales ?

Markit ne semble pas loin de le penser vu certains de ses commentaires. Il est vrai que Mme Lagarde a souvent mentionné les PMI lors de ses interventions. Curieuse fascination à l’égard de ces indicateurs, qui, s’il sont devenus fétiches pour les marchés, n’ont jamais été aussi peu utiles pour ce qui est d’aider à anticiper la conjoncture. Considérablement biaisés par les effets de base qui font que toute comparaison avec l’année dernière est, en effet, très favorable, les PMI ont été particulièrement robustes cette année et le restent. Étonnant ? Pas vraiment si l’on sait que ces enquêtes sont menées auprès de directeurs d’achats dont la référence n’est pas le mois précédent mais le même mois des années passées ; on se rappelle quelles étaient encore les conditions en novembre 2020, ne serait-ce qu’en termes de mobilité. Les PMI vivent donc leur vie et l’économie vit la sienne comme illustré ci-dessous dans le cas américain, non éloigné de l’européen. Alors peu importent les PMI ? Pas si sûr si les banques centrales tombent dans le panneau, ce qui pourrait effectivement changer la donne, compte-tenu des retours de ces mêmes enquêtes au sujet de l’inflation.

 

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