Après les PMI, retour sur terre avec les enquêtes INSEE et IFO

C’est une douche froide après l’enthousiasme suscité hier par la publication des PMI sur les marchés boursiers. Les résultats des enquêtes nationales de l’INSEE en France et de l’IFO en Allemagne ne soufflent pas le même air, en effet. Si ces deux sources confirment l’amélioration incontestable de la situation par rapport à ces derniers mois, les niveaux des indicateurs synthétiques de climat des affaires et, surtout, le détail de ces enquêtes ne renvoient assurément pas le même message. De part et d’autre du Rhin, les perspectives des chefs d’entreprises s’améliorent, c’est indéniable. On aimerait cependant retrouver du côté de leurs commandes des évolutions plus en phase avec ce mouvement. Or, tel n’est guère le cas, comme illustré par le graphique ci-dessous dans l’industrie française dans lequel on peine à trouver une quelconque hausse significative de l’opinion sur les ordres depuis leurs points bas d’avril.

 

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L’Allemagne, moins touchée par l’épidémie mais première victime économique du Covid ?

Les indicateurs de climat des affaires de la Commission européenne sont, comme attendu, en forte chute en avril, avec un indice de sentiment économique pour la zone euro en chute de 27 points, à 67, un plus bas de 11 ans. L’effondrement de la confiance dans les services explique dans une large mesure ce résultat ; à -35, l’indice du secteur tombe à un plus bas niveau depuis les débuts de l’enquête, comme c’est également le cas pour le commerce de détail. L’industrie s’en sort moins mal et n’est pas encore tombée à son niveau de 2009, notamment parce qu’il a fallu faire face à l’absence des Chinois jusqu’à la mi-mars. L’ajustement dans la construction est violent mais sans commune mesure pour l’instant avec un indice de confiance encore au-dessus de sa moyenne de long terme, quand bien même, en fort repli. Mais c’est ailleurs que les résultats de cette enquête surprennent, en l’occurrence dans la comparaison entre les différents pays de la région, tout particulièrement le choc très important que semble subir l’économie allemande qui, selon cette enquête, serait beaucoup plus affectée que les autres économies, notamment la France, par la crise en présence.

 

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L’industrie allemande tient encore mais, manifestement, plus pour longtemps

L’activité industrielle a de nouveau progressé en Allemagne en février après un bond mensuel de plus de 3 % en janvier. Industrie totale hors construction et manufacturière sont ressorties en hausse de 0,5 %. L’épidémie de coronavirus a donc continué de profiter aux industriels outre-Rhin, conséquence principalement de la paralysie de l’économie chinoise avant la propagation de l’épidémie au reste du monde courant mars. La substitution des industriels allemands à leur concurrents chinois pourrait se solder par une hausse de l’activité industrielle au premier trimestre 2020, après six trimestres consécutifs de baisse, tant l’avance prise est importante. Quoiqu’il en soit, la suite de l’histoire se présente assurément sous un autre jour, tant pour l’industrie que pour les services, lesquels signalent d’ores et déjà une très nette détérioration de la conjoncture avec, à la clé une récession exceptionnelle.

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Des nouvelles du front économique

Les nouvelles économiques nous arrivent d’un peu partout et confirment la brutalité du choc planétaire provoqué par les mesures de prévention face à l’épidémie de coronavirus. Sans surprise, la dégradation est exceptionnelle qu’il s’agisse des données asiatiques de la nuit, de celles d’Allemagne ce matin ou des inscriptions hebdomadaires au chômage aux États-Unis cet après-midi. Si les résultats de l’enquête INSEE semblent mieux résister que ceux d’ailleurs, ils décrivent cependant un brutal changement de décor tandis que leurs détails offrent une idée de la hiérarchie de l’exposition des différentes branches d’activité aux mesures de confinement.

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IFO : l’Allemagne en récession

Sans surprise, et dans la foulée du ZEW, les chiffres IFO de climat des affaires connaissent leur plus lourde chute depuis 2005. L’indicateur global passe ainsi de 96 à 87,7. Plus encore que l’indicateur de situation courante, qui ne perd « que » 5 points, à 93,8, c’est le recul des perspectives qui frappe : -11 points à 82, 3 points seulement au-dessus du plus bas de décembre 2008. En revanche, les détails sectoriels nous montrent quelques disparités, avec des services qui dévissent franchement.

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L’Allemagne profite de la paralysie de l’économie chinoise

Les PMI nous avaient mis la puce à l’oreille en début de semaine (voir PMI la paralysie de la Chine a-t-elle profité au reste du monde en février?), les commandes à l’industrie allemande publiées à l’instant semblent le confirmer : les industriels allemands ont probablement tiré les bénéfices de l’impossibilité des entreprises chinoises à fournir leurs clients, avec pour résultat, un rebond de 5,5% de leurs commandes en janvier dont l’origine provient exclusivement des commandes étrangères.

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Climats des affaires européens : grand calme avant une vraisemblable tempête

Le coronavirus se propage et, en même temps, les prévisions économiques alarmantes, aussi bien pour le tourisme que pour l’automobile, le luxe ou l’industrie européenne. À ce stade néanmoins, rien de tangible ne ressort des enquêtes auprès des professionnels. En Allemagne comme en France, de légères hausses des indicateurs du climat des affaires sont mêmes enregistrées en février…

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ZEW : deux pas en avant, un pas en arrière

Le ZEW hésite : sans effacer les hausses du mois dernier, les indicateurs des perspectives et des conditions courantes rechutent en février, à 8,7 et -15,7 respectivement. La moyenne des deux composantes, à -3,5 après 8,6, n’aura passé qu’un petit mois en zone positive. L’inquiétude liée au coronavirus explique pour une bonne part ce décrochage exacerbé par la rechute des ventes automobiles en début d’année.

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