L’emploi US souffle sur les braises des taux, Kashkari apaise : il y a des chômeurs cachés

Après sa baisse en décembre et les médiocres chiffres de janvier, l’emploi américain s’est repris en février avec 379 000 postes créés, selon le rapport officiel, nettement mieux que ne le laissaient présager les 117 000 emplois privés du rapport de l’ADP. Il n’en fallait pas plus aux marchés de taux pour s’emballer et propulser temporairement les taux à 10 ans au-delà de 1,6 % et les 30 ans vers 2,34 %. Heureusement, la FED est là. Après J. Powell hier, Kashkari a pris la parole aujourd’hui pour rappeler que le vrai taux de chômage était plus proche de 9,5 % que des 6,2 % de février, en repli d’un dixième par rapport à janvier. Entendez, la FED ne va pas changer son fusil d’épaule du fait d’un chiffre qui cache une réalité nettement moins favorable. Bref, les actions américaines retrouvent le moral et échapperont sans doute à une nouvelle clôture hebdomadaire dans le rouge.  De fait, la partie n’est pas gagnée. Même après les chiffres de février, le déficit de salariés par rapport à février 2021 est encore de près de 9,5 millions, en cela la situation n’a pas vraiment évolué et, au rythme de février, 22 mois seraient nécessaires pour retrouver les conditions d’avant crise.

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La partie n’est pas gagnée aux Etats-Unis

Après les bons chiffres de ventes de détail publiés hier, ceux du jour rappellent que rien n’est encore joué outre-Atlantique. Repli de l’indicateur de confiance de la Fed de Philadelphie, nouvelle remontée des inscriptions au chômage et baisse des mises en chantiers de logements témoignent, chacun à leur mesure, de l’instabilité ou des risques en présence.

 

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Economie américaine : le compte n’y est, toujours, pas

  • Dans un environnement marqué depuis des mois par une montée des inquiétudes les plus graves, la tendance à faire la part belle aux bonnes surprises est assez légitime. Reste aux économistes la tâche ingrate de rappeler à la juste raison. L’économie américaine a délivré des signes encourageants ces derniers mois : reprise immobilière, remontée de la confiance des ménages et, enfin, de bonnes nouvelles sur le front du chômage ces derniers jours. Elle n’en est pas, pour autant, sortie du bois :
  • Le taux de chômage est revenu sur ses plus bas niveaux depuis 2008. Plus préoccupant est toutefois le constat que l’emploi privé n’a toujours pas retrouvé son niveau de 2001. À ce titre, l’économie américaine n’a donc pas fait mieux que l’économie française depuis onze ans !
  • La reprise immobilière est en marche, c’est incontestable et tout laisse penser que cette amélioration se prolongera. Les ressorts de la demande restent toutefois très endommagés par la détérioration du contexte économique de ces dernières années et la capacité du secteur à entraîner le reste de l’économie est sérieusement érodée.
  • Les profits des sociétés américaines se situent à un niveau historiquement élevé. La décélération des gains de productivité a néanmoins sensiblement ralenti la croissance des bénéfices ces derniers trimestres de sorte que les développements sur le front de l’investissement productif sont, en tout état de cause, très décevants. 
  • Enfin, s’il est entendu que le pragmatisme américain devrait permettre de repousser les échéances en matière de rééquilibrage budgétaire, limitant de la sorte le risque conjoncturel associé au « fiscal cliff », il n’en reste pas moins que l’état des finances publiques américaines est alarmant et que les négociations à venir viendront mettre l’accent sur un des points les plus préoccupants de la situation du pays.

L’ensemble n’incite guère à la confiance aveugle qui semble à nouveau tenter de nombreux esprits. Les ressorts structurels de la croissance américaine ont été largement entamés par la crise. Il faudra assurément du temps avant que la première économie mondiale retrouve le chemin d’une croissance suffisamment solide pour évacuer les risques de nouvelles ruptures conjoncturelles et, davantage encore, pour qu’elle puisse jouer le rôle de locomotive susceptible de tracter le reste de l’économie mondiale. À 1,3 %, notre prévision de croissance pour l’année 2013, bien que nettement en-deçà du consensus (2 % en octobre), n’a pas de raison d’être modifiée.  Lire la suite…