Aux Etats-Unis, février aura été médiocre

Chute des ventes automobiles, repli du rythme de créations d’emplois et baisse surprise de l’ISM non-manufacturier. Les données américaines du mois de février ont apporté leur lot de déceptions que, dans l’ensemble, ne dément pas le Beige Book de la FED sur la situation à mi-mois. Si les conditions climatiques extrêmes n’ont pas aidé, elles ne semblent pas expliquer l’essentiel de ces mauvais chiffres, pas plus d’ailleurs que les ruptures d’approvisionnement qui ont affecté l’industrie. Les restrictions liées au contexte sanitaire mais, plus encore, l’impact de la hausse des prix sur la demande et les marges des entreprises, sont des raisons plus convaincantes à ces déconvenues. À trop voir midi à leur porte, il se pourrait bien, qu’à coup de spéculation effrénée sur les matières premières, les marchés finissent par refermer la porte de la reflation.

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ISM/PMI américains, ça monte ou ça descend ?

Écarts de méthodes, écarts d’historiques, biais sensoriels… Les résultats d’enquêtes auprès des professionnels n’aident pas toujours à y voir plus clair sur la situation économique. PMI des services et ISM non-manufacturier américains du mois de novembre en sont une belle illustration. Le premier, en hausse en première estimation a été révisé plus haut encore aujourd’hui, à 58,4 points, un niveau qu’il n’avait pas connu depuis mars 2015 qui marque également une franche accélération depuis juin lorsqu’il n’était qu’à 47,9 points. L’ISM non-manufacturier s’est, à l’inverse replié pour le deuxième mois consécutif pour terminer à un niveau inférieur à celui de juin alors qu’il était déjà à 57,1 points… On pourrait s’en tirer en considérant que les deux indicateurs convergent peu ou prou mais, on le sait, la tendance vaut souvent plus que le niveau absolu et, pour le coup les deux tendances racontent deux histoires bien différentes. Alors l’économie américaine est-elle en phase d’accélération ou de décélération ?

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Au contraire du PMI, l’ISM manufacturier plafonne

La robustesse du PMI manufacturier avait surpris la semaine dernière ; les résultats de l’enquête ISM sont plus conformes à notre appréciation sur la situation conjoncturelle américaine. Le repli de l’indice est limité en novembre, à 57,5 points contre 59,3 en octobre et aurait pu passer inaperçu sans le plafonnement de ses composantes sous-jacentes. Mais ces dernières piétinent depuis le milieu de l’été et la tendance ressemble à s’y méprendre à un début de retournement. Il n’y a en cela rien de bien surprenant, à en juger par la dégradation de la situation sanitaire et, Thanksgiving passé, décembre pourrait être plus compromis. Insensibles à la nouvelle, les marchés pourraient être un peu plus perturbés si, d’aventure, les messages en provenance de l’ISM non-manufacturier attendu jeudi, venaient à être du même tonneau.

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Statistiques américaines, du pareil au même

L’ISM non-manufacturier s’est ressaisi en octobre, remontant de 52,6 à 54,7 points, au-delà des attentes des économistes de marché. Pour ceux qui veulent croire à un point bas de la conjoncture américaine, cette statistique viendra s’ajouter à la liste des données de ces derniers jours : PIB et emplois à la fin de la semaine dernière notamment. Tout comme ces dernières statistiques, néanmoins, la lecture que l’on peut faire de l’indice ISM est variable. Replacé dans la perspective des dernières années, le chiffre d’aujourd’hui est juste médiocre et ne remet aucunement en cause la tendance au tassement de l’activité observée depuis le début de l’année. Les économistes ont coutume, pour se prémunir du risque de surinterpréter des mouvements liés à la volatilité normale des séries statistiques, d’analyser les tendances lissées sur deux ou, plus traditionnellement, trois mois. En l’occurrence, ici, la moyenne mobile sur 3 mois ne donne aucun signal interprétable compte-tenu du caractère très réduit de son redressement. Ce constat n’exclut pas que septembre 2019 puisse se révéler in fine le point bas de l’ISM non-manufacturier mais cette enquête ne nous le dit pas.

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À voir les indicateurs récents, il sera difficile à J. Powell de stopper la baisse de ses taux

La communication de J. Powell et les prévisions de taux d’intérêt de la FED post-FOMC du 18 septembre suggéraient un arrêt de la baisse des taux des Fed Funds. Selon le président de la FED, le nécessaire aurait été fait pour satisfaire à l’ajustement de milieu de cycle requis par la situation en présence et le prochain mouvement était supposé être à la hausse, quand bien même à un terme assez éloigné. Les marchés, qui n’avaient pas pris pour argent comptant ce scénario dans un premier temps, ont progressivement revu leur copie en même temps que germait, à nouveau, l’espoir d’un possible accord commercial avec la Chine. La nouvelle baisse de l’indice ISM manufacturier du mois de septembre pourrait bien changer la donne.

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Surpris par la chute de l’ISM manufacturier américain, vraiment ?

S’il est vrai que le chiffre est tombé bien en-dessous des attentes, c’est que ces dernières étaient une nouvelle fois bien conciliantes. On se demande bien par quel miracle, en effet, la statistique aurait pu éviter une nouvelle correction dans le contexte en présence, simultanément marqué par :

  • une récession industrielle mondiale ;
  • une hausse du dollar ;
  • une faiblesse persistante de la croissance de la demande américaine, que ce soit en provenance des entreprises (investissement) ou des ménages ;
  • un degré d’incertitude que les tweets de D. Trump et l’escalade dans la guerre commerciale poussent à son paroxysme….

Non, la politique de D. Trump n’est pas en mesure de protéger l’industrie américaine des dégâts qu’elle occasionne dans le reste du monde ni ses consommateurs, qui ne seront pas mieux armés pour faire face à la remontée des tarifs, avec ou sans repli des taux d’intérêt.

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Production industrielle américaine versus ISM ; deux mondes

Une nouvelle fois, les données de production manufacturière américaine déçoivent. En hausse de 0,2 % août, il est vrai que le chiffre est bien éloigné des espoirs suscités par les résultats des dernières enquêtes auprès des industriels, notamment l’ISM manufacturier, récemment publié à un niveau record depuis mai 2004, de 61,3 points.

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Inflation : guerre commerciale vs. guerre des changes

Les anticipations d’inflation sont jusqu’à présent restées insensibles aux menaces de guerre commerciale, continuant à pointer vers moins d’inflation à court et moyen terme pour l’ensemble des économies occidentales. Les différends commerciaux se muant progressivement en guerre des changes, c’est sans doute les évolutions des taux de change qui rebattront les cartes sur l’inflation. Force est de constater que le dollar et l’euro s’apprécient. Dès lors, l’hypothèse de repentification de la courbe de Phillips, sous-jacente au scénario de hausse de l’inflation de la BCE, paraît audacieuse (article: Inflation & courbe de Phillips, le pari optimiste de la BCE). Dans le cas des Etats-Unis, dollar et hausse des tarifs douaniers semblent former un jeu à somme nulle (article: Guerre commerciale : quel impact sur l’inflation américaine ?). À moins d’un possible choc fiscal comme en France (article: France : Hausse de TVA ?), le risque sur l’inflation reste à la baisse.

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