Qu’est-ce qui pourrait changer en Allemagne, à part le nom du chancelier, après les élections?

Mme Merkel ne devrait plus rester longtemps à son poste ; le temps que les électeurs allemands votent et que les forces en présence s’accordent sur la composition du nouveau gouvernement. La première étape se déroulera dimanche ; la deuxième pourrait prendre beaucoup plus de temps. De la coalition qui émanera de ces tractations dépendront les pronostics sur l’orientation à venir de la politique allemande : sur le double front fiscal et social, sur le dilemme industrie/environnement et sur la posture du pays en matière européenne. A l’heure actuelle, le SPD d’Olaf Scholtz ne dépasse que d’une courte tête la CDU-CSU d’Armin Laschet ; l’incertitude est donc entière sur le parti qui dirigera la future coalition et le nom du nouveau dirigeant de la première économie européenne. Après une longue phase d’immobilisme qu’auront marqué les deux derniers mandats de Mme Merkel, les espoirs de changements sont importants. Le risque d’une coalition trop disparate pour satisfaire ces attentes domine et poserait avec plus d’acuité encore la question de la capacité de l’Allemagne à faire face aux grands défis qui l’attendent, au premier rang desquels, celui de son déclin économique relatif programmé.

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La production allemande reprend 1 % en juillet : c’est pas cher la reprise !

En juillet, la production industrielle allemande a progressé de 1 % et de 1,3 % pour sa composante manufacturière ; un chiffre plutôt bienvenu après 3 mois de baisses consécutives, bien que toujours très en retrait des attentes du consensus sur la croissance allemande. L’activité manufacturière accuse une perte de 2% depuis le début de l’année et un déclin de près de 12% depuis son point haut de novembre 2017. Malgré des résultats plus encourageants que le détail des commandes publié hier, en particulier du côté de l’automobile et des biens d’équipement, ce rapport peine à convaincre d’une reprise à la hauteur des espoirs, au moment où, précisément, les indicateurs avancés du climat des affaires plafonnent.

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La croissance allemande en ballotage défavorable

Contrairement aux autres pays européens, qui connaitront, a priori, une croissance automatiquement 2021 forte du fait d’acquis très importants en fin d’année dernière, l’Allemagne devra enregistrer une accélération notable de son PIB aux troisième et quatrième trimestres, pour se conformer aux prévisions de croissance du consensus, autour de 3,5 %. Tel n’est pas, cependant, le chemin pris par la première économie de la zone euro. Alors que la production industrielle est en repli de 3,5 % depuis décembre 2020, les indicateurs du climat des affaires publiés ces dernières temps préfigurent tous un nouveau ralentissement de l’activité, doublement heurtée par les difficultés industrielles et la recrudescence de l’épidémie de Covid. L’indicateur IFO est retombé de 100,7 à 99,4 ce mois-ci, sous l’effet d’une nouvelle baisse significative des perspectives que ne peut compenser la très légère amélioration de l’opinion sur les conditions courantes. Voilà qui annonce un troisième trimestre en demi-teinte peu compatible avec les prévisions en présence.

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En attendant le tapering : la reflation rattrapée par le Delta, la Chine et… l’Afghanistan

Le scénario reflationniste a du plomb dans l’aile à la suite de données globalement décevantes publiées cet été. Tombé à zéro en août, notre baromètre macroéonomique global est à un plus bas depuis avril 2020. Après une accélération du PIB au T2, les indicateurs Chinois se sont nettement détériorés. Aux Etats-Unis, les mesures de soutien maintiennent l’économie à flot mais leurs effets s’enrayent dès qu’elles s’arrêtent, les développements sur le marché de l’emploi demeurent insatisfaisants et l’inflation rogne le pouvoir d’achat des ménages. En Europe, la locomotive industrielle allemande est en panne. Outre une conjoncture fragile et une situation sanitaire toujours dégradée, les enjeux géopolitiques et climatiques reviennent sur le devant de la scène, apportant leur lot d’incertitudes.
Dans ce contexte, les questionnements persistent quant aux politiques des banques centrales. De plus en plus de membres de la FED préconisent un changement de cap avec l’amorce d’un tapering imminent. J. Powell devrait temporiser et éviter de se prononcer dès Jackson Hole. En Europe, les déceptions économiques, la faible inflation sous-jacente et le haut niveau de l’euro laissent à C. Lagarde des marges pour s’opposer aux frugaux….
Aux incertitudes sanitaires et aux déceptions économiques s’ajoute dorénavant l’onde de choc afghane, aux conséquences assez largement imprévisibles mais, certainement, malvenues dans un contexte géopolitique de plus en plus menaçant. La rentrée se présente décidément sous un jour compliqué.

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La reprise de l’industrie allemande en suspens

La production industrielle allemande a reflué de 0,3 % en avril, à raison de 0,6 % pour sa seule partie manufacturière. Malgré des effets de base stratosphériques qui propulsent l’évolution sur 12 mois à +34 %, ces données sont médiocres, avec un retard de 3 % par rapport aux niveaux d’avant crise, parmi les plus important du monde développé. Il est vrai que la situation sanitaire n’a pas aidé le secteur outre-Rhin, comme l’a montré hier le fort recul des commandes domestiques en avril. On attendait cependant un soutien un peu plus significatif à l’exportation, lequel manifestement n’a pas été au rendez-vous. La levée des restrictions sanitaires ces dernières semaines permettra probablement une nette reprise dans les mois à venir. Compenser plus d’un an de sous-régime ne se fait cependant pas du jour au lendemain, surtout pour une économie qui montrait déjà des signes évidents de faiblesse bien avant la pandémie.

 

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L’IFO allemand, moins gourmand qu’il n’y paraît…

En mars, l’indice IFO du climat des affaires allemand a retrouvé ses niveaux de février 2020, avec une hausse de quatre points, à 97, assez comparable à celle observée pour l’indicateur INSEE publié hier en France. Pour la première fois depuis deux ans et demi, l’indicateur des perspectives atteint la barre des 100, tandis que celui sur les conditions courantes reste bas, à 93, quoiqu’en hausse de plus de deux points. À première vue, une excellente nouvelle. Avec une telle accélération, le climat des affaires allemand est incontestablement prometteur pour la croissance à venir : l’indice a pris plus de dix points par rapport à son niveau de mars 2020, ce qui devrait être en phase avec une croissance du PIB réel de 6 % à 8 % l’an. Problème, l’acquis est déjà supérieur. En effet, il suffirait que le PIB stagne au cours des trimestres à venir pour voir sa croissance caracoler à quasiment 9 % l’an au deuxième trimestre. De là à dire que les indicateurs supposés avancés sont en retard sur la réalité statistique, il n’y a qu’un pas. Nous nous contenterons de réitérer notre message sur la nécessaire prudence à l’égard des conclusions à tirer d’indicateurs considérablement déformés par des effets de base sans précédent.

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L’IFO du même tonneau que les PMI

Le climat des affaires allemand s’améliore légèrement entre janvier et février.  L’indicateur composite de l’IFO passe de 90 à 92, avec une progression des perspectives de l’ordre de trois points, légèrement plus marquée que celle des conditions courantes, qui regagnent seulement un peu plus d’un point. Dans la lignée des PMI de vendredi, l’explication à cette hausse est à chercher du côté de l’industrie, les autres secteurs demeurant à la traine, malgré un très léger mieux. Comme dans le cas de Markit, ces chiffres interrogent. Le détail sectoriel de l’enquête IFO, publié demain, pourrait permettre d’y voir plus clair.

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