Le haut niveau d’endettement de la Chine exige des résultats que le pays ne fournit plus…

Apprécier l’importance des déceptions en provenance de l’économie chinoise n’est jamais chose aisée tant l’appareil statistique à disposition est restreint et tant les progrès de l’Empire du milieu peuvent, malgré tout, paraître, dans bien des domaines, spectaculaires, en particulier vus de la vieille Europe. La Chine, non seulement, fascine mais est incontournable, entend-on de plus en plus souvent, face à l’attitude qui consiste, souvent, à fermer les yeux sur les développements récents les plus préoccupants qui l’entourent. De fait, avec l’inclusion des actions et obligations du pays dans la plupart des grands indices de référence globaux, jamais les actifs chinois n’ont suscité autant d’intérêt auprès des investisseurs étrangers qu’au cours de l’année écoulée. Le mouvement a été d’autant plus fort que l’écart de rendement entre la Chine et le monde développé s’est creusé et que la tendance à la hausse du Renminbi qui en a résulté a rendu les actifs locaux plus attrayants. Et pourtant, non seulement les actions chinoises ont largement sous performé celles du reste du monde mais le marché obligataire est aujourd’hui confronté à l’inévitable : le risque de faillite d’une entreprise emblématique de la surenchère immobilière de ces dernières années, le mastodonte Evergrande dont la dette avoisine 290 mds de dollars et dont la chute pourrait avoir des retentissements mondiaux. La Chine s’est endettée comme aucune économie ne l’avait fait avant elle. Régulièrement objet d’inquiétudes, cette situation n’a donné lieu à aucune crise d’ampleur jusqu’à présent. Ce risque pourrait devenir plus sérieux si la croissance économique venait à poursuivre la tendance qui est la sienne ces derniers mois et que dans le même temps, la FED amorce, effectivement, une réduction de ses achats d’actifs.

You need to be logged in to view the rest of the content. Veuillez . Not a Member? Nous Rejoindre

Recalibrage du PEPP, sans plus ; la BCE, opère tout en douceur

Comme envisagé dans notre Preview d’hier, la BCE avalise le ralentissement de ses achats dans le cadre du PEPP « par rapport à ce qu’elle a fait aux deuxième et troisième trimestres » de cette année. Rien de plus, en revanche. Un peu comme J. Powell, Mme Lagarde fait, donc, le minimum syndical ce qui justifie le reflux des taux d’intérêt futurs en réaction à ses propos, dans le sillage de la réaction des marchés américains au Beige book de la FED d’hier soir, ainsi que des spreads intra-UEM. L’euro s’inscrit en très léger repli par rapport à ce matin, réaction a première vue plus épidermique que fondamentale.

Lire la suite…

La BCE, à deux doigts de mettre les pieds dans le plat.

« L’économie se comporte mieux en 2021 que ce que nous avions prévu et cela se reflétera dans les projections qui seront publiées dans les prochains jours » écrit Luis De Guindos, qui poursuit par « Si l’inflation et l’économie se redressent, il y aura logiquement une normalisation progressive de la politique monétaire, et de la politique budgétaire aussi« . Voilà qui tranche avec la posture affichée par l’institution ces derniers mois. La BCE passera-t-elle le cap en annonçant, dans le sillage de J. Powell, une réduction possible de ses achats de titres d’ici la fin de l’année ? L’inflation du mois d’août, publiée à 3 %, n’est pas pour calmer l’impatience des gouverneurs les plus faucons tandis que la révision à la hausse de la croissance du PIB du deuxième trimestre, et les taux élevés de vaccination les conforteront davantage.  La révision à la hausse du scénario d’inflation pour 2021 et, peut-être plus encore, 2022 n’incitent pas à penser que la BCE puisse conserver sa posture très accommodante du printemps.

De Covid en variants, la grande usure de la conjoncture mondiale

Le troisième trimestre devait être l’un des plus prometteurs, il flirte finalement avec une récession. Alors que les variants du Covid défient les succès attendus de la vaccination ; que l’industrie mondiale, à l’arrêt depuis janvier s’apprête, à rechuter ; les indicateurs des services flanchent maintenant tour à tour, souvent de manière très prononcée. La croissance du T3 n’est manifestement pas partie du bon pied !

Aux Etats-Unis, elle sera sans doute récupérée par les stocks et l’impact des difficultés d’approvisionnement sur le solde commercial ; pour le reste, c’est quasiment un zéro pointé qui se profile. En Europe, où les indicateurs de climat des affaires ont mieux résisté, les signes de fragilité de la conjoncture se multiplient. Au Japon, les industriels tirent profit de leur positionnement sur l’électronique mais la demande domestique est doublement affectée par le contrecoup des J.O. et l’envolée des cas de Covid.

C’est malgré tout, en provenance du monde émergent que nous arrivent les plus mauvaises nouvelles. De Chine, en tout premier lieu, où la médiocrité des derniers indicateurs rompt, assurément, avec l’image généralement accolée au pays, mais également de la plupart des économies qui ne bénéficient pas de l’appel d’air de l’industrie technologique et pâtissent de l’inertie de la demande mondiale de biens ou souffrent plus qu’elles ne profitent de l’envolée des prix de matières premières.

Derrière ces tendances, le variant Delta et des effets de base statistiques nettement moins porteurs qu’en première moitié d’année mais, surtout, l’expression d’une absence indéniable de moteur global, face à laquelle les politiques publiques semblent largement inopérantes.

You need to be logged in to view the rest of the content. Veuillez . Not a Member? Nous Rejoindre

Moins d’emplois, plus de salaires : le mauvais mixte du rapport sur l’emploi US

C’était le scénario redouté, d’un accès de faiblesse des créations d’emplois accompagné d’une accélération des salaires susceptible de mettre la FED dans l’embarras. En août, les créations d’emplois n’ont pas excédé 235 K. Il s’agit d’une sérieuse déception que les fortes révisions à la hausse apportés sur les mois précédents ne suffiront vraisemblablement pas à digérer. De fait, la plupart des postes censés concentrer les effets positifs de la réouverture de l’économie ne sont pas au rendez-vous, à l’image des loisirs et de l’hôtellerie qui n’ont tout bonnement pas créé d’emploi en août. Les marchés auraient peut-être salué cette mauvaise nouvelle économique, comme ils l’ont fait régulièrement ces derniers jours à chaque publication détestable mais synonyme d’une prolongation du QE. Sauf que ce rapport s’accompagne d’une nette accélération des salaires, qui évoque une autre partie ; en l’occurrence celle d’une FED potentiellement de plus en plus nerveuse au sujet du risque de dérapage inflationniste.

 

You need to be logged in to view the rest of the content. Veuillez . Not a Member? Nous Rejoindre

L’économie chinoise décroche

L’activité manufacturière n’était déjà pas brillante en Chine ces derniers temps et la situation, sur ce front, ne s’est pas améliorée en août mais, surtout, les espoirs que les services prennent le relai d’une industrie en panne de croissance ont été balayés avec la publication, ce matin, de l’enquête de la Confédération de la logistique et des achats, qui pointe vers une forte contraction de l’activité des services. L’indice PMI a perdu plus de sept points dans les services, de 52,5 à 45,2, du jamais vu à l’exception de février 2020 en pleine crise de Covid. Face à un tel résultat, la bonne tenue de l’indicateur de la construction n’a pas beaucoup d’effet, l’indice de l’ensemble des activités non-manufacturière s’est, ainsi, contracté de près de six points, à 47,5, un repli, là encore, exceptionnel.

L’économie chinoise serait donc en zone de contraction -osera-t-on dire récession ?-avec un indice synthétique à 48,7 points. De quoi chahuter les préceptes présents sur les marchés depuis près d’un an d’une économie chinoise en pleine vigueur, justifiant notamment l’envolée des matières premières et, plus loin, un scénario d’inflation et de remontée des taux d’intérêt…

You need to be logged in to view the rest of the content. Veuillez . Not a Member? Nous Rejoindre

Minimum syndical pour J. Powell, les marchés ne feront sans doute pas plus…

L’intervention tant attendue de J. Powell à l’occasion du symposium de Jackson Hole s’est limitée au minimum. Si le président de la FED ne pouvait éviter d’évoquer la perspective d’une réduction de son programme d’achats d’actifs, compte-tenu des difficultés de plus en plus grandes à en justifier le maintien et de la volonté d’un nombre croissant des membres du comité de politique monétaire d’y mettre un frein, autant dire qu’il y est allé sur la pointe des pieds. Aucun calendrier, ni engagement formel ; J. Powell s’est contenté d’avancer ce qui n’est, ni plus ni moins, qu’une évidence, à savoir que « si les conditions évoluent comme anticipé, il pourrait être approprié de commencer à réduire les achats de titres avant la fin de l’année »… Reste à savoir si la première partie de la formule sera accessible et sur ce point, il reste beaucoup plus flou.

La prudence du président de la FED a rassuré ceux qui redoutaient que l’envolée de l’inflation n’accélère la disparition du soutien monétaire mais si les valeurs cycliques ont fait mine d’apprécier, on est tenté de penser que ce soit davantage pour la forme, que sur le fond. 

You need to be logged in to view the rest of the content. Veuillez . Not a Member? Nous Rejoindre