La Vème vague du Covid sera-t-elle déflationniste ou inflationniste ?

Raréfaction de l’offre ou excès de demande, l’origine de l’accélération récente de l’inflation est loin d’être aussi claire. Alors que l’effervescence de la demande a, souvent, été présentée comme le principal facteur à l’origine des tensions sur les prix mondiaux, l’apparition de la nouvelle vague de Covid suscite de nombreux commentaires sur les risques d’intensification de l’inflation que des difficultés d’approvisionnement accrues par de nouvelles contraintes sanitaires pourraient provoquer. Témoin de ces craintes, les prix mondiaux du transport maritime se tendent à nouveau depuis la mi-novembre.

Au-delà d’inverser la hiérarchie des explications sur l’origine de l’inflation, il y a plusieurs suggestions implicites dans cette dernière affirmation :

  • La première est que le regain d’épidémie n’aurait que peu ou pas d’effet sur les perspectives de demande.
  • La seconde est que les problèmes d’offre ont bel et bien une responsabilité importante, du moins non négligeable, dans le regain de l’inflation.
  • La troisième est que les politiques monétaires n’auraient, a priori, que peu d’influence sur les développements à venir de l’inflation, ce qui pose la question de leur capitulation éventuelle face à un phénomène qu’elles ne peuvent prétendre juguler ou, au contraire, d’un durcissement d’autant plus fort que ce celui qui se prépare risque d’être doublé par les effets de cette nouvelle vague d’épidémie…

Nous tentons d’apporter quelques éclairages sur ces différents aspects.

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Les déceptions s’accumulent en Asie : les matières premières accusent le coup, enfin!

Les problèmes se sont accumulés pour l’Asie depuis le début de l’été : épidémie, pénuries, commerce mondial, immobilier… Après un mois d’août calamiteux, les indicateurs du climat des affaires sont généralement remontés, laissant la possibilité d’envisager que le pire soit dépassé, malgré les menaces issues de la crise du géant immobilier chinois Evergrande. Les toutes dernières informations, en provenance de la Chine, du Japon ou de l’Asie du Sud-Est, mettent à jour des difficultés de moins en moins passagères. Les marchés des matières premières pourraient commencer à y être plus sensibles au moment où, par ailleurs, les injections de liquidités des banques centrales se réduisent.

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L’impact de la crise sanitaire sur le PIB, maintenant gommé, qu’attendre de plus ?

La croissance du troisième trimestre n’a pas fini de faire parler en Europe. Comme le disait Mme Lagarde à l’occasion de sa conférence de presse de jeudi, l’économie de la zone euro a continué de croître fortement au troisième trimestre. Difficile de contredire ce diagnostic avec la plus forte progression trimestrielle du PIB français depuis l’été 1968 -en dehors de l’été 2020 marqué par le déconfinement-, une seconde hausse de 2,6 % du PIB italien, également rarissime, et des augmentations de 2 % du PIB espagnol, voire, de 1,8 % de l’allemand, en dépit des multiples alarmes agitées ces derniers temps sur ce dernier cas. Avec un écart au PIB de la fin 2019 maintenant réduit à moins de 0,5 % pour la zone euro, les effets de la crise sanitaire semblent quasiment gommés et la récupération n’est plus qu’à un cheveu de celle des Etats-Unis (2 %) malgré des efforts budgétaires autrement plus spectaculaires outre-Atlantique que de ce côté-ci. Satisfécit, donc, bien compréhensible des gouvernements et de la banque centrale. Il semble pourtant que l’essentiel reste à faire pour retrouver le chemin d’une croissance équilibrée et des perspectives véritablement encourageantes…

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Mme Lagarde prend ses marques avec force et conviction face aux marchés

Indiscutablement plus convaincue et convaincante que nous ne l’avions imaginé, Mme Lagarde est apparue particulièrement sereine à l’occasion de sa conférence de presse, malgré les pressions et incertitudes des marchés et économistes sur les perspectives d’inflation. Non seulement, elle n’a laissé transparaître aucun soupçon de changement possiblement plus marqué des conditions de politique monétaire mais a abordé les questions au sujet de l’inflation avec une conviction rarement observée chez ses confrères ces derniers temps. Elle réaffirme ainsi les conclusions des travaux de la BCE selon lesquels l’inflation n’est que transitoire, relativise l’effet des pénuries, amenées à s’effacer au fil du temps, et recadre ainsi les anticipations de hausses des taux directeurs qui se sont développées ces dernières semaines sur les marchés européens.

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Les PMI offrent plutôt de bonnes surprises, à la grande exception de l’Allemagne

Au-delà d’un diagnostic conjoncturel parfois peu lisible du fait d’effets de base ou de la lecture qu’on en fait, les enquêtes Markit brossent tous les mois un tableau de la conjoncture internationale. Le principal enseignement des premiers résultats de celles d’octobre concerne l’impact de plus en plus contraignant des hausses de coûts, dues aux difficultés d’approvisionnement, aux matières premières et, dans une moindre mesure, aux salaires. Cette hausse pénalise encore l’industrie manufacturière et commence parfois à mordre sur les services. La sensibilité à cet environnement varie selon les pays et, sans surprise, impacte tout particulièrement l’économie allemande, notamment par rapport à la France. Sur ce point, les résultats de ce matin sont sans appel et préfigurent un quatrième trimestre très compliqué outre-Rhin. De son côté, le rebond des indicateurs nippons surprend et pourrait n’être que de courte durée quand bien même l’amélioration, bon an mal an, du contexte sanitaire semble pouvoir le maintenir à flot.

 

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Retours aux sommets pour les indicateurs de l’INSEE

Le climat des affaires issu des enquêtes de l’INSEE pour octobre gagne près de trois points, pour s’établir à 113, retrouvant un niveau similaire à celui de juin dernier et plus généralement aux points hauts observés depuis les années 2000. L’indicateur global est surtout porté par l’accélération de celui des services, qui passe de 110 à 114, sous l’effet de l’opinion sur l’activité passée comme prévue, ainsi que sur la quasi-totalité des composantes. Le constat est un peu plus nuancé dans l’industrie, dont le climat des affaires parvient néanmoins à se stabiliser à 107, avec des améliorations sur le front de la demande mais pour laquelle l’enquête mentionne toujours des difficultés d’approvisionnement. Le commerce de détail, quant à lui, gagne un peu plus d’un point, à 107. Le climat de l’emploi, enfin, s’améliore également, à 111, son plus haut niveau depuis le rebond post-crise de 2008.

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Manquerait plus que les banques centrales durcissent les conditions monétaires !

Après un rapport sur l’emploi, sous tous les angles médiocre, la FED doit-elle réagir à l’accélération des salaires et à la nouvelle baisse du taux de chômage du mois de septembre en procédant à une réduction de ses achats d’actifs ? Quel qu’en soit l’ampleur et la cadence, un tapering constituerait un resserrement des conditions monétaires, vraisemblablement aggravé au niveau mondial par le suivisme de la BCE et de nombreuses autres banques centrales. Est-ce le moment dans un contexte économique des plus perturbés dans lequel les pénuries croissantes jouent déjà un rôle restrictif de premier ordre sur les perspectives de croissance ? La question se pose indiscutablement et, sauf à avoir pour objectif de contrer la spéculation que leur action a provoquée, on voit mal en quoi une telle évolution des pratiques monétaires pourrait en quoi que ce soit être la bonne solution aux difficultés en présence.

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Production industrielle française: le 3eme trimestre est sauvé, la suite…

La production industrielle française fait beaucoup mieux qu’anticipé par le consensus en août, avec une progression de 1 %, dont 1,1 % pour sa seule composante manufacturière. Si les niveaux d’avant crise sont encore loin, avec un retard de 2 % par rapport à décembre 2019, l’acquis de croissance industriel pour le troisième trimestre est, d’ores et déjà, de 1,3 %. Malgré le faible poids du poste dans le PIB, il pourrait donc être d’un soutien non négligeable, signe d’un début de rattrapage plus convainquant de l’Hexagone. Dommage que ce rebond ne concerne principalement que trois secteurs, l’informatique, la pharmacie et l’automobile, au sujet desquels les perspectives ne sont pas brillantes tandis que de nombreux autres affichent des reculs parfois conséquents…

 

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