L’automobile européenne : c’est par où la reprise ?

Les statistiques d’immatriculations automobiles européennes publiées ce matin sont assez inexploitables pour le commun des mortels. L’Allemagne, par exemple, a vu ses ventes progresser de 90 % sur un an et reculer de 21 % sur un mois. En France, les immatriculations se sont repliées de 23 % mais augmentent de près de 570 % sur un an. A ce jeu-là, l’Italie remporte la palme, avec un recul de 15 % sur un mois, équivalent à une flambée de plus de 3 000 % sur un an ! Présentés comme tels, ces chiffres ne veulent pas dire grand-chose. Les variations annuelles sont polluées par les effets de base, les ventes d’avril 2020 ayant été quasiment nulles dans la plupart des pays occidentaux. Quant aux variations mensuelles, elles sont soumises à une saisonnalité traditionnellement très marquée que les publications corrigent rarement… Alors que penser ? La BCE, fort heureusement, publie des données désaisonnalisées qui permettent d’y voir plus clair. Le diagnostic n’est pas brillant, ainsi qu’illustré par le graphique ci-dessous. Non seulement les ventes piétinent mais les indicateurs de demande à venir ne décollent pas… Heureusement que les constructeurs continuent à y croire, encore faudra-t-il qu’ils aient les puces pour produire !

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Le PIB japonais se replie de nouveau au premier trimestre

Selon les premières estimations officielles, souvent soumises à d’importantes révisions, le premier trimestre 2021 a été marqué par un recul du PIB japonais de 1,3 %, conséquence principalement des restrictions sanitaires en ce début d’année. Le PIB tombe ainsi à un niveau inférieur de 2,3 % à celui du dernier trimestre 2019, déjà impacté par les conséquences de la hausse de la TVA. La relation entre mobilité, consommation, notamment de services, et PIB, est établie et explique une bonne part de ce résultat ; la consommation des ménages a contribué à hauteur de 0,7 point à la chute du PIB. Quant au commerce extérieur, sa contribution négative provient d’une forte croissance des importations, venue écraser celle de 2,3 % des exportations, en fort ralentissement malgré le soutien apporté par l’industrie des semi-conducteurs. Un ensemble, assez médiocre, donc, qui ne préjuge rien de bien palpitant pour cette économie. Son PIB flirte aujourd’hui avec ses niveaux de 2008, et tout laisse penser qu’il sera difficile de résorber les conséquences de la crise sanitaire.

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Avec 75 % de l’activité contrainte par le Covid, l’industrie ne suffit plus à tirer l’IFO

L’indicateur IFO du climat des affaires gagne 0,2 point, à 96,8, une évolution bien timorée, résultat d’une amélioration du sentiment sur les conditions courantes mais d’une détérioration des perspectives. Après avoir joué un rôle clé dans l’amélioration de l’indice allemand, les perspectives manufacturières marquent le pas. Rien que de très logique après avoir renoué avec leurs plus hauts cycliques passés au cours des derniers mois et tandis que les contraintes d’offre se multiplient. Il faudra maintenant que les autres secteurs prennent le relai pour que l’indicateur synthétique du climat des affaires allemand retrouve plus de marge d’appréciation. Cela pourrait prendre du temps au vu du contexte sanitaire encore très contraignant en présence.

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Reprise britannique au coin de la rue ?

Le PIB mensuel britannique, publié aujourd’hui, fait état d’une croissance de 0,3 % en février, après une baisse de 2,2 % en janvier. Deux mois de forte baisse pour deux mois de faible hausse depuis novembre font reculer le PIB britannique de 8 % par rapport à ses niveaux d’avant crise. Peu de chances, donc, que le Royaume-Uni puisse afficher une croissance positive au premier trimestre. Outre ce rebond marginal, en février tout n’est cependant pas négatif : la production industrielle se reprend dans la majorité des secteurs, là où les chiffres en provenance de l’UE sont plutôt mauvais. Si la stratégie vaccinale devait porter ses fruits, la reprise pourrait être relativement franche dès le deuxième trimestre, tandis que le continent semble englué pour quelques mois encore dans la crise sanitaire.

 

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« Pent-up demand » ? Les résultats de l’industrie automobile interrogent.

Traduisez : demande latente, ou potentiel de rattrapage. Abondamment usité par les économistes américains au lendemain de la crise de 2008 pour nous expliquer à quel point la reprise serait spectaculaire, le terme a fait son retour ces derniers mois pour qualifier ce qui est censé se produire après sa mise en hibernation forcée de la demande par les conditions sanitaires. Parmi les entreprises, la conviction est telle que leurs perspectives s’envolent dans la plupart des pays malgré des résultats encore bien décevants, comme illustré, une nouvelle fois ce matin, par les PMI chinois. Mais alors comment interpréter les mauvais chiffres récents en provenance de l’automobile, secteur censé être triplement protégé par les mesures de soutien, la percée des nouveaux modèles moins carbonés et le report de dépenses en provenance des services ? Même en Chine où le coronavirus semble être une affaire ancienne, les données interrogent. Un élément de l’équation manque-t-il et, si oui, lequel ?

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BMG février 2021 – Au bout du tunnel ?

Notre baromètre économique global se redresse pour la première fois depuis juillet, à 0,2, son niveau initial de janvier avant révision à 0,1. Les composantes varient peu cependant, pour la plupart encore en zone neutre/légèrement positive. Le changement de contexte observé sur le front de l’inflation le mois dernier se confirme avec un indicateur de momentum à 0,2 points qui suffit à en faire le plus haut depuis avril 2019.

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Changement de prix relatifs ; pour l’inflation on verra plus tard…

Depuis ses débuts, la crise sanitaire n’a cessé d’entretenir les interrogations sur ses conséquences en matière d’inflation. Dans un tout premier temps, les risques de ruptures d’approvisionnement ont fait redouter une possible envolée des prix des produits de base ; mais les pénuries n’ont pas eu lieu. Dans un second temps, le choc de demande a agité le spectre d’une nouvelle jambe de déflation conforté par la décrue de l’inflation sous-jacente dans de nombreux pays. La vigueur de la reprise économique mondiale au troisième trimestre a néanmoins éloigné ces craintes et, avec l’amorce des vaccinations, l’hypothèse d’une escalade inflationniste a fini par les supplanter. Sur les marchés, les annonces de dispositifs inédits de relance budgétaire ont dopé les anticipations d’inflation tandis que l’envolée des cours des matières premières et la meilleure résistance de l’activité industrielle au regain de crise sanitaire ont fait le reste : ces deux derniers mois, l’indicateur Citi de surprise inflationniste est repassé en territoire positif pour la première fois depuis janvier 2019 et atteint aujourd’hui un plus haut depuis 2017.

Quel diagnostic porter sur ces observations ? L’accélération des prix aujourd’hui observée est-elle frictionnelle ou plus fondamentale et, à ce titre, prémonitoire ? C’est plus à une question de prix relatifs entre industrie et services que nous conduit notre diagnostic à ce stade.

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L’épargne Covid est-elle vouée à se muter en inflation, à se diluer dans un krach ou à l’oisiveté ?

Parmi les multiples questions occasionnées par le choc de la pandémie de Covid-19, celle du devenir de l’épargne accumulée en 2020 est loin d’être la plus facile à traiter. C’est pourtant, dans une large mesure, de sa réponse que dépendront bien des aspects des conditions de sortie de crise. Les montants d’épargne cumulés par les ménages depuis le début de l’année dernière sont colossaux, en effet, correspondant à environ à 8 % du PIB américain et 3 % à 4 % de celui de la zone euro, et pourraient être amenés à enfler plus encore début 2021 au vu des conditions sanitaires en présence. Si ces montants venaient à se déverser dans l’économie une fois la maîtrise de l’épidémie acquise, il en résulterait un boom de demande sans pareil dans l’histoire contemporaine, à même probablement de créer les conditions d’une accélération proportionnelle de l’inflation, compte-tenu des destructions de capacités occasionnées par la crise, notamment dans les services. Si, à l’inverse, elle venait à être capitalisée, cette épargne pourrait bouleverser les prix des actifs et amplifier les bulles financières et immobilières qui se sont déjà formées ces dernières années. Les deux hypothèses pourraient avoir des conséquences in fine peu éloignées, à savoir une augmentation très significative du risque financier via :

  • l’impact très négatif de la hausse des taux d’intérêt sur les prix d’actifs,
  • une exubérance intenable de ces derniers.

À moins que cette épargne reste essentiellement oisive, ce qui, malgré le confort que pourrait inspirer une telle situation du point de vue de la richesse apparente des ménages, serait probablement très préoccupant de celui des perspectives économiques et sociétales. Dit autrement, ce stock d’épargne est une guigne qui finira peut-être par donner des idées aux politiques fiscales…

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