Powell casse les anticipations de marché sur ses taux et repentifie la courbe

L’exigence de résultats économiques pour envisager de remonter les taux directeurs est beaucoup plus haute que celle requise pour un tapering. C’est dans cette affirmation du président de la FED, J. Powell, que se trouve l’essentiel ; à savoir, l’absence de changement de position officielle s’agissant des taux des Fed funds. En dépit de l’amorce du tapering, largement anticipée, cela donne un caractère incontestablement ‘dovish’ à sa communication par rapport à l’évolution récente des anticipations de marchés et à la redirection amorcée ces dernières semaines par la plupart des autres banques centrales du monde développé, BCE exceptée. Témoin de cette ‘bonne surprise’, les anticipations de hausses des taux se replient en même temps que la courbe des taux se repentifie, au contraire de ce qu’elle avait fait ces derniers temps au fur et à mesure de la remontée des anticipations de hausse des taux.

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Le suspense est entier sur l’évolution du discours de J. Powell à l’occasion du FOMC

Pris en étau par la persistance de l’inflation, le président de la FED a fini par capituler et par reconnaître la nécessité de modifier l’orientation de sa politique monétaire. Avec une inflation à 5,4 %, dont 4 % pour le sous-jacent, la perspective d’un resserrement monétaire ne soulève plus de doute. La FED pourrait, de fait, annoncer une réduction immédiate de ses achats d’actifs avec comme objectif de mettre un terme au QE en juillet. Mais c’est sur les indications relatives à l’évolution des taux des Fed Funds que J. Powell sera attendu. Il faudra attendre décembre en effet pour connaitre les nouvelles projections de la FED et les perspectives de ses membres sur l’évolution des taux directeurs. Mais les marchés n’attendent pas et anticipent déjà à 70 % la probabilité que la FED ait relevé le niveau des Fed Funds d’ici au 15 juin prochain. Sans doute la rapidité avec laquelle ces anticipations ont évolué n’est-elle pas du goût de J. Powell. Pour autant, la perception des membres de la FED a clairement évolué ces dernières semaines et il se pourrait qu’un certain nombre ne soient pas véritablement gênés par ces anticipations. Alors, jusqu’où iront le communiqué de la FED et J. Powell sur ce point ? Difficile à prédire tant les incertitudes sont importantes au sujet de l’inflation mais également de la tournure de la conjoncture américaine et des pourparlers budgétaires, voire, de l’épidémie de Covid…

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L’impact de la crise sanitaire sur le PIB, maintenant gommé, qu’attendre de plus ?

La croissance du troisième trimestre n’a pas fini de faire parler en Europe. Comme le disait Mme Lagarde à l’occasion de sa conférence de presse de jeudi, l’économie de la zone euro a continué de croître fortement au troisième trimestre. Difficile de contredire ce diagnostic avec la plus forte progression trimestrielle du PIB français depuis l’été 1968 -en dehors de l’été 2020 marqué par le déconfinement-, une seconde hausse de 2,6 % du PIB italien, également rarissime, et des augmentations de 2 % du PIB espagnol, voire, de 1,8 % de l’allemand, en dépit des multiples alarmes agitées ces derniers temps sur ce dernier cas. Avec un écart au PIB de la fin 2019 maintenant réduit à moins de 0,5 % pour la zone euro, les effets de la crise sanitaire semblent quasiment gommés et la récupération n’est plus qu’à un cheveu de celle des Etats-Unis (2 %) malgré des efforts budgétaires autrement plus spectaculaires outre-Atlantique que de ce côté-ci. Satisfécit, donc, bien compréhensible des gouvernements et de la banque centrale. Il semble pourtant que l’essentiel reste à faire pour retrouver le chemin d’une croissance équilibrée et des perspectives véritablement encourageantes…

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Un terrain miné pour Mme Lagarde, en attendant la revue de décembre

Marchés et analystes sont en attente de précisions sur la posture de la BCE dans un contexte de dérapage beaucoup plus marqué de l’inflation et de remontée rapide des taux d’intérêt futurs, lesquels intègrent maintenant une première hausse des taux directeurs d’ici la fin 2022. Sans doute faudra-t-il néanmoins qu’ils patientent jusqu’au comité du mois de décembre pour avoir tous les éléments en main. C’est du moins ce qu’a laissé entendre Mme Lagarde a l’occasion de sa dernière conférence de presse du 9 septembre, lorsqu’elle était notamment interrogée sur la manière dont pourraient être utilisés les différents outils à sa disposition une fois le programme PEPP éteint, à partir de mars 2022. Attendons-nous néanmoins à quelques pistes sur un certain nombre de sujets à partir desquels le ton employé par la présidente de la BCE pourrait avoir valeur d’annonce de plus ou moins grande importance face à des marchés impatients à quelques minutes de la publication de l’inflation allemande pour le mois d’octobre. Les taux à deux ans qui, au contraire des échéances plus longues, n’ont que très peu évolué ces dernières semaines pourraient être réceptifs au même titre que l’euro.

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En Europe, les planètes s’organisent dans le sens d’une remontée durable des taux d’intérêt

Entre la démission du président de la Bundesbank, Jens Weidmann, l’arrivée d’une nouvelle coalition au pouvoir en Allemagne, qui porte notamment dans son programme la remontée du salaire minimum horaire de 9,60€ à 12€, et la redéfinition du pacte de stabilité, difficile de dire quel est le changement le plus emblématique et celui qui marquera le plus l’avenir de l’union monétaire. Une chose semble claire, cependant : les pièces du puzzle européen se réorganisent dans un sens favorable à une élévation du niveau d’équilibre de long terme des taux d’intérêt. Nos prévisions, qui envisagent une remontée des taux à 10 ans allemands dans une fourchette de 0 % à 0,3 %, ainsi qu’une première hausse du taux de dépôt de la BCE à horizon de septembre 2022, se révèleront-elles, in fine, trop conservatrices ? La réponse reste conditionnée à bien des aléas mais pourrait se poser avec plus d’acuité d’ici peu.

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Les marchés rattrapés par les données chinoises… sauf les matières premières

Ça ne s’arrange pas du côté de l’Empire du milieu : la croissance est ressortie en ligne avec les indicateurs très médiocres de l’été et n’a pas excédé 0,2 % au troisième trimestre, après 1,2 % et 0,2 % respectivement au deuxième et premier. Certes, une bonne part de ce ralentissement provient d’une concentration des difficultés en août, sur fond de regain de l’épidémie de Covid, de contraintes environnementales, de fermetures d’usines et de ports, mais les données de septembre ne montrent guère d’amélioration. Les effets de base très porteurs du printemps maintenant dépassés, la croissance en glissement annuel n’excède pas 4,9 %, un plus bas jamais observé, en dehors de l’épisode du premier semestre 2020, depuis le début des publications trimestrielles, en 1992. L’économie chinoise devrait faire un peu mieux dans les trimestres à venir, grâce notamment à ses exportations, mais il faudrait un mini-miracle pour qu’elle renoue avec sa croissance d’avant la crise en 2022. L’illusion d’une locomotive chinoise de retour après la crise du covid est décidément de moins en moins crédible. Les bourses s’en chagrinent mais les marchés des matières premières sont parfaitement insensibles à ces nouvelles et la hausse des cours a repris de plus belle ce matin. Cette rupture de la courroie de transmission inquiète plus que les données chinoises elles-mêmes.

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Manquerait plus que les banques centrales durcissent les conditions monétaires !

Après un rapport sur l’emploi, sous tous les angles médiocre, la FED doit-elle réagir à l’accélération des salaires et à la nouvelle baisse du taux de chômage du mois de septembre en procédant à une réduction de ses achats d’actifs ? Quel qu’en soit l’ampleur et la cadence, un tapering constituerait un resserrement des conditions monétaires, vraisemblablement aggravé au niveau mondial par le suivisme de la BCE et de nombreuses autres banques centrales. Est-ce le moment dans un contexte économique des plus perturbés dans lequel les pénuries croissantes jouent déjà un rôle restrictif de premier ordre sur les perspectives de croissance ? La question se pose indiscutablement et, sauf à avoir pour objectif de contrer la spéculation que leur action a provoquée, on voit mal en quoi une telle évolution des pratiques monétaires pourrait en quoi que ce soit être la bonne solution aux difficultés en présence.

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L’industrie allemande décroche, le scénario de croissance 2021 ne résistera pas

La chute de presque 8 % des commandes annoncée hier nous avait mis sur la voie, même si des écarts au mois le mois entre les deux séries peuvent parfois être importants. Toujours est-il que le rapport sur la production industrielle allemande est calamiteux avec une contraction de 4 % de l’activité dans son ensemble et de 4,6 % pour la seule partie manufacturière en août. L’acquis pour le troisième trimestre se contracte en conséquence de 2,5 %, un signal de bien mauvais augure pour la croissance du PIB. A des lustres de ce que laissait anticiper l’amélioration du contexte sanitaire, ces résultats mettent de plus en plus à mal les perspectives du consensus et plus encore celles du gouvernement sur la croissance allemande pour cette année. Il faut donc s’attendre à de fortes révisions à la baisse dans les semaines à venir et celles-ci ne laisseront vraisemblablement pas le scénario 2022 indemne.

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