Author Archives: Véronique Riches-Flores
Cycliques européennes, vraiment ?
On aime dire qu’on apprend de ses erreurs, encore faut-il les expliquer. Quelle a été la nôtre ? Partant de la situation économique internationale et de ce qu’elle suggérait pour les résultats des entreprises, de l’usure des politiques monétaires et des valorisations en place, notre analyse n’incitait guère à anticiper le rallye des marchés de ces dernières semaines. En quoi avons-nous eu tort ? Les tendances passablement déprimées de l’économie mondiale sont plutôt fidèles à notre diagnostic ; la communication des entreprises à ce stade de leurs publications de résultats ne jure pas non plus avec ce dernier ; quant à l’usure des politiques monétaires, la crise au sein de la BCE en est une expression et la FED pourrait bientôt ne rien avoir à lui envier tant, là aussi, les dissensions sont vives. Reste la psychologie. Les spécialistes nous avaient prévenus, le moral des investisseurs mesuré par le put/call ratio était déjà trop bas pour envisager un décrochage à même d’entrainer les indices. Force est de reconnaitre qu’ils avaient bien vu : face au spectre d’une crise majeure, les étincelles d’espoir ont produit des feux de joie, notamment sur les bourses européennes. Reste à savoir ce qu’il en restera dans quelques temps.

L’industrie française bien partie pour suivre l’allemande, à en juger par l’enquête INSEE
Sans être, pour l’instant, catastrophiques, les chiffres INSEE du climat des affaires constituent une première alerte sur l’état de l’économie française, avec un manufacturier sous la moyenne de long terme pour la première fois depuis quatre ans et demi. Après avoir résisté, notamment grâce au soutien de l’aéronautique aux exportations, l’industrie française semble s’engager, avec retard, sur la voie tracée par son voisin allemand. Une évolution qui pourrait finir par fragiliser les services.

Brexit, ‘not yet’ ; gardons-nous de tirer des plans sur la comète
Trois ans et demi se sont écoulés depuis le référendum qui ouvrit le début de l’épopée d’une sortie du Royaume-Uni de l’UE. Plus de trois années au cours desquelles le dossier semble n’avoir fait que se complexifier pour être aujourd’hui dans l’incapacité d’aboutir dans des conditions satisfaisantes pour les différentes parties engagées. Politiques, économistes, chefs d’entreprises et citoyens européens, tous ont aujourd’hui envie d’en finir, au risque d’accepter des compromis que seule l’usure pourrait justifier.
Difficile de trouver des justifications solides à la remontée récente des taux longs
Dans la foulée du consensus et de l’OCDE, le FMI a annoncé cette semaine une nouvelle révision à la baisse de ses prévisions de croissance pour l’économie mondiale. Depuis le début du printemps, les perspectives internationales n’ont de cesse d’être revues à la baisse et ce ne sont pas les dernières tendances en provenance d’Europe, des États-Unis ou de la Chine qui viendront contredire ce mouvement. De leur côté, les perspectives d’inflation s’écrasent sous les effets combinés de la fragilité de la demande, des tensions concurrentielles qu’alimente la guerre commerciale et du regain de faiblesse des cours du pétrole. Conséquence de cet environnement, les anticipations de baisse des Fed Funds sont encore montées d’un cran après les mauvaises nouvelles de cette semaine. La période d’assouplissement monétaire semble, de fait, bien partie pour durer avec à la clé de nouveaux programmes d’achats d’actifs de la part de la BCE et maintenant de la FED (60 mds/mois d’achats de bons du Trésor pour apaiser les tensions du marché interbancaire américain). Malgré tout, les taux d’intérêt futurs se tendent ces derniers temps. Comment interpréter ce mouvement et quels sont les risques qu’il se développe ?

La vie en rose et en bulle…
Décidément, les marchés en veulent et les récents développements ne les découragent pas. Après le pré-accord sino-américain de vendredi dernier, le dossier britannique évolue lui aussi vers un possible accord de dernière minute qui permettrait d’échapper au scénario d’un Brexit sans accord. Les deux sujets de préoccupation majeure des marchés seraient donc en passe d’être réglés et les menaces écartées ce qui s’est soldé sur les bourses occidentales par un retour sur leurs sommets récents, voire davantage. Disproportionnée, la réaction des marchés l’est incontestablement selon notre analyse. C’est néanmoins le propre des bulles que de prendre à contre-pied l’analyse fondamentale. Comment envisager dès lors le proche futur ?

Les secteurs clés de l’industrie allemande replongent en octobre selon le ZEW
La remontée des perspectives du ZEW du mois dernier avait fait espérer que la très mauvaise passe de l’économie allemande puisse être contenue dans le temps. A contrario, les résultats d’octobre, avec la stagnation de cet indicateur avancé et la nouvelle baisse des conditions courantes à un plus bas depuis avril 2010, n’augurent rien de bon. Surtout, les grands secteurs exportateurs, automobile et mécanique, rechutent.

Crépuscule au pays du Soleil-Levant
Après maints reports, l’augmentation de la taxe à la consommation de 8 % à 10 % est entrée en vigueur le 1er octobre au Japon. Vu les difficultés conjoncturelles auxquelles est d’ores et déjà confronté le pays, ce changement de fiscalité risque d’être fort coûteux pour la croissance future. Il a fallu près de cinq ans, en effet, pour effacer l’impact de la précédente hausse des taxes d’avril 2014 sur la consommation, malgré le soutien apporté à l’époque par le déploiement des Abenomics. Il fait dès lors peu de doutes, qu’au-delà de ses effets instantanés sur le chiffrage de l’inflation, cette hausse de la fiscalité viendra approfondir la déflation dans laquelle est enlisé le pays depuis près d’un quart de siècle. Face à ces perspectives qu’attendre des réponses de politique économique à venir ? Après avoir à peu près tout tenté, les options ne font pas florès. Côté monétaire, la BoJ est exsangue ; la monnaie hélicoptère pourrait finir par se révéler tentante mais n’est pas à l’agenda. Côté budgétaire, les marges sont a priori inexistantes, sauf peut-être s’il s’agit d’une cause stratégique, en l’occurrence militaire. Signe des temps que nous traversons, cette dernière semble prendre un peu plus de poids aujourd’hui…
