Les PIB européens, un relatif satisfecit quant à la gestion de crise, reste le plus dur

Les PIB allemand et espagnol ressortent en très légère hausse, de respectivement 0,1 % et 0,4 % au quatrième trimestre. Le PIB français recule, mais dans des proportions bien plus réduites qu’envisagé en début de période : -1,3 %, quand l’INSEE prévoyait une chute de 4 % et que les premiers temps du confinement de novembre faisaient redouter un choc plus marqué encore. A l’heure où la perspective d’un troisième confinement généralisé se fait de plus en plus menaçante, ces résultats sont donc quelque peu réconfortants : contrairement au premier semestre, la gestion plus fine des restrictions sanitaires a porté ses fruits et le « stop & go » des politiques publiques, bien que particulièrement mal vécu, a permis de limiter la casse économique. Plusieurs bémols à cette première réaction, néanmoins, dont :

  • Si la chute de la mobilité en France ne s’est pas traduite avec une ampleur similaire à celle du premier semestre sur le PIB, la consommation, elle, en a tout de même été la principale victime, avec nouvelle contraction d’ampleur en fin d’année
  • Les dégâts sectoriels restent immenses et hautement préoccupants pour ce qui concerne la plupart des activités tertiaires, en particulier en Espagne. Leur remise à niveau conditionnera les perspectives de sortie de crise.

 

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L’Allemagne, mieux lotie ? Mise au point

Durement frappée par la Covid-19, comme tous ses voisins européens, l’Allemagne devrait néanmoins connaitre l’un des plus faibles reculs du PIB du vieux continent en 2020, autour de -7 %, contre -10 % environ pour la France et pour l’Italie, -12 % pour l’Espagne et -11 % pour le Royaume-Uni, selon nos estimations. Si l’on ajoute à cela un quatrième trimestre probablement, là aussi, un peu meilleur qu’ailleurs à en juger par les retours d’enquêtes, on en oublierait presque les faiblesses structurelles de l’économie allemande pourtant largement soulignées par les tendances d’avant crise, durant l’année 2019 notamment. Où en sommes-nous ? L’étude approfondie des détails du PIB, publiés hier, est là pour nous les rappeler : malgré une croissance de 8,5 %, le rattrapage a été plutôt décevant, l’intervention publique a été pour beaucoup dans la bonne tenue de l’économie allemande mais l’industrie patine, en dépit des nouvelles rassurantes des PMI et de l’IFO de ces derniers jours.

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La bise asiatique balaye les vents d’alizés allemands

Si les PMI chinois avaient porté l’espoir d’une amélioration de la situation conjoncturelle, les statistiques-clés de la conjoncture chinoise du mois d’octobre les balayent : production, ventes de détail, investissements continuent de renvoyer l’image d’une économie embourbée. Au Japon, où la croissance du PIB était attendue en hausse de 0,6 %, compte-tenu du fort rebond des achats avant la hausse des taxes du 1er octobre, la première estimation n’est qu’à 0,1 % ; une déception s’il en est, quand bien même ces premières données font souvent l’objet d’importantes révisions. Dans ce panorama, l’Allemagne se distingue en échappant de peu à une récession pudiquement qualifiée de technique avec une croissance de 0,1 %, comme nous l’avions envisagé compte-tenu des informations disponibles en provenance de la consommation et de la construction. Le consensus, lui, anticipait un repli de 0,1 % mais la bonne nouvelle est quelque peu gâchée par la révision à la baisse du trimestre précédent et… les nouvelles contrariantes d’Asie.

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Pas d’emballement : diagnostic de récession confirmé par le ZEW allemand de ce mois-ci

En dépit d’une hausse à priori rassurante des perspectives, l’indice des conditions courantes du ZEW enregistre sa quatrième baisse consécutive pour atteindre un plus bas de neuf ans, à -19,9. L’ampleur de sa chute depuis le point haut de janvier 2018, la pertinence de cet indicateur en matière de croissance du PIB ainsi que la convergence des deux indices, avancé et coïncident, en territoire négatif : tout confirme le scénario d’une vraisemblable récession en Allemagne. Le rebond des perspectives à -22,5, s’il venait à être confirmé dans les mois à venir, pourrait, au mieux, laisser espérer que l’épisode récessif soit de relative brève durée. Mais ceci, l’enquête d’aujourd’hui ne nous le dit pas.

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Le PIB allemand baisse de 0,4 % hors stocks au deuxième trimestre

Avec un PIB réel qui se contracte au deuxième trimestre, à -0,1 %, l’Allemagne confirme les craintes nées des chiffres de production et de climat des affaires des derniers mois. Encore ce mauvais résultat est-il atténué par le fort gonflement des stocks sans lequel le PIB réel aurait baissé de 0,4 %. Au-delà de la mauvaise performance du commerce extérieur, très largement attendue, la demande domestique a été faible au printemps, avec une hausse de seulement 0,1 % des dépenses de consommation des ménages ainsi qu’un repli de l’investissement. Au vu des indicateurs avancés toujours plus mauvais de cet été, le troisième trimestre a tout lieu de connaitre une nouvelle contraction de l’activité qui viendra signer l’entrée effective de l’Allemagne en récession au printemps.

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Désalignement des planètes en Allemagne, c’est grave ?

La détérioration des indicateurs avancés s’est singulièrement accentuée ces derniers mois en Allemagne. D’abord perçu comme un épiphénomène lié aux perturbations climatiques et à l’épidémie de grippe du début d’année, prolongé par la baisse du moral des chefs d’entreprises inquiets des menaces protectionnistes, le ralentissement semble aujourd’hui beaucoup plus sérieux. Quelle lecture faire de la situation présente ? Y a-t-il un risque de cassure et, si oui, qu’elles pourraient en être les raisons et conséquences sur les perspectives économiques et politiques européennes, à l’heure où la capacité d’influence de l’Allemagne semble déjà bien écornée ?

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