Avec des perspectives aux niveaux de 2008, l’IFO confirme la récession en Allemagne

L’enquête IFO du mois de juillet se dégrade fortement avec un indicateur composite en recul de presque 4 points, à 88,6, un plus bas depuis la récession de 2008-09, hors période première vague de covid de 2020. Relativement limitée pour ce qui est de la situation courante, le sentiment flanche en revanche sur les perspectives, avec une chute de plus de 5 points à un niveau proche du plus bas atteint lors de la crise de 2008.

Alors que la croissance allemande semble avoir été épargnée au deuxième trimestre, le diagnostic d’une récession marquée au deuxième semestre fait de moins en moins de doute. Au contraire des prévisions du consensus qui tablaient le plus souvent sur la fin d’année pour rattraper les pertes accumulées par l’économie allemande depuis plus de deux ans (le retard du PIB est encore de 1 % par rapport à la fin 2019) c’est une franche détérioration qu’il faut attendre, laquelle impactera non seulement les résultats de cette année mais risque fort de plomber les acquis pour 2023.

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Les industriels allemands finiront-ils par rattraper leur retard sur leurs commandes?

La réponse à cette question conditionne dans une très large mesure les écarts de perspectives sur l’économie allemande depuis plus d’un an et prend, dans le contexte actuel, une plus grande importance encore. La production manufacturière allemande a réussi à se maintenir en février, malgré un recul de 2,2 % des commandes. De tels écarts ne sont, a priori, guère surprenants ; la hausse de quasiment 5 % des commandes des deux mois précédents aurait en l’occurrence justifié une progression de l’activité plutôt qu’une stagnation. Sans doute, les perturbations internationales récentes peuvent-elles, légitimement, être considérées comme responsables de cette déception ; pas de quoi s’émouvoir, donc, l’Allemagne pourra rattraper ce retard une fois la situation  apaisée.  Cette lecture pourrait cependant avoir ses limites. Les écarts atypiques entre les commandes et la production effective de l’industrie allemande ne sont pas récents, en effet. Apparus depuis la fin de la première vague de Covid du printemps 2020, ils n’ont cessé de ses creuser depuis. Nombreux y voient un potentiel de rattrapage considérable de l’activité, une fois les tensions en matière d’approvisionnement dépassées. Pourrait-il en être différemment ?

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Plus proche du ZEW que des PMI, l’IFO allemand dévisse en mars

Sans surprise, si ce n’est peut-être sur l’étendue de la chute, le climat des affaires IFO allemand se replie lourdement en mars, sous l’effet d’un recul généralisé des perspectives. L’indicateur composite global passe, ainsi, de 98,5 à 90,8, son plus bas niveau depuis plus d’un an, tandis que sa composante avancée recule de plus de 13 points, à 85. L’IFO offre donc une première appréciation de l’effet du conflit russo-ukrainien sur l’économie allemande et celle-ci a de quoi inquiéter. Comme dans le cas du ZEW publié la semaine dernière, ces chiffres pointent clairement, en effet, vers une récession imminente ; pas forcément au premier trimestre (l’indice des conditions courantes ne perd qu’un point et demi), mais au moins au deuxième.

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La croissance sauvée au premier trimestre, selon l’IFO et l’INSEE

Après les bons PMI, les enquêtes mensuelles de l’IFO pour l’Allemagne et de l’INSEE, pour la France accélèrent avec des hausses respectives de 3 et 5 points pour leurs indicateurs composites. Les économies continuent d’évoluer au gré des restrictions, dont la réduction récente permet aux prestataires de services de retrouver de l’optimisme. Les évolutions sont un peu moins nettes dans l’industrie, avec même une faible baisse de l’indice français. Quant au contexte inflationniste, les perspectives de prix campent sur de hauts niveaux.

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Perspectives de prix toujours plus élevées en zone euro

Les enquêtes de la Commission européenne ont réservé quelques surprises par rapport à celles publiées par l’INSEE, l’IFO ou Markit (PMI). La situation en Allemagne apparaît, en particulier, nettement plus favorable, tandis que celle de la France semble, à l’inverse, beaucoup plus fragile. Pour autant ce type de distorsions est assez fréquent à l’occasion des phases de retournement conjoncturel et le plus souvent lié à un certain retard de la Commission. S’il est un point néanmoins où les résultats convergent c’est sur celui des prix, au sujet desquels, pour le coup, les enquêtes pointent toutes vers de fortes hausses encore à venir. Ces tensions persistantes représentent, de loin, le principal danger pour la zone euro que ce soit pour la croissance ou la politique monétaire à venir. On se souvient que la BCE avait, dans un contexte similaire, jugé bon de relever ses taux directeurs en juillet 2008 ! Une telle réponse n’est naturellement pas envisageable aujourd’hui. On peut néanmoins légitimement supposer que Mme Lagarde ait de plus en plus de mal à contenir les faucons de la BCE ce qui pourrait se solder par une réduction plus marquée que généralement anticipée de ses achats d’actifs ou de nouvelles annonces à venir en ce sens, quand, par ailleurs, les anticipations d’inflation ne cessent de se tendre en zone euro alors qu’elles se stabilisent aux Etats-Unis.

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La croissance allemande en ballotage défavorable

Contrairement aux autres pays européens, qui connaitront, a priori, une croissance automatiquement 2021 forte du fait d’acquis très importants en fin d’année dernière, l’Allemagne devra enregistrer une accélération notable de son PIB aux troisième et quatrième trimestres, pour se conformer aux prévisions de croissance du consensus, autour de 3,5 %. Tel n’est pas, cependant, le chemin pris par la première économie de la zone euro. Alors que la production industrielle est en repli de 3,5 % depuis décembre 2020, les indicateurs du climat des affaires publiés ces dernières temps préfigurent tous un nouveau ralentissement de l’activité, doublement heurtée par les difficultés industrielles et la recrudescence de l’épidémie de Covid. L’indicateur IFO est retombé de 100,7 à 99,4 ce mois-ci, sous l’effet d’une nouvelle baisse significative des perspectives que ne peut compenser la très légère amélioration de l’opinion sur les conditions courantes. Voilà qui annonce un troisième trimestre en demi-teinte peu compatible avec les prévisions en présence.

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La confiance renvoyée par l’IFO et l’INSEE est nécessaire mais sera-t-elle suffisante ?

On entend souvent dire que la croissance économique est avant tout une question de confiance. La période qui s’ouvre devrait nous offrir une bonne occasion de tester ce dicton. Dans la foulée des PMI, les indicateurs nationaux de climat des affaires s’améliorent nettement, en effet, des deux côtés du Rhin ce mois-ci. L’indice composite de l’INSEE gagne 5 points pour s’établir à 113, son plus haut niveau depuis 2007, tandis que son corollaire allemand augmente de deux points et demi, à 101,8. De fait, la réouverture de l’économie des deux derniers mois a déclenché, outre un regain d’activité immédiat dans les services, une nette embellie des perspectives des entreprises.

Reste que les professionnels de l’industrie nous avaient déjà promis des lendemains enchanteurs qui, pour l’instant, ne sont pas au rendez-vous ; espérons que la perspicacité des chefs d’entreprises du tertiaire soit un peu mieux aiguisée face à un environnement de prix assez largement contrariant.

 

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Avec 75 % de l’activité contrainte par le Covid, l’industrie ne suffit plus à tirer l’IFO

L’indicateur IFO du climat des affaires gagne 0,2 point, à 96,8, une évolution bien timorée, résultat d’une amélioration du sentiment sur les conditions courantes mais d’une détérioration des perspectives. Après avoir joué un rôle clé dans l’amélioration de l’indice allemand, les perspectives manufacturières marquent le pas. Rien que de très logique après avoir renoué avec leurs plus hauts cycliques passés au cours des derniers mois et tandis que les contraintes d’offre se multiplient. Il faudra maintenant que les autres secteurs prennent le relai pour que l’indicateur synthétique du climat des affaires allemand retrouve plus de marge d’appréciation. Cela pourrait prendre du temps au vu du contexte sanitaire encore très contraignant en présence.

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