Casse-tête de vacances : l’énigme démographique

Vieillissement, surpopulation, Afrique… Les esprits s’échauffent tout à coup. Les développements démographiques en cours ne sont pourtant pas nouveaux et ont été annoncés de longue date sans que les économistes ne daignent, pour la plupart, s’en préoccuper. Sujet à bien des égards tabou, trop intime pour être considéré comme du domaine des politiques publiques ou de trop long terme pour inspirer les responsables politiques, la démographie a été sortie du champ de l’analyse économique contemporaine, par ailleurs, trop convaincue du caractère inépuisable du développement de l’offre, capable tout à la fois de garantir les moyens de subsistance d’une population croissante et de se substituer à une main d’œuvre en voie de raréfaction annoncé. Le sujet revient avec d’autant plus de fracas au fur et à mesure que se développe l’évidence de moins en moins contestable du réchauffement climatique et la prise de conscience de l’épuisement des ressources planétaires qui en découle, en même temps, peut-être, que les interrogations que suscitent l’enlisement économique de ces dernières années.

Les nouvelles projections de l’ONU ont été publiées courant juin et le rappellent : selon le scénario le plus probable, la population mondiale atteindrait 9,7 milliards d’individus d’ici 2050, contre 7,6 milliards aujourd’hui, soit une hausse de 2,1 milliards au cours des prochaines 32 années, à peine inférieure de 500 millions personnes à celle des 32 années écoulées. La tendance démographique suit donc son cours sans changement majeur par rapport au passé. Pourquoi, dès lors, ces projections suscitent-elles tant de panique ? Il y a plusieurs raisons à cela.

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Spécial – Images de la France en Europe : le déclassement

À la veille d’échéances électorales dont l’issue pourrait bouleverser l’avenir de la France, de l’Europe et, dans l’hypothèse extrême, du monde, la volonté de comprendre les raisons du mal français a rarement été aussi vive.

C’est dans cette optique que nous proposons ce cahier d’images sur l’économie française, sa place dans l’UE et ses multiples maux, illustrations de ce que l’on ne peut pas encore qualifier de déclin absolu mais certainement de déclassement violent.

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SPECIAL – Images d’Italie

Rejet de la réforme constitutionnelle proposée par Matteo Renzi ou non, ce 4 décembre, la question du devenir de l’Italie dans le zone euro se posera à l’occasion des prochaines échéances électorales de 2018 ou d’élections anticipées provoquées par une défaite trop cinglante du Président du Conseil, ce dimanche.  Lire la suite…

La Grèce en 2025

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En 2023, quand, en théorie, la Grèce commencera à rembourser le capital de sa dette après avoir d’ici là honoré les seuls intérêts de celle-ci, l’âge médian de la population grecque devrait avoir augmenté de plus de six années par rapport à aujourd’hui pour s’établir à 47 ans ; la proportion de personnes en âge de travailler, de 15 à 65 ans, devrait de son côté avoir décliné de plus de cinq pourcent et avoir renfloué d’autant le nombre des retraités. Amené à se poursuivre jusqu’en 2045-2050, ce processus de vieillissement conduira à terme à un bouleversement des structures démographiques qui s’accompagnera notamment d’une chute de la proportion des personnes d’âge actif aux environs de 50 %.

Si la Grèce ne détient pas l’exclusivité de ces changements, elle fait partie des pays européens les plus exposés au vieillissement programmé de sa population, un mouvement, qui plus est, susceptible d’être amplifié par l’hémorragie des plus jeunes fuyant une économie en crise. Il s’agit d’une situation assez largement inextricable pour le pays européen de loin le plus endetté, que seules des hypothèses hautement irréalistes permettent de laisser penser qu’elle puisse être surmontée.

La Chine face à son déclin démographique

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Réunis en plénum dans le but de définir les grandes orientations économiques de la Chine pour les prochaines années, les dirigeants chinois n’ont probablement pas inscrit à l’agenda de leur Congrès la question démographique. Et pourtant, s’il est un défi économique auquel la Chine sera inévitablement confrontée dans les toutes prochaines années c’est bien, devant tous les autres, à celui du vieillissement accéléré de sa population. Les projections de l’ONU, référence en la matière, sont à ce titre sans appel. D’ici à 2040, l’âge médian de la population chinoise devrait augmenter de plus de onze années, pour atteindre 46 ans, le nombre de Chinois en âge de travailler s’éroderait de 10 %, celui des jeunes adultes de 15 à 44 ans se réduirait de 200 millions et celui des plus de 65 ans augmenterait d’autant ; la proportion d’actifs pour deux séniors chuterait ainsi de dix-huit actuellement, à cinq en 2040. Le vieillissement de la Chine est parti pour être particulièrement rapide, à bien des égards, plus rapide, même, que celui du Vieux Continent.

Les conséquences du vieillissement des populations sont assez mal connues et les recherches sur le sujet concernant surtout les pays développés ne sont guère juxtaposables au cas de la Chine. Que cette absence de référence n’empêche pas, toutefois, de prendre la mesure de ce que nous annoncent les tendances démographiques des vingt-cinq prochaines années. Après avoir façonné les principales étapes du développement économique chinois, la génération des baby-boomers de l’ère post révolution des années 1950 à 1975 emportera avec elle l’essentiel de ce qu’elle a procuré durant sa jeunesse à l’Empire du Milieu, et qui en a fait l’extraordinaire essor depuis quatre décennies : une ressource pléthorique en main d’œuvre, d’abord, une ressource tout aussi inédite d’épargne, ensuite.

France – Allemagne : 20 ans d’histoire économique comparée

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UneComme toutes les crises, celle que nous traversons est propice aux dogmes, jugements à l’emporte-pièces ou autres idées reçues, souvent difficilement réconciliables avec la réalité. S’assurer que nous ne faisons pas fausse route dans les choix décisifs que nous prenons aujourd’hui passe par l’assurance d’une bonne connaissance de notre passé. C’est la raison pour laquelle nous publions aujourd’hui ce cahier de graphiques, résumé de vingt ans d’histoire économique comparée de la France et de l’Allemagne. 

Croissance, consommation, emploi, immobilier, endettement, démographie, commerce extérieur, autant de thèmes passés en revue dans ce document, pour s’assurer de mieux comprendre la réalité économique des deux premières économies de la zone euro.

 

 

 

La France : ses atouts

A la recherche d’une autre voie

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L’économie française va mal, nous ne le savons que trop. Mais vouloir remédier à ses maux avec la thérapie aujourd’hui infligée aux pays du sud de l’Europe serait la voie la plus périlleuse qui soit – aussi bien pour la France que pour l’ensemble de la zone euro. C’est donc une autre voie qu’il faut trouver. Celle-ci ne pourra venir que d’une meilleure sollicitation des spécificités de l’économie française. C’est en cela qu’une bonne connaissance de ses atouts peut servir.

SOMMAIRE

La France va mal, le risque qu’elle bascule dans une situation critique est réel 

  • La dette n’est pas soluble dans l’austérité
  • Déflation compétitive : une non-option
  • France-Allemagne : deux économies, deux modèles

A la recherche d’une autre voieLes atouts de la France : de quoi parle-t-on ?

  • Les multiples avantages d’une démographie dynamique : demande, investissement, capacités de financement, richesse patrimoniale
  • La performance méprisée de la productivité française
  • Présence et rayonnement des grandes entreprises françaises à l’international
  • La R&D
  • Le positionnement géographique : tourisme et agriculture
  • Mieux combiner les atouts révélés de l’économie française pour faire face à la crise