Ça ne s’arrange pas en Chine, Xi Jinping nous l’avait bien dit…

Les indicateurs du mois de mai, publiés la nuit dernière confirment les difficultés croissantes rencontrées par l’économie chinoise et le caractère illusoire du diagnostic largement répandu d’une économie en récupération rapide depuis le début de l’année. Les indicateurs quels qu’ils soient ont, non seulement reflué, mais ressortent bien en-dessous des attentes, ce qui tend à confirmer qu’au-delà des effets de base porteurs de ce début d’année, la situation reste très compliquée.   Si la dernière vague d’épidémie de coronavirus explique sans doute une bonne part de ces déceptions, ces publications successives finissent par interroger. Envolée des prix des matières premières, débouchés rampants à l’exportation, fragilités du marché de l’emploi, appréciation du yuan entravent la bonne marche de la reprise chinoise. Le Président Xi-Jinping nous avait pourtant prévenus, la croissance 2021 ne ferait guère plus que ce que lui offraient les acquis exceptionnels du rebond de la fin de l’an dernier : soit 6 %… Finira-t-il par avoir raison ?

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Les effets de base s’érodent en Chine et font ressortir de médiocres sous-jacents…

Le rebond de l’économie chinoise de ce début d’année a été monté en épingle par de nombreux observateurs avec, souvent, des commentaires dithyrambiques sur des données économiques considérablement déformées par des effets de base liés à la crise du Covid de l’an dernier, auxquels se sont ajoutées les traditionnelles distorsions du nouvel an. Loin de se cantonner à la Chine, ces conclusions ont eu un effet d’entraînement sur les perspectives globales et, par ricochet, sur le marché des matières premières et les anticipations d’inflation.

Les livraisons mensuelles des principales statistiques du mois d’avril publiées cette semaine tranchent avec ce diagnostic. Outre le fait que les effets de base commencent à s’éroder, un certain nombre de signaux faibles ressortent des tendances récentes et pourraient dévoiler une réalité bien moins flatteuse que généralement suggéré, une fois les biais statistiques dépassés. Dans un contexte d’amélioration des perspectives consécutive à la levée des restrictions sanitaires aux Etats-Unis et en Europe et à l’attente des programmes de relance américains, les marchés n’ont pas fait grand cas de ces chiffres qui méritent, à notre avis, un peu d’attention…

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À 0,6 % au T1, la croissance chinoise est la plus faible hors Covid depuis 1999

On pouvait s’en douter, les données chinoises du jour donneraient le tournis tant elles seraient distordues par les effets statistiques résultant de la comparaison avec une période de quasi-paralysie de l’activité à l’occasion de la première vague de Covid en Chine. Nous n’avions pas osé imaginer que même les médias de référence tomberaient dans le panneau -ou feraient semblant ?- en titrant par exemple ce matin sur « une activité industrielle frénétique à l’origine d’une croissance historique de 18,3 % au premier trimestre ». D’un trimestre sur l’autre, la croissance du PIB chinois n’a été en effet que de 0,6 %, la plus faible jamais enregistrée depuis le premier trimestre 1999 selon les données historiques officielles. En 2019, avant la crise sanitaire, l’économie chinoise progressait à un rythme moyen de 1,4 % par trimestre, l’année dernière cette même moyenne s’est élevée à 1,8 % grâce au phénomène de rattrapage post crise du début d’année. On comprend alors la retenue qu’inspire un tel rapport en dépit d’un certain nombre de résultats progressivement plus convaincants d’une récupération de l’économie chinoise publiés cette nuit.

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Le grand bluff chinois

« La reprise est spectaculaire en Chine » entend-on régulièrement. Le pays, qui a su éradiquer l’épidémie de coronavirus, serait le grand bénéficiaire de cette épidémie et également un exemple de ce qui attend le reste du monde une fois les campagnes de vaccination suffisamment avancées, a priori au tournant de l’hiver ou courant du printemps. Sauf que la manière de lire les résultats de l’économie chinoise, n’est pas tout à fait la bonne, tout du moins est-elle contestable. Parmi les données les plus suivies, celles du commerce extérieur témoigneraient non seulement du succès chinois, avec des exportations en progression de 13 % par rapport à l’année dernière en novembre, mais également de la résistance de la demande internationale. L’illustration ci-dessous est une autre représentation de cette exceptionnelle reprise… en l’occurrence, celle du niveau des exportations depuis le début de l’année, enfin, depuis février puisque l’activité était tellement ralentie en janvier que les données ne sont même pas publiées par l’office de statistiques. Vu sous cet angle, c’est, un déficit de ventes de 30 % à 40 % qui ressort de la performance à l’exportation par rapport à 2019, quel que soit le secteur et sans prise en compte, donc, des données de janvier… Problème, ce type de biais se retrouve dans bien des domaines du déchiffrage de la conjoncture chinoise…

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L’envers du décor de la reprise chinoise

Les images des Chinois en vacances durant la « Golden week » se propagent sur la toile en renfort de données économiques réconfortantes publiées la nuit dernière selon lesquelles la croissance annuelle du PIB du pays est ressortie à 4,9 % au troisième trimestre, après 3,2 % au printemps, celle de la production industrielle à 6,9 % en septembre, après 5,6 %, ou encore celle des ventes de détail à 3,3 % après 0,5 %. L’économie chinoise serait donc sortie de l’auberge, à deux doigts d’avoir effacé les plaies de la crise sanitaire. Que la Chine s’en sorte mieux que le reste du monde dans lequel sévit de nouveau l’épidémie est indiscutable. L’enthousiasme des commentaires a néanmoins quelque chose de gênant au regard du détail des données. Ces derniers mois nous ont appris à ne pas surestimer les messages renvoyés par les seules variations annuelles. Ces dernières passent sous silence le plus dur de la crise de la première moitié de l’année que les données en moyennes annuelles ne pourront camoufler et qui conditionneront, bel et bien, les perspectives 2021.

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L’économie chinoise traine la patte

L’économie chinoise est toujours à la peine à en juger par les dernières informations du jour. Si la croissance annuelle de la production industrielle progresse de 4,8 % en juillet à 5,6 % en août, la hausse des huit premiers mois de l’année n’est que de 0,4 % par rapport à l’an dernier, résultat principalement permis par le secteur des nouvelles technologies et de la communication.

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Economie chinoise : on comprend mieux le recul de Xi Jinping…

Parmi les données chinoises publiées ce matin, aucun rattrapage possible : les statistiques du mois d’août sont toutes plus mauvaises les unes que les autres. Il y a sans doute là de quoi mieux comprendre le recul du président Xi Jinping sur l’augmentation des tarifs à l’importation de produits agricoles. Une telle taxe interviendrait assurément à un très mauvais moment pour le consommateur chinois, déjà victime de la situation en présence. Jusqu’à présent soutenu par la population dans le conflit qui l’oppose à l’administration américaine, le président chinois n’est pas à l’abri d’un retour de bâton au fur et à mesure de la détérioration de l’environnement conjoncturel national. Si son recul de la semaine dernière ne préjuge en rien de la probabilité d’un accord commercial avec les Etats-Unis, il fait de moins en moins de doute que la situation critique dans laquelle se trouve la Chine, qui ne manquera pas de s’aggraver si D. Trump met ses menaces à exécution le 15 octobre, réduit sa capacité de résistance aux pressions américaines.

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