Si l’or doit rebondir, ça ne devrait plus tarder

Le titre est prudent ; on le serait à moins après le contrepied de ces derniers mois. Après avoir enregistré un record à 1746 € l’once en août, l’or a quasiment reperdu un cinquième de sa valeur, subissant depuis le début du mois de février une déferlante en euro ou en dollar qui en a surpris plus d’un. Actif, de loin, le plus performant des grandes classes d’investissement au monde au cours des sept premiers mois de 2020, le métal précieux est devenu le malaimé et, in fine, le grand perdant depuis. Curieusement, c’est au moment où les anticipations d’inflation des marchés se redressent comme elles l’ont rarement fait, que, ce qui s’apparente à une fuite devant le placement refuge, a été le plus manifeste, mettant en porte-à-faux de nombreux investisseurs. Avec un peu de recul, ce mouvement est moins surprenant qu’il n’y paraît. Notre approche, complétée de notre appréciation sur la situation économique et financière internationale, incite plutôt à envisager de se repositionner progressivement en faveur du métal précieux. Un quitte ou double largement suggéré par le caractère insupportable de la remontée des taux d’intérêt.

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J. Powell ne panique pas ; les marchés, si. Qui sait, il finira peut-être par les suivre ?

Patatras ! J. Powell n’a pas répondu aux attentes des marchés à en juger par ses propos à l’occasion d’une conférence de presse. Il n’a pas l’intention d’intervenir pour contrer la pentification de la courbe des taux et n’est pas prêt à considérer une inflexion imminente de sa politique très accommodante pour contrer la hausse des anticipations d’inflation. S’il s’agissait de tester la sensibilité des marchés à l’approche du prochain FOMC des 16 et 17 mars, c’est chose faite. Ceux-ci sont, à l’évidence, dans l’attente d’action. Reste à savoir laquelle : plus de liquidités pour contrer la hausse des taux ou moins pour rassurer au sujet de sa vigilance à l’égard du risque d’inflation sur lequel les marchés focalisent ces dernières semaines ?

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Aux Etats-Unis, février aura été médiocre

Chute des ventes automobiles, repli du rythme de créations d’emplois et baisse surprise de l’ISM non-manufacturier. Les données américaines du mois de février ont apporté leur lot de déceptions que, dans l’ensemble, ne dément pas le Beige Book de la FED sur la situation à mi-mois. Si les conditions climatiques extrêmes n’ont pas aidé, elles ne semblent pas expliquer l’essentiel de ces mauvais chiffres, pas plus d’ailleurs que les ruptures d’approvisionnement qui ont affecté l’industrie. Les restrictions liées au contexte sanitaire mais, plus encore, l’impact de la hausse des prix sur la demande et les marges des entreprises, sont des raisons plus convaincantes à ces déconvenues. À trop voir midi à leur porte, il se pourrait bien, qu’à coup de spéculation effrénée sur les matières premières, les marchés finissent par refermer la porte de la reflation.

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La BCE n’est pas encore prise en étau

La BCE ne publie pas de « Dots », ces prévisions de moyen terme des membres de la FED. Elle a, à ce titre, un gros avantage sur cette dernière face à l’envolée des perspectives d’inflation des marchés dont on peut envisager qu’elle finisse par contaminer l’opinion d’un nombre suffisant de gouverneurs pour interférer sur l’orientation de la politique monétaire américaine d’ici peu, notamment en cas d’adoption du plan Biden. Le passif en matière de déflation est, par ailleurs, autrement plus important en zone euro qu’il ne l’a été aux Etats-Unis et le plan de relance européen, bien que largement porté aux nues, n’a pas grand-chose à voir avec l’impulsion promise par les démocrates outre-Atlantique. Enfin, le risque systémique que représente le durcissement des conditions de financement des États européens les plus endettés est également une réalité très spécifique à la zone euro. Toutes ces raisons confondues offrent à la BCE de quoi répondre à la hausse des taux des marchés avec une relative aisance, ceci d’autant plus que la FED a jusqu’à présent défendu une posture très accommodante. Madame Lagarde ira-t-elle pour autant au-delà des mots ?

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« Pent-up demand » ? Les résultats de l’industrie automobile interrogent.

Traduisez : demande latente, ou potentiel de rattrapage. Abondamment usité par les économistes américains au lendemain de la crise de 2008 pour nous expliquer à quel point la reprise serait spectaculaire, le terme a fait son retour ces derniers mois pour qualifier ce qui est censé se produire après sa mise en hibernation forcée de la demande par les conditions sanitaires. Parmi les entreprises, la conviction est telle que leurs perspectives s’envolent dans la plupart des pays malgré des résultats encore bien décevants, comme illustré, une nouvelle fois ce matin, par les PMI chinois. Mais alors comment interpréter les mauvais chiffres récents en provenance de l’automobile, secteur censé être triplement protégé par les mesures de soutien, la percée des nouveaux modèles moins carbonés et le report de dépenses en provenance des services ? Même en Chine où le coronavirus semble être une affaire ancienne, les données interrogent. Un élément de l’équation manque-t-il et, si oui, lequel ?

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BMG février 2021 – Au bout du tunnel ?

Notre baromètre économique global se redresse pour la première fois depuis juillet, à 0,2, son niveau initial de janvier avant révision à 0,1. Les composantes varient peu cependant, pour la plupart encore en zone neutre/légèrement positive. Le changement de contexte observé sur le front de l’inflation le mois dernier se confirme avec un indicateur de momentum à 0,2 points qui suffit à en faire le plus haut depuis avril 2019.

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La reflation sans hausse des taux, « ça n’existe pas »… dirait la comptine

Les marchés pris à leur propre piège ? Après avoir poussé comme ils l’ont fait le bouchon de la reflation depuis la fin de l’année dernière, les voilà inquiets de voir le niveau des taux d’intérêt prendre le chemin de la normalisation malgré les conditions hyper-accommodantes des banques centrales. Il fallait avoir bien peu d’égards sur la perspicacité des marchés de taux pour penser qu’il puisse en être différemment. Jusqu’à présent absents du jeu de la politique économique, les gouvernements s’en mêlent aujourd’hui et, leur action combinée à celle des banques centrales, ça finit par faire beaucoup.

Promesses de politiques keynésiennes à vocation de verdissement schumpétérien sur tombereaux de liquidités des banques centrales, le cocktail s’est révélé détonnant sur les marchés de matières premières et de facto sur les anticipations d’inflation. L’ensemble, à première vue, vertueux après dix années de déflation latente, l’est beaucoup moins au regard du risque que représente une remontée des taux d’intérêt face au surendettement généralisé des agents et à des valorisations d’actifs financiers et immobiliers gonflées aux politiques quantitatives et de taux zéro depuis près de dix ans. Le réveil a pris un certain temps à se faire mais commence à se manifester sur les bourses, parmi lesquelles les valeurs technologiques dont la politique quantitative a fait l’essentiel de la surperformance de ces dix dernières années mais sans laquelle les lendemains boursiers pourraient être nettement plus incertains… Face à ce changement deux questions prédominent.

La première concerne la réalité du risque inflationniste, or force est de constater que celle-ci est encore très incertaine.

La seconde est relative à la menace que constituerait un changement des politiques des banques centrales sur les marchés financiers. Celle-ci semble particulièrement élevée.

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Emballement des taux américains, l’Europe peut difficilement rester à l’écart

Alors que la remontée des taux d’intérêt américains s’accélère, l’Europe est-elle vouée au même sort ? La réponse la plus sure est OUI à en juger par la forte corrélation de long terme entre les rendements des T-Notes et des Bunds à 10 ans, notamment depuis le début des années deux mille. Ce constat ne signifie pas que l’ampleur des mouvements soit systématiquement comparable mais que les périodes de forte hausse des taux d’intérêt à long terme américains sont le plus souvent accompagnées de remontées également significatives en Europe quand bien même, généralement, de moindre importance. Or, ce constat vaut pour tous les pays de la région, notamment en dehors du noyau dur…

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