La croissance US hélitreuillée est conforme aux attentes ; c’est au moins ça !

Comme attendu, le PIB réel américain a progressé de 6,4 % en rythme annualisé (1,6 % non annualisé) au premier trimestre 2021. Le retard par rapport à son niveau d’avant crise est ainsi ramené à un peu moins de 1 %, qui devrait être comblé sans difficulté au cours des trois prochains mois. La reprise semble donc engagée et le rattrapage du troisième trimestre devrait suffire à assurer une croissance d’au moins 7 % en moyenne cette année. Mais l’économie américaine tient grâce aux béquilles gouvernementales.

Les ménages ont reçu deux chèques de l’administration au cours du premier trimestre, plus de 2,2 Trn de dollars qui ont constitué 96 % de la croissance de leur revenu disponible, dont l’essentiel est allé à l’épargne et aux achats de biens, source quasi-exclusive de la croissance du PIB. Leurs revenus dépendront à l’avenir de l’emploi, des salaires ainsi que des prix et, sans doute, faudra-t-il qu’ils puisent dans leur épargne pour entretenir le rattrapage de la demande. De cela découlera le rebond plus ou moins rapide de l’activité dans les services, qui, contrairement à l’industrie, accusent encore un gros retard par rapport à la situation d’avant crise. Et de cela dépendront in fine les tendances de l’emploi et de ce qui fera la croissance avant que les réformes structurelles de J. Biden portent leurs fruits…

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Powell peine à faire entendre les raisons du statu quo de la FED

Stand-by. C’est implicitement le maître mot du communiqué de la FED et de celui des propos de J. Powell. Mais au fait, pour quelles bonnes raisons ? Affirmer que les tensions inflationnistes n’ont pas lieu de durer au-delà des effets de base et de l’impact des goulets d’étranglement ne suffit apparemment plus à justifier le statu quo de la FED. J. Powell a ainsi dû répondre à de multiples questions du type : mais que vous faut-il de plus, quelles conditions permettraient d’atteindre la zone de confort à partir de laquelle la FED pourrait envisager de changer de stratégie ? Quels sont les fragilités justifiant le maintien de telles béquilles monétaires ? Pourquoi continuer à acheter des titres adossés au marché immobilier alors que celui-ci se porte en apparence si bien, ces pratiques ne risquent-elles pas de participer à la surenchère en place et de peser, par ricochet, sur le pouvoir d’achat des ménages ? Enfin : la FED est-elle effrayée par le risque de « taper tantrum » ?… C’est peu de dire que les journalistes sont apparus dubitatifs et ils ne sont sans doute pas les seuls. Car la question n’est pas tant de ne rien changer que de maintenir des conditions de soutien monétaire exceptionnel quand les perspectives s’améliorent comme elles le font aujourd’hui.

 

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La vaccination fait toute la différence sur le moral des ménages

La sortie de la crise sanitaire est déjà largement entamée aux Etats-Unis et au Royaume-Uni, sur fond d’une campagne de vaccination intensive, et le sentiment des consommateurs rebondit dans la foulée. La France ou l’Allemagne, qui, faute de la même rapidité, continuent de moduler les restrictions au gré des évolutions de l’épidémie de Covid, affichent quant à elles des niveaux de confiance toujours franchement médiocres. La réouverture s’y fait attendre, tout comme l’optimisme, et in fine la reprise économique.

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Quand faut y aller, faut y aller ! Il serait, bien sûr, décent que la FED fasse un premier pas

La spéculation va bon train sur ce que pourrait annoncer la FED mercredi soir, au terme de la réunion du FOMC. Il y a quelques jours à peine, nombreux considéraient qu’elle ne changerait rien à son discours selon lequel la politique actuelle est appropriée et susceptible d’être durablement maintenue en l’état. Le vent semble avoir tourné dans la foulée de la décision de la Banque du Canada de réduire le montant de ses achats d’actifs et, plus récemment, avec l’annonce de la signature imminente d’un décret de J. Biden instituant une augmentation du salaire horaire des travailleurs contractuels du gouvernement fédéral de 10,95$ à 15$ dès 2022.

J. Powell peut-il une nouvelle fois se défausser ? Cela semble difficile au vu des résultats économiques récents et du rattrapage promis par la levée des contraintes sanitaires. Pour autant, le cas de figure est très loin d’être anticipé par les marchés ; tellement loin que la FED évitera sans doute de prendre trop de risques, surtout au vu de la fermeté récente de ses positions. J. Powell devrait donc évoluer sur la pointe des pieds et se contenter d’entre-ouvrir la porte à un possible ajustement de sa politique qui resterait à valider en juin. La piste n’en est pas moins périlleuse, d’autant plus glissante que le président de la FED n’a pas osé l’amorcer en mars.

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Avec 75 % de l’activité contrainte par le Covid, l’industrie ne suffit plus à tirer l’IFO

L’indicateur IFO du climat des affaires gagne 0,2 point, à 96,8, une évolution bien timorée, résultat d’une amélioration du sentiment sur les conditions courantes mais d’une détérioration des perspectives. Après avoir joué un rôle clé dans l’amélioration de l’indice allemand, les perspectives manufacturières marquent le pas. Rien que de très logique après avoir renoué avec leurs plus hauts cycliques passés au cours des derniers mois et tandis que les contraintes d’offre se multiplient. Il faudra maintenant que les autres secteurs prennent le relai pour que l’indicateur synthétique du climat des affaires allemand retrouve plus de marge d’appréciation. Cela pourrait prendre du temps au vu du contexte sanitaire encore très contraignant en présence.

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Supercycle des matières premières: super risque

Les analyses sont de plus en plus nombreuses à suggérer le retour d’un grand cycle d’inflation comparable à celui des années soixante-dix. À l’origine de ce diagnostic, le constat de l’envolée des cours des matières premières, sur fond de politiques de relance censées assurer une meilleure transmission des initiatives quantitatives des banques centrales vers l’économie réelle, en même temps que de nouveaux besoins consécutifs à la destruction créatrice des politiques de verdissement. Un drôle d’échafaudage avec, d’un côté, des perspectives de croissance que certains n’hésitent pas à comparer aux années 20 du siècle écoulé et, de l’autre, des politiques monétaires supposées imperturbables qui permettraient de conserver un couvercle au-dessus du volcan des dettes publiques et privées accumulées ces dernières années. Autrement dit, un triptyque fait de plus de croissance et d’inflation sans hausse significative des taux d’intérêt qui souffre de profondes incohérences et suggère surtout la formation d’un risque majeur à plus ou moins brève échéance.

 

 

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Pour les guidances de la BCE on repassera ; Mme Lagarde esquive les questions-clés

La conférence de la BCE a été un non-événement qui a laissé aux uns et aux autres le libre choix de l’interprétation de ses propos. Promis, « la BCE poursuivra ses achats d’actifs à un rythme nettement plus soutenu au deuxième trimestre qu’au second ». Voilà qui a rassuré ceux qui espèrent la poursuite d’une politique hyper accommodante. Reconnaissons que l’institution a mis un certain temps à faire suivre ses actes aux paroles de sa présidente. Sauf un léger rebond fin mars, difficile de discerner, en effet, un changement de tendance dans ses achats de titres dans le cadre du PEPP. Si la dernière semaine semble changer la donne, l’augmentation des achats ne fait en réalité que compenser un volume particulièrement élevé d’arrivées à échéance… La présidente de la BCE recommande, du reste, de ne pas se focaliser sur les mouvements hebdomadaires mais de privilégier la lecture mensuelle ; signe pour ceux qui veulent le croire que ses achats vont être décuplés d’ici la fin du mois ?

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L’Europe avance face aux crises ? Impatient de voir. Pour l’instant, on va dans le mur !

Tandis que l’épidémie continue de repousser plus encore la perspective d’un retour à une vie économique normale sur le continent, Allemagne et Pologne font barrage à la ratification du fonds de relance. L’unique bouée de sauvetage, déjà bien loin de faire le poids face aux ravages provoqués par la crise, est donc menacée ou, dans le meilleur des cas, arrivera avec encore plus de retard qu’initialement prévu. Les responsables européens sont-ils aveuglés par les effets de base qui conduisent la plupart des économistes, nous y compris, à annoncer des taux de croissance exceptionnels pour cette année ou tout simplement borgnes ? Même notre scénario de croissance de 4,9 % cette année et 4 % en 2022, de plus en plus fragilisé aujourd’hui, laisse un trou béant de 5 % de pertes par rapport à la tendance du PIB d’avant la crise. À supposer que la croissance s’établisse à 2 % l’an par la suite, c’est une perte permanente de 4 % que subirait la zone euro. Difficile d’imaginer comment une telle situation pourrait ne pas être synonyme de crise de quelque sorte que ce soit et quelles risqueraient d’être les conséquences d’un blocage du plan de relance dont dépendent les marges d’action de trop nombreux pays.

 

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