L’Europe engluée échappe à une forte rechute du climat des affaires en janvier

Les indicateurs de climat des affaires de la Commission européenne de janvier semblent si banalement mauvais depuis un an qu’ils ne varient plus que marginalement, loin de la chute provoquée par la première vague d’épidémie, tout au moins pour l’instant. Ainsi, parmi les grands pays, seul l’indicateur composite allemand retombe à un niveau inférieur à celui de novembre, à 93 contre 95. Quant à l’Espagne, elle gagne même deux points, à 94. Est-ce pour autant significatif, pour un pays qui, tout au long du premier semestre 2020 affichait un climat des affaires supérieur à ses voisins mais a, néanmoins été le plus durement frappé par la crise ? Attendons confirmation. Reste donc l’essentiel : l’Europe vit au ralenti et la persistance de l’épidémie pousse les secteurs les plus vulnérables à s’enfoncer un peu plus dans la crise avant même la nouvelle vague de restrictions.

 

Vous devez vous connecter pour voir le contenu.SVP . Pas encore abonné ? Vous abonner

Petit ou grand élan pour l’euro ?

Les initiatives européennes n’ont pas tardé à payer : l’euro, menacé de craquer au début de l’épidémie de coronavirus, s’est adjugé une remontée de plus de 8 % face au dollar depuis son point bas du 20 mars. Alors que l’accord européen de ce mardi lui a donné l’occasion de franchir d’importantes résistances, la monnaie unique dispose, à l’évidence, d’un potentiel d’appréciation additionnel vis-à-vis du billet vert. Reste à savoir de combien.

Le pronostic n’est pas si simple. D’un côté les facteurs de faiblesse du dollar se multiplient , de l’autre, les risques de déception sur la conjoncture européenne restent entiers. La dilution sur trois années du plan de relance, 2021 à 2023, risque fort de ne pas le rendre aussi opérationnel que nécessaire au cours de la période la plus dépressive des tout prochains mois. L’ensemble pourrait finalement requérir plus de temps pour faire valoir sa juste valorisation à la monnaie unique face au billet vert, ceci d’autant plus que le taux de change effectif de l’euro risque de buter sur ses records historiques, à peine supérieurs à 3,5 % au niveau présent…

Vous devez vous connecter pour voir le contenu.SVP . Pas encore abonné ? Vous abonner

Des Eurobonds pour faire passer la pilule d’un demi plan de relance

France et Allemagne avaient jeté la semaine dernière les premières bases d’un front commun européen face au coronavirus avec le financement d’un plan de relance de 500 milliards d’euros, via l’émission d’eurobonds par l’Union Européenne elle-même. Difficile de faire moins pour la Commission, qui n’a pas, non plus, souhaité faire beaucoup plus. L’enveloppe des subventions proposées par le couple franco-allemand sera donc complétée par 250 milliards de prêts pour atteindre un total de 750 mds d’euros. Ursula von der Leyen, qui avait annoncé « des milliers de milliards » de relance a donc dû en rabattre pour espérer faire passer ses propositions auprès des européens les plus réticents, « les frugaux » du nord. Reste à savoir si cela sera suffisant pour qu’ils avalisent ce plan sans contreparties inacceptables pour les plus nécessiteux, en l’occurrence, l’Italie et l’Espagne, principaux bénéficiaires du dispositif proposé aujourd’hui.

Vous devez vous connecter pour voir le contenu.SVP . Pas encore abonné ? Vous abonner

Plus difficile de faire semblant sur les marchés européens

Les marchés américains font comme si. Chaque jour plus préoccupantes, les nouvelles économiques font à peine sourcilier les indices boursiers submergés par les liquidités tous azimuts de la FED. Le déconfinement au coin de la rue serait en passe de refermer la parenthèse de ces deux derniers mois et d’autoriser un redémarrage d’autant plus fort de l’activité que les mesures de soutien, d’ores et déjà exceptionnelles, devraient être renforcées. Le gouvernement vient de rallonger l’enveloppe des prêts garantis aux PME de 320 mds de dollars, les premiers 350 mds ayant été siphonnés par des grandes entreprises au détriment des plus nécessiteuses, et de voter un soutien de 100 milliards pour l’hôpital. Si D. Trump n’est pas encore parvenu à faire adopter son vaste plan de 3 000 mds d’infrastructures, la cause semble entendue ; l’approfondissement de la crise finira par faire plier les plus réticents. Quant au signal d’alarme provoqué par la crise du marché pétrolier en début de semaine, il a été étouffé en vingt-quatre heures au premier tweet du président américain promettant de sauver la mise. En somme, rien que de très normal au royaume du factice où les cours de bourse sont brandis comme les témoins incontestables de la réussite de la politique économique.

Le contexte n’est assurément pas le même de ce côté-ci de l’Atlantique. Ici, pas de président pour donner l’impression de repousser des montagnes, pas de tweet intempestif pour mettre au garde à vous la banque centrale, les lobbys et les marchés, mais une Commission, un Conseil européen, des échanges interminables et vidéoconférences extraordinaires pour accoucher, non d’un vaste plan de relance, mais d’un engagement collectif de travailler à la création d’un fonds spécial de relance… dont on reparlera courant juin ( !), pour, peut-être, décider, chiffres à l’appui, des propositions que la Commission fera alors. D’ici là, priorité aux investigations, d’abord sur le diagnostic et le chiffrage des besoins puis sur les montages envisagés : investissements, subventions, prêts, financement, dette perpétuelle, eurobonds… Seule information donnée par la présidente de la Commission, Mme Von der Leyen, il s’agira non pas de milliards mais de milliers de milliards, que l’Allemagne à travers la voix retrouvée de Mme Merkel, semble avaliser ; ouf, on peut patienter l’esprit tranquille !

 

Vous devez vous connecter pour voir le contenu.SVP . Pas encore abonné ? Vous abonner

Gouvernance européenne : au-delà des noms…

Nous avions opté, à la veille des élections européennes, pour un titre provocateur : « Sans électrochoc salvateur, l’Europe se dirige droit dans le mur ». Après le fiasco des premiers rounds de négociations sur la désignation des responsables des postes-clés de la gouvernance de l’Europe, les nominations finales sont plutôt réconfortantes. L’électrochoc s’est-il produit ? On est tenté de le penser, comme semble d’ailleurs en témoigner l’écrasement du spread de taux d’intérêt italo-allemands depuis l’annonce des nominations de C. Lagarde et d’U. von der Leyen respectivement à la tête de la BCE et de la Commission.

Si ce point de départ rassure, le plus dur reste néanmoins à faire : il s’agit de sortir l’Europe de l’immobilisme de ces dernières années et de parvenir à atteler ses différentes parties à une ambition collective. C’est tout l’impératif de ce quinquennat au cours duquel il faudra raccrocher les wagons que la crise de ces dernières années a trop dispersés. Au-delà des chefs de file, les dissensions sont intenses entre les différents pays de la région et, contrairement à ce que l’on serait tenté de penser, un environnement international adverse n’est pas forcément synonyme de meilleure cohésion intra européenne. Si les chances de réussite existent, elles appelleront une détermination sans faille et un degré d’habileté que les conditions économiques difficiles en présence ne cesseront de challenger que ce soit sur le plan monétaire, financier ou budgétaire.

Vous devez vous connecter pour voir le contenu.SVP . Pas encore abonné ? Vous abonner

Sauf un électrochoc salvateur, l’Europe se dirige droit dans le mur

À ce point de décrépitude et face à la soif de changement qu’expriment les oppositions grandissantes, de deux choses l’une : soit l’Europe est capable de surmonter ses différends et de retrouver la voie de l’audace par laquelle elle pourra redonner un espoir commun à ses populations, soit les scénarii du pire ne manqueront pas de se profiler à un terme plus ou moins rapproché. Force est de reconnaître, que les chances que le scrutin de cette semaine ouvre les portes à la première de ces options sont assurément faibles. Sauf un électrochoc salvateur que pourraient provoquer les résultats mêmes des élections ou l’amplification des menaces extérieures, la probabilité que l’Europe se disloque un peu plus dans les années à venir risque de s’en trouver fortement accrue. Les voies d’un délitement européen sont toutefois à peu près aussi complexes que celles du fonctionnement de l’UE et les scénarii en la matière assez sensiblement différents selon les cas. Comment les choses pourraient-elles tourner ?

Lire la suite…

Dangereux excès de zèle de la Commission Européenne

Italie, Belgique, Espagne, France… la liste des pays dans le viseur de la Commission européenne faute de suivre leur feuille de route budgétaire pour 2019 s’allonge de jour en jour, à un moment critique où les risques de contagion de la crise italienne s’amplifient au fur et à mesure des déceptions sur la conjoncture et l’inflation et à l’approche de la fin supposée du programme d’achats d’actifs de la BCE.

Lire la suite…