Des ventes de détail américaines, insipides en août

En août, les ventes de détail américaines ont progressé de 0,7 % selon l’estimation préliminaire ; un résultat meilleur que prévu, toutefois terni par la forte révision à la baisse des données du mois de juillet (finalement en repli de 1,8 % au lieu  de -1,1 % initialement publié) et le caractère assez insipide du détail du rapport. L’influence du variant Delta sur les achats des ménages est palpable (net repli des dépenses de loisirs et faibles ventes des services alimentaires, de l’habillement et d’essence à opposer à un rebond significatif des ventes à distance). La crise du secteur automobile, quant à elle, se prolonge, avec une nouvelle chute significative des ventes en août qui porte à 10 % les pertes du secteur au cours des trois derniers mois. L’ensemble sur fond d’inflation soutenue, probablement à l’origine de distorsions significatives qui rendent la lecture des données à prix courants plus incertaine.

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La consommation des ménages américains toujours au point mort en juillet

Pas la meilleure façon d’aborder le troisième trimestre pour la consommation des ménages américains qui a reculé, en termes réels, de 0,1 % en juillet après une hausse de 0,5 % en juin. Il s’agit du quatrième mois de quasi-stagnation depuis la très forte accélération de mars qui, pourtant, laissait espérer un retour à la tendance d’avant crise. La fin des aides gouvernementales, les nouvelles difficultés sur le front sanitaire et l’envolée des prix en ont décidé autrement.

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La consommation US marque le pas, les prix PCE s’envolent dans la foulée du CPI

Les revenus des ménages continuent de fluctuer au gré des programmes gouvernementaux. Avril étant caractérisé par de moindres paiements et de plus faibles rentrées d’assurance chômage, le revenu disponible des ménages à prix courants s’est replié de 15 % par rapport à mars. Conséquence, malgré un regain de mobilité, la consommation ne s’est accrue que de 0,5 % en avril, ce qui correspond à un léger recul de 0,1 % à prix constants. Les niveaux d’avant crise d’ores et déjà dépassés, d’environ 2 %, ce faible recul n’est pas préoccupant, d’autant que la progression du mois de mars a été révisée en hausse, à 4,1 %. Reste que la dépendance de la reprise aux programmes gouvernementaux continue d’interroger. Alors que l’inflation des prix PCE accélère à +3,6 %, sous l’effet combiné de l’énergie et des composantes sous-jacentes, il faudra que l’économie génère des gains de pouvoirs d’achats plus substantiels pour maintenir la consommation à flot avant que les programmes de relance ne produisent, éventuellement, leurs effets à plus long terme.

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La croissance US hélitreuillée est conforme aux attentes ; c’est au moins ça !

Comme attendu, le PIB réel américain a progressé de 6,4 % en rythme annualisé (1,6 % non annualisé) au premier trimestre 2021. Le retard par rapport à son niveau d’avant crise est ainsi ramené à un peu moins de 1 %, qui devrait être comblé sans difficulté au cours des trois prochains mois. La reprise semble donc engagée et le rattrapage du troisième trimestre devrait suffire à assurer une croissance d’au moins 7 % en moyenne cette année. Mais l’économie américaine tient grâce aux béquilles gouvernementales.

Les ménages ont reçu deux chèques de l’administration au cours du premier trimestre, plus de 2,2 Trn de dollars qui ont constitué 96 % de la croissance de leur revenu disponible, dont l’essentiel est allé à l’épargne et aux achats de biens, source quasi-exclusive de la croissance du PIB. Leurs revenus dépendront à l’avenir de l’emploi, des salaires ainsi que des prix et, sans doute, faudra-t-il qu’ils puisent dans leur épargne pour entretenir le rattrapage de la demande. De cela découlera le rebond plus ou moins rapide de l’activité dans les services, qui, contrairement à l’industrie, accusent encore un gros retard par rapport à la situation d’avant crise. Et de cela dépendront in fine les tendances de l’emploi et de ce qui fera la croissance avant que les réformes structurelles de J. Biden portent leurs fruits…

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La monnaie hélicoptère ça marche tant que ça délivre…

En février, les dépenses des ménages américains ont reculé de 1,2 % à prix constants et retrouvent des niveaux similaires à ceux d’octobre dernier, inférieurs de 2,1 % à ceux de février 2020. A l’exception du fort rebond, de plus de 10 %, des dépenses dans l’hôtellerie, lesquelles restent néanmoins particulièrement déprimées, et d’une contribution positive de quelques services et de l’énergie, les différents postes d’achats reculent pour la plupart fortement. La consommation de biens, qui s’était bien reprise après la première vague de COVID, recule nettement : les dépenses d’habillement, d’équipement du foyer, d’informatique ou d’automobile refluent de près de 5 % par rapport à janvier. Si la rudesse de l’hiver dans certaines régions peut éventuellement être invoquée pour expliquer une part de ce recul, il n’en reste pas moins que février marque le troisième mois de baisse sur les quatre derniers, seul janvier, mois de distribution des chèques, faisant exception. En février, la fin de ces transferts gouvernementaux a engendré une chute de 8,2 % du revenu des ménages. Le consommateur américain est décidément accroc à la monnaie hélicoptère… ça tombe bien, les hélices s’activent à nouveau. Mais l’ensemble ne fait pas encore d’inflation. La hausse annuelle des prix de la consommation effective se tasse légèrement, à 1,4 % hors énergie et alimentation.

 

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La consommation américaine sur la pente descendante

Alors qu’environ la moitié des grands secteurs américains a retrouvé des niveaux de consommation similaires à ceux de l’an dernier, l’après rattrapage semble bien difficile, avec un recul un peu partout, pour des dépenses totales en baisse de 0,6 % en termes réels en décembre. Si cette information ne modifie à priori pas les estimations de PIB publiées hier, ce recul, le deuxième consécutif, n’est pas de meilleur augure pour démarrer l’année 2021. Surtout, certains secteurs s’enfoncent encore un peu plus dans la crise, à l’exemple de l’hôtellerie, avec un niveau de consommation inférieur de plus de moitié à celui de décembre 2019.

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PIB américain, ça ne prend pas l’allure d’une reprise en V

Le PIB américain ressort en hausse de 4 % en rythme annualisé au dernier trimestre 2020, contre 33 % r.a. au troisième, soit toujours un recul de 2,5 % en glissement annuel, contre 2,8 % au trimestre dernier. Autant dire que la reprise est bien ralentie par rapport aux attentes d’il y a quelques mois ; la FED d’Atlanta estimait jusqu’à quasiment fin octobre une croissance de plus de 30 %… Les dépenses des ménages ressortent manifestement comme le point faible de cette première estimation, en hausse de seulement 2,6 % r.a., avant la publication, demain, des données de consommation de décembre. A contrario, le boom immobilier a maintenu la contribution de l’investissement résidentiel à la croissance du PIB à des niveaux inédits depuis le début des années 1980, de 1,3 points après déjà 2,2 points au troisième trimestre. Les stocks ont également gonflé la croissance d’un point au cours de la période. L’économie américaine est donc passablement affaiblie, la chute du dollar n’ayant même pas permis de dégager une contribution positive des exportations nettes, qui, à l’inverse, rabotent la croissance de 1,5 points. L’acquis de croissance pour l’année prochaine ressort ainsi à seulement 2 %, ce qui nécessiterait au moins une croissance identique à celle de la fin d’année pour parvenir à 4,5 % en moyenne cette année, après une contraction de 3,5 % en 2020.

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Croissance américaine : « bullshit » ?

La première estimation de la croissance du PIB américain du premier trimestre est ressortie assez significativement au-dessus des attentes, à 3,2 % en rythme annualisé par rapport au précédent. Malgré ce bon chiffre apparent, les détails de la croissance n’ont pas convaincu. Les déceptions en provenance de la consommation des ménages et la très faible hausse du déflateur du PIB l’ont emporté sur le sentiment des marchés provoquant, dans le sillage de la publication, une nouvelle décrue des taux d’intérêt futurs et l’arrêt du mouvement de hausse du dollar des jour précédents. Qu’en penser ?

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