Confusion du côté de la Fed

Davantage que sa décision, largement attendue, d’un relèvement de ses taux directeurs d’un quart de point, à 1,50-1,75 %, c’est sur ses perspectives qu’était attendue la Fed au terme du premier FOMC de la présidence de Jérôme Powell. Non seulement parce qu’un vaste flou règne autour des développements de l’économie américaine, soumise ces derniers temps à de multiples turbulences, mais également parce l’on attendait de cette première communication qu’elle éclaire sur l’orientation de la nouvelle équipe aux commandes de l’institution. Pas sûr que l’objectif ait été atteint, à en juger par les premières réactions de marché.

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Le repli des taux d’intérêt, un répit probablement de courte durée pour les bourses

La détérioration des nouvelles sur le front de la conjoncture économique et l’absence de quelconques signes d’inflation ont fini par avoir raison des anticipations et par faire flancher les taux longs. Après avoir franchi le niveau de 3 % le 1er février et être monté jusqu’à 3,22 % trois semaines plus tard, le rendement des T-bonds américains à 30 ans est redescendu à moins de 2,98 % cette semaine. Alors que les inquiétudes relatives à une remontée plus rapide que prévu de l’inflation et des taux directeurs de la FED avaient provoqué un vif regain de volatilité sur les marchés mondiaux début février, l’accalmie de ces derniers jours a apporté un peu de soutien aux indices boursiers. Il est peu probable, toutefois, que les marchés s’accommodent longtemps du changement de perspectives qu’implique le retournement des marchés obligataires. Si, dans notre scénario, l’anticipation d’un repli des taux d’intérêt joue un rôle majeur pour temporiser la correction attendue des bourses mondiales, il semble difficile, cependant, d’en espérer davantage.

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L’inflation aux abonnés absents. Jay Powell risque-t-il de mettre le feu aux poudres ?

L’inflation, c’était sûr, ferait son retour. Non seulement l’activité économique s’améliorait rapidement sur fond de remontée des cours du pétrole mais la politique de Donald Trump, à coup de vaste réforme de la fiscalité et de protectionnisme, ne tarderait pas à attiser les effets inflationnistes de la chute du dollar. De trois hausses de taux directeurs prévues par la FED jusqu’alors, les marchés n’hésitaient pas à envisager un, voire deux crans de plus. Fin février, la probabilité d’un relèvement des fed funds à 2,25 %-2,50 % d’ici la fin de l’année était de 25 % sur les marchés à terme américains ; les taux à 30 ans, qui avaient franchi un mois plus tôt le niveau de 3 %, s’élevaient à 3,20 % pour la première fois depuis l’été 2015 et la courbe des taux, en phase de repentification, redonnait de la latitude la FED. Moins de trois semaines plus tard, le paysage semble avoir bien changé et les perspectives qui prévalaient alors s’éloignent de plus en plus. Après avoir laissé entendre que le relèvement des taux directeurs de la FED pourrait se faire plus vite que prévu, Jay Powell va-t-il franchir le pas cette semaine et annoncer un changement du scénario de la FED ?

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Beaucoup d’emplois, moins de salaires…Le rapport sur l’emploi de février devrait requinquer le dollar

C’est, a priori, le meilleur rapport que l’on pouvait escompter avec une solide vigueur des créations d’emplois en février (313K) et un mois de janvier révisé à la hausse (239K) sans stress d’inflation salariale :

  • la croissance annuelle des salaires est revue à la baisse 2,8 % en janvier et ressort à 2,6 % en février
  • le taux de chômage est stable à 4,1 % grâce à une remontée du taux de participation.

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Le pari de la productivité, des salaires et de la normalisation des taux de Jay Powell

Jérôme Powell, s’est montré autrement plus confiant devant le Congrès américain qu’il ne l’était apparu jusqu’à présent, s’agissant en particulier de l’impact de la réforme fiscale. Perçue comme très favorable à l’investissement, le nouveau président de la FED semble assuré de la capacité de cette réforme à stimuler les gains de productivité et à accroître les créations d’emplois et les salaires. Il envisage donc logiquement que la Fed puisse être amenée à relever le niveau des taux directeurs plus rapidement que prévu. Les chances que Jay Powell soit amené à moduler ses propos, paraissent encore relativement élevées, ceci d’autant plus que la sensibilité des marchés aux perspectives de taux est telle, qu’ils pourraient, sans conteste, l’y aider….

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Entre inégalités et bulles financières, le dilemme des banquiers centraux

Le sujet des inégalités ne fait guère partie de la panoplie traditionnelle des politiques monétaires dont la mission, même lorsqu’elle vise directement un objectif de plein emploi, s’est généralement contentée d’une approche macro-économique offerte par les statistiques agrégées de croissance, d’inflation, taux de chômage ou taux de salaire moyens. Force est de constater que ce sujet s’est pourtant imposé à l’agenda d’un nombre croissant de banquiers centraux ces dernières années.

Impulsé par Janet Yellen, ce changement semble avoir convaincu un certain nombre d’autres acteurs de la gestion monétaire. Outre-Atlantique, Nell Kashkari, gouverneur de la FED de Minneapolis, a largement relayé cette approche, allant jusqu’à inaugurer en janvier 2017, avec le soutien de l’ex-présidente de la FED, un centre de recherche du nom de «Opportunity and Inclusive Growth Institute» dont la mission est de promouvoir la recherche destinée à favoriser une croissance plus « inclusive pour tous les Américains et de contribuer, ainsi, à un meilleur accomplissement du mandat de la FED en faveur du plein emploi ».

En Europe, Mario Draghi, a fait de ce même thème un élément important du dosage de sa politique monétaire ces deux dernières années. Comme l’avait initié Janet Yellen à partir de janvier 2014 en développant une série d’indicateurs complémentaires au taux de chômage, le président de la BCE a régulièrement fait référence aux insuffisances du marché de l’emploi (« labour market slack ») pour se prémunir des risques de mésinterprétation d’une statistique, le taux de chômage, de moins en moins représentative de la réalité économique : sous-emploi, emploi partiel contraint, multi-salariat… sont ainsi régulièrement mentionnés par le Président de la BCE pour justifier la poursuite d’une politique hyper-accommodante en dépit de conditions économiques nettement meilleures en zone euro depuis le début de l’année dernière.

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Jay Powell, la petite phrase qui précise les choses

Le nouveau président de la FED prend les devants sur les chiffres d’inflation attendus demain : il veillera au risque financier 

À l’occasion d’une des cérémonies autour de son investiture, le nouveau président de la FED, a réaffirmé son intention de ne pas rompre avec la politique de Janet Yellen, confirmant la stratégie de normalisation graduelle des taux d’intérêt et de réduction du bilan de la FED ainsi que la préservation de l’essentiel des mesures de régulation financières, tout en veillant à leur efficacité maximale. Lire la suite…

Point de marché

Sans surprise les indices asiatiques ont emboîté le pas aux occidentaux cette nuit. La fébrilité des marchés est grande et ne semble pas devoir retomber aujourd’hui. Les risques de nouveaux replis significatifs des indices sont donc importants avec un agenda économique très léger. A ce stade la correction des marchés n’est pas outre mesure préoccupante. Les indices gomment les excès de début d’année qui les avaient le plus souvent propulsés au-dessus de leurs résistances cycliques.

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