Repentification de la courbe des taux avec le ralentissement de l’inflation américaine

À force de persistance, l’envolée des prix a fini par devenir la principale source d’inquiétude conjoncturelle aux Etats-Unis, comme dans bon nombre d’économies ces dernières semaines. Le ralentissement de l’inflation mesurée par l’indice des prix à la consommation en août est, en ce sens, une bonne nouvelle qui se traduit simultanément par un repli des taux à deux ans (reflet de l’atténuation des contraintes de resserrement de la politique monétaire) et une légère remontée des taux à 10 et 30 ans (reflet de l’atténuation des craintes sur la croissance). Il s’agit d’une petite bouffée d’oxygène pour les marchés qui, depuis la publication, vendredi, de prix à la production encore en accélération sensible (8,3% en glissement annuel) redoutaient des résultats équivalents pour le CPI. De fait, la hausse mensuelle des prix à la consommation du mois d’août est la plus faible depuis janvier, les secteurs qui, ces derniers mois, avaient le plus participé à l’envolée de l’inflation, corrigent ou se normalisent (véhicules d’occasion et tarifs aériens notamment) et l’inflation annuelle marque, enfin, le pas, à 5,3 % après 5,4 %, ce qui s’accompagne d’un repli nettement plus marqué pour la partie sous-jacente, à 4 % après 4,3 %. Voilà qui devrait permettre de mieux apprécier la réalité de la situation ; en l’occurrence celle d’une économie encore largement marquée par de très faibles hausses des prix, notamment dans la partie la plus importante de l’économie, celle des services.

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La France championne des PMI. L’histoire n’est pas celle qu’on croit, mais rassure.

Encore une fois, l’économie française surprend agréablement, avec une hausse significative du PMI, de 1,7 points en juin, soutenue tout à la fois par le secteur manufacturier et les services. Si le PMI synthétique n’a pas encore retrouvé son niveau du mois de novembre, d’avant la crise des gilets jaunes, il n’en est plus très éloigné malgré l’extrême détérioration de la situation dans le reste du monde depuis cette période. De fait, selon les premières informations disponibles, le PMI français caracole en tête des principaux pays. On est spontanément tenté d’attribuer ces bons résultats aux mesures de soutien du gouvernement. À y regarder de plus près, pourtant, l’histoire n’est pas celle-ci. Qu’à cela ne tienne, il s’agit potentiellement d’une meilleure nouvelle encore !

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Plus les tarifs montent plus les taux baissent. Une anomalie ?

Le programme protectionniste de D. Trump était supposé faire flamber l’inflation ; il faudra vraisemblablement attendre longtemps avant d’observer de tels effets. En l’occurrence plus les tarifs augmentent plus les anticipations d’inflation et, dans leur sillage, les taux d’intérêt, baissent. Il n’y a en cela rien de véritablement anormal compte-tenu de la conjoncture actuelle et de l’exacerbation des pressions concurrentielles que provoquent les menaces protectionnistes. Aussi paradoxal que cela puisse paraître, une prolongation/amplification de la guerre commerciale propulserait sans doute les taux d’intérêt sur des niveaux bien plus bas qu’aujourd’hui et plus encore dans le cas de véritable décrochage du yuan…

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Mesures Macron – un impact économique significatif, une réponse pas forcément suffisante

Il y avait dans le mouvement des « gilets jaunes » l’expression de deux types de revendications :

  • Une, immédiate, que l’on peut résumer à celle du pouvoir d’achat trop durement impacté ces derniers mois par la remontée de la CSG et l’envolée des prix des carburants qui a résulté de la conjonction de l’envolée des cours du pétrole et de l’augmentation de la fiscalité carbone.
  • Une revendication plus structurelle, ou sociétale, appelant à une réduction des inégalités, une meilleure redistribution des ressources, une plus grande sécurité économique, cette dernière passant, entre autres, par le maintien de services publics de proximité et de qualité (transport, éducation, santé en particulier).

Les mesures annoncées par le président de la République répondent à la première ; elles colmatent les brèches d’une année 2018 particulièrement difficile en matière de pouvoir d’achat et sont, de ce point de vue, à la hauteur des besoins immédiats, à même, y compris, de changer la donne conjoncturelle en France. Elles laissent néanmoins de côté les revendications plus politiques, dont pourrait dépendre l’efficacité des dispositions adoptées en termes de revenus immédiats.

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Désalignement des planètes en Allemagne, c’est grave ?

La détérioration des indicateurs avancés s’est singulièrement accentuée ces derniers mois en Allemagne. D’abord perçu comme un épiphénomène lié aux perturbations climatiques et à l’épidémie de grippe du début d’année, prolongé par la baisse du moral des chefs d’entreprises inquiets des menaces protectionnistes, le ralentissement semble aujourd’hui beaucoup plus sérieux. Quelle lecture faire de la situation présente ? Y a-t-il un risque de cassure et, si oui, qu’elles pourraient en être les raisons et conséquences sur les perspectives économiques et politiques européennes, à l’heure où la capacité d’influence de l’Allemagne semble déjà bien écornée ?

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La Banque d’Angleterre a un deuxième problème : la consommation bât de l’aile…

En mars, les ventes de détail se sont contractées de 1,2 % au Royaume-Uni, une baisse largement supérieure aux attentes, principalement due à la chute de plus de 7 % des dépenses en essence. Hors ces dernières, le volume d’achats s’est néanmoins replié de 0,5 %, annulant la progression de février, de sorte qu’avec une hausse de moins de 0,1 % en janvier, les ventes de détail hors essence ont littéralement stagné au premier trimestre.

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La menace pétrolière

La montée des tensions autour de la Syrie a fait s’envoler les cours du pétrole au-delà de 72 $ le baril cette semaine, suggérant aujourd’hui un risque significatif d’escalade à la hausse susceptible de propulser, au moins temporairement, les prix bien au-dessus de leur niveau actuel ; un scénario, à bien des égards, préoccupant.

Les variations des cours du pétrole ont fait la pluie et le beau temps sur l’économie mondiale et les marchés financiers depuis quatre ans, venant le plus souvent exacerber les fragilités en place. Leur effondrement en 2014 est en large partie responsable de l’amplification des pressions déflationnistes et des répliques monétaires de la BCE et de la BOJ qui s’en sont suivies. Leur redressement depuis leur point bas de janvier 2016 est, ensuite, venu confisquer le peu de pouvoir d’achat qu’avaient récupéré les consommateurs en 2015, sans que la remontée des cours soit en mesure d’impulser une réelle amélioration de la situation des exportateurs du monde émergent, par ailleurs, de plus en plus concurrencés par les Américains. L’embardée des prix de ces derniers jours pourrait être, à ce titre, plus efficace… A moins qu’elle ne vienne, au contraire, mettre le feu aux poudres, risquant tout à la fois de pénaliser davantage les consommateurs et de déclencher une évolution trop radicale des taux d’intérêt, que l’impatience mal dissimulée des banquiers centraux à sortir de la situation de très bas taux d’intérêt pourrait attiser à brève échéance. L’ensemble n’est assurément pas de bon augure, susceptible de se transformer rapidement en une menace de taille pour la croissance mondiale et les marchés financiers.

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