Quel pouvoir de la FED face à un éventuel emballement des taux d’intérêt ?

La victoire des démocrates au Sénat américain a déclenché un mouvement de hausse des taux d’intérêt aux Etats-Unis qui n’a pas fini d’interroger sur son ampleur et sa rapidité futures. Après quasiment quatre décennies de repli de l’action publique, c’est un retour en force du rôle de l’État que promet le programme de J. Biden, lequel aura in fine : soit le mérite de redresser la productivité structurelle de l’économie américaine, soit la faiblesse de créer les conditions d’un retour de l’inflation. Les deux issues ne sont naturellement pas comparables en termes économiques mais, du point de vue de l’investisseur, le risque est clairement identifié : sauf impossibilité d’implémenter les réformes promises, pour des raisons politiques ou sanitaires, le niveau des taux d’intérêt est, à terme, amené à se redresser. Dans une telle perspective, le risque est grand que les marchés aillent plus vite que la musique, un schéma potentiellement destructeur face auquel la FED est généralement perçue comme un fiable garde-fou, capable de contrôler le niveau des taux d’intérêt, quoi qu’il en soit de l’évolution sous-jacente des anticipations d’inflation. Le postulat n’est certainement pas dénué de risque.

 

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140 K destructions d’emplois aux Etats-Unis, même pas mal ?

Le rapport de l’ADP avait mis la puce à l’oreille mercredi sans émouvoir les investisseurs. Le rapport officiel de l’emploi inquiétera-t-il davantage ? Rien n’est moins sûr, au vu de la myopie en présence. Avec un peu de chances, ce très mauvais rapport sur l’emploi de décembre pourrait même être perçu comme protecteur, assurant si besoin était, d’un mixte de politique économique encore plus porteur qu’escompté, ce qui n’est pas peu dire ! La situation est sans doute observée différemment par les salariés américains, en particulier par les plus précaires d’entre eux, qui ont vu disparaître 480 K emplois dans les métiers les plus exposés que sont ceux des loisirs et de la restauration. Les emplois publics poursuivent également leur décrue bien qu’à un rythme moindre qu’au cours des derniers mois (-45K après -80 K et -270K respectivement en novembre et octobre). Au contraire de l’impact de début d’année en revanche, les destructions n’ont pas touché tous les secteurs. C’est la bonne nouvelle relative de ce rapport qui décrit, même, un volant assez important de créations de postes dans les services professionnels, le commerce de détail et, dans une moindre mesure, les transports et la construction.

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L’industrie a résisté au 2ème confinement de novembre, pas la consommation…

Les indicateurs français et allemands illustrent une rare dichotomie entre les tendances respectives de l’activité industrielle et celles de la consommation. Dans la lignée des indicateurs de commandes et de climat des affaires, plutôt cléments voire bons, la production manufacturière a cru de 1,2 % en novembre outre-Rhin et de 0,5 % dans l’Hexagone, quoique dans ce dernier cas les énergies aient fait reculer la production totale de 0,9 %. Premier enseignement, donc, le confinement a eu jusqu’à présent des effets limités sur l’industrie. Le constat n’est pas le même du côté des consommateurs. En France, les achats de biens des ménages ont chuté de 19 %, une contraction d’ampleur comparable à celles observées en mars puis en avril. En Allemagne, où les mesures de restriction ont été moindres, les consommateurs se sont rués sur les achats de biens pour profiter des dernières semaines de TVA à taux réduit. Les lendemains risquent fort de déchanter néanmoins avec le retour du taux normal de TVA en janvier et le durcissement des mesures de distanciation. En somme, il faudrait un miracle pour que la production parvienne à maintenir le cap positif de cet automne en ce début d’année.

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Pas grand enseignement à retirer des commandes allemandes de novembre 

Contre toute attente, les commandes allemandes ont fait mieux que résister en novembre, avec une nouvelle hausse mensuelle de 2,3 % qui les porte à un niveau supérieur de 6,3 % à celui de novembre 2019. On est donc bien loin de la chute qui avait accompagné la première vague de la pandémie en mars-avril. Novembre était toutefois encore porté par le regain d’activité de l’automne. Le contexte sanitaire s’est singulièrement détérioré depuis. En outre, les secteurs-clés de l’activité industrielle sont déjà en berne…

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J. Biden ou l’épreuve des taux d’intérêt

S’il est une incertitude dans le contexte actuel de changement de présidence aux Etats-Unis, c’est bien du côté des conséquences de l’élection de Joe Biden sur les taux d’intérêt qu’elle se trouve. Les marchés ne s’y sont pas trompés ces dernières heures à l’annonce d’une vraisemblable victoire des démocrates au Sénat qui, pour la première fois depuis le 19 mars dernier, a propulsé le rendement des T-Notes à 10 ans au-delà de 1 %. Bien que d’à peine 10 points de base, on aurait tort de considérer ce mouvement comme anecdotique à en juger par la configuration technique de la courbe des rendements ; le risque que la tendance s’accélère est bien réel au vu de la spéculation en place sur les marchés ces derniers temps. D’aucuns y verront sans doute un signal supplémentaire de reflation. Gare cependant à ne pas mettre la charrue devant les bœufs : une hausse des taux, un tant soit peu significative, pourrait faire d’immenses dégâts si elle n’était pas précédée d’une amélioration des conditions économiques, nécessaire pour y faire face…

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Rien n’oblige à vendre son or, même en vue d’une plus grande rotation sectorielle en 2021

Les périodes de hausse des cours de l’or sont rarement les plus appréciées des investisseurs et il n’y a rien de bien surprenant à ce constat. Réputé pour son caractère de valeur refuge, quand le métal précieux finit par s’imposer dans les portefeuilles c’est en général lors d’épisodes d’inquiétude extrême, d’aversion au risque et de bas niveaux des taux d’intérêt réels. Après avoir été porté au zénith au cours de l’été, l’or a donc logiquement subi le contre-coup du regain d’appétit pour le risque que les espoirs suscités par la double perspective d’une vaccination à grande échelle contre le coronavirus et d’une politique de relance américaine ont provoqué. Adulé, il y a peu, l’or est depuis refoulé, comme enfoui avec les mauvais souvenirs d’une annus horribilis 2020, au profit des valeurs les plus cycliques, les plus impactées par la crise, sur lesquelles résident tous les espoirs de reprise et de performance.

La stratégie n’est pas sans risque dans un environnement encore marqué par un degré d’incertitude sans précédent au cours duquel même la poursuite du mouvement de rotation cyclique pourrait s’accompagner d’un retour en force du métal précieux, ainsi que cela a pu s’observer par le passé.

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Climat des affaires INSEE : rebond partiel et très inégal en décembre

L’indicateur INSEE de climat des affaires pour la France conclut l’année sur une note contrastée. Porté par l’assouplissement des restrictions sanitaires, qui a entrainé un regain d’optimisme sur les perspectives d’activité dans la plupart des secteurs, l’indicateur composite s’établit à 91 après 79. Il s’agit d’un de ses meilleurs niveaux depuis le début de la crise, sans commune mesure avec ceux enregistrés lors de la première vague d’épidémie. Sur ce front, les nouvelles sont donc plutôt bonnes. Reste que l’indicateur est toujours inférieur de 9 points à sa moyenne de long terme, quand, par ailleurs, des secteurs-clés de l’activité et de l’emploi font toujours preuve d’un climat des affaires extrêmement bas malgré le fait que de nombreuses entreprises, dont les portes sont fermées, ne participent pas à ces enquêtes.

 

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La consommation américaine à nouveau dans le rouge

Nouveau repli des ventes de détail aux Etats-Unis en novembre, de 1,1 % par rapport à octobre, après un recul marginal de 0,1 % selon les données révisées. Entre les effets liés à Thanksgiving et ceux de la pandémie, il semble que les seconds l’aient emporté. Il est vrai que la confiance des consommateurs n’a guère décollé ces derniers mois et piétine toujours sur ses bas niveaux du début de 2014, en partie du fait de la lenteur du rattrapage du marché du travail sur lequel manquent toujours 10 millions d’emplois par rapport à la situation d’avant crise. Enfin, l’extrême détérioration de la situation sanitaire n’arrange naturellement rien, quoi qu’il en soit des contraintes imposées par les autorités en matière de mobilité. L’incapacité des démocrates et républicains à trouver un terrain d’entente sur un plan de soutien face à cette deuxième vague de coronavirus risque au total de se payer cher, comme le signale déjà le retournement du PMI dans les services ce mois-ci après son exubérance récente.

 

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