Emploi américain : mars sauve les meubles selon l’ADP

Les chiffres sur l’emploi privé américain du mois de mars publiés par l’ADP donnent une première idée de l’impact du coronavirus sur l’activité.
A ce stade, le scénario du pire est évité : l’économie américaine aurait supprimé 27K emplois privés au cours du mois de mars, moins que redouté par le consensus des économistes qui faisait état de pertes de 150K. Ces données ne préjugent pas de ce que donnera le rapport mensuel de vendredi ni des tendances à venir mais nous donnent un certain nombre d’autres précisions importantes :

  • Les pertes d’emploi seraient concentrées dans le transport et la construction
  • L’emploi des PME baisse beaucoup plus fortement, de 90K, les plus petites concentrant le plus gros des pertes (66K)
  • Parmi celles-ci les activités de services sont les plus grandes victimes avec 77K destructions d’emploi

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Un mauvais rapport sur l’emploi rassure les bourses ; vive la Fed ! Mais les T-notes doutent

Après les mauvaises nouvelles en provenance de l’économie américaine de ces derniers jours et le vif retour de volatilité qui s’en est suivi sur les bourses mondiales, d’aucuns auraient pu redouter qu’un mauvais rapport sur l’emploi crée plus d’inquiétude et attise les pressions baissières sur les marchés. Que nenni ! Le rapport est tellement mauvais qu’il rassure : la FED, c’est certain, viendra à la rescousse, semblent nous dirent les marchés d’actions. Contrairement à ce qu’avait indiqué J. Powell au sortir du dernier FOMC du 18 septembre, les anticipations d’une nouvelle baisse des taux des Fed Funds fin octobre se sont imposées ces derniers jours. Malgré le repli du taux de chômage de deux dixièmes à 3,5 % qui, en des temps plus anciens, aurait pu faire redouter une accentuation des tensions inflationnistes, la forte baisse du taux de croissance annuel des salaires à 2,9 % lui redonnerait la latitude que les tendances récentes de l’inflation lui avait confisquées…

La réaction des marchés obligataires n’est pas aussi enthousiaste, cependant. De fait, la chute du taux de chômage semble susciter plus de questions quant à la perspective d’une FED possiblement trop conciliante…

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L’emploi américain, finalement, médiocre

Le rapport ADP avait surpris hier, suggérant une accélération surprenante des créations d’emplois privés américains en août ; le rapport officiel (NFP)  remet les pendules à l’heure : l’emploi privé ne s’est pas accru de 195 K postes, comme émis par l’ADP, mais de 90 K, une évolution plus conforme aux tendances envisagées au vu des informations sur l’activité américaine. Heureusement, les recrutements gouvernementaux temporaires liés au recensement  (25 K) ont gonflé les emplois publics, faisant ressortir un chiffre total un peu meilleur, de 130 K emplois salariés. Pas brillant néanmoins, d’autant que les révisions apportées aux deux mois précédents ont supprimé 20 K (après déjà 501 K suppressions effectuées en juillet à l’occasion de la révision des estimations pour avril 2018-mars 2019…). Depuis le début de l’année, le rythme de créations d’emplois est finalement réduit à 158 K, contre 223 K pour l’année dernière. Sur un an, la progression est ainsi retombée à moins de 1,4 % ce qui, sauf regain de hausse des salaires réels, ne fait pas beaucoup pour soutenir la consommation.

 

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Le marché de l’emploi américain, comme on l’aime !

Le scénario de reflation tel qu’espéré par les marchés depuis la mi-décembre est hautement susceptible. Il lui faut suffisamment de croissance mais pas trop d’inflation afin d’échapper au risque d’un changement de cap monétaire précipité que le haut niveau de valorisation des actions et obligations mondiales rendrait probablement insupportable. Le rapport sur l’emploi du mois dernier était à ce titre plutôt négatif, avec un rythme de créations d’emplois relativement médiocre accompagné d’une accélération des salaires qui, bien que modeste, avait convaincu bon nombre d’observateurs d’un risque accru de remontée plus rapide des taux d’intérêt de la FED (voir à ce sujet Un peu plus d’emplois et de salaires, beaucoup plus de risque obligataire, du 2 février).

Celui d’aujourd’hui est autrement meilleur, potentiellement à même de suggérer l’amorce d’une nouvelle donne plus vertueuse du cycle américain.

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Un peu plus d’emplois et de salaires aux Etats-Unis, beaucoup plus de risques obligataires

 

C’est le propre des situations de bulles que de créer des mouvements de panique ponctuels dont la plupart ne durent pas, jusqu’au jour où…. C’est bien cette dernière crainte que suscitent les évolutions de ces derniers jours où se profilent les risques d’emballement susceptibles de faire dérailler la machine de marchés internationaux trop huilés par les liquidités pléthoriques déversées par les banques centrales depuis dix ans.

Dans un tel contexte, le rapport sur l’emploi américain du mois de janvier trouve une résonance particulière. À ce titre, il n’est pas le meilleur. Avec des créations d’emplois en légère accélération, de 200 000 en janvier, après 160 000 en décembre, mais, surtout, une accélération de la hausse annuelle des salaires à 2,9 %, la plus soutenue depuis juin 2009, ce rapport apporte plutôt de l’eau au moulin à la correction des marchés obligataires américains.

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Le rapport sur l’emploi américain du mois de décembre refroidit

Dans le contexte actuel d’euphorie, post adoption de la réforme fiscale le 22 décembre et post digestion de données particulièrement solides de ces derniers mois (voir notre hebdomadaire HDV), les statistiques de cet après-midi sont incontestablement malvenues. Avec seulement 148 000 créations de postes, au lieu de 252 000 en novembre (228K initialement), l’année 2017 termine en-dessous de la moyenne annuelle des 171 000, à un rythme de croissance annuel proche de ses plus bas de l’année, de 1,4 %. Ces données sont donc assez éloignées des promesses en provenance de l’ADP selon lesquelles l’emploi privé aurait augmenté de 250 000 au cours de la même période.  Lire la suite…