Le rapport sur l’emploi américain balaie les efforts de J. Powell

Un mois de créations d’emplois au rythme de la reprise et les efforts du président de la Fed pour contenir les hausses de taux sont balayés. L’économie américaine a créé 916 000 créations de postes en mars, une progression mensuelle de 0,6 %, suffisante pour mettre le feu aux poudres. Le rapport de mars est néanmoins de bonne facture ; meilleur que les précédents, avec des créations de postes quasi-généralisées. Les marchés de taux actent cette bonne nouvelle avec une envolée du rendement des T-Notes à 2 ans à 0,19 %, un plus haut depuis juin 2020. Le risque d’une embardée se précise indiscutablement. La probabilité d’une hausse des taux directeurs d’ici la fin de l’année, escomptée à 10 % risque fort d’augmenter dans un contexte où les impacts combinés des effets de base statistiques, de la réouverture de l’économie et des mesures budgétaires vont se bousculer au portillon.

 

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140 K destructions d’emplois aux Etats-Unis, même pas mal ?

Le rapport de l’ADP avait mis la puce à l’oreille mercredi sans émouvoir les investisseurs. Le rapport officiel de l’emploi inquiétera-t-il davantage ? Rien n’est moins sûr, au vu de la myopie en présence. Avec un peu de chances, ce très mauvais rapport sur l’emploi de décembre pourrait même être perçu comme protecteur, assurant si besoin était, d’un mixte de politique économique encore plus porteur qu’escompté, ce qui n’est pas peu dire ! La situation est sans doute observée différemment par les salariés américains, en particulier par les plus précaires d’entre eux, qui ont vu disparaître 480 K emplois dans les métiers les plus exposés que sont ceux des loisirs et de la restauration. Les emplois publics poursuivent également leur décrue bien qu’à un rythme moindre qu’au cours des derniers mois (-45K après -80 K et -270K respectivement en novembre et octobre). Au contraire de l’impact de début d’année en revanche, les destructions n’ont pas touché tous les secteurs. C’est la bonne nouvelle relative de ce rapport qui décrit, même, un volant assez important de créations de postes dans les services professionnels, le commerce de détail et, dans une moindre mesure, les transports et la construction.

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Aux Etats-Unis, les emplois gagnés dans les loisirs et l’hôtellerie ont été perdus dans le public

En octobre, seulement 638 K emplois salariés ont été créés aux Etats-Unis, soit une nouvelle décélération après les 672 K nouveaux postes de septembre. Le mois écoulé a pourtant été plutôt bon dans le privé, avec 906 K créations de postes, légèrement plus, donc, que le mois dernier (892 K). La hausse des salariés dans l’hôtellerie et les loisirs, bien que nettement moins forte qu’en septembre, a largement contribué à ce résultat, avec 271 K nouveaux postes. En deuxième place, les services professionnels ont ajouté 208 K postes, soit 86 K de plus que le mois précédent. Enfin, les commerce s’est également amélioré. Signe d’une activité plus vigoureuse, offrant plus d’opportunités, le taux de participation des 19-24 ans a poursuivi son redressement à vive allure et retrouvé son niveau d’avril 2019 ; simultanément, les emplois -salariés et non-salariés- à temps partiel se sont accrus de plus d’un million, leur plus forte progression depuis juin, et la durée hebdomadaire du travail se maintient à un niveau record de 34,8 heures.

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Emploi américain : mars sauve les meubles selon l’ADP

Les chiffres sur l’emploi privé américain du mois de mars publiés par l’ADP donnent une première idée de l’impact du coronavirus sur l’activité.
A ce stade, le scénario du pire est évité : l’économie américaine aurait supprimé 27K emplois privés au cours du mois de mars, moins que redouté par le consensus des économistes qui faisait état de pertes de 150K. Ces données ne préjugent pas de ce que donnera le rapport mensuel de vendredi ni des tendances à venir mais nous donnent un certain nombre d’autres précisions importantes :

  • Les pertes d’emploi seraient concentrées dans le transport et la construction
  • L’emploi des PME baisse beaucoup plus fortement, de 90K, les plus petites concentrant le plus gros des pertes (66K)
  • Parmi celles-ci les activités de services sont les plus grandes victimes avec 77K destructions d’emploi

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Un mauvais rapport sur l’emploi rassure les bourses ; vive la Fed ! Mais les T-notes doutent

Après les mauvaises nouvelles en provenance de l’économie américaine de ces derniers jours et le vif retour de volatilité qui s’en est suivi sur les bourses mondiales, d’aucuns auraient pu redouter qu’un mauvais rapport sur l’emploi crée plus d’inquiétude et attise les pressions baissières sur les marchés. Que nenni ! Le rapport est tellement mauvais qu’il rassure : la FED, c’est certain, viendra à la rescousse, semblent nous dirent les marchés d’actions. Contrairement à ce qu’avait indiqué J. Powell au sortir du dernier FOMC du 18 septembre, les anticipations d’une nouvelle baisse des taux des Fed Funds fin octobre se sont imposées ces derniers jours. Malgré le repli du taux de chômage de deux dixièmes à 3,5 % qui, en des temps plus anciens, aurait pu faire redouter une accentuation des tensions inflationnistes, la forte baisse du taux de croissance annuel des salaires à 2,9 % lui redonnerait la latitude que les tendances récentes de l’inflation lui avait confisquées…

La réaction des marchés obligataires n’est pas aussi enthousiaste, cependant. De fait, la chute du taux de chômage semble susciter plus de questions quant à la perspective d’une FED possiblement trop conciliante…

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L’emploi américain, finalement, médiocre

Le rapport ADP avait surpris hier, suggérant une accélération surprenante des créations d’emplois privés américains en août ; le rapport officiel (NFP)  remet les pendules à l’heure : l’emploi privé ne s’est pas accru de 195 K postes, comme émis par l’ADP, mais de 90 K, une évolution plus conforme aux tendances envisagées au vu des informations sur l’activité américaine. Heureusement, les recrutements gouvernementaux temporaires liés au recensement  (25 K) ont gonflé les emplois publics, faisant ressortir un chiffre total un peu meilleur, de 130 K emplois salariés. Pas brillant néanmoins, d’autant que les révisions apportées aux deux mois précédents ont supprimé 20 K (après déjà 501 K suppressions effectuées en juillet à l’occasion de la révision des estimations pour avril 2018-mars 2019…). Depuis le début de l’année, le rythme de créations d’emplois est finalement réduit à 158 K, contre 223 K pour l’année dernière. Sur un an, la progression est ainsi retombée à moins de 1,4 % ce qui, sauf regain de hausse des salaires réels, ne fait pas beaucoup pour soutenir la consommation.

 

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