De la reflation promise à la menace de stagflation ; la rotation sectorielle sens dessus-dessous

L’idée que les lendemains de la crise sanitaire seraient ceux d’une croissance équilibrée, soutenue par des politiques économiques volontaires qui permettraient de consolider la croissance potentielle, a largement dominé depuis l’automne dernier. Mais comme c’est souvent le cas, les marchés n’ont pas attendu de constater ces développements ; ils les ont devancés par le biais d’une spéculation effrénée sur les matières premières dont l’envolée donnait, en apparence, plus de fondements à ce scénario. Abondance inédite de liquidités et opacité créée par les conditions sanitaires aidant, le mouvement n’a pas eu de mal à s’imposer: l’indice GSCI des prix mondiaux des matières premières s’est envolé de 60 % pour atteindre un plus haut depuis 2014 ; les anticipations d’inflation ont décollé et l’inflation a suivi. Dont acte, les valeurs qui avaient grandement souffert des années d’avant crise, ont été sauvées. Sauf que la partition économique ne bat pas au rythme des anticipations et que l’envolée des matières premières devient, de facto, de plus en plus nocive…

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Le trade reflationniste passera-t-il l’été ?

Durant la coupure aoûtienne, c’est sur la résistance ou non du trade reflationniste que se préparera la rentrée. L’attaque du 19 juillet pourrait bien préfigurer, en effet, les débuts d’un retournement de sentiment, susceptible de défaire bien des tendances de marché apparues au premier semestre. Plusieurs sujets sont, à ce titre, à surveiller, parmi lesquels l’évolution du Covid, bien qu’incontournable, ne figure pas seule en tête de liste. Ainsi, la tournure des discussions budgétaires aux Etats-Unis pourrait largement supplanter la thématique sanitaire si elle tournait en défaveur de J. Biden. Les retours en provenance de la conjoncture américaine ne sont pas en reste, non plus, tant ils illustrent les risques de déception à venir sur la croissance. Alors que la réalité chinoise apparaît sous un jour nettement moins flatteur qu’en début d’année, il s’en faudrait de peu pour provoquer un repricing du scénario 2022.

Un mal pour un bien ? On peut l’espérer si ce retour de bâton parvient à faire dévisser les prix des matières premières. À défaut de soutenir un scénario supposé de reflation sur les marchés, les ménages verraient leur pouvoir d’achat reflaté et les entreprises, les pressions sur leurs marges atténuées…

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Rien n’oblige à vendre son or, même en vue d’une plus grande rotation sectorielle en 2021

Les périodes de hausse des cours de l’or sont rarement les plus appréciées des investisseurs et il n’y a rien de bien surprenant à ce constat. Réputé pour son caractère de valeur refuge, quand le métal précieux finit par s’imposer dans les portefeuilles c’est en général lors d’épisodes d’inquiétude extrême, d’aversion au risque et de bas niveaux des taux d’intérêt réels. Après avoir été porté au zénith au cours de l’été, l’or a donc logiquement subi le contre-coup du regain d’appétit pour le risque que les espoirs suscités par la double perspective d’une vaccination à grande échelle contre le coronavirus et d’une politique de relance américaine ont provoqué. Adulé, il y a peu, l’or est depuis refoulé, comme enfoui avec les mauvais souvenirs d’une annus horribilis 2020, au profit des valeurs les plus cycliques, les plus impactées par la crise, sur lesquelles résident tous les espoirs de reprise et de performance.

La stratégie n’est pas sans risque dans un environnement encore marqué par un degré d’incertitude sans précédent au cours duquel même la poursuite du mouvement de rotation cyclique pourrait s’accompagner d’un retour en force du métal précieux, ainsi que cela a pu s’observer par le passé.

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Les actions semblent plébisciter un scénario 100 % Biden, les taux un scénario 50 %…

Première journée bien malmenée au lendemain de l’élection présidentielle américaine pour laquelle, comme nous l’avions envisagé, le résultat reste en suspens. Il se pourrait qu’il faille plusieurs jours, voire semaines, avant de connaître le vainqueur de ce scrutin dans un contexte de contestation très vraisemblable des premiers résultats et d’une possible bataille institutionnelle. D’ores et déjà néanmoins ressortent un certain nombre de conclusions de ce premier point d’étape, en matière de perspectives de croissance, de taux d’intérêt et de sensibilité sectorielles. Un diagnostic a priori peu compatible avec l’optimisme des marchés boursiers que la confiance dans un succès confortable de J. Biden suscite depuis le début de la semaine.

 

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Les marchés voient la reflation, le Covid répand la déflation et les défensives sont chères…

Le contraste entre les sous-jacents des marchés et la réalité sanitaire s’est singulièrement accentué ces dernières semaines. A la veille de l’annonce supposée d’un accord entre républicains et démocrates américains, la tentation reflationniste s’accroît sur les premiers et les valeurs cycliques seraient dans les starting blocks selon certains. De son côté l’épidémie connaît un nouvel élan et menace de jour en jour d’imposer plus de limitations à la vie économique mondiale. Malgré l’embellie de ces derniers mois, les entreprises n’ont guère trouvé de quoi restaurer leur pricing power, bien au contraire à en juger par les enquêtes les plus récentes. Or, la persistance de la crise sanitaire ne plaide guère en faveur d’une amélioration rapide sur ce front.

Le plan de soutien américain peut-il contrer ces tendances à lui seul ? Le pari n’est pas gagné et les déconvenues du côté des cycliques pourraient ne pas tarder. Reste que les défensives ne sont pas bon marché et que leur médiocre performance récente interroge sur leur capacité à prendre le relais…

 

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ZEW : les analystes allemands en pleine illusion reflationniste. Le DAX suit…

On comprend mieux ce que fait le DAX, ainsi que la plupart des indices boursiers européens, à la lecture des résultats de l’enquête ZEW auprès des analystes financiers. Sans surprise ce dernier regagne davantage de terrain avec une remontée des conditions courantes en phase avec le frémissement de la croissance économique en Allemagne. Plus époustouflante est cependant la grande confiance dont font part les analystes sur les perspectives ce mois-ci, avec un indicateur en hausse de 12 points à un plus haut niveau depuis 2006, peu ou prou sur ses plus hauts cycliques. A y regarder de plus près, c’est bel et bien un scénario de reprise en V reflationniste qu’envisagent les analystes ; de quoi largement expliquer l’euphorie sur le DAX qui semble bien partie pour durer quelques semaines supplémentaires. On s’interrogera plus tard sur le débouclage à moyen terme de ces dichotomies extrêmes entre le diagnostic économique et les marchés…

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