M. Draghi face à l’exception italienne

La nomination de Mario Draghi à la tête de l’exécutif italien sera-t-elle à la hauteur des espoirs qu’instinctivement elle inspire? L’aura de l’ex-président de la BCE dans la communauté financière est considérable. Souvent considéré comme le sauveur de la zone euro, il est également perçu comme l’Italien de la situation. Celui qui connaît suffisamment bien les instances européennes pour en tirer le meilleur parti pour son pays et donner le maximum de levier aux dispositifs de relance adoptés ces derniers mois par la Commission européenne. La tâche n’en reste pas moins considérable, à bien des égards plus complexe que celle qu’il a menée à la tête de la Banque centrale, dès lors qu’il ne s’agit pas de convaincre de l’importance d’un bien commun, la monnaie unique, mais de reconstruire un pays ruiné.

Si la nomination de M. Draghi accroît à brève échéance les chances d’une résorption supplémentaire des écarts de taux de financement que la crise de 2008 a réouverts, elle pourrait, à terme et sous réserve de son maintien à ce poste, être celle de la renégociation d’un insoutenable fardeau que constitue la dette accumulée par le pays.

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L’engouement des investisseurs pour les marchés émergents est-il économiquement justifié ?

Depuis le début de l’année, les bourses émergentes ont continué de surfer sur la vague enclenchée à l’automne dernier, avec un gain additionnel de plus de 10 % qui porte la progression de l’indice MSCI émergent en dollar à 90 % depuis son point bas de mars 2020. Si la première jambe de hausse de mars à octobre derniers trouve bon an mal an son explication dans l’évolution des déterminants classiques de sa performance, ces derniers ne justifient guère les 25 % supplémentaires enregistrés depuis. Dans un tel cas de figure, deux hypothèses sont envisageables :

  • l’invalidation du modèle passé par un phénomène nouveau, par nature non appréhendé dans les estimations, que l’on cherchera à élucider.
  • Le constat d’une anomalie, laquelle, sera tôt ou tard corrigée.

Où placer le curseur ?

 

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Inflation, promis ?

Alors que les marchés ont les yeux rivés sur le risque d’inflation, les données de janvier publiées aux Etats-Unis et en Allemagne chantent un tout autre refrain. L’inflation des services américains s’est de nouveau écrasée, pour retomber en ce début d’année à un plus bas niveau depuis janvier 2011, il y a dix ans exactement, à 1,3 % contre 1,6 % le mois précédent. À ce rythme-là, si inquiétude il devait y avoir, ce serait du côté du risque déflationniste qu’elle devrait se loger. En Allemagne, les détails des données du CPI confirment ce que l’on pouvait attendre, à savoir, une accélération de l’inflation principalement liée à la fin de la période de TVA à taux réduit et à l’effet de la tarification carbone sur le secteur du transport et de l’énergie. Là encore, rien à signaler, sinon, comme dans le cas américain, le dérapage des prix de l’énergie, conséquence de l’envolée des prix du pétrole qui, fort heureusement, n’a qu’un impact limité sur les consommateurs dont la mobilité est fortement réduite en ces temps d’épidémie. Le risque inflationniste semble, au total, bien loin de se concrétiser…

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Décidément préoccupante la situation de l’emploi aux Etats-Unis

6 K créations de postes privés en janvier ; le rapport sur l’emploi américain est de piètre nature. Heureusement que le public s’est quelque peu raffermi, permettant d’afficher 49 K créations de postes au total ; sans compter cependant les 159 K destructions ajoutées par les révisions des données de décembre et novembre. L’ensemble n’est pas brillant et le détail sectoriel n’y change rien. Après 536 K destructions en décembre, les loisirs et la restauration ont encore supprimé 61 K postes, le commerce de détail en a perdu 39 K, le transport et le commerce de gros quelques 29 K et l’industrie manufacturière 10 K. Ailleurs, il ne se passe quasiment rien à l’exception des services professionnels où le turnover des emplois temporaires sauve la mise.

Si les bourses ne semblent guère perturbées, c’est sans doute qu’elles préfèrent se satisfaire de la « bonne nouvelle » d’un taux de chômage en repli de quatre dixièmes, à 6,3 %, et ignorer que se cache derrière ce chiffre une chute de 406 K du nombre d’actifs… Un ensemble décidément préoccupant.

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Surchauffe industrielle ?

Les indicateurs de confiance en provenance de l’industrie manufacturière sont unanimes : malgré quelques messages discordants, la confiance résiste incontestablement mieux que ne laissaient présager les développements sanitaires récents. Comment interpréter ces indicateurs ? Les résultats sur le front de la production effective sont loin d’être époustouflants. Si l’industrie s’en tire indiscutablement mieux que les services, rares sont les cas où les indices de production ont pu renouer avec leurs niveaux d’avant crise en dehors de la Chine et de certains pays asiatiques, bien positionnés pour profiter du surcroît de demande de produits électroniques. Pourtant, à en juger par certains commentaires, la situation serait presque celle d’une surchauffe à l’origine d’une extension des délais de production, généralement synonyme d’inflation. Que dire de ces informations a priori contradictoires ?

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BMG janvier 2021 – Pas de tire-fesse pour la conjoncture mondiale

Notre indicateur global de momentum d’activité se stabilise, à 0,2 en janvier, tandis que le chiffre de décembre, initialement à 0,4 a été révisé à la baisse. Malgré la dégradation de la situation sanitaire, les composantes n’enregistrent pas, pour l’instant, de tendance claire, mais les indicateurs les plus avancés -consommation et climat des affaires-, sont les moins bons. Le momentum d’inflation demeure en zone neutre, à 0, avec un probable mouvement haussier à venir, pour l’instant invisible.

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La consommation américaine sur la pente descendante

Alors qu’environ la moitié des grands secteurs américains a retrouvé des niveaux de consommation similaires à ceux de l’an dernier, l’après rattrapage semble bien difficile, avec un recul un peu partout, pour des dépenses totales en baisse de 0,6 % en termes réels en décembre. Si cette information ne modifie à priori pas les estimations de PIB publiées hier, ce recul, le deuxième consécutif, n’est pas de meilleur augure pour démarrer l’année 2021. Surtout, certains secteurs s’enfoncent encore un peu plus dans la crise, à l’exemple de l’hôtellerie, avec un niveau de consommation inférieur de plus de moitié à celui de décembre 2019.

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Les PIB européens, un relatif satisfecit quant à la gestion de crise, reste le plus dur

Les PIB allemand et espagnol ressortent en très légère hausse, de respectivement 0,1 % et 0,4 % au quatrième trimestre. Le PIB français recule, mais dans des proportions bien plus réduites qu’envisagé en début de période : -1,3 %, quand l’INSEE prévoyait une chute de 4 % et que les premiers temps du confinement de novembre faisaient redouter un choc plus marqué encore. A l’heure où la perspective d’un troisième confinement généralisé se fait de plus en plus menaçante, ces résultats sont donc quelque peu réconfortants : contrairement au premier semestre, la gestion plus fine des restrictions sanitaires a porté ses fruits et le « stop & go » des politiques publiques, bien que particulièrement mal vécu, a permis de limiter la casse économique. Plusieurs bémols à cette première réaction, néanmoins, dont :

  • Si la chute de la mobilité en France ne s’est pas traduite avec une ampleur similaire à celle du premier semestre sur le PIB, la consommation, elle, en a tout de même été la principale victime, avec nouvelle contraction d’ampleur en fin d’année
  • Les dégâts sectoriels restent immenses et hautement préoccupants pour ce qui concerne la plupart des activités tertiaires, en particulier en Espagne. Leur remise à niveau conditionnera les perspectives de sortie de crise.

 

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