La FED, en mode définitivement restrictif, relève son objectif de taux réel à 150 pb

Le ton est donné et, comme J. Powell a jugé bon de le souligner devant la presse, c’est le même que celui de Jackson Hole : la FED fera tout pour ramener l’inflation à 2 % et en assume le coût économique, notamment pour le marché de l’emploi, qui reste, à ses yeux, le problème numéro un. J. Powell, presque gêné d’avoir à formuler les choses en ce sens, fait de la remontée du taux de chômage un passage obligé pour lutter contre l’inflation. Il envisage pour cela de relever le taux des Fed Funds à 4,50 % d’ici décembre et entre 4,75 % et 5 % d’ici la fin de l’année prochaine, une projection qui laisse la porte ouverte à la possibilité de taux temporairement plus élevés début 2023, avant une légère détente en 2024.

Si le FOMC n’a pas jugé bon de relever les Fed Funds de 100 pb cette semaine, il s’est rattrapé sur ses projections et délivre, ainsi, un message des plus déterminés, que confirme le déroulé de son communiqué et chacune des réponses de J. Powell aux questions des journalistes. La FED maintiendra l’économie américaine en sous-régime pendant une période suffisamment longue pour éradiquer l’inflation et s’est fixée pour cela de parvenir à des taux réels positifs de 150 points de base au moins en 2023 et 2024, ce qui pourrait la pousser à des hausses plus importantes de ses taux d’intérêt si l’inflation reflue moins vite que prévu. Un message on ne peut plus clair !

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L’inflation sous-jacente réaccélère aux Etats-Unis : la FED appréciera…

De 9,1 % en juin et 8,5 % en juillet, l’inflation américaine passe à 8,3 % en août en raison d’une faible évolution mensuelle des prix à la consommation, de 0,1%. Sa composante sous-jacente, elle, gagne en revanche 4 dixièmes, à 6,3 %. En conséquence, les marchés, qui escomptaient un léger signe d’apaisement, se replient franchement. S’il était peu probable que la Fed change rapidement son fusil d’épaule en cas de bonne nouvelle, ces mauvaises données repoussent plus encore un assouplissement. Or, si ce dernier n’est pas permis par une normalisation de l’inflation, c’est donc probablement du côté des données d’activité et d’emploi qu’il faudra en chercher la source dans les mois à venir.

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Pas de récession franche aux Etats-Unis mais, bien, 5 trimestres de stagnation…

Le PIB réel américain a reculé de 0,9 % en rythme annualisé au deuxième trimestre, (soit environ 0,2 % en pourcentage simple), après une baisse de 1,6 % au premier trimestre. Voilà qui tombe mal pour le président de la FED, qui avait assuré hier qu’il n’y aurait pas de récession en 2022, quoiqu’il puisse encore s’appuyer comme il l’a laissé entendre, sur un acquis de croissance solide, de 1,4 % à la fin du second trimestre, ainsi que sur le fait que cette baisse est majoritairement due aux variations de stocks. Ces derniers ont poursuivi leur normalisation et expliquent, en effet, deux points du repli annualisé du PIB, ce qui laisse une contribution positive pour la somme des autres postes, grâce au rebond post-covid de la consommation de services et à celui des exportations, notamment énergétiques. S’il est donc possible de nuancer le recul du PIB au deuxième trimestre, le constat n’en reste pas moins celui d’une stagnation hors stocks de l’économie américaine depuis cinq trimestres maintenant et de tendances à venir beaucoup plus compliquées au vu des premiers résultats déjà disponibles.

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J. Powell sans état d’âme, persiste et signe

 

Deuxième hausse de ¾ de points de Fed Funds en six semaines, à 2,25 %-2,50 % aujourd’hui. La FED est en mode cavalerie contre l’inflation et n’envisage pas de s’arrêter en si bon chemin. Si le niveau des taux atteint à présent son objectif de neutralité de long terme, J. Powell nous dit sans mollir que ce ne sera pas suffisant : les membres du FOMC jugent nécessaire de passer en mode restrictif avec pour objectif de ralentir la croissance de la demande face aux contraintes persistantes sur le front de l’offre. Il réitère ainsi la possibilité que Fed Funds atteignent 3,5 % d’ici décembre. Le discours, un brin dans le déni sur les risques de récession, ne surprend pas tant que la réaction des marchés.

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Après les PMI, la croissance et la FED sur le grill

Les indices d’une récession globale se multiplient, avec, après le PMI allemand de ce matin, l’américain de cet après-midi recule encore plus lourdement avec une chute de 5 points dans les services qui entraine le composite dans son sillage, à respectivement 47 et 47,5 points, des niveaux jusqu’à présent synonymes de récession, malgré la bonne tenue relative de l’indicateur manufacturier.

Les pertes de pouvoir d’achat finissent aux Etats-Unis, comme partout, à impacter la demande de services. Les probabilités de récession, déjà largement soulignées par les estimations de la FED d’Atlanta, les tendances immobilières et la chute de la confiance des ménages, s’en voient d’autant accrues, emportant dans leur sillage les espoirs de reprise post Covid au cœur des perspectives 2022. La FED s’en trouve sur le grill et ne pourra pas longtemps dévier son regard de la réalité. RDV fin août pour cela, après un vraisemblable dernier tir la semaine prochaine.

 

 

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Pas de répit possible pour la FED… Ni pour l’économie US au vu de l’inflation de juin

Après le rapport sur l’emploi de vendredi dernier, c’est au tour des données d’inflation de conforter la FED dans son offensive contre l’inflation. En juin, l’indice des prix à la consommation a gagné 1,3 %, sa plus forte hausse mensuelle depuis septembre 2005 au lendemain de l’ouragan Katrina ou la huitième d’ampleur comparable en soixante-douze ans. L’inflation annuelle américaine est ainsi propulsée de 8,6 % en mai à 9,1 %, un record depuis novembre 1981.

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La récession rôde aux Etats-Unis

Les jours se répètent et se ressemblent du côté des indicateurs conjoncturels. Cette fois-ci, ce sont les climats des affaires des Fed de Richmond et de Dallas ainsi que les indicateurs de confiance des ménages du Conference Board qui virent de bord en juin et s’enfoncent à des niveaux rarement observés en dehors des périodes de récession. La FED d’Atlanta qui avait pu revoir de 0% à 0,25 % son estimation pour la croissance du deuxième trimestre la semaine dernière ne devrait pas tarder à faire marche arrière ; un prélude à ce qui attend vraisemblablement la FED avec des perspectives de plus en plus mauvaises sur le front de l’emploi.

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Fed : effet subliminal du scénario 2024, art du fine tuning ou promesse de récession ?

À première vue, J. Powell est apparu plus restrictif qu’attendu. Non seulement la FED a procédé à une hausse de 75 points de base des Fed Funds, à 1,75%, ce qui n’était pas arrivé depuis novembre 1994 et correspond indiscutablement à une montée en puissance du resserrement monétaire, mais elle réhausse de 150 points de base son scénario pour la fin de l’année, de 1,9 % en mars à 3,4 %, ce qui suggère au moins une réplique de même ampleur à l’occasion des quatre FOMC programmés d’ici fin décembre, en plus de trois hausses d’un demi-point chacune. En outre, J. Powell est on ne peut plus clair : « la croissance de la demande doit ralentir pour s’ajuster à une offre insuffisante ». La Fed a de fait révisé à la baisse son scénario de croissance, ce qui, à la lueur du discours semble correspondre à un objectif plutôt qu’à une prévision… Comment expliquer, dès lors, la réaction des marchés à ces annonces, à savoir : un net repli des taux futurs, notamment des deux ans, et du dollar ainsi qu’un rebond des bourses, de l’or, sans oublier les cryptomonnaies ? C’est dans le scénario 2023 et 2024 de la FED que se trouve la réponse et, disons-le, tout l’art du savoir-faire de la FED à l’égard des marchés… dont on aimerait, soit dit en passant, que la BCE sache un peu s’inspirer. La conclusion sur le front des perspectives économiques est cependant loin d’être aussi avantageuse…

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